• L'acacia

    Claude Simon

    « En refermant LAcacia, le lecteur a la sensation davoir personnellement chevauché dans les clairières de lEst en 1940, les yeux brûlés dinsomnie ; davoir reçu une balle en 1914 au coin dun bois, tel un parfait poilu de LIllustration ; mais aussi davoir servi aux Colonies avant 14 ; davoir hanté les villes deaux de la Belle Époque ; davoir ouvert un télégramme avec des sanglots de veuve dans la gorge ; davoir visionné des bribes dActualités davant lautre guerre, sépia, tressautantes et muettes ; davoir remué ces réminiscences dans un claque miteux ; davoir senti monter la folie des deux dernières guerres du fond des trains à bestiaux de toute lEurope ; et de chercher à couler tout cela dans le présent immédiat de lécriture, devant une branche dacacia vert cru... » (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde) L'Acacia est paru en 1989.

  • Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies : « I' faut t'nir. » Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus : leur courage, leur camaraderie, leur argot, mais aussi la saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et la presse patriotique la censurent. Il faudra un roman comme Le Feu pour en dire toute la barbarie mécanique, mais aussi l'espoir : celui d'en sortir vivant... Couverture Virginie Berthemet © Flammarion

  • « Les Mémoires de Serge, plus que le récit minutieux et détaillé de sa vie - qu'il ne fait d'ailleurs pas -, sont l'exposé critique des événements historiques et sociaux auxquels les hommes de ce temps ont dû s'affronter, et dont il convient de tirer des leçons pour que, plus avertie et donc plus assurée, la marche vers un objectif ou un idéal sans doute jamais assuré se poursuive. Il s'agit de rendre compte et, ce faisant, de se rendre compte. »
    - Jean Rière

  • Chemin des Dames, 1917, l'offensive du général Nivelle tourne à l'hécatombe. Dans l'enfer des combats, un conseil de guerre s'apprête à juger le soldat Jonas, accusé d'avoir assassiné son lieutenant. Devant l'officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d'un drame qui les dépasse. Coupable? Innocent? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple? Le capitaine Duparc n'a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille.

  • « Citoyens !... » L'orateur Jaurès, debout face à l'assistance, marque une courte pause puis s'élance. Sa voix, capable d'emplir les plus vastes édifices, épouse chaque nuance de sa pensée. L'effet d'entraînement sur l'auditoire est immédiat : les témoignages abondent, qui décrivent son incomparable éloquence. Mais s'il fut un maître reconnu de la parole, l'élu de Carmaux, fondateur de la SFIO, demeure aussi et surtout, Léon Blum l'a souligné, l'« un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer ».
    Qu'il s'agisse de l'homme politique, farouche défenseur de la République et socialiste convaincu, du militant pacifiste, du philosophe ou du poète, ce recueil de discours et de conférences constitue la meilleure approche du « tribun extraordinaire ».

  • Au coeur d'un archipel à la beauté sauvage et figé par le temps, Par-delà les glaces est l'histoire délicate et touchante d'un amour menacé par les rancoeurs venues du passé.Hiver, 1914. À l'extremité de l'archipel de Stockholm, une tempête sans précédent se lève. De retour d'un bal, sept jeunes gens sont happés par les glaces. Une tragédie qui continue de hanter les habitants de l'île d'Hustrun un siècle plus tard.
    En 2013, la solitaire Ellinor gère l'entreprise de bateaux-taxis de son père. Ses journées sont rythmées par les tâches quotidiennes et les bruissements de la nature. Un beau jour, son père lui demande d'aller chercher un voyageur. Même si elle ne l'a plus vu depuis des années, elle reconnaît aussitôt Herman Engstrm, son amour d'enfance.
    Petit à petit, les sentiments profondément enfouis ressurgissent. Mais Ellinor peut-elle accorder sa confiance à un homme dont la famille cristallise la haine des habitants depuis la funeste tempête ?
    Comme cette île hors du monde qui revient à la vie après un long hiver, l'amour d'Ellinor et d'Herman pourra-t-il à nouveau éclore ?

