Sciences humaines & sociales

  • "On ne nait pas femme, on la devient."


    Telle est la phrase que Simone de -Beauvoir aurait écrite si, fille de l'école, elle n'avait assimilé les règles concoctées à partir du xviie siècle pour donner au "genre le plus noble" la place qu'il occupe aujourd'hui dans la langue française.


    Contestée dès l'origine, longtemps négligée, imposée pour finir par des -institutions puissantes, cette entreprise a commencé d'être démantelée dans les pays francophones depuis une quarantaine d'années. Petit à petit, d'une -controverse à l'autre - et elles sont particulièrement vives en France -, la démasculinisation du français a ainsi fait des progrès notables : les titres de "chancelière" ou de "présidente du conseil", les mots "pharmacienne", "autrice", "compositrice" ont à nouveau droit de cité dans la langue.


    Le travail se poursuit désormais plus largement avec le langage inclusif, qui intègre des exigences propres au temps présent, visant à réaliser l'égalité entre tous les êtres humains. Ce livre donne à la fois les bonnes raisons -d'approfondir cet effort, et les moyens simples qui sont à notre portée pour le soutenir.

  • Ce livre fournit les outils fondamentaux pour bâtir, rédiger et prononcer un discours efficace en toutes occasions et quels que soient les interlocuteurs. Véritable boîte à outils, il fournit tous les éléments pour le construire pas à pas. Avec des exemples de citations, de discours (de Robespierre à Sarkozy en passant par de Gaulle), de modèles par genre, les pièges à éviter, etc.

  • Du boulevard au one-man show, en passant par la tragédie, la farce, le vaudeville et même le grand spectacle, voici toutes les ficelles pour qui veut se lancer dans l'écriture de théâtre.

    Michèle Ressi présente de manière inédite un panorama des genres d'hier et d'aujourd'hui, et une quarantaine d'auteurs, exemplaires par leur vie ou leur oeuvre. Se référant au répertoire classique ou contemporain et à travers un florilège de citations, elle vous initie de façon ludique aux coulisses du métier et aux secrets de fabrication d'une pièce. D'où une mine de conseils et d'exemples à suivre... Ou ne pas suivre. Après lecture, libre à vous d'oublier les règles de l'art, pour créer selon votre talent propre !

    L'auteur répond par ailleurs à toutes les questions que vous devez vous poser : où trouver l'idée de départ, comment construire la trame de l'histoire, créer les personnages, nourrir les dialogues, donner des indications scéniques, se relire à haute voix et peaufiner son manuscrit... Mais aussi adapter une oeuvre préexistante, protéger sa pièce, connaître le statut de l'auteur et ses droits en France... Jusqu'aux pistes pour rencontrer un metteur en scène ou un acteur, trouver un producteur, un éditeur... Enfin, tout ce qu'il faut pour être lu et joué.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.

  • Vous qui aimez écrire et raconter des histoires pour les petits ou les plus grands, lancez-vous ! Mais non sans méthode. Car il est exigeant, votre jeune lecteur, et ce qui vous faisait frissonner de peur hier le ferait peut-être rire aujourd'hui.

    Alors, comment rendre vos histoires captivantes, vivantes, émouvantes ? Que raconter ? Des histoires tirées du réel ou surgies de mondes imaginaires ? Albums d'images, fictions ou documentaires ?

    Au fi l des pages, Faly Stachak vous fait voyager au coeur des différents genres de la littérature jeunesse : science-fiction, fantasy, contes de fées, romans historiques... Et vous apporte des réponses pour mieux bâtir la structure de vos histoires, rendre vos personnages vivants en invoquant les mythes, travailler vos dialogues et les temps du récit...

    À l'aide d'exemples tirés de la littérature jeunesse d'hier et d'aujourd'hui et d'un cahier d'exercices, affinez votre style et construisez une oeuvre qui parle au coeur de tous, sans limite d'âge, de temps ou de culture.

  • Du roman d'enquête au polar à la française en passant par le policier historique, voici les recettes à connaître avant de se lancer dans l'écriture d'un roman policier.

    Longtemps dénigrée, la littérature policière s'impose aujourd'hui comme un genre noble, au succès mondial inégalé. Nombreux sont ainsi ceux qui rêvent de maintenir à leur tour en haleine un lectorat toujours plus avide. Mais quelle atmosphère donner à votre histoire ? Comment structurer l'intrigue ? Comment construire vos personnages pour qu'ils soient à la fois crédibles et consistants, pour qu'ils "portent" l'histoire d'un bout à l'autre sans lâcher le lecteur d'une semelle ?

