Langue française

  • Medicaea medaea

    Luisa Capodieci

    Catherine de Médicis magicienne ? Dès le XVIe siècle, le nom de la reine florentine est lié aux sciences occultes, sa naissance italienne étant perçue comme un gage de sa familiarité avec ces pratiques.,L'ombre de la Reine noire se projette encore de nos jours sur l'historiographie et l'histoire de l'art. Le charme qui se dégage de la légende de la Médée Médicis possède pourtant le mérite d'attirer l'attention sur une question centrale, aussi bien pour la compréhension de l'activité artistique à la cour de France, que pour le problème des potentialités propres à l'oeuvre d'art: celle de l'efficacité talismanique des images.,En revenant sur les travaux de Frances Yates, qui attribuait à une partie de la production artistique promue par les derniers Valois une finalité magique inspirée par la reine italienne, cet ouvrage étudie la redécouverte en France d'une gnose païenne à laquelle les Médicis avaient donné l'impulsion à Florence. Trois orientations majeures - la magie, l'astrologie et la prophétie - permettent de développer une réflexion sur le rôle joué par Catherine de Médicis dans l'interaction entre art, hermétisme et néoplatonisme et d'étudier comment ces savoirs ont contribué à la mise en place d'une propagande artistique visant à exalter le pouvoir royal.

  • Fondée en 1950 par Eugénie Droz, la collection des Travaux d'Humanisme et Renaissance a réuni, en soixante-cinq ans, plus de 550 titres. Elle s'est imposée comme la collection la plus importante au monde de sources et d'études sur l'Humanisme (Politien, Ficin, Erasme, Budé...), la Réforme francophone (Lefèvre d'Etaples, Calvin, Farel, Bèze...), la Renaissance (littéraire et artistique, Jérôme Bosch ou Rabelais, Ronsard ou le Primatice...), mais aussi la médecine, les sciences, la philosophie, l'histoire du livre et toutes les formes de savoir et d'activité humaine d'un long XVIe siècle, des environs de 1450 jusqu'à la mort du roi Henri IV, seuil de l'âge classique. Les Travaux d'Humanisme et Renaissance sont le navire-amiral des éditions Droz.

  • Depuis le XVIe siècle, Jheronimus Bosch (Bois-le-Duc, 1450/1455-1516) suscite une abondante littérature qui, focalisée sur la signification de ses inventions fascinantes, en a fait progressivement un peintre isolé de tout contexte, en laissant largement de côté la question primordiale de la chronologie. Sa production, confondue avec celle de l'atelier et des suiveurs, nécessite donc une étude qui, aiguillée par l'analyse stylistique, fasse converger l'ensemble des données disponibles (documents, résultats dendrochronologiques, etc.). Elle s'organise autour de l'unique oeuvre documentée, le Jugement dernier de Vienne, peint vers 1505 pour Philippe le Beau, et comprend deux groupes articulés selon un développement cohérent. Le premier (avant 1505) se caractérise par une manière fluide, liée à l'intérêt humaniste pour la celeritas. Le second (après 1505) manifeste une manière plus patiente qui, adaptée au goût de la clientèle bruxelloise, culmine dans le célèbre Jardin des délices. Se dessine ainsi le profil d'un peintre très apprécié par l'élite politique de son temps et dont les inventions, diffusées sur le marché anversois par des copies et des pastiches, joueront un rôle décisif dans l'émergence de la notion même de genre.

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