  • 1914

    Luciano Canfora

    Et si l'on concevait la tâche de l'historien comme l'enquête d'un Sherlock Holmes ? Si la guerre pouvait être assimilée à un crime, les coupables se dissimulant, des alibis étant invoqués, des innocents désignés du doigt ?
    Dans cet ouvrage - ni « livre édifiant » ni « commémoration » -, Luciano Canfora aborde la guerre non comme un monument, mais comme un événement vivant qu'il s'agirait de retourner dans tous les sens pour comprendre « ce qui s'est vraiment passé ».
    L'enquête menée au fil de ces pages - puisqu'il s'agit bien d'une enquête - se déroule en une vingtaine de courts chapitres, tirés de conférences à la radio publique italienne, à lire d'une traite comme autant de petites histoires. Les idées reçues - surtout celles qui ont cours dans les pays vainqueurs - ne survivent pas à l'examen. La fin ne nous livre pas un unique coupable, mais nous laisse vaccinés contre les reconstructions apologétiques.
    C'est le livre que doit lire qui veut se faire en quelques pages une idée de la multiplicité des causes et des conjonctures qui ont conduit à la Première Guerre mondiale.

  • Dimanche 28 juin 1914 : l'archiduc François-Ferdinand, en visite officielle à Saravejo, est abattu d'un coup de feu. L'assassinat de l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie par un nationaliste serbe, prêt à tout pour déstabiliser la région, ne tarde pas à embraser le monde ; 34 jours plus tard, l'Europe entre en guerre.
    François-Ferdinand est devenu l'héritier de François-Joseph, sans y avoir été préparé, en quelque sorte par accident ou plus exactement dans des circonstances dramatiques : la mort de son cousin Rodolphe à Mayerling en 1889, puis celle de son père en 1896.
    Mort sans avoir eu l'occasion de donner sa mesure et de régner, François-Ferdinand se révèle une personnalité plus complexe qu'il n'y paraît. Connu pour ses coups de sang, l'homme est doté d'une incroyable énergie, affectionnant la vie familiale ? il s'est en outre mis au ban de la dynastie en épousant une jeune femme bien au-dessous de sa condition. Catholique conservateur, méfiant à l'égard des Hongrois et des Italiens, il s'est souvent prononcé en faveur de la paix, a tâché de moderniser l'armée et a suivi avec sympathie le renouveau artistique de l'époque. Enfin, il est convaincu de la nécessité de réformer la monarchie : François-Ferdinand, « l'homme qui aurait pu sauver l'Autriche » ?
    De multiples sources inédites ou mal connues du public français nourrissent ce portrait nuancé et équilibré dressé par Jean-Paul Bled, spécialiste incontesté des Habsbourg et de l'Autriche-Hongrie.

  • La bataille de Charleroi n'est ni Verdun, ni la Somme. Presque occultés par la longue guerre des tranchées qui s'en suivit, ces trois premiers jours de combat sont pourtant les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale pour l'armée française. Opposant la 5e armée du général Lanzerac à la 1re, IIe et IIIe armées allemandes entre Sambre et Meuse, Charleroi ouvre la voie à l'invasion du Nord de la France.
    En ce vendredi 21 août 1914, sous une chaleur écrasante, des milliers de soldats tout juste mobilisés et engoncés dans leurs pantalons garance vivent là leur baptême du feu. Sous la puissance de feu inédite de l'artillerie allemande, l'armée française vit les heures les plus meurtrières de son histoire ? près de 7 000 soldats français sont tués le 22 août à Charleroi, presque 40 000 entre le 21 et le 23 août sur l'ensemble du front. La violence des combats n'épargne pas non plus les civils. Pour la première fois, les combats s'engagent dans les rues, les maisons, les usines.
    Désorganisée, l'armée française recule à l'intérieur de ses frontières. Ni prévue, ni anticipée, la bataille signe l'échec du plan stratégique, tourné vers l'offensive, conçu par des généraux, dont les postures sont héritées du XIXe siècle, quand Charleroi est « la première bataille du XXe ». Cette crise du commandement trouve son épilogue dans le renouvellement massif des chefs menés par Joffre début septembre.

  • Paris, 1914. La France entre en guerre. Après la mort de son père, chauffeur de taxi réquisitionné pour transporter des soldats Français sur le champ de bataille de la Marne, Max décide de s'engager dans l'armée. Il endosse alors l'identité d'un soldat qu'il croit mort, mais que la famille recherche activement... Sur les fronts français d'abord, puis allemands et russes, où il sera blessé et soigné par la fille même du tsar, Tatiana... Max parcourt la guerre sur fond de vengeance, mêlée de désespoir, parfois, et de rage de vaincre, souvent. Entre aventures et émotions, Un taxi de la Marne offre une lecture nouvelle, profonde et sensible de la Grande Guerre.
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  • C'est par le regard et les paroles d'Apollinaire qu'Annette Becker nous fait traverser la Première Guerre mondiale. Elle suit le poète pas à pas, depuis son engagement à l'été 1914 à sa mort de la grippe espagnole le 9 novembre 1918, et nous donne à voir à la fois le combattant ordinaire et l'artiste nourrissant son oeuvre de son expérience du feu. Avec lui, nous partageons l'ennui militaire, la peur en première ligne, le désarroi après sa blessure à la tête en 1916.