    En s'appuyant sur de nombreux exemples commentés ainsi que sur la parole d'autres écrivains, Alain Bellet vous dévoile les dessous de l'écriture policière : des ficelles techniques indispensables aux petits "plus" qui vous aideront à accrocher le lecteur, vous découvrirez tout ce qu'il faut savoir pour affûter au plus fin votre plume et concocter un roman policier digne de ce nom.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.

  • Comment il ne faut pas écrire & l'art d'écrire enseigné en vingt leçons & les Tendons du style. « Partant de ce principe qu'il est plus facile d'éviter un défaut que d'acquérir une qualité, et qu'il y a autant de profit à étudier ce qui est mal écrit qu'à étudier ce qui est bien écrit, j'ai été conduit insensiblement, à travers mes lectures, ...

  • Par une étude ethnographique des usages sociaux de l'écrit dans la région cotonnière du Mali, ce livre analyse les dynamiques d'alphabétisation au sens large, allant au-delà des filières de formation pour étudier la place de l'écrit dans les activités les plus quotidiennes. La pluralité des contextes où l'on apprend à lire et à écrire (alphabétisation pour adultes et filières scolaires) et des langues de l'écrit (français, bambara, arabe) façonne des profils de lettrés divers. L'ouvrage s'intéresse tout particulièrement aux effets de la dynamique d'alphabétisation impulsée par les interventions liées au développement à partir des années 1970. L'analyse minutieuse des trajectoires de formation à l'échelle d'un village permet d'approcher les modalités d'inscription de l'écriture dans l'espace social. L'étude des pratiques de lecture, d'écriture et de compte, et des significations qui y sont attachées, amène à identifier comme domaine d'écriture privilégié l'espace personnel. En scrutant les façons de désigner et de délimiter cet espace « à soi », l'ouvrage démontre que l'écriture est un facteur essentiel dans la redéfinition des contours du public et du privé, et rapporte ces processus aux transformations socio-économiques en cours. À partir d'un ancrage comparatiste, ce livre propose de dépasser le questionnement classique autour du partage oralité/écriture, et contribue au domaine émergent des travaux sur l'écriture sur les terrains africains. Il ouvre des perspectives plus générales sur le rapport à soi et la subjectivité dans l'Afrique contemporaine.

  • « Voix, traces, avènement » : ce sont les trois voies d'approche du sujet de l'écriture, notion fondamentale, complexe et ambiguë que les différentes contributions du volume discutent, illustrent, et s'efforcent de préciser. Le sujet de l'écriture - au-delà ou en deçà du Moi de celui qui dit « je » -, c'est celui qui s'investit dans un texte, se dit par son énonciation, prend forme par sa ou ses voix, se constitue par le travail des mots, trace le sillage par lequel il advient. Présence qui fait advenir le texte et qui advient par lui et en lui, le « sujet de l'écriture » se manifeste comme « voix » (« C'est une question de voix, [...] comme si c'était ma voix à moi, disant des mots à moi », écrit « l'Innommable » de Beckett) ; par ses « traces » intratextuelles ; et comme « avènement » sensible d'un sujet qui s'énonce, se constitue dans l'acte même d'énoncer. C'est donc une virtualité et un procès qui ne cesse de se remettre en jeu à chaque lecture. Comme l'affirme Henri Meschonnic, « c'est par le langage qu'un sujet advient comme sujet, c'est poétiquement qu'est sujet celui par qui un autre est sujet ».

