Sciences humaines & sociales

  • Souvent réduite à l'image d'un paradis exotique, aux dévastations des cyclones ou aux tumultes sociaux, la France d'outre-mer (FOM) est largement méconnue. Cette ignorance, qui l'écarte du « récit national » et qui se combine parfois à une nostalgie de la France coloniale, tend à faire de ces terres éparses un ensemble indifférencié et immuable. Or, la FOM connaît des mutations spectaculaires et rapides depuis le début des années 2000, notamment sur les plans statutaire, démographique et socio-économique. Comme champ d'innovations sociales et d'expérimentations juridiques, elle permet d'apprécier sous un jour différent la République française.
    Cet ouvrage, en révélant une FOM dynamique, analyse la diversité croissante de ses territoires à plusieurs échelles. Inégalités, disparités, déséquilibres socio-spatiaux, autochtonie, vulnérabilités ou modèles de développement sont au centre d'une réflexion ayant pour toile de fond le legs colonial. Une décolonisation sans indépendance quoique patente se combine à une sujétion économique et à un assistanat qui ne le sont pas moins.
    Si l'histoire de la relation à la Métropole est capitale pour comprendre la FOM, un regard décentré et novateur permet de renouveler son approche. De nombreuses cartes originales, des données et un traitement statistique inédits viennent ici appuyer la démonstration.

  • Lorsque survinrent, au début de l'année 2009, de vastes mouvements de grève générale contre la vie chère à l'appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon en Guadeloupe et du Kolectif 5-Févrié en Martinique, nombreuses furent les réactions d'étonnement face à la radicalité, l'ampleur et la durée de ces deux mobilisations. Que pouvait-il donc y avoir de si intolérable dans la cherté de la vie pour que, par milliers, les Antillais cessent le travail, descendent dans la rue et occupent les places ? Peu comprenaient, de l'extérieur, la volonté farouche de quelques organisations de travailleurs venues dénoncer la pwofitasyon, cette " exploitation outrancière, capitaliste et colonialiste ", en exhibant publiquement les rouages les plus secrets de la machine qui semblait s'être alors enrayée.
    /> S'appuyant sur une enquête sociologique et historique mêlant entretiens, observations de terrain et travail dans les archives, cet ouvrage revient sur le rôle du syndicalisme dans les mobilisations en Guadeloupe et en Martinique, depuis la période tumultueuse des luttes révolutionnaires et anticolonialistes des années 1960-1970 jusqu'à nos jours, et sur la grève générale de l'hiver 2009, moment demeuré ouvert à tous les possibles.

  • Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, le Caribéen CLR James (1901-1989) a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis. C'est l'itinéraire exceptionnel de ce révolutionnaire iconoclaste que M. Renault nous donne à découvrir dans cette biographie intellectuelle, entre révolution et luttes anticoloniales-antiracistes.
    Qui, en France, connaît C. L. R. James ? Né en 1901 à Trinidad, alors colonie de la Couronne britannique, et mort à Londres en 1989, celui que leTimes dénomma à la fin de sa vie le " Platon noir de notre génération " est pourtant une figure intellectuelle et politique majeure d'un siècle qu'il aura traversé presque de part en part.
    Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, James a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps en Afrique et dans la Caraïbe et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis.
    Fervent partisan de Trotski avant de rompre avec l'héritage de ce dernier pour défendre la thèse de l'auto-émancipation des masses ouvrières-populaires, James eut un destin étroitement imbriqué dans celui du marxisme au XXe siècle. Pour ce " marxiste noir ", révolution socialiste et luttes anticoloniales-antiracistes étaient intimement enchevêtrées : elles s'inscrivaient dans l'horizon d'une " révolution mondiale " dont la source et le centre ne pouvaient plus être la seule Europe. C'est à celle-ci que James s'est voué corps et âme pendant plus de cinq décennies, débattant et collaborant avec ses contemporains aux quatre coins du monde.
    Dans une conjoncture où la gauche radicale éprouve de grandes difficultés à renouveler ses stratégies face aux revendications des minorités non blanches et où la critique de l'eurocentrisme bat de l'aile, méditer la vie et l'oeuvre de James pourrait se révéler essentiel dans la tâche de construction d'une pensée de l'émancipation qui soit, enfin, à la mesure du monde.

