• Séraphine

    Marie Desplechin

    Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu'on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d'un vieux curé, d'une tante prostituée et d'une veuve ronchon ? Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde. Peut-être qu'un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique... Peut-être même qu'un jour Dieu Lui-même sera une femme. Mais, pour l'instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Le souvenir de la Commune est encore vif chez les uns. Les autres s'occupent de l'enterrer définitivement en bâtissant, là-haut sur la butte, le Sacré-Coeur. Et Séraphine ne voit qu'une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s'en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées...

  • Lucie est persuadée qu'au xxe siècle, les demoiselles de la bonne bourgeoisie parisienne auront le droit de courir toutes nues, d'aller à la messe en cheveux, de parler à table et même, qui sait ? de s'instruire et de ne pas se marier. À quoi bon vieillir, sinon ? Le problème, c'est que nous ne sommes qu'en 1885 et qu'à treize ans, la seule éducation qu'une jeune fille comme Lucie est censée recevoir consiste à savoir tenir une maison pour devenir une épouse accomplie. Hygiène, lessive, cuisine : Lucie est envoyée faire son apprentissage avec Annette, Fanny et Marceline. Si ses parents savaient... Il se passe parfois des choses étranges, dans les communs des maisons bourgeoises. Les domestiques peuvent s'y révéler plus passionnants et subversifs que des livres. On y fait des révolutions en secret. On y organise des expéditions aux Halles au petit matin, ce Ventre de Paris peint par Monsieur Zola d'où sortiront bientôt tant d'idées neuves, socialisme, anarchisme, féminisme...

  • Classique de la littérature pour adolescents, ce roman de 1878 nous parle de problématiques actuelles : quête des origines, violences contre les enfants, relation aux animaux, importance cruciale de l'art, et résilience. Avec une préface de Boris Cyrulnik.

  • De l'or, de l'or, de l'or ! En 1523, le général Pizarro part à la conquête du Pérou et entre dans la ville de Cajamalca. Ses hommes et lui sont éblouis par ce qu'ils découvrent : il y a de l'or partout. Pour s'en emparer, Pizzaro a un plan : il va capturer l'Inca, l'empereur du Pérou, et réclamer le plus d'or possible en échange de lui. Mais jusqu'où ira cette fièvre de posséder, violente et incompréhensible ? Et aura-t-elle jamais une fin ?

  • Les étudiants et lycéens connaissent tous cet aphorisme : "La Propriété c'est du vol !"
    Dans quel contexte et après quels développements, Pierre-Joseph Proudhon - polémiste, journaliste, philosophe sociologue et économiste, socialiste libertaire et révolutionnaire du XIXème siècle - en arrive-t-il à cette conclusion ?
    Mutualiste avant l'heure, Proudhon dans un texte clair et historiquement référencé, nous livre un certain nombre de réponses toujours d'actualités, à lire sous tous les yeux et sous toutes les latittudes.

  • C'est un homme comblé que le duc Sam Vimaire, commissaire divisionnaire du Guet d'Ankh-Morpork, heureux père bientôt. Hélas ! la poursuite d'un dangereux criminel entraîne un accident qui le ramène dans son propre passé, en un temps de tumulte et de violence.Vivre dans le passé n'est pas facile mais y mourir étonnamment simple. Il doit pourtant survivre car des tâches essentielles l'attendent : mettre le grappin sur un meurtrier, s'instruire lui-même, débutant, pour devenir un bon flic et changer l'issue d'une rébellion sanglante.À l'assaut des paradoxes temporels, un « conte d'une ville » façon Disque-monde, avec sa collection de gavroches, de dames à l'affection négociable (« L'amour au juste prix ! »), de rebelles, de policiers de la Secrète et autres enfants de la révolution.

  • Regina vient d'Ouzbékistan. Sur la place d'une ville allemande, dans la nuit et le froid, elle attend, seule. Son père a été assassiné sous ses yeux, sa mère a fui précipitamment en Europe. Mais la jeune réfugiée veut croire au pouvoir de la mémoire, croire en un monde meilleur. Pour sublimer l'attente, elle se rappelle sa vie passée et les gens qu'elle a aimés...