  • Saint Jérôme souffre parfois du voisinage trop éclatant de son illustre contemporain Augustin. Qu'il s'essaie dans le genre historique avec la Chronique et aussitôt s'élève le choeur des voix qui lui préfèrent l'ampleur et la portée théologique de la Cité de Dieu ! Mais une telle comparaison, qui ne tient compte ni des enjeux ni du contexte spécifiques de chaque oeuvre, est forcément réductrice et conduit inévitablement à des classements arbitraires et spécieux. L'oeuvre historique d'Augustin, composée après 410, aurait été différente si Jérôme ne s'était pas mis en tête, vers 380, de faire connaître au monde latin l'historiographie chrétienne grecque et de traduire la Chronique d'Eusèbe de Césarée. Sa contribution ne se limite d'ailleurs pas à une simple traduction puisqu'il a lui-même composé, pour les années 326-378, un prolongement à cette chronique. C'est cette continuation que le lecteur trouvera ici. Les figures de l'empereur Constantin et de ses fils y côtoient celles, toutes nimbées de sainteté, de moines et d'évêques dont l'idéal ascétique et la doctrine ne sont pas toujours du goût du pouvoir temporel ; on y assiste aux derniers soubresauts de la réaction païenne avec le passage fugitif de Julien, le fameux « apostat », aux commandes de l'Empire ; on y voit les barbares d'Occident et d'Orient tenir tête à la puissance romaine tandis que l'Église, en proie aux âpres disputes des partisans et adversaires d'Arius, connaît une grave crise d'adolescence. Et sur tout cela s'abat parfois avec fracas une averse de grêle meurtrière ou le malheur d'un tremblement de terre dévastateur. Dans le style concis caractéristique des chroniques, Jérôme nous fournit ici un abrégé de l'histoire de son temps dans lequel l'historien d'aujourd'hui pourra glaner des informations précieuses pour la compréhension et la connaissance du IVe siècle.

  • L'histoire des idées bénéficie d'une pleine légitimité universitaire dans les mondes anglo-américain et germanique. Dans le monde de langue française au contraire, c'est une sorte de terrain vague où l'on aperçoit des passants, des squatters, des occupants sans titre. On n'y rencontre guère en tout cas de travaux de confrontation des méthodes et présupposés de cette discipline répudiée par la plupart des historiens « ordinaires ». Le présent ouvrage cherche à combler cette lacune. Ni traité, ni manuel, il aborde un vaste ensemble de questions, confronte les démarches des uns et des autres, expose les termes de controverses récurrentes. L'auteur y aborde la « vieille » question, déclinée de cent façons, du rôle des idées dans l'histoire. Genre hybride, l'histoire des idées combine historicisation et typologies, et opère sur le produit de vastes enquêtes d'archives. Mais elle comporte aussi, explicitement dans bien des cas, une intention polémique jointe à un engagement personnel, la présence d'un sujet qui interpelle ses contemporains par passé interposé.

  • Les femmes ont-elles une histoire et comment l'écrire ? Qu'est-ce qu'une histoire du genre et quels sont ses apports ? Bribes d'une thèse d'histoire culturelle, échappées d'ego-histoire, manifeste de défense et illustration d'un champ de recherche, Écrire l'histoire des femmes et du genre est d'abord le récit d'une aventure intellectuelle qui mobilise depuis plus de trois décennies un nombre croissant d'historiens et d'historiennes, en France comme à l'étranger. À partir d'exemples pris essentiellement en histoire contemporaine, cet ouvrage tente de faire comprendre les origines culturelles et politiques d'une histoire des femmes avant d'en présenter les développements - d'une histoire au féminin soucieuse d'émancipation et de remémoration à une histoire du genre, plus complexe et plus globalisante. Ce faisant, il pose des repères méthodologiques et propose une lecture critique de l'historiographie française, afin de jeter les bases d'une mémoire disciplinaire, d'alimenter un débat sur les modes d'approches et les axes de recherche, de susciter une confrontation fructueuse avec les historiographies étrangères. Réédition largement complétée d'Écrire l'histoire des femmes publié en 1998, cet ouvrage offre aux lecteurs d'aujourd'hui une vue panoramique d'un des laboratoires les plus fascinants de la discipline historique.

  • L'écriture thérapie

    Hélène Bah

    Cet ouvrage propose une méthode inédite de développement personnel basée sur l'écriture. L'auteur accompagne le lecteur dans son cheminement personnel en proposant une méthode en trois étapes : s'écrire, se lire et se déterminer. Elle livre également de nombreux conseils d'écriture et exemples concrets. Un livre pour mieux vivre avec les autres et avec soi-même aussi bien dans sa vie personnelle que professionnelle.

