Presses Universitaires du Septentrion

  • Les remises en cause de la famille et du mariage caractérisent notre époque, les débats sur la contraception, l'avortement, le divorce se succèdent. L'Histoire est « fille de son temps ». Sur le thème de la désunion du couple, les auteurs ont donc fouillé le passé. Ils étudient les ruptures de fiançailles, les concubinages, les mariages clandestins, les adultères, les « divorces », les annulations de mariage et ils retracent sur ces sujets les comportements de nos aïeux à partir des précieux documents provenant de l'archevêché de Cambrai et concernant un vaste territoire du Nord de la France et de la Belgique. À travers les complaintes des filles séduites, les justifications de séducteurs ou de maris abusifs et les témoignages de voisins curieux et bavards, des tranches de vie pittoresque et parfois truculentes sont ainsi ressuscitées.

  • Comment améliorer « sa » police ? En regardant ce qui se fait « ailleurs » ; en l'adoptant, parfois. À rebours des historiographies nationales, ce livre fait découvrir l'histoire méconnue des circulations internationales des polices en Europe et à travers l'Atlantique. Il donne à voir les passeurs qui les animent comme les modèles qui se construisent dans les échanges, les transferts, les rejets ou les adaptations des systèmes policiers. Depuis l'Anglais Mildmay révélant le fonctionnement de la police parisienne en 1763 jusqu'à l'Américain Fosdick enquêtant sur la police des capitales européennes en 1913, des observateurs voyagent, étudient et décrivent les polices étrangères. Des administrateurs imposent des réformes justifiées par la supériorité supposée de ces polices voisines, d'autres les refusent énergiquement. Le débat sur la police déborde les limites des États. Neuf études de cas, de Buenos Aires à Paris, de Lisbonne à Rome, de Londres à Berlin, de Bruxelles, Genève ou New York, illustrent la richesse de cette histoire connectée des polices entre Ancien Régime et coopération moderne des polices contemporaines.

  • Maître d'école et clerc paroissial de Silly-en-Multien, village de l'ancien diocèse de Meaux, présentement Silly-le-long dans l'Oise, Pierre Louis Nicolas Delahaye (1745-1805) a laissé un passionnant journal couvrant la période 1771-1792. L'« état des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse », agrémenté d'un livre de comptes, devenu au fil des années une véritable chronique de la vie de la communauté, offre une grande richesse documentaire sur la démographie, l'économie, la société, la vie religieuse, la culture matérielle et le quotidien d'une paroisse rurale en pays de grande culture au nord de Paris. L'atonie politique de l'Ancien Régime finissant, marqué par la succession monotone des jours et des saisons, fut interrompue par l'irruption des événements révolutionnaires, dont l'auteur, observateur sagace, témoin privilégié et acteur local, nous propose un récit très vivant, témoignant de la réception de la Révolution au village. Le journal révèle aussi le cheminement d'un personnage attachant, enraciné dans son siècle d'ombres et de Lumières, l'homme privé dans son environnement familial, professionnel et social, comme l'homme public, chrétien « patriote », confronté à la plus formidable accélération du « temps court » de notre histoire.

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