  • « Charlemagne venait d'avoir vingt ans. La République proclamée demandait un nouvel effort aux citoyens. Napoléon III était allé chercher la mort à Sedan et n'avait trouvé qu'une honteuse capture. Le décret du 14 octobre mobilisait les célibataires de son âge et les veufs sans enfants, jusqu'à quarante ans. En quatre mois, après Sedan, le pays qui n'avait plus d'armée réussit à organiser la mise en marche d'un million d'hommes. La guerre était dans l'ordre des choses: chaque génération en avait connu une; à l'exemple de ses aïeux, Charlemagne fit ses bagages, pansa les bêtes comme à son habitude, et prit le chemin de Mérives avant l'aube, tandis que la ferme sommeillait encore. »
    Né dans une ferme pauvre des environs de Lyon, Charlemagne va connaître le destin exceptionnel d'un enfant de la République littéralement brûlé par l'ambition. Puissant, dur au mal et sans grande considération pour les obstacles, cette force de la nature fera des sillons maigres de la terre de France le socle d'une industrie naissante. Se savoir obéi dès le plus jeune âge et porter cet étrange patronyme détermine-t-il la place d'un homme dans le monde? Mais que reste-il d'un empire, une fois le tyran tombé ?
    Vaste saga historique et familiale, L'Affaire des vivants, premier roman de Christian Chavassieux à paraître aux Éditions Phébus, est aussi le portrait épique d'un pays au carrefour de son histoire.
    Né en 1960, Christian Chavassieux vit près de Roanne, sa ville natale. Auteur de Mausolées paru aux Éditions Mnémos en 2013, il aborde des domaines aussi variés que le théâtre, la nouvelle, l'essai, la chronique quotidienne sur son blog, la poésie, et les écrits sur l'art. L'écriture est pour lui le terrain d'un engagement.

  • De l'ambition ! En 1835, le jour de ses quinze ans, Malo est nommé lieutenant de la brigade de la sûreté. Son père, qui est aussi son chef, va-t-il enfin cesser de lui parler comme à un enfant ? En guise d'encouragements, Monsieur Personne le traite de bougre d'âne et l'envoie se coucher...
    Du mystère ! Pas question de dormir ! Malo a eu vent d'un mauvais coup : l'assassinat d'un enfant dont on voudrait voler le coeur. Coïncidence ? Au même moment, dans le quartier, on retrouve, disséminés, des cadavres de chiens mutilés.
    Un revenant ! Malo est terrifié par un fantôme. Celui d'un jeune garçon au visage creusé par la maladie qui vient hanter ses nuits. Malo semble le connaître, pourtant il ne l'a jamais rencontré.
    De la magie ! L'affaire le conduit au théâtre du grand Wizzard. Le magicien peut scier une jolie fille en deux et sortir une casserole de haricots fumants d'un carton à dessins. Malo n'en croit pas ses yeux et il n'a pas tort.
    De l'amour ! Sa fiancée Léonie a un nouveau prétendant. Le baron Côme de la Trimbaldière a trente ans, une réputation de séducteur et tout un tas d'ancêtres. Comment rivaliser ?
    Un nouveau zig ! Il a onze ans et se fait appeler Toto. C'est le plus jeune des fils du roi Louis-Philippe, que le jeune agent de la sûreté est chargé de protéger. À vivre aux côtés d'un prince, Malo s'aperçoit qu'il ne sait ni danser, ni monter à cheval, ni tirer l'épée. Et surtout qu'il déteste les cours de latin. Mais sauver le fils du roi, ça, il sait !

  • De la révolte ! À quoi bon être agent de la Sûreté à 14 ans si l'on est cantonné à des missions sans risque et sans intérêt ? Pour connaître le goût du danger, Malo de Lange se sent prêt à tout. Comme à désobéir à son père, le chef de la police secrète en personne.
    Du mystère ! Le voilà déguisé en soubrette au service du duc d'Écourlieu. Malheur ! Le duc est retrouvé pendu et son fameux diamant bleu, le Golconde, a disparu.
    De l'aventure ! L'affaire mène Malo en enfer. Celui du bagne de Brest, dont il doit à tout prix s'évader pour ne pas crever.
    De l'amour ! Sa fiancée Léonie est convoitée par un autre. Furme d'Aubert est laid comme un pou, mais possède deux atouts. Il a 18 ans, il est le fils du préfet de police.
    De drôles de zigs ! Ils s'appellent Mouchique l'empoisonneur, Nini guibole et Moïra de Feuillère, tous voleurs, traîtres et menteurs. Ce sont les nouveaux amis de Malo. Vont-ils l'aider ou le faire chuter ?

