Playlist Society

  • Cinéaste, écrivain, dramaturge, metteur en scène de théâtre et d'opéra, Christophe Honoré compte parmi les artistes français les plus singuliers de son époque. De son premier film, 17 fois Cécile Cassard, à l'autofiction Plaire, aimer et courir vite, il fait dialoguer l'intime et l'universel, et décline son amour pour la création artistique sous une multitude de formes.
    Son travail se nourrit de nombreuses influences, notamment de la Nouvelle Vague, ainsi que de sa complicité avec ses acteurs fétiches et le musicien Alex Beaupain. Observateur des moeurs modernes et des sentiments, attaché à la représentation des corps, il met en scène des personnages en quête d'affranchissement. Christophe Honoré, les corps libérés retrace le parcours de cet artiste qui interroge notre place dans le monde et dans le temps, tout en cultivant sa mythologie personnelle.

    Mathieu Champalaune est journaliste et critique de cinéma, de littérature et de théâtre. Il fait partie de la direction éditoriale de la revue de cinéma Répliques.

  • Avec ses longs-métrages - La Raison du plus faible, 38 Témoins, Chez nous... - Lucas Belvaux s'inscrit dans une tradition cinématographique réaliste et sociale. Le cinéaste belge interroge nos démocraties modernes sous plusieurs angles : la responsabilité individuelle, la place de la justice, la montée de l'extrême droite, ou encore la fin du monde industriel et son corollaire, le chômage de masse. Derrière un propos d'une grande cohérence, chaque film explore un genre différent. On passe ainsi de la comédie à la romance, du polar à la chronique judiciaire, de la tragédie au réalisme politique
    Au plus près des difficultés rencontrées par ses personnages, ses oeuvres possèdent une approche documentaire. Le nord de la France et la Belgique constituent ces principaux décors et plongent ses histoires dans une réalité post industrielle, populaire et poétique. Composé d'un essai introductif et d'un entretien, La Mécanique Lucas Belvaux explore une filmographie à l'image de la complexité de nos sociétés contemporaines.
    Quentin Mével est délégué général de l'Acrif et auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des cinéastes (Noemie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman, Valérie Donzelli...). En 2017, il a coréalisé, avec André S. Labarthe, Mathieu Amalric, l'Art et la Matière.
    Louis Séguin est journaliste et critique de cinéma. Il a écrit pour les magazines Transfuge, Trois Couleurs et Chronic'art, avant d'intégrer la rédaction des Cahiers du cinéma en 2014. Il a coréalisé un moyen métrage avec Laura Tuillier (Les Ronds-points de l'hiver, 2016), et réalisé deux courts métrages (Saint-Jacques - Gay-Lussac, 2018, et Bus 96, 2019).

  • Dès la naissance du cinéma et le court-métrage Le Christ marchant sur les flots de Georges Méliès (1899), les cinéastes se sont emparés des sujets religieux, et plus spécifiquement de la question des miracles. Dans de grandes fresques hollywoodiennes, telles que Les Dix Commandements (Cecil B. DeMille, 1956) ou Ben-Hur (William Wyler, 1959), le miracle constitue l'apothéose qui associe la sidération des spectateurs à un émerveillement religieux.
    D'Ordet (Carl Theodor Dreyer, 1955) à L'Apparition (Xavier Giannoli, 2018) en passant par Bruce tout-puissant (Tom Shadyac, 2003), le phénomène miraculeux a connu une multiplicité d'évocations, au cinéma et dans les séries. C'est à chaque fois une expérience-limite qui fait s'opposer l'invisible et le visible, la folie et la raison, le bien et le mal. Par la mise en scène, le miracle peut être sublimé, dénoncé comme supercherie, ou au contraire trouver une dimension nouvelle. Cinémiracles, l'émerveillement religieux à l'écran explore les modes de représentation du miracle, au croisement des questions esthétiques et spirituelles
    Timothée Gérardin est critique de cinéma. Il est le fondateur du blog Fenêtres sur cour et l'auteur de Christopher Nolan, la possibilité d'un monde (Playlist Society, 2018).

  • En trois décennies, Kanye West s'est imposé au coeur des conversations. Sa musique rassemble fans de hip hop, grand public, médias et penseurs. Ses albums ont changé la face du rap et ses collaborations ont redistribué les cartes au sein de l'industrie musicale. Sa vie chaotique, sa personnalité clivante, son narcissisme exacerbé suscitent le débat. Il appartient au clan restreint des musiciens capables de provoquer des changements sociaux et culturels au sein de l'Amérique contemporaine.
    Adoré, détesté, Kanye West se définit lui-même comme « le plus grand artiste en vie ». Ultra créatif, il s'illustre dans la musique, l'art, la mode, mais aussi la politique ou la religion. Son parcours et sa production questionnent la place de l'expression artistique dans la société actuelle, ses enjeux et ses limites.

