Publications de l'École française de Rome

  • Jusqu'à présent, les historiens de Venise se sont intéressés au groupe des cittadini en raison de la place tenue par les "citoyens originaires" dans la bureaucratie de la République. On se propose ici de dépasser cette image incomplète et schématique d'une noblesse de robe pour saisir, à l'aide de sources émanant d'institutions très différentes, les divers aspects du groupe des "citoyens". Le portrait collectif qui en résulte est complexe, parfois même contradictoire : le XVIe siècle constitue en effet un moment décisif où à l'ancien statut juridique des cittadini se substitue une identité "citoyenne" de plus en plus sociale, fondée sur l'honorabilité. La part féminine des groupes sociaux d'Ancien Régime est très rarement prise en considération par leur définition et leur statut. C'est particulièrement vrai quand il s'agit de citoyenneté, à cause des implications politiques du concept, même si celles-ci sont purement théoriques, comme dans le cas vénitien. Pourtant, dans les statuts urbains, les femmes de la ville font l'objet de normes légales régulièrement renouvelées qui réglementent leurs dots et veillent, par la même occasion, à la conservation des richesses de la cité. Mettant en évidence le fonctionnement de cette législation et utilisant les sources qui en dérivent, cette étude s'attache à placer en regard l'histoire des citoyennes et celle des citoyens dans la Venise de la première modernité.

  • Issu d'un programme de recherche franco-italien initié en 2008 sous l'égide de l'École française de Rome, de l'Università degli Studi di Parma et de l'Université Paris-Sorbonne, ce volume explore un des paradoxes majeurs du catholicisme moderne : alors qu'il revendique une parfaite unité, argument de choix des controversistes contre le protestantisme, il est en réalité traversé par de profondes divergences doctrinales. Ces divergences ne concernent pas seulement des individus, mais aussi des institutions et des États. Le royaume de France continue ainsi de refuser obstinément la conception romaine du pouvoir pontifical, et avec elle la juridiction doctrinale qui en découle. La papauté de son côté condamne régulièrement les thèses gallicanes. Si les affrontements sont nombreux aux XVIe et XVIIe siècles, ils ne débouchent presque jamais sur une rupture complète entre Rome et l'Église gallicane. Les moyens de régulation, diplomatiques, mais aussi théologiques se révèlent donc efficaces pour maintenir dans l'unité des Églises qui s'accusent volontiers l'une l'autre d'errances doctrinales. Cette situation d'hétérodoxies croisées ouvre à quelques individus une espace de liberté, certes restreint et toujours menacé, mais qui contribue au pluralisme du catholicisme d'Ancien Régine.

empty