Presses Universitaires de France

  • Quel est le rapport entre une carafe et une carafe de Chardin ? Entre un arbre et un arbre de Claude Lorrain ? N'est-ce pas là le grand mystère de l'art ? Par la magie de la ressemblance, l'artiste figuratif n'offre pas une reproduction du visible mais un aperçu de l'invisible, d'un monde à la fois reconnaissable et profondément différent. La plus exacte ressemblance transforme ainsi la réalité en une fiction provisoire, attirante et inatteignable. Michael Edwards étudie cette aspiration des artistes à une transcendance, non pas dans une réalité imaginaire mais dans la réalité connue, dans l'oeuvre d'artistes célèbres : Claude Lorrain, Chardin, Blake, Turner, mais présente aussi au lecteur le peintre anglais Stanley Spencer, le sculpteur américain Greg Wyatt, ainsi que deux artistes contemporains insuffisamment reconnus, Claude Garache et Pascale Hémery.

  • En 2018, le festival d'Avignon était dédié aux questions de genre et la Manifesta de Palerme à l'écologie. Parallèlement à ce nouvel art militant émergent de nouvelles formes de censures (boycott des films de Woody Allen ou de Roman Polanski, pétition pour le retrait d'un tableau de Balthus, annulation de la pièce Kanata de Robert Lepage...). Après des décennies d'art formaliste, autoréflexif ou transgressif, l'art le plus contemporain se trouve plongé dans une atmosphère globale de moralisation. Or, l'art peut-il s'assigner des buts éthiques et peut-il être jugé sur des critères moraux ? Ces questions, que l'on pensait réglées, retrouvent une brûlante actualité. Carole Talon-Hugon procède à un état des lieux de ce nouvel agenda sociétal de l'art contemporain (cause décoloniale, minorités raciales et sexuelles, inégalités...) et procède à une mise en perspective historique qui fait ressortir la particularité de la situation actuelle, avant de procéder à une analyse de la censure éthique. La question est finalement de savoir ce que l'art et l'éthique ont à gagner et à perdre dans ce tournant moralisateur de l'art contemporain.

  • Une Renaissance est amorcée. Elle apparaît comme une réponse aux problématiques environnementales, sociétales et éthiques brûlantes qui posent à notre époque la question de la survie de l'espèce humaine. Artistique, philosophique, politique, elle prend acte des révolutions scientifiques des dernières décennies et se positionne face aux promesses technoscientifiques et transhumanistes. La Renaissance sauvage répond à l'urgence des problématiques environnementales et sociétales actuelles, et aux aspirations de plus en plus fortes à l'adoption de nouveaux modes de vie sur Terre. L'homme ne se comporte plus en maître et possesseur, imposant ses volontés à une nature passive et sans finalité. Il se met à l'écoute d'un nouveau partenaire : le monde qui l'entoure. Il découvre le potentiel de ses forces, le sollicite, s'y implique et les conjugue avec les siennes. Une nouvelle ère se dessine, rendant l'homme à sa dignité « sauvage » et donnant sens, joie et ambition à son existence. L'art d'aujourd'hui sert d'esquisse à ce nouveau projet de société.

  • Au grand siècle, le développement des académies des arts signifie non seulement une reconfiguration des mondes de l´art et du statut de ses acteurs, mais aussi un développement remarquable de la réflexion théorique sur les arts. Les artistes discutent de leur valeur respective, de leurs rapprochements possibles (doctrine de l´Ut pictura poesis), de leurs finalités (movere, docere, placere), de leurs moyens propres et de leurs problèmes spécifiques. Le XVIIIe siècle est marqué par l´invention décisive de la catégorie moderne de beaux-arts, qui rassemble dans un sous-ensemble inédit les arts visant le beau. Par ailleurs, sous l´effet de la nouvelle science et de l´épistémé qu´elle suppose, à la métaphysique du beau des anciens succède une manière moderne et toute sensible de penser la beauté, qui délie celle-ci du bien comme du vrai. L´invention du goût comme sens du beau en est la conséquence directe, et celle du sublime - qui accueille toute la transcendance perdue par la beauté -, sa conséquence indirecte. L´idée de génie possède aussi une place importante dans cette constellation neuve. À l´apparition des beaux-arts est liée celle de disciplines satellites : la critique d´art (Diderot), l´histoire de l´art (Winckelmann), et l´esthétique (Baumgarten).

  • L´art ce ne sont pas que des oeuvres ; ce sont aussi des concepts pour les catégoriser, des catégories mentales pour les appréhender, des valeurs pour les juger. Aussi, l´« histoire de l´art » qu´on trouvera ici n´est pas une histoire des styles, mais l´histoire de cet ensemble indivis fait des oeuvres et des discours qui les accompagnent, et, plus globalement, de la vision du monde dans laquelle ceux-ci s´insèrent. Consacré à l´Antiquité grecque, cet ouvrage met au jour tout ce qui sépare notre manière contemporaine de penser l´art de celle des anciens, mais aussi tout ce qui les relie. En ressort un écart considérable entre une vision moderne qui conçoit l´art comme une activité autonome, dotée d´une valeur intrinsèque et constituant une fin en soi, et la conception antique d´un art fonctionnel, largement lié à la religion et soumis aux exigences de la cité. Il montre aussi comment cette très riche période contient des germes de critique et d´histoire de l´art, des réflexions philosophiques sur des sujets qui continuent à nous concerner (la nature du beau, le pouvoir des images, la censure, etc.) et nous a légué des concepts clés de l´esthétique (mimésis, catharsis, contemplation, etc.).
    1er volume d´une série de 4.