    À ses côtés, on croise, entre autres, Picasso et Cendrars, Duchamp, Breton, Éluard, mais aussi des engagés volontaires et des embusqués, des anonymes qui ont partagé son quotidien dans les tranchées.



    /> « Annette Becker retrace avec vivacité les années 1914-1918 du poète si fier d'être devenu soldat. Un ouvrage passionnant. » Canard enchaîné « Apollinaire aimait l'audace. Cette biographie n'en manque pas. » L'Histoire La première édition de cet ouvrage a paru sous le titre Apollinaire, une biographie de guerre.

  • Le socialisme est-il compatible avec la République ? Que propose le parti face à la crise du monde paysan ? Réformisme ou « classe contre classe » ? Quel rôle les prolétaires ont-ils joué dans l'histoire de France ? Que penser de la laïcité ? Peut-on vraiment être pacifiste en 1914 ?
    Homme de valeurs, Jaurès est un acteur majeur des principaux enjeux pour la République française au tournant du siècle.
    Cet ouvrage rassemble ses discours les plus importants, notamment le discours des deux méthodes, le discours à la jeunesse et le discours de Vaise, prononcé la veille de son assassinat. Des textes fondamentaux pour penser les racines du socialisme.

    Couverture : création Studio J'ai lu

  • Enrôlé dans une compagnie de sapeurs
    en fin d'été 1914, suite à la tragédie d'un
    amour naissant, Cleffe Roy, âgé de vingt
    ans et jeune employé à l'usine d'allumettes
    Eddy, est intégré à la première division de
    la Canadian Expeditionary Force. Il croit,
    comme des milliers de jeunes canadiens,
    se rendre au front, faire la guerre, voir
    l'Europe, et revenir à la maison en
    chantant pour la fête de Noël.
    D'Ottawa à Valcartier, puis sur les plaines
    de Salisbury en Angleterre, et durant près de quatre années éprouvantes, affligeantes, sur le front de l'Ouest en France, Cleffe,
    chauffeur d'ambulance à moteur au milieu des bombes, des gaz toxiques et des rafales de mitrailleuses, nous livre une vision inusitée de la Grande Guerre.
    Ses déchirements, ses croyances, ses amours, ses sentiments bouleversés,
    et son courage sont étalés sans vergogne, dans une intrigue parsemée de rebondissements parfois drôles, souvent tragiques; et cela autant en bordure des effroyables tranchées, que dans le salon affriolant d'un bordel à Paris. Un roman qui évoque l'atrocité des boucheries abominables, des carnages, certes, mais qui offre aussi une impérissable leçon de bravoure, de fortitude et de générosité.

  • C'est la guerre. On est en 1917. Marthe a 18 ans. Elle est fiancée à Jacques. Jacques est au front.
    Alors François, jeune lycéen, s'éprend de Marthe, et Marthe tombe dans les bras de François.
    Ils deviennent amants. Au loin, parfois, résonne le canon.
    Publié en 1923, lancé avec fracas par Bernard Grasset, Le diable au corps fit couler beaucoup d'encre, d'abord en raison du talent précoce de Radiguet, ensuite et surtout parce qu'il malmenait la figure, toujours sacrée, du soldat, faisant de la guerre l'une des conditions du bonheur sexuel.

  • Mobilisé le 3 août 1914 et affecté au 18e Régiment d'Artillerie de Campagne, le toulousain Octave Raymond Bouyssou part pour le front Nord en septembre 1915. Début d'un long périple qui le mènera successivement en Artois, Lorraine, Champagne, dans la Somme, à Verdun (à deux reprises !), puis dans l'Aisne et l'Oise.
    Trente huit mois d'un service exemplaire dévolu au transport des munitions et à l'intendance, au cours desquels il rédigera un Journal (qui vient d'être retrouvé) dont les notes aussi pointues que lapidaires restituent la réalité intime de la guerre et du quotidien du soldat.