  • Culte du moi, culte de l'histoire... Ce qui passe habituellement pour la double postulation du romantisme français est interrogé ici à partir d'une question précise : comment s'écrire dans l'histoire ? Comment raconter sa vie, quand elle s'inscrit sur le fond de l'époque la plus agitée qui soit : Faut-il mener de front le récit de soi et le récit du monde ? L'ouvrage s'intéresse aux solutions que trouvent, dans cette conjoncture difficile et donc propice à l'invention, quelques grands protagonistes littéraires, lyriques ou historiens (Chateaubriand, Staël, Stendhal, Sand, Desbordes-Valmore, Nerval, Tocqueville, Michelet : chacun d'eux abordés par leurs meilleurs spécialistes invités à les envisager à partir de cette question). La leçon est que la rencontre entre l'écriture de soi et l'écriture de l'histoire n'est pas fortuite : l'une et l'autre ont beaucoup en partage et les études réunies ici disent pourquoi. C'est un peu une archéologie du romantisme qui se découvre alors.

  • Lamiel est le dernier grand roman de Stendhal, laissé en plan(s) par la mort de l'auteur en 1842. Depuis une première publication par Casimir Stryienski en 1889, ce récit, dont l'intrigue couvre les dernières années de la Restauration et le début de la monarchie de Juillet, a depuis toujours mauvaise presse ; à l'évidence, il reste aujourd'hui le plus méconnu des romans de l'auteur de La chartreuse de Parme, pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à son inachèvement. C'est à une réévaluation de cette oeuvre déconcertante que s'attache la présente étude. Beaucoup moins « âpre » que Le Rouge et le Noir, bien moins critique que Lucien Leuwen, Lamiel, rétrospective « chronique » des temps assez peu historique, conte la destinée d'une héroïne qui monte de Normandie à Paris, sans jamais daigner écouter les innombrables sermonneurs qui lui veulent du bien. Tôt affranchie par le lucide docteur Sansfin, amorale, avant tout respectueuse de sa sacro-sainte liberté - « Ne suis-je pas maîtresse de moi ? » est la phrase qui résume son credo existentiel et éthique -, Lamiel emprunte des chemins non balisés, fait scandale parce qu'elle trace crânement sa propre route. De là à faire de cette rebelle, soeur de coeur de Vanina, Mina ou Mathilde, une féministe avant l'heure, il n'y avait qu'un pas, souvent allègrement franchi. À tort ou à raison ? Les réponses sont dans le(s) texte(s), à condition toutefois de le(s) lire.

  • L'originalité de ce travail est d'avoir voulu appréhender la pédagogie Freinet à partir des méthodes d'observation et d'investigation de l'anthropologie et plus particulièrement dans une de ses pratiques les plus significatives : le texte libre. Les outils théoriques mobilisés par l'auteur sont principalement ceux de la génétique textuelle, mais l'essentiel réside en ceci : adopter ce que les anthropologues appellent le « point de vue de l'indigène », soit qu'est-ce qui se passe quand un enfant écrit un texte, pourquoi tel texte, à quel moment, qu'en attend-il, comment le commence-t-il, le finit-il ? Au cours des différents chapitres, Pierre Clanché évoque aussi Tolstoï, Münch, précurseurs du texte libre, ou Wittgenstein et étudie des situations d'écriture qui vont de l'école primaire à la classe de seconde.

  • This second volume is a companion piece to GRAAT 9 "Ethnic Voices," edited by Claude Julien. It reflects more closely than the first the international participation in our 1991 conference sponsored by the GRAAT of Tours, the CERCA of Orléans and the CETANLA of the Sorbonne Nouvelle. Thanks to Chantal Zabus we have been able to reprint a bibliography of Ken Saro-Wiwa's work to introduce the volume. The essays bear witness to the ongoing work of the participants, when the original papers could not be available or, when, in the case of Ozenwa Ohaeto, after numerous attempts, we were unable to help him attend the conference. In addition, contributions have been solicited from other critics in the field of African American studies for their work highlighted the theoretical position of some of the articles collected here, thus creating a fruitful dialogue.



  • L'intégrale de La poétesse des impératrices regroupe les 3 tomes de la saga médiévale japonaise de Jocelyne Godard.


    En l'an 686, quand l'impératrice Jito règne, le Japon est en pleine émergence. Le culte de Bouddha a été installé par l'impératrice Suiko, amenant un nouveau système de pensée qui permet à la population de sortir d'un Japon jusque-là obscur et dispersé, et le pays ne demande plus qu'à se développer à l'exemple de son puissant voisin, la Chine.


