• L´ordre des libellules n´avait pas encore fait l´objet d´étude complète dans les Antilles françaises. L´ouvrage pose d´abord le décor (cadre géographique, habitats, vies aquatique et aérienne, écologie, protection, techniques d´études, etc.) puis aborde en détail chacune des 41 espèces présentes.
    Des clés richement illustrées viennent faciliter l´identification des adultes, larves et exuvies. Répartition, distribution et abondance bénéficient de 4 cartes successives permettant une vision très complète, depuis le continent américain jusqu´aux Antilles françaises. Une sélection d´itinéraires de découverte, avec plan d´accès, pour observer les libellules dans les meilleures conditions.

  • La mutine

    Michel Herland





    La Mutine, petite île des tropiques, fait face à une grève générale. Les syndicats soutenus par la majorité de la population réclament une hausse du niveau de vie tandis que les patrons s'inquiètent pour leurs profits. Chaque camp manoeuvre afin de se mettre l'État français dans la poche. Pendant ce temps, les indépendantistes avancent leurs pions...
    Michel, professeur de philosophie venu de Métropole, assiste à ce cirque avec consternation. Lui continue de faire cours tout en coulant des jours heureux avec Belle, une Créole à la sensualité torride, artiste-peintre à ses heures. Face aux tensions sociales qui s'exacerbent, au racisme qui se réveille, l'enseignant prône les vertus de la raison. Mais le destin de l'une de ses élèves, fille de l'un des grands Blancs de l'île, va basculer jusqu'au meurtre...
    La Mutine est une fresque haute en couleur aux allures de roman policier et aux accents de pamphlet politique. S'inspirant du conflit social qui paralysa la Martinique et la Guadeloupe en 2009, Michel Herland fabrique une fable édifiante sur ces territoires insulaires où la température monte plus facilement qu'ailleurs.

    [Michel Herland, essayiste et romancier, est un grand amoureux et fin connaisseur de l'outre-mer français. Il y a effectué l'essentiel de sa carrière d'universitaire et d'économiste (vice-recteur de Nouvelle-Calédonie, professeur à l'Université des Antilles). Né en 1945 à Toulouse, il vit depuis une vingtaine d'années en Martinique, où il se consacre désormais à l'écriture.]



  • À la base de l'esclavage aux Antilles, où sévit le système de la plantation, on trouve le ravalement de l'esclave au rang d'une « marchandise » corvéable et malléable à merci, mais - et c'est là où réside l'originalité de la thèse d'Arlette Gautier -, on constate une division sexuelle du travail : aux esclaves hommes, la technique, les outils, voire les armes, aux esclaves femmes, la fonction de reproduction, les travaux peu qualifiants, ce qui n'exclut ni leur périllosité ni leur pénibilité. Et parce que le maître blanc perpétue dans l'esclavage sa propre idéologie du pouvoir viril, parce que l'esclave homme y trouve partiellement son compte dans des conditions qui restent inhumaines, l'abolition de l'esclavage n'entraînera pas la fin de la suprématie masculine et la domination de la femme par l'homme. Arlette Gautier, tout en procédant à une rigoureuse investigation scientifique, aborde le sujet à partir d'un point de vue dérangeant, celui des femmes revendiquant, à travers les vicissitudes de l'histoire, le juste prix de leur travail social, renvoyant presque dos à dos le maître blanc et le mari noir. Cependant, elle évite l'écueil de la simplification abusive, car l'esclavage demeure d'une grande complexité, et dans ce contexte impitoyable, la lutte pour la survie était un facteur qui déterminait tous les comportements. « Dévoiler cette histoire, nous dit l'auteur, c'est commencer à expliquer bien des problèmes actuels. » « Arlette Gautier a bien montré que cette division des compétences et du travail a maintenu et aggravé la subordination des femmes, de sorte que l'esclavage, loin de niveler le sort des hommes et des femmes, a abouti au contraire à un abaissement supplémentaire de la femme dans la maisonnée blanche et bientôt dans la famille noire, car elle ne bénéficiait plus, dans une société noire éclatée ou en miettes, des sauvegardes et privilèges dont naguère la femme noire était assurée en Afrique. » (Marc Ferro, EHESS.)

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