  • L'oeuvre de Frantz Fanon, psychiatre et militant de l'indépendance algérienne, a marqué des générations d'anticolonialistes, d'activistes des droits civiques et de spécialistes des études postcoloniales. Depuis la publication de ses livres, on savait que nombre de ses écrits psychiatriques restaient inédits, dont ceux consacrés à l'" aliénation colonialiste vue au travers des maladies mentales " (selon les mots de son éditeur François Maspero).
    Le lecteur trouvera donc dans le présent volume les articles scientifiques de Fanon, sa thèse de psychiatrie ainsi que des textes publiés dans le journal intérieur de l'hôpital de Blida-Joinville où il a exercé de 1953 à 1956. On y trouvera également deux pièces de théâtre écrites durant ses études de médecine, des correspondances et certains textes publiés dans
    El Moudjahid après 1958. Cet ensemble remarquable est complété par la correspondance entre François Maspero et l'écrivain Giovanni Pirelli à propos de leur projet de publication des oeuvres complètes de Fanon, ainsi que par l'analyse raisonnée de la bibliothèque de ce dernier.

  • Une étrange épidémie d'" empoisonnements " s'est répandue dans les Antilles françaises aux XVIII e et XIX e siècles. Les colons prêtent aux " nègres " (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance et d'effrayants pouvoirs.L'incapacité de la justice ordinaire à mettre fin au fléau entraîne la création de juridictions spéciales et une répression épouvantable. L'auteure fait la généalogie passionnante de cette grande peur, elle en reconstitue la logique sociale et toute la violence.
    Aux XVIIIe et XIXe siècle, un étrange fléau affole les colons des Antilles françaises : le " poison ". Ce terme est souvent associé - voire assimilé - à celui de " maléfices ", les " empoisonneurs " étant d'ailleurs fréquemment dénoncés comme " sorciers ". Les imputations de crime d'empoisonnement participent d'un système de croyances magiques qui amène les maîtres à prêter aux nègres une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte associée à d'effrayants pouvoirs.
    L'effroi qui saisit les colons engendre la terreur contre les esclaves : terreur illégale exercée à titre privé par les maîtres mais aussi terreur légalisée par la création de juridictions spéciales puis par l'instauration d'un impitoyable dispositif administratif de répression.
    Dans ce livre bouleversant, l'auteure trace avec précision la généalogie de cette grande peur et en reconstitue la logique sociale en s'appuyant sur des récits et des documents souvent totalement inédits. La violence esclavagiste mise en lumière par l'analyse du crime d'empoisonnement est tout autant la violence ordinaire (privations quotidiennes, travail effectué sous le fouet, châtiments corporels banalisés) que celle qui prend les formes les plus cruelles pour signifier aux esclaves que leur sort est entre les mains du seul maître, qu'aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

  • Longtemps, l'émancipation des esclaves fut considérée comme l'oeuvre des abolitionnistes, libéraux et blancs. Dans ce livre, qui fait pour la première fois le grand récit sur plus de trois siècles des insoumissions et des rébellions d'esclaves en couvrant l'ensemble des Amériques, Aline Helg déboulonne cette version de l'histoire. La réalité des révoltes dépasse en effet en force et en richesse toutes les idées reçues.
    Longtemps, l'émancipation des esclaves fut considérée comme l'oeuvre des abolitionnistes, libéraux et blancs. Dans cet ouvrage, qui fait pour la première fois le grand récit des insoumissions et des rébellions d'esclaves dans l'ensemble des Amériques et sur plus de trois siècles, Aline Helg déboulonne cette version de l'histoire. En s'appuyant sur une très riche historiographie fondée sur des sources états-uniennes, latino-américaines, antillaises, britanniques, françaises et néerlandaises, elle montre que, bien avant la naissance des mouvements abolitionnistes, une partie des millions d'esclaves arrachés à l'Afrique par la traite négrière et de leurs descendants était parvenue à se libérer, le plus souvent en exploitant les failles du système, à l'échelle locale ou globale.
    Cette étude pionnière par son ampleur dans le temps et l'espace met en lumière le rôle continu des esclaves eux-mêmes dans un long processus de lutte contre l'esclavage sur tout le continent américain et dans les Caraïbes, du début du XVIe siècle à l'ère des révolutions. Elle dévoile les stratégies qu'ils ont élaborées pour renverser subrepticement - et parfois violemment - un rapport de forces qui, dans son écrasant déséquilibre, ne leur laissait
    a priori rien espérer.
    Sans magnifier le rôle des esclaves ni occulter les limites de leurs actions, ce grand récit montre que l'esclavagisme déshumanisant n'est pas parvenu à empêcher que des hommes, des femmes et des enfants accèdent, par leurs propres moyens, à la liberté.

