UGA Éditions

  • Culte du moi, culte de l'histoire... Ce qui passe habituellement pour la double postulation du romantisme français est interrogé ici à partir d'une question précise : comment s'écrire dans l'histoire ? Comment raconter sa vie, quand elle s'inscrit sur le fond de l'époque la plus agitée qui soit : Faut-il mener de front le récit de soi et le récit du monde ? L'ouvrage s'intéresse aux solutions que trouvent, dans cette conjoncture difficile et donc propice à l'invention, quelques grands protagonistes littéraires, lyriques ou historiens (Chateaubriand, Staël, Stendhal, Sand, Desbordes-Valmore, Nerval, Tocqueville, Michelet : chacun d'eux abordés par leurs meilleurs spécialistes invités à les envisager à partir de cette question). La leçon est que la rencontre entre l'écriture de soi et l'écriture de l'histoire n'est pas fortuite : l'une et l'autre ont beaucoup en partage et les études réunies ici disent pourquoi. C'est un peu une archéologie du romantisme qui se découvre alors.

  • Lamiel est le dernier grand roman de Stendhal, laissé en plan(s) par la mort de l'auteur en 1842. Depuis une première publication par Casimir Stryienski en 1889, ce récit, dont l'intrigue couvre les dernières années de la Restauration et le début de la monarchie de Juillet, a depuis toujours mauvaise presse ; à l'évidence, il reste aujourd'hui le plus méconnu des romans de l'auteur de La chartreuse de Parme, pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à son inachèvement. C'est à une réévaluation de cette oeuvre déconcertante que s'attache la présente étude. Beaucoup moins « âpre » que Le Rouge et le Noir, bien moins critique que Lucien Leuwen, Lamiel, rétrospective « chronique » des temps assez peu historique, conte la destinée d'une héroïne qui monte de Normandie à Paris, sans jamais daigner écouter les innombrables sermonneurs qui lui veulent du bien. Tôt affranchie par le lucide docteur Sansfin, amorale, avant tout respectueuse de sa sacro-sainte liberté - « Ne suis-je pas maîtresse de moi ? » est la phrase qui résume son credo existentiel et éthique -, Lamiel emprunte des chemins non balisés, fait scandale parce qu'elle trace crânement sa propre route. De là à faire de cette rebelle, soeur de coeur de Vanina, Mina ou Mathilde, une féministe avant l'heure, il n'y avait qu'un pas, souvent allègrement franchi. À tort ou à raison ? Les réponses sont dans le(s) texte(s), à condition toutefois de le(s) lire.

  • Au moment où l'oeuvre de Marguerite Duras fait son entrée dans la « Bibliothèque de la Pléiade », voici le premier ouvrage entièrement consacré à ses documents de travail, conservés à l'Institut pour la Mémoire de l'édition contemporaine (IMEC) et dans le fonds Jean Mascolo. Invitant le lecteur à découvrir les coulisses de la création, Les archives de Marguerite Duras aborde le travail de l'écrivain sous un jour inédit : motifs, personnages, imaginaire et style sont révélés dans leur devenir. Deux perspectives génétiques se croisent : l'une, inscrivant l'oeuvre dans l'histoire de sa production ; l'autre, poétique, analysant la naissance d'un style, les tensions formelles ou génériques, les choix opérés par l'auteur. Découvrir la matérialité de l'archive, son imaginaire, le jeu de l'écriture et des réécritures, permet d'interroger de manière renouvelée l'unité, le sens, la portée d'une oeuvre sans cesse en mouvement.

  • George Sand inscrit la théâtralité au coeur de son oeuvre. Elle explore les limites du théâtre et du roman comme elle interroge les frontières de l'être et du paraître. La théâtralisation de l'existence est chez elle l'obstacle à la rencontre sincère entre les êtres autant que le moyen d'inventer de nouvelles relations humaines. Si les travestissements vestimentaires de Sand ont pu évoquer une performance féministe avant l'heure, l'écrivaine a su créer des personnages chargés d'explorer tous les possibles du corps et de la voix, le plus souvent dans la pudeur et l'idéalisation, mais aussi dans le souci d'une critique sociale et d'un renouvellement des formes littéraires et artistiques. Le concept de performance permet d'interroger les stratégies esthétiques et les facettes dérangeantes des écritures sandiennes, dans leurs rapports au corps, au temps et à l'espace.

  • Consacré à la formation à l'écrit dans l'enseignement supérieur, cet ouvrage répond à des attentes très actuelles : si l'on sait aujourd'hui que les étudiants ont besoin de développer encore leurs compétences écrites, les enseignants n'ont pas toujours la formation requise pour satisfaire ces besoins. Il vise à mettre en perspective les avancées de la recherche dans le champ foisonnant des littéracies universitaires - champ qui réunit des spécialistes à l'échelle internationale - et la formation à l'écrit dans le cadre des activités pédagogiques au niveau supérieur. Il s'agit donc de lier systématiquement les dimensions « recherche » et « terrain ». Les démarches pédagogiques proposées ont en commun de favoriser l'implication des étudiants en mettant en oeuvre une approche inductive de la connaissance. L'ouvrage est construit en deux parties. Composée de cinq chapitres, la première partie porte sur des aspects complémentaires du travail sur l'écrit et propose une réflexion didactique et des outils pédagogiques pour la classe. Proche du format « manuel », la seconde partie de l'ouvrage présente de manière complète et détaillée un scénario pédagogique centré sur un aspect particulier de l'enseignement de l'écrit : l'orthographe et la grammaire. Ainsi, le praticien trouvera dans cette partie toute la matière nécessaire à une mise en oeuvre pédagogique effective dans sa classe.

empty