    Adrien Durand est critique musical pour Les Inrockuptibles et communicant. Il est également le fondateur du fanzine Le Gospel. En 2019, il a emporté le prix du meilleur journaliste musical français au International Music Journalism Award du Reeperbahn Festival.

  • Inspirée du roman de Tom Perrotta, The Leftovers (2014-2017) est la série héritière de Lost (2004-2010) : les deux oeuvres partagent le même showrunner, Damon Lindelof, et peuvent être vues comme les deux faces d'un même disque. Si Lost suivait le destin de disparus après le crash d'un avion, The Leftovers se consacre à ceux qui sont restés derrière à la suite d'un événement singulier et inexpliqué : la disparition soudaine, le 14 octobre 2011, de 2 % de la population humaine.
    Au sein d'un monde hanté par le doute, le mystère et l'ambiguïté, la série présente des personnages qui pensent parfois avoir compris le sens de leur vie, à tort. Les spectateurs, eux, sont emmenés sur un très grand nombre de fausses pistes, alors que l'évidence est sous leurs yeux. The Leftovers met en scène non seulement la fin de l'humanité, mais surtout le déni des êtres humains devant l'extinction du vivant, dont ils sont eux-mêmes responsables. Dans notre monde en crise, The Leftovers, le troisième côté du miroir interroge la capacité de la fiction à résoudre les maux des humains et à les aider dans les combats à venir.
    Sarah Hatchuel est professeure en études cinématographiques et audiovisuelles à l'université Paul-Valéry Montpellier 3 ; elle est l'autrice d'ouvrages sur Shakespeare à l'écran et sur les séries télévisées américaines.

    Pacôme Thiellement est écrivain et vidéaste. Il travaille sur la pop et la gnose. Il est notamment l'auteur de : Les Mêmes Yeux que Lost (Éditions Léo Scheer, 2011), Pop Yoga (Sonatine, 2013), La Victoire des sans roi (PUF, 2017), Trois essais sur Twin Peaks (PUF, 2018).

  • Valérie Donzelli élabore un cinéma dans lequel les personnages se réinventent face aux difficultés. Emplis de fantaisie, ses longs métrages - La Reine des pommes, La guerre est déclarée, Main dans la main, Marguerite et Julien, Notre dame - jouent avec le rythme et les expérimentations pour fabriquer de la comédie. Le burlesque et le tragique s'y côtoient, dressant des parcours de vie pleins de contrastes.
    Composé d'un essai introductif et d'un entretien, Valérie Donzelli, le tourbillon de la vie traverse l'univers d'une cinéaste française singulière, qui interroge les relations humaines avec une vivacité mélancolique.
    Thomas Messias écrit pour Slate et est l'auteur du Nouveau Cinéma argentin (Playlist Society, 2015). Quentin Mével est délégué général de l'Acrif et auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des cinéastes (Noemie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman, Henri-François Imbert, Pierre Salvadori...)

  • Moderne, Blake Edwards ? Au travers d'une oeuvre qui s'étend sur cinq décennies, celui-ci a développé une vision unique de l'humour au cinéma. Si ses films sont restés influencés par le vieil Hollywood - jusque dans ses formes les plus archaïques - ils serviront aussi de matrice au renouveau de la comédie américaine du début des années 2000.

  • En 1999, Lana et Lilly Wachowski ont réalisé Matrix , l'un des films majeurs de la transition entre le XXe et le XXIe siècle. Dans cette oeuvre comme dans toutes les autres, les deux soeurs inventent de nouvelles manières de penser et de concevoir le septième art, sans renier leurs ambitions populaires. Derrière la variété des genres abordés (film noir, science-fiction, adaptation de manga, space opera...), l'oeuvre des Wachowski est d'une grande cohérence thématique et humaine. De Bound à Cloud Atlas en passant par la série Sense8, leurs créations sont liées par un engagement commun : accomplir son émancipation personnelle.
    Cette quête de liberté fait écho à l'histoire intime des deux soeurs, avec en point d'orgue leurs transitions de genre. Lana et Lilly Wachowski nous invitent à trouver dans les films des beautés et des vérités qui nourrissent positivement nos identités, nos valeurs, nos luttes. Lilly et Lana Wachowski, la grande émancipation nous plonge dans leur expérience personnelle du cinéma hollywoodien, où il est question de courage, de confiance, d'élévation : en somme, de cette transcendance dont l'art peut se faire le vecteur.
    Erwan Desbois est critique de cinéma. Il appartient au comité de rédaction du site Accreds, écrit pour la revue en ligne Playlist Society et est membre de l'ICS (International Cinephile Society). Il est l'auteur de J. J. Abrams ou l'éternel recommencement (Playlist Society, 2017).

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