  • En étudiant la culture matérielle des esclaves, l'archéologie - et en particulier, depuis une vingtaine d'années, l'archéologie préventive - contribue de façon décisive aux recherches sur l'esclavage colonial. La traite, l'habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d'une documentation nouvelle, dont cet ouvrage rend compte grâce aux contributions des meilleurs spécialistes internationaux. L'archéologie a joué, depuis les années 2000, un rôle décisif afin de renseigner sur les conditions de vie des esclaves, leurs habitats, les établissements où ils furent asservis (souvent détruits mais dont subsistent les fondations), les enclaves du marronnage, les rites d'inhumation, l'état sanitaire des défunts, leur âge, leur sexe, etc. En étudiant la culture matérielle des populations asservies, l'archéologie - et en particulier depuis une vingtaine d'années l'archéologie préventive - contribue en effet de façon déterminante aux recherches sur l'esclavage colonial et offre une documentation nouvelle.
    Confrontant études de cas et synthèses sur l'archéologie de l'esclavage aux États-Unis, à la Barbade, à Cuba, au Brésil et aux Antilles françaises, en Afrique de l'Est, du Sud et de l'Ouest, à La Réunion et à l'Île Maurice, cet ouvrage fait le point sur les avancées récentes de la connaissance de la traite, de l'esclavage et du marronnage et propose une meilleure prise en compte du patrimoine archéologique du système esclavagiste, de sa conservation et de sa mise en valeur.

  • En 2015, 12 tremblements de terre assez forts pour être ressentis par la population ont été enregistrés en Martinique, et 17 en Guadeloupe.
    L'activité sismique fait partie intégrante de l'histoire des Antilles. De plus, elles sont classées zone de risque sismique maximal. Un événement majeur à l'échelle de l'ensemble de l'arc avec une forte probabilité de tsunami n'est pas à exclure. Et dans ce cas, c'est la majorité des infrastructures qui seront détruites sur plusieurs îles en même temps, réduisant à néant les possibilités de secours locaux.
    Nombreux sont les scientifiques qui pensent qu'un séisme majeur (Big One) pourrait survenir au cours des vingt prochaines années.
    Même si nous avons tous plus ou moins conscience de ce risque, faisons-nous au quotidien le nécessaire pour nous en préserver ? Nos visiteurs sont-ils suffisamment formés et informés ? Savons-nous quoi faire en cas de tsunami ?
    Il ne s'agit pas d'être catastrophiste mais de fournir les outils pour mieux comprendre les phénomènes en cause et mieux les appréhender. C'est pour répondre à ces questions que Scitep, éditeur ultramarin de sciences et techniques, publie le premier ouvrage grand public entièrement dédié à ces questions.
    Écrit par François Beauducel, qui a dirigé sept ans l'Observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe, Séismes des Antilles associe explications scientifiques et informations pratiques tirées de l'expérience des services chargés localement de la prévention et de l'organisation des secours.
    Il revient sur la formation des phénomènes sismiques dans le bassin caribéen et sur les comportements individuels et collectifs à adopter. En l'absence de méthode de prédiction, il incombe aux populations de se montrer particulièrement responsables et impliquées dans la prévention du risque.