    Cette saga va faire revivre Otomo Sakanoue, femme exceptionnelle, en livrant ses impressions, ses idées et les influences qui la guident vers un Japon plus moderne annonçant l'époque de Heian. En décrivant la vie qu'elle aurait pu avoir à la cour de Nara, avec les luttes et les fléaux naturels de cette époque : les conflits internes, les incendies détruisant les palais et les temples, les épidémies de variole décimant la population et, bien sûr, les deux grandes ambassades en Chine à l'époque des Tang, celle de l'an 719 et de l'an 753.


    Si on connaît peu de choses sur Otomo Sakanoue Iratsume à l'exception de ses poèmes, du nom de son époux, de ses amants, de l'existence de ses filles et des personnages qui l'ont entourée, on sait qu'elle a vécu assez longtemps pour voir s'installer quatre impératrices et deux empereurs.


    Une magnifique saga historique dans le Japon médiéval, par Jocelyne Godard, auteur du très grand succès Les Thébaines.

  • Le Lazarillo de ciegos caminantes, malgré le premier mot de son titre, n'a rien de commun avec Lazarillo de Termes, si ce n'est que ce malicieux héros sert à dénommer la profession par laquelle il débuta. Le guide d'aveugle est, dans le cas présent, le « guide des voyageurs inexpérimentés » de Buenos-Aires à Lima. C'est un itinéraire. Il a fait son apparition à Lima au début de 1776 avec une fausse indication de lieu et de date : Gijón 1773. Bien qu'il ait pris sa place dès O. Rich (1835) dans la bibliographie américaine, il a été réimprimé pour la première fois en 1908 par la Junta de Historia y Numismática Americana de Buenos-Aires, avec une préface de Leguizamón. Il restait un livre rare. En 1938, Ventura Garcia Calderón l'a inclus dans sa Biblioteca de Cultura Peruana publiée à Paris. Depuis, on l'a réimprimé trois fois, dont deux en de populaires collections espagnoles. Le voici offert aux lecteurs de langue française. Or pour la première fois, en conclusion des recherches qui, depuis un demi-siècle, l'ont rendu moins énigmatique, ce livre est irrévocablement rendu ici à celui que de bons juges, comme F. Monjardin et R. Porras Barrenechea, considéraient déjà comme son seul et unique auteur : Don Alonso Carrió de la Vandera (ou Bandera). Nous laissons pourtant à celui-ci le drolatique sobriquet dont il a affublé le personnage mêlé à sa mystification : les éditeurs récents ont à bon droit retenu Concolorcorvo comme un nom de guerre « sonore et significatif ». On doit louer le sûr instinct avec lequel Argentins et Péruviens ont élu cet ouvrage comme un des monuments littéraires représentatifs de leur XVIIIe siècle colonial. Mais le temps est venu de lui ôter la douteuse auréole d'indigénisme qu'il devait à la supercherie de Don Alonso. Cet inspecteur des Postes en mission n'a prêté ni sa plume ni son journal au Don Calixto Bustamante Carlos Inga dont il a mis le nom au frontispice de la première édition clandestine de notre Itinéraire. Il est rare qu'une mystification ne réussisse pas, peu ou prou. Celle-ci a fait son temps. Don Calixto, métis ou indien, dont nous ignorons quelle proportion de sang royal coulait dans ses veines, n'a plus aucun titre à figurer dans l'histoire littéraire du Nouveau Monde, même comme un parent pauvre de l'Inca Garcilaso de la Vega, authentique fondateur de la littérature péruvienne.

  • Curiosity and the desire to grasp the specificity of an abundantly read African American genre born as the 20th century was beginning are the research intentions that inspire this volume. Indeed, only recently has African-American detective fiction drawn the attention of scholars in spite of its very diverse blossoming since the 1960s. Diverse, because it has moved out of its birth place, East coast cities, and because female novelists have contributed their own production. At the heart of this popular genre, as novelists BarbaraNeely, Paula Woods and Gar Haywood tell us, is black existence: black memory, black living places and the human environments that build the individual - hence a détour to the French Caribbean.

