• Dans sa jeunesse, Simon Leys passa deux ans dans une « cahute » de Hong Kong avec trois amis étudiants - période bénie où « l'étude et la vie ne formaient plus qu'une seule et même entreprise ». C'est en souvenir de ce foyer régi par l'échange et l'émulation, surnommé le « studio de l'inutilité », qu'il a ainsi intitulé le présent recueil d'essais. Tous regardent ses trois domaines de prédilection : la littérature, la Chine, la mer.
    Simon Leys s'y laisse aller à la jouissance désintéressée de la littérature. Libre de tout carcan, il partage amours et désamours en matière de lettres, mais toujours en attaquant son sujet par un biais inattendu.
    Il y éclaire tour à tour la « belgitude » d'Henri Michaux, la vie personnelle de George Orwell, la genèse de L'Agent secret de Joseph Conrad, ou encore l'amitié entre Albert Camus et Czeslaw Milosz, brosse les portraits de personnalités remarquables et parfois méconnues - du prince de Ligne, « incarnation du xviiie siècle » à Soon Mayling, la femme de Chang-Kai-Shek -, revisite les heures les plus terribles du génocide cambodgien, dont il décrypte chaque rouage, quand il n'épingle pas, en faisant montre d'une réjouissante causticité, les considérations de Barthes sur son voyage en Chine en plein maoïsme triomphant.

  • Avec la pugnacité d'un véritable enquêteur, Yan Pradeau tente dans ce récit à la croisée de l'autobiographie et du roman de comprendre comment on devient Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie. Enfant déjà, celui qui est aujourd'hui considéré comme le refondateur de la géométrie algébrique se trouve sur la piste de la découverte du nombre Pi. À l'âge de 20 ans, il résout en quelques mois quatorze problèmes demeurés jusqu'ici irrésolus. De tous les mathématiciens du siècle, il est celui qui s'avère seul capable de généraliser un problème, d'apercevoir avec recul et démonter les liens possibles entre des figures mathématiques. Ce fils d'anarchistes, dont le père a péri à Auschwitz et la mère a succombé à une tuberculose contractée dans les camps, est férocement revêche à toute autorité et farouchement solitaire. En 1966, il refuse la très convoitée médaille Fields. Un temps enseignant au Collège de France, il est à compter de 1973 professeur à l'université de Montpellier. Mais il choisit de rompre rapidement avec le milieu scientifique pour vivre reclus en Ariège au début des années 1990, avant de tirer sa révérence en novembre 2014. Se détachent sous la plume alerte de l'écrivain la silhouette, puissante, de l'homme, son histoire personnelle et ses idéaux, et avec elle un siècle entier. Car Yan Pradeau ne retrace pas seulement la vie du mathématicien : il nous entraîne dans le tourbillon d'une époque, dans des milieux réputés fermés, qui apparaissent soudain dans toute leur vérité sous les yeux du lecteur. Entre le récit d'une vie et la grande histoire gravée sur le papier avec la finesse du burin et la phrase qui claque sans concession tel un couperet, cet Algèbre tient de la saga familiale comme de la grande histoire, depuis les camps de la mort jusqu'à nos jours.

  • Chanter la guerre, parcourir la géographie mondialisée des empires ibériques, élever les contemporains à la grandeur des héros antiques et montrer la vivante peinture leurs exploits : tels sont les grands enjeux de cette nouvelle épopée ibérique proposée par l'Espagnol Alonso de Ercilla et le Portugais Jerónimo Corte-Real entre 1569 et 1589. Sous leur plume, se dessine un nouveau patron de narration héroïque qui rompt avec le modèle du Roland furieux et concurrence Les Lusiades de Camões. Loin d'épouser une vision panégyrique de la guerre et de leur nation, les deux poètes en questionnent les codes et les pratiques dans une démonstration épique qui suscite une lecture critique de l'Histoire récente.

  • Léo et son grand frère Émile doivent se rendre à l'évidence. Au hockey, leurs cousines Mia et Flavie, sont de redoutables adversaires. L'équipe des gars réussira-t-elle à vaincre celle des filles ?

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