  • L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

  • « Maintenant il faut que ça rapporte ! »Isabelle Balkany, le 6 mars 1983 ... Ce soir-là les époux Balkany, en remportant les élections municipales, mettent la main sur la ville de Levallois. Pendant plus de trente ans ils vont mettre en coupe réglée (selon leurs détracteurs) cette commune de l'Ouest parisien.  En 2019, les Balkany sont enfin convoqués par la Justice avec Jean-Pierre Aubry -  leur fidèle exécuteur des basses oeuvres financières  - et l'associé de Nicolas Sarkozy, maître Arnaud Claude. Un prince saoudien les accompagne dans le box des accusés, soupçonné d'avoir versé 5  millions d'euros de pots-de-vin pour une opération immobilière à Levallois.Quelle que soit l'issue du procès, Patrick Balkany s'apprête sereinement à se représenter à la mairie de Levallois en 2020. Même s'il est condamné, rappelons qu'il est présumé innocent jusqu'à un éventuel jugement en appel puis un pourvoi en cassation.Cette enquête nourrie de témoignages du premier cercle des Balkany nous ouvre les portes de leur vie de milliardaires de Marrakech à Saint-Tropez en passant par les Antilles, où rien n'était jamais trop beau pour s'attirer les faveurs des ténors de la droite. Elle apporte des témoignages inédits sur les activités du maire de Levallois au coeur de la «  Françafrique  ».Elle explique enfin comment ce couple d'élus politiques accusés de corruption a pu échapper pendant plus de trente-cinq ans à la Justice. Qui les a protégés  : Chirac  ? Balladur  ? Pasqua  ? Sarkozy  ? Quels secrets détiennent-ils pour s'être rendus intouchables  ?  Jean-Charles Deniau est journaliste et réalisateur. Il a réalisé plus de 80 documentaires dont en 2015 «  Il était une fois dans l'Ouest  : le roman noir des Hauts-de-Seine  », et il a notamment publié La vérité sur la mort de Maurice Audin (éditions des Équateurs, 2014). 

  • Texte intégral révisé suivi du Petit matin d'Aimé Césaire par René Depestre. Publié en 1950, c'est-à-dire au sortir de la Seconde Guerre mondiale, pendant celle de Corée et peu avant celle d'Algérie, le pamphlet d'Aimé Césaire est non seulement l'un des plus grands textes fondateurs de l'anticolonialisme mais aussi un violent réquisitoire contre le capitalisme et la bourgeoisie européenne. L'auteur du Cahier d'un retour au pays natal, à l'époque député membre du Parti communiste, y dénonce avec force la barbarie de cette bourgeoisie occidentale décadente qui trouva un exutoire en colonisant les pays du tiers-monde au nom d'une "civilisation" soi-disant supérieure, soumettant les peuples à l'oppression et à la haine, à la violence et à la destruction, à l'exploitation et au pillage, au racisme et au fascisme. Avec ce vibrant acte d'accusation aujourd'hui entré dans l'Histoire, le fondateur du mouvement littéraire de la Négritude fait le procès implacable, toujours actuel, d'une Europe "indéfendable". À ceux qui sont aujourd'hui encore tentés de comptabiliser les aspects "positifs" de la colonisation, son pamphlet sonne comme un rappel.

  • « Tout le monde sait que les sociétés esclavagistes sont formées de maîtres blancs originaires du continent européen et d'esclaves noirs importés d'Afrique. Mais le fonctionnement concret de la société esclavagiste française est peu connu. Grâce à des sources inexplorées - des milliers d'actes notariés conservés aux archives de la Guadeloupe - , cet ouvrage nous restitue la vie quotidienne des esclaves et la pratique de l'esclavage dans la France d'Outre-mer à la veille de la Révolution. Apparaît aussi la complexité des relations entre Blancs et Noirs, qui donne naissance à un important métissage. Il aboutit à la création d'une classe juridique à part : les « libres de couleur », qui ont la particularité de posséder des esclaves.
    C'est donc une société complexe que la vague révolutionnaire venue de France bouleverse. Pendant les premières années de la Révolution, la société coloniale est maintenue. Mais les révoltes se multiplient jusqu'au décret du 4 avril 1792, qui donne la citoyenneté aux libres de couleur dans les mêmes conditions qu'aux Blancs, puis jusqu'à la loi du 4 février 1794 qui abolit l'esclavage. Dans une société marqué par un siècle et demi d'inégalités et de servitude, quelle portée peuvent avoir ces textes législatifs votés à plus de 7.000 km de distance?
    Les libres de couleur s'intègrent rapidement à la vie politique et à l'organisation sociale. Les anciens esclaves, soumis d'abord à l'autorité de leurs anciens maîtres, puis des républicains qui les ont remplacés, participent ensuite activement à la guerre révolutionnaire dans les Caraïbes. Intégrés dans l'armée française, ils parviennent même au pouvoir en octobre 1801, à un moment où la France s'est doté d'un régime politique stable et autoritaire dirigé par Bonaparte. Une expédition de 3.500 hommes est envoyée en Guadeloupe pour rétablir l'ordre ancien. Une partie de l'armée de couleur dirigée par Delgrès et Ignace résiste. Commence alors la moins connue des campagnes militaires de la période napoléonienne. En mai 1802, pendant 19 jours, les rebelles se battent aux cris de « vivre libre ou mourir » contre le général Richepance, l'un des vainqueurs de Hohenlinden. L'esclavage est rétabli... Fait unique dans l'histoire, cet incroyable aller-retour qui voit en moins d'une décennie l'abolition et le rétablissement de l'esclavage est l'objet de ce livre. »