  • Auguste Allemane est né en 1870 à Bordeaux. Chef de cabinet de Charles Gruet, maire de Bordeaux, avant sa mobilisation, il a été nommé secrétaire général de la ville à son retour de guerre et jusqu´en 1936.
    Son journal de guerre, mis en ordre dans les années 1920 à partir de notes et de lettres écrites sur le vif, depuis le front ou les tranchées, est bouleversant. Il y décrit l´ennui, l´horreur, le sens du devoir et la détestation des « embusqués ».
    Calme, réfléchi, téméraire, particulièrement apprécié par les hommes qui l´entourent, ce capitaine, puis commandant, a traversé, pendant les quatre années de guerre, des épreuves qu´il tente de surmonter avec un sens de la formule et un humour dévastateur.


    Ce document poignant, retrouvé par les petits-enfants d´Auguste Allemane, est un document passionnant.

  • Cette compilation d´articles donne la parole aux seuls colons et, parfois, aux politiciens qui les représentent (ou croient les représenter) en France métropolitaine. On ne s´étonnera donc pas de rencontrer souvent des avis aussi péremptoires que négatifs à propos des Malgaches, d´ailleurs nommés habituellement les "indigènes". Une seule exception, mais notable : "La Dépêche malgache", journal créé à Tamatave (nous utilisons les appellations françaises des villes et, pour les noms malgaches, c´est au petit bonheur la chance, comme dans les textes originaux) en octobre, introduit dès son premier numéro une chronique piquante censée être écrite par un tireur de pousse-pousse qui y livre des réflexions en complet décalage avec la tonalité générale de la presse.

  • Du point de vue de l'histoire comme de la science politique, les élections générales du 8 février 1871 et les élections partielles qui les ont suivies, de juillet 1871 à février 1875, présentent une grande importance et un vif intérêt. Importantes, elles le sont parce que l'Assemblée nationale à laquelle elles ont donné naissance, élue après l'armistice de janvier 1871 pour statuer sur la continuation de la guerre ou la conclusion de la paix, et composée en grande majorité de conservateurs monarchistes, a pris les options décisives par lesquelles le régime politique français, jusqu'à nos jours, a été orienté dans la voie d'une certaine forme de République parlementaire. Quant à leur intérêt, il tient en premier lieu à ce qu'elles ont constitué en France la première manifestation d'un suffrage universel à la fois libre et suffisamment conscient de lui-même et des possibilités pour que son verdict, ou plutôt, des verdicts successifs (car les élections partielles, surtout celles de juillet 1871, portant sur cent treize sièges, ont eu à cet égard autant de portée au moins que le scrutin initial de février) eussent une cohérence et une signification susceptibles d'agir de façon décisive sur l'évolution des événements. L'ouvrage de J. Gouault dresse le tableau nuancé et complet de la géographie de l'opinion politique en France au lendemain de la guerre de 1870-1871 ; il montre en même temps comment cette géographie se relie à celle du dernier plébiscite impérial, et comment les transformations qu'elle subit de juillet 1871 à 1875 annoncent celle qui caractérisera les scrutins de la Troisième République jusqu'en 1898.

  • «La fantaisie, ça va bien en dehors des heures de bureau et principalement le dimanche. Le dimanche, c'est toute la vie de Jean Dézert. Il apprécie ce jour que si peu de personnes comprennent. Il ne se fatigue point de parcourir et d'errer le long des grands boulevards.»

  • « - Elles sont bien belles toutes vos formules, ``la commune à ses enfants morts ou à ses héros morts pour la France ou pour la Patrie'' qu'on trouve sur tous les monuments inaugurés ces temps-ci. J'ai rien contre, au contraire, mais il faudrait en plus quelque chose pour rappeler qu'on l'a gagnée cette guerre. J'lis l'journal. J'vois bien c'qui se passe. Il y en a déjà qui semblent l'avoir oublié, à commencer par les Allemands. Chaque jour, j'ai repoussé au jour suivant, mais demain l'échéance arrive à son terme. Je dois présenter devant le Conseil municipal ma réponse à cette demande du maire. Devant l'urgence de la tâche, cette nuit le sommeil me fuit. Les fantômes surgissent du passé. Je me remémore la période de la Grande Guerre, vécue côté civil, entre Allanche, Murat et Aurillac, loin du front : les lettres qu'on attend avec appréhension, mon travail d'architecte, l'église, la lecture des journaux, les discussions au café où se mêlent nouvelles vraies ou fausses de la guerre, politique, problèmes du quotidien. De possibles épitaphes surgissent, s'envolent. » 1923, dans un village d'Auvergne. Un architecte s'apprête à soumettre son projet de monument aux morts dédié aux disparus de 14-18. Il replonge dans ses souvenirs, à partir de 1890, lorsqu'il s'était vu confier le chantier d'une église... Jean-Louis Prud'homme remonte le temps et explore les cicatrices d'un nouveau siècle qui n'augurait rien de bon. « Mots pour maux » raconte ainsi la vie en suspens, les journaux qui mentent et oublient. L'humain et le politique, le sacrifice et l'absurde, des noms sur une pierre : une page d'histoire douloureuse, terriblement juste, hélas intemporelle.