  • Nous vivons l'âge du triomphe de la critique. Dans tous les domaines, il n'est rien qui soit davantage valorisé : esprit critique, théorie critique, critique d'art ou études critiques - tout se passe comme si la critique était le lieu de l'intelligence contemporaine. Mais sait-on vraiment ce que l'on fait, lorsqu'on défend la critique ? Sait-on d'où elle vient et où elle va ? Se rend-on compte, surtout, de la manière dont le discours de la critique, en saturant tout le domaine du pensable, nous rend bêtes ? Car la critique est d'abord une position : celle de la suprématie du sujet sur l'objet, de l'individu sur ce qui lui arrive, du spectateur sur ce qu'il voit. Et si la critique nous rend bêtes, c'est parce qu'elle nous rend forts : celui qui critique a toujours raison. Or c'est le désir d'avoir raison qui, dans le contemporain, est à la source de tous les maux que nous endurons : politiques, éthiques, esthétiques, écologiques, épistémologiques. Il est donc grand temps d'en finir avec la critique, et d'ouvrir une nouvelle ère. C'est cette nouvelle ère qu'appellent de leurs voeux dix des plus brillants penseurs de la nouvelle génération, en un manifeste appelé à faire date.

  • La philosophie de l'art sans histoire de l'art est vide, l'histoire de l'art sans philosophie de l'art est aveugle. Car l'art est fait non seulement d'oeuvres, mais aussi de mots pour les dire, de concepts pour les distinguer et de théories pour les penser.Pourquoi le XIXe siècle a-t-il défendu « l'art pour l'art » ? Pourquoi la musique, ...

  • Comprendre l'histoire de l'art, c'est comprendre le monde des idées avec lequel elle est intimement liée. Certains individus y ont occupé une place décisive. C'est à eux qu'est consacré ce dictionnaire. Ces théoriciens sont des philosophes (Aristote, Hutcheson ou Dewey...), des historiens de l'art et de la culture (Pline, Vasari, Burckhardt...), des sociologues et des psychanalystes (Kracauer, Simmel, Freud...), des théoriciens d'arts particuliers (Jauss, Hanslick, Brecht, Semper...), mais aussi des critiques (La Font de Saint-Yenne, Diderot, Greenberg...) et des artistes-théoriciens (Alberti, Coleridge, Tolstoï, Artaud...). Réunissant des auteurs venus d'horizons historiques et disciplinaires différents, cet ouvrage permet à tous ceux qui s'intéressent à l'art de partir d'un point de vue particulier, que ce soit celui d'une discipline académique, d'une spécialisation par période, ou d'un art singulier, pour embrasser un point de vue plus large et avoir une compréhension plus claire, plus complète et plus approfondie de l'art.

  • Pourrait-on endurer le pire, si l'on n'attendait le meilleur ? C'est l'interrogation qui relie ces quatre études qui ont pour objet la douleur physique, la douleur morale, la douleur de vieillir, enfin le rapport entre la douleur et l'art. Une telle attente ne sait pas ce qu'elle attend. Le plus souvent, elle s'ignore elle-même. Elle est non un sentiment particulier mais une forme universelle du temps humain. Cette forme, cependant, resterait vide, si l'on ne pouvait identifier plus précisément les contraires du pire. Ils ont ici pour noms parole, mémoire, musique et amour. Envisagés comme des dimensions du soin dû à l'homme souffrant, ils répondent diversement à son appel.

  • On visite des expositions. Toutes ne nous montrent les oeuvres qu´en leur achèvement. Ne comprendrions-nous pas mieux toutefois ce que peut être la peinture s´il nous était permis de surprendre le peintre dans son atelier ? Ainsi avons-nous invité le public à visiter l´atelier d´un philosophe pour y découvrir comment s´exerce sa réflexion pour mettre les idées en place.
    Sur une soixantaine d´exemples, le lecteur assiste ici à l´organisation d´une pensée soumise au seul arbitraire de l´alphabet. Qu´il s´agisse de l´art ou de l´éducation, de l´amour ou de la jalousie, de Dieu, de la bêtise, de l´ennui, etc., c´est à partir d´une multiplicité de points de vue qu´il voit se constituer la cohérence et l´unité d´une philosophie dont les thèmes fondamentaux sont la vie, l´attente, l´imagination, et le temps.
    Aussi cette entreprise a-t-elle toute la simplicité et la clarté d´une initiation, et, comme chez un peintre, toute la singularité d´un regard.

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