    Frédéric Régent

  • La SICA de Fond Saint-Jacques est la première et la plus ancienne société d'intérêt collectif agricole de la Martinique. Sa naissance, en 1957, se situe à un moment crucial de l'histoire de la Martinique, ex-vieille colonie qui peine à endosser son tout nouveau statut de département d'Outre-Mer. Depuis douze ans, les mutations se succèdent et s'accélèrent dans tous les domaines : rural, social, anthropologique, économique, politique... C'est une nouvelle étape pour le monde des campagnes martiniquaises et celui qui gravite autour de la « Transat » et du transport maritime, dont l'influence ne cesse de croître.
    En plaçant la vie quotidienne de la SICA au centre de cet ouvrage, Guy Flandrina fait un choix judicieux à au moins deux titres. En interrogeant les acteurs de l'époque, il souligne l'urgence de sauver de l'oubli ce qui peut l'être. Par l'étude des archives qu'il a su aller chercher, il analyse un modèle dont l'efficacité ne s'est jamais démentie en soixante ans d'existence. Au passage, le lecteur attentif saura y voir un hommage appuyé à un modèle de développement qui conserve plus que jamais sa pertinence dans la conjoncture actuelle.
    Et puisque ces dernières années, les anciennes colonies francophones des Antilles-Guyane ont entrepris d'écrire elles-mêmes leur histoire contemporaine, ce travail est aussi une précieuse contribution à cette - trop tardive ? - entreprise collective.

  • L'un des avantages incontestables de cet ouvrage est d'avoir rassemblé des contributions émanant, en majorité, des chercheur-e-s et activistes Afro-descendant-e-s, originaires de Limón. Son objectif principal est de dévoiler la « face cachée » du Costa Rica, celle qu'on ne perçoit généralement pas de l'extérieur, celle qui n'est pas forcément représentée par/dans les récits pédagogiques nationaux de ce pays. Quant elle vient à l'être c'est toujours au prix d'une stéréotypie tenace ou encore cela engendre des discordances, des failles dans la projection du « Soi » national imaginé. De ce point de vue, l'ouvrage fait le point sur certains trajets de représentations imaginaires hégémoniques, tout comme il met l'accent sur les parcours de résistances, d'auto-affirmation et d'auto-représentation des Afro-descendant-e-s de Limón, à travers leurs propres productions à travers leur propre capacité d'agir.

  • Le 12 janvier 2010, un séisme majeur ravage Haïti. Cet ouvrage apporte un éclairage nouveau à toute une série d'interrogations : comment s'est fait le traitement de la masse soudaine de morts ? Quels changements culturels se sont alors produits par rapport aux morts ? Quelle conception de la terre et de l'environnement a révélé ce désastre ? Comment comprendre la vulnérabilité extrême de la population de Port-au-Prince face aux catastrophes naturelles ? Quelle est l'orientation prise pour la reconstruction du pays et à quels défis est-il confronté ? Les sciences sociales proposent des réponses sur une base résolument interdisciplinaire à ces interrogations. Les contributions présentées invitent justement à penser la liaison entre catastrophe naturelle et catastrophe politique, autant que les modifications survenues à l'heure de la mondialisation dans les rapports entre l'État et la communauté internationale. La problématique de l'environnement et de ses dérèglements naturels et artificiels est au coeur de la réflexion.