  • Il n'y eut pas, dans notre longue campagne, de périodes plus tragiques. La joie de la victoire nous en fera oublier les souffrances, et peut-être notre quiétude se complaira-t-elle à n'y plus songer, préférant ne pas s'assombrir en ces retours vers un passé qui fut atroce. Mais il est bon que les adolescents de demain sachent au prix de quel courage leurs aînés leur ont conquis le droit et l'honneur de rester Français. Pour le bien de ceux qui n'ont pas partagé notre épopée, j'oserai dire notre martyre, j'ai cru utile d'en faire revivre quelques épisodes. Je n'y pouvais mieux contribuer qu'en racontant, au jour le jour, à l'honneur des soldats qui en furent les acteurs, les scènes dont mon ministère d'aumônier m'a rendu le témoin ». (extrait de la Préface).
    Il a laissé une image quasi légendaire dans la mémoire des survivants de la terrible bataille. Ne ménageant jamais sa peine, méprisant le danger, il surgissait la où les poilus souffraient dans leur chair et désespéraient dans leur âme, leur prodiguant secours et consolation. Il fut la lumière de l'espérance dans l'enfer de Verdun.
    Charles Thellier de Poncheville, né à Valenciennes (1875-1956), ordonné prêtre en 1900 ; il fut aumônier de la 28e division d'infanterie de février 1916 à décembre 1919. On lui doit également de nombreux écrits sur le rôle de l'Eglise dans la société.

  • Un Arsène Lupin différent, plus noir et plus violent, plus patriotique aussi, écrit pendant la première guerre mondiale.

    Paul et Élisabeth Delroze viennent tout juste de se marier. Se rendant au château d'Ornequin, la propriété inhabitée des parents d'Élisabeth, située non loin de la frontière allemande, une terrible révélation lance Paul sur la piste du meurtrier de son père. Au même moment, la guerre éclate et Paul est mobilisé...
    Comment Paul Delroze va-t-il continuer son enquête alors qu'il part défendre son pays. Et comment expliquer ses souvenirs du meurtre de son père, avec l'Empereur d'Allemagne présent contre toute attente. Entre la vaillance du héros et un coup de pouce de Lupin, ce roman de guerre et d'aventure entraîne le lecteur dans un monde de trahison et d'actes de bravoure.

    Amateurs de mystères, attention ! Ce livre vous entraîne dans un univers d'intrigues et d'énigmes ! Serez-vous à la hauteur du plus grand cambrioleur de la littérature ?

  • « Bonne année ! » : c'est par ces mots traditionnels, écrits ou prononcés par des millions d'individus au même instant, que Gaston Calmette, le directeur du quotidien Le Figaro, salue l'avènement de l'année 1914 à la une de son journal. Comment pouvait-il savoir que, peu après sa brutale et tragique disparition, le monde qui l'entourait allait basculer à son tour dans les ténèbres ? Pour entrer dans une nouvelle ère, engendrée par un monstrueux chaos guerrier, annonciateur des autres brisures qui hacheront le xxe siècle.Dans une puissante Europe secouée récemment par plusieurs crises localisées qui ont menacé de dégénérer, les grands acteurs - France, Russie, Grande-Bretagne, d'un côté, Allemagne et Autriche-Hongrie de l'autre - accompagnés de leurs satellites, vont finalement en découdre. Les ferments de la guerre ? On peut les rattacher à diverses causes : prédominance du sentiment national, nationalismes exacerbés, rivalités économiques, financières et coloniales. Car il est certain que l'événement officiellement déclencheur du mécanisme fatal - l'attentat de Sarajevo du 28 juin 1914 - ne suffit pas à expliquer le conflit. Il convenait donc de conduire une « enquête sur une guerre programmée » que Gérard Chauvy mène ici magistralement à son terme.Un livre capital pour comprendre pourquoi l'année 1914 est restée gravée dans l'Histoire comme une « année tragique », celle de la fin d'un monde.

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