  • Depuis l'avènement d'un pouvoir spirituel laïque dans la France issue de la Révolution, la littérature a revendiqué sa place au premier rang des valeurs culturelles. Cette place, que le philosophe lui dispute depuis l'Antiquité, aurait-elle été menacée avec l'apparition d'une nouvelle discipline, la sociologie, à la fin du XIXe siècle ? Ce volume rassemble des études qui ne portent pas, selon un usage canonique bien établi, sur les points dits cruciaux de l'interprétation la plus pointue à donner d'une même oeuvre ou d'un même auteur. Il réunit les travaux d'un colloque interdisciplinaire où étaient invités à communiquer sur tel aspect théorique ou sur tel écrivain de leur choix, des littéraires, des linguistes, des historiens, des sociologues et des philosophes partageant quelques présupposés : il n'y a pas plus d'essence de la littérature que de l'écrivain. Celui-ci, certes, « travaille sa parole » et lui accole une fonction esthétique ; cependant, au cours de la longue histoire de la littérature, il a fait aussi la preuve que ce n'est pas un trait inessentiel de sa profession que de chercher à penser et à transformer les valeurs cognitives, les valeurs morales et les valeurs sociales. Représentation de la réalité, manière de constituer un monde, la littérature s'apparente à l'activité du savant et du philosophe, mais garde comme celles qui lui font concurrence une spécificité, un style qui lui est propre. Ces spécificités ne transforment pas nécessairement l'espace des disciplines en un champ de compétition féroce, mais constituent un univers culturel diversifié, où ceux qui partagent même forme de vie peuvent s'associer et discuter de l'objet et de l'enjeu de leurs recherches.

  • Dossier : Le premier numéro de cette nouvelle série propose sept contributions consacrées à Alexandre le Grand, religion et tradition. Le dossier fournit un aperçu des tendances actuelles de l'historiographie sur Alexandre et sa légende. La réflexion sur le comportement religieux et le mythe d'Alexandre met en jeu un modèle et un miroir du pouvoir royal aux multiples facettes. Varia : Le volume comporte également un ensemble d'articles de varia qui propose, entre autres, des réflexions sur le comparatisme en histoire des religions antiques, une analyse sur le sac de Rome par Alaric, une étude sur la fabrique de la citoyenneté à Athènes, le mythe de Térée et Philomèle représenté sur des vases grecs, le bilinguisme gréco-latin à l'époque de l'empire romain.

  • Dossier : L'objet est ici de réévaluer l'histoire et les représentations des mères et de la maternité dans le monde grec ancien. Qu'est ce que devenir mère dans la Grèce ancienne ? Le dossier aborde cette question, que ce soit dans ses aspects démographiques, avec l'épineuse question du contrôle des naissances pour le bien de l'oikos, dans ses aspects physiologiques et médicaux en posant la question des liens entre maternité et santé, ainsi que dans ses composantes religieuses en analysant le rôle de divinités dans le processus d'engendrement. Il porte également sur la maternité des mortelles et sur celle des déesses, en se demandant dans quelle mesure devenir mère est un changement de statut social ou l'accomplissement d'un telos bénéfique et souhaité pour la communauté, mais non sans risque. L'ensemble offre un panorama éclairant qui témoigne de la difficulté de devenir mère à partir d'une réflexion qui lie les realia à l'imaginaire des Grecs. Varia : Histoire et anthropologie (généalogie divine, sacrifice et patriarcat ; construction mythique de l'espace ; langue des dieux) ; texte et pragmatique dans l'Iliade (individu et société) ; les langages de la statuaire (le remploi de statues sous l'empire romain) ; histoire et politique (Delphes et les oracles).

  • Il peut sembler paradoxal, au moment où l'histoire globale semble conquérir chaque jour un terrain plus vaste, quelle qu'en soit la période, de réfléchir encore à la « nation ». Toutefois, en réponse à une mondialisation vécue comme la dissolution d'entités et d'identités historiques spécifiques et durables, la nation semble ici et là accomplir un retour qui ne pouvait laisser les médiévistes indifférents, tant il est vrai que c'est souvent au Moyen Âge, prétend-on, que les nations modernes se seraient formées. Cependant, le mot « nation » a été à ce point investi de sens nouveaux depuis au moins le xviiie siècle que parler des nations au Moyen Âge suppose un aller-retour permanent entre Moyen Âge et modernité, exige de prêter attention à la manière dont des processus territoriaux, politiques, étatiques et aristocratiques qui appartiennent en propre à l'ethnogenèse médiévale ont été rétroactivement « nationalisés » au sens moral, affectif, guerrier et idéologique du terme.

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