  • Résolument ouvert aux études pluridisciplinaires et comparatives, cet ouvrage a pour ambition première d'offrir à ses lecteurs l'occasion de subsumer la Cuba coloniale et révolutionnaire à l'échelle du continent américain, en revisitant, à la lumière des derniers progrès scientifiques, l'oeuvre polygraphique de l'intellectuel et homme d'action José Martí (1853-1895). Richement documenté et doté d'analyses inédites, cet ouvrage n'est pas destiné aux seuls civilisationnistes, historiens ou politistes, mais s'adresse à tous ceux qui souhaitent saisir la richesse et la transcendance de la pensée politique d'un des plus illustres écrivains latino-américains. De l'aveu du Professeur Jean Lamore, membre du Comité mondial de solidarité José Martí de l'UNESCO : « Ce livre répond à un besoin, à la fois culturel et géopolitique, et sa pertinence en cette deuxième décennie du siècle ne souffre aucun doute. C'est ainsi que plusieurs auteurs montrent que les analyses de José Martí ont franchi plus d'un siècle sans prendre une ride : au contraire, en ce début du XXI e siècle, beaucoup de Latino-américains les découvrent. »

  • Les diasporas indiennes anciennes, issues de l'immigration des ouvriers agricoles sous contrat (indentured labourers) pendant la colonisation européenne, font l'objet de nombreuses études d'ordre historique, économique, anthropologique, social, et politique. Alors que le rôle et la place des langues d'origine au sein de ces diasporas indiennes ont suscité un intérêt moindre. Or, des études récentes montrent que la transmission et le maintien de la langue d'origine, parmi tous les éléments identitaires, sont des processus très complexes. Cette Conférence avait donc pour objectif de faire un état des lieux et d'offrir un espace d'échanges et de réflexion autour de ces langues.
    The Indian old diasporic communities, who migrated during the european colonial period as indentured workers, have been the subject of many discussions and studies with emphasis on the historical, economical, anthropological, social and political dimensions of migration. However, the presence of Indian languages and their role within these diaspora populations have so far received limited attention. recent studies have made clear that among all the elements of identity (re)construction, retention and transmission of the language of origin is the most problematic. this Conference was organized in order to provide a forum for discussion and interaction in connection with these languages.
    Colloque International : Langues de l'Inde en diasporas | Maintiens et transmissionsInternational Conference : Indian Languages in Diaspora | Retention and TransmissionActes du colloque | Proceedings of the conference29-31 octobre 2015 | 29-31 October 2015, Mémorial ACTe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
    Appasamy Murugayian, Myriam Alamkan, Krishnedat Bajnath, Visham Bhimull, Juliette Facthum-Sainton, Surendra Gambhir, Christian Ghasarian, Sully Santa Govindin, Y. Vinesh Hookoomsing, Lou Kermarrec, Gerry l'Étang, Rajend Mesthrie, Daniel Negers, Fred Négrit, Sooryakanti Nirsimloo-Gayan, Vasu Renganathan, Stéphane Savriama, Khesaven Sornum, Logambal Souprayen-Cavery, Karin Speedy, Meeniamah Sandanaluchmee Vellien, Vidya Vencatesan

  • Le rhum est une des conséquences de la conquête de l'Amérique, où, dès le XVe siècle, les Européens plantèrent la canne à sucre originaire d'Asie. Dans leurs empires coloniaux, les Portugais et les Espagnols, puis les Français et les Anglais, qui savaient déjà l'art de produire l'eau-de-vie, tirèrent très tôt du jus de canne une boisson fortement alcoolisée. Les progrès de la distillation en permirent la production sur une grande échelle.D'abord réservé à l'usage des Noirs, des boucaniers et de tous les écumeurs des mers du Nouveau Monde, le rhum fut aussi utilisé sur les côtes d'Afrique comme monnaie d'échange dans la traite des esclaves. En tant que boisson, il ne se répandit en Europe et en Amérique du Nord qu'au cours du XVIIIe siècle. Jusqu'à nos jours, sa production et sa consommation demeurèrent liées aux bouleversements coloniaux et aux convulsions des métropoles, dont la principale fut la Prohibition dans les états-Unis des années vingt.Dans l'évolution de cette boisson devenue quasi mythique, se reflète une bonne part de l'histoire mouvementée des deux rives de l'Atlantique.

