Presses universitaires du Midi

  • En avril 1799, trois ans avant la proclamation de l'indépendance d'Haïti, un vieux noble ruiné écrit à Toussaint Louverture, figure montante de Saint- Domingue. Surprenant renversement des rôles : le comte Louis-Pantaléon de Noé appelle à l'aide un ancien esclave. Maître de la plantation Bréda où naquit Toussaint, grand propriétaire sucrier dont le domaine inspira Victor Hugo pour Bug Jargal, l'aristocrate gascon est représentatif de ces riches planteurs blancs alors malmenés par la tourmente révolutionnaire. À un moment où beaucoup s'interrogent sur le passé colonial de la France, cette biographie invite à plonger au coeur du système esclavagiste et de la « plantocratie » d'Ancien Régime, tout en rappelant les liens solides tissés entre les provinces françaises et les lointaines îles à sucre. Sur les pas du comte de Noé, le lecteur croisera des personnages célèbres (Toussaint Louverture, les frères de Louis XVI) ou moins connus (négociants, notaires et gérants de sucreries). Il découvrira, surtout, les principaux acteurs de la société antillaise : les esclaves noirs, bien évidemment, mais aussi ces « Libres de couleur » qui constituent un groupe social en plein essor à la fin du xviiie siècle.

  • Ils sont quatre dans le Bourg et quatre dans la Cité. À eux huit, ils gouvernent Rodez sous l'Ancien Régime. Unis par des liens politiques, familiaux et amicaux, les consuls tissent la toile d'une trentaine de lignages qui se retrouvent régulièrement à la tête du pouvoir municipal. Ainsi, leurs sphères publique et privée se confondent-elles pour le bien et l'honneur de la capitale du Rouergue. Comment ces Ruthénois entrent-ils dans la Maison de Ville ? Comment s'y maintiennent- ils ? Quelles sont les formes et les représentations du pouvoir municipal ? Quel est le poids de l'État dans le jeu et les enjeux politiques de ces notables de province ? Tel est le premier objet de ce livre, côté cour. Côté jardin, l'auteur nous invite à pénétrer dans l'intimité des familles, à l'intérieur de leurs belles demeures, en ville comme aux champs, afin de les regarder vivre et de mieux comprendre les formes de la sociabilité patricienne dans une petite ville de province.

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