Presses universitaires de Lyon

  • C'est à une passionnante enquête au coeur des archives que nous convie Olivier Faure, entre impasses et découvertes, suspense et rebondissements. Il suit le parcours d'un obscur épicier ambulant de la région de Tarare (près de Lyon) qui, au xixe siècle, réussit en leurrant les autorités à obtenir le titre d'officier de santé. Au fil du récit, la personnalité complexe de Jean-Pierre Françon se dessine, imprégnée par la société de l'Ancien Régime (en matière de commerce, d'économie, de rapports sociaux...) et poussée par un caractère fort et une intelligence sociale qui vont lui permettre d'échapper au déterminisme et de s'élever au-dessus de sa condition. C'est également le portrait d'une profession qui se révèle : celle des officiers de santé, qui n'ont pas suivi les études nécessaires pour devenir médecins et parcouraient les campagnes pour apporter les soins qui faisaient défaut à la population, parfois de façon peu orthodoxe ou aux dépens des malades eux-mêmes. Tout comme celui du Pinagot d'Alain Corbin en son temps, le cheminement du Françon d'Olivier Faure vient éclairer l'histoire de France et de son peuple d'une nouvelle lumière, certes ténue mais désormais essentielle.

  • Les archives des hôpitaux de l'ancienne France ont été redécouvertes il y a une trentaine d'années pour écrire l'histoire des déshérités, des pauvres autant ou plus que des malades, que ces établissements accueillaient. Du même coup on a souvent traité des idées qui ont présidé à la mise en oeuvre de l'assistance. Mais on a encore très peu étudié les hommes qui dirigeaient les hôpitaux. Membres de droit ou membres cooptés des bureaux d'administration, ils donnaient leur temps bénévolement, mais aussi assez souvent leur argent puisqu'ils faisaient des avances à l'hôpital. Ces avances rarement remboursées tenaient lieu de dons à l'occasion de la sortie de charge de ces administrateurs encore nommés recteurs. Il est vrai que le rectorat des hôpitaux constituait un beau terrain de promotion, particulièrement pour une carrière municipale. C'était, en tout cas, l'occasion d'accéder à la notabilité locale et de faire partie de ces élites qui ont marqué la société d'ancien régime. Les 12 décembre 1997 et 20 mars 1998, à l'université Lumière-Lyon 2, deux tables rondes se sont réunies, sous l'égide de l'Institut universitaire de France. Y furent présentées à la fois des analyses régionales et des analyses thématiques qui, publiées ici, constituent une première approche dans la connaissance de ce milieu original. L'enquête sera ultérieurement poursuivie hors de France.

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