  • « Comment parler des Antillais, de façon objective et impartiale, si ce n'est en les interrogeant eux-mêmes ? Comment si ce n'est en cherchant à cerner, à décrypter, à travers leurs propos, leurs critiques, leurs confidences, quelles sont leurs préoccupations, leurs aspirations, le sens profond de leurs luttes et de leurs renoncements, leur degré effectif de motivation, d'investissement, dans les objectifs qu'ils se fixent et les défis qu'ils sont prêts à relever pour réussir leurs projets de vie ? »

  • Dans ce récit, que d'aucuns rattachent au genre littéraire de l'audience, Louis-Joseph Janvier brosse, de manière volontairement partisane, un panorama de l'histoire d'Haïti de l'Indépendance à la Présidence de Lysius Salomon. En donnant la parole à Joseph Louis Bon Dos, un Piquet, c'est-à-dire un de ces paysans insoumis et prompts à la révolte du Sud de l'île, il fait entendre la voix des paysans sans terre en butte, génération après génération, à la politique d'exploitation et de manipulation menée par les classes dirigeantes.

  • La première relation "haïtienne"des principaux événements de la guerre d'indépendance, par Louis Boisrond-Tonnerre, secrétaire de Dessalines.

  • Robin Cohen et Olivia Sheringham montrent comment des sociétés apprennent à vivre avec la diversité sociale et culturelle. Ils analysent en détail et en profondeur comment les concepts de formation identitaire, de diaspora et de créolisation mettent en lumière les processus et les géographies de la rencontre. S'appuyant sur des recherches menées à travers le monde, y compris des travaux de terrain récemment menés en Louisiane, en Martinique, à Maurice et au Cap-Vert, leur étude est tout autant une description riche qu'une analyse perspicace grâce à laquelle il devient plus facile, entre autres, de comprendre comment les identités émergent, fusionnent et se réinventent. Pour le dire avec Thomas Hylland Eriksen, Président de l'Association européenne des anthropologues sociaux, c'est « l'un de ces rares livres à la fois érudits, éloquents et existentiellement engageants. Les auteurs [...] invitent généreusement le lecteur à prendre part à cette conversation, qui est si cruciale pour l'avenir de l'humanité sur notre planète qui rétrécit. »

  • " Le communisme est à l'ordre du jour " écrit, en 1950, Aimé Césaire (1913-2008) dans un célèbre poème rendant hommage à Maurice Thorez, le tout-puissant Secrétaire général du P.C.F. Le député-maire de Fort-de-France ne se doute pas encore qu'il démissionnera du Parti de manière fracassante six ans plus tard après la révélation des crimes de Staline dans le " Rapport Khrouchtchev ", et qu'il bouleversera le paysage politique de la Martinique en fondant son propre parti.
    Orateur né, poète porté aux nues par l'intelligentsia d'après-guerre, homme de couleur d'origine modeste, anticolonialiste convaincu, Aimé Césaire ajoute à ces qualités certaines un charisme exceptionnel. Fut-il pour autant la " créature " du Parti communiste français, dressée à la discipline d'appareil ? L'ouverture des archives officielles du Parti depuis le début des années 2000 a permis de lever d'importantes zones d'ombre dans le parcours du " camarade Césaire " grâce à des documents et témoignages inédits. Quelles furent les raisons profondes de son adhésion en 1945 ? En quoi la querelle avec Aragon sur le rôle de la poésie fut-elle décisive, annonciatrice de son émancipation future ? Quelles furent ses véritables relations avec Maurice Thorez dans le tourbillon d'une guerre des clans devenue permanente ?
    En ce centième anniversaire de la naissance du poète, il est temps de rendre Césaire à Césaire.

  • Fièvre ardente en Martinique
    Né en 1882, Alfred est un enfant chti, pauvre et délaissé. Vif et curieux, il est remarqué par son instituteur, un « hussard noir de la République », qui lui révèle son potentiel, l'incite à la lecture et aux valeurs laïques et républicaines.
    L'oeuvre de Victor Hugo sera une découverte qui l'amènera à prendre en main son destin, en s'échappant du domicile parental à douze ans. En passant par les champs de blés de Seclin jusqu'aux cabarets parisiens, dont celui d'Aristide Bruand, il se retrouve en Martinique. Là, il vit un amour passionnel avec une jeune noire marquée par le passé esclavagiste de son pays. Mais l'aventure n'est pas sans risque : l'homme en noir, bras armé d'une vieille rancune parisienne, va le poursuivre jusque sur son île d'adoption.

empty