  • Au Moyen Âge, les arts se déploient dans un univers mental très différent du nôtre, et selon des catégories (celles d'« arts mécaniques » et d'« arts libéraux », par exemple) et des formes (pensons aux genres théâtraux des « mystères » et des « miracles », ou bien au genre littéraire de l'hagiographie) qui pour nous sont insolites. La production picturale et sa réception sont marquée par les écrits de Plotin puis par la synthèse du néo-platonisme et de la pensée des Pères de l'Église. La querelle des images qui agite le monde byzantin au VIIIe siècle montre l'incidence des réflexions théologiques sur la production picturale et permet de comprendre les contraintes stylistiques de la peinture d'icônes. La Renaissance est non seulement marquée par des nouveautés stylistiques remarquables, mais aussi par des changements considérables dans la manière de penser ces pratiques (qui cessent d'être vues comme des arts mécaniques), leur enseignement (création des Académies), leurs acteurs (invention du mot « artiste »), et la production artistique de l'Antiquité (apparition des premières collections et débuts de l'histoire de l'art).

  • Malo de Lange est le fils de personne. Rien ne permet d'identifier l'enfant recueilli en 1822 par l'abbé Pigrièche à l'orphelinat de Tours. Rien, sauf une marque sur son épaule, la fleur de lys des bagnards que découvrent, horrifiées, les demoiselles de Lange qui viennent de l'adopter. De l'aventure !Il n'a que douze ans, il est à peine éduqué, et déjà le voilà arraché à ses tantes adoptives par un certain Riflard, une brute qui se prétend son père, mais qui le bat et le séquestre. Malo parvient à s'échapper et part sur les routes à la recherche de son vrai père. De l'amour ! Elle s'appelle Léonie de Bonnechose, elle est belle, elle est riche. Malo a décidé que c'était sa fiancée, mais elle n'est pas au courant. Gagnera-t-il son coeur ? Aimera-t- elle le fils du voleur ? Un héros partagé entre le bien et le mal ! Vagabond, bonimenteur, voleur à la tire, escorté du petit Craquelin, du gros Bourguignon et de La Bouillie qui lui apprend à jaspiner l'argot, Malo se retrouve avec sa bande à la taverne du Lapin volant, un repaire de voleurs et d'assassins. C'est le Lapin volant qui connaît le secret de sa naissance, Malo en est persuadé. Oui, mais gare ! À force de fréquenter la canaille, Malo risque de s'enfoncer dans le crime comme le couteau dans le beurre...

  • 1943, campagne dItalie.
    Peu de temps après avoir quitté leurs terres ancestrales pour Wellington, la capitale néo-zélandaise, trois frères, pour des raisons différentes, sengagent volontairement dans le 28e Bataillon maori, et se retrouvent sur le front durant la terrible bataille de Monte Cassino. Cest loccasion pour Patricia Grace de réfléchir à la réalité de la guerre, aux motivations personnelles de ses jeunes héros et de retracer un épisode marquant de lhistoire néo-zélandaise.
    Bien plus quun récit de guerre, Le Bataillon maori est une histoire de fierté et de sacrifice, de famille, de fratrie et damour qui, avec beauté, humour et émotion, et sans aucun sentimentalisme, nous invite au voyage.

  • Tarbes ne se livre pas à la première rencontre... Pour bien la connaître, il vous faut un guide qui vous aidera à parcourir son histoire et à repérer dans ses rues, ses places, ses jardins ce qu'il reste de son passé... Telle est l'ambition de cette Petite Histoire de Tarbes qui révèle :
    - Le mystère des origines de Tarbes dévoilé par les découvertes archéologiques les plus récentes,
    - L'atrocité des guerres de religion,
    - L'influence de Bertrand Barère, l'un des principaux leaders de la Révolution française,
    - Les grands atouts du XIXe et du début du XXe siècle : le cheval, l'armée, la grande industrie,
    - La grande crise tarbaise des années 80-90.

  • La présence de l'olivier est un symbole actuel très marquant des paysages méditerranéens et de leur attrait. Dans cet ouvrage, on apprend que l'histoire de l'olivier est très ancienne, qu'elle est ancrée dans la religion et la médecine, et que ses origines génétiques et sa domestication ne sont plus un mystère. Le lecteur pourra s'intéresser également aux aspects culturels, au rôle social et à l'intérêt gastronomique de l'olivier et de ses produits. Néanmoins, l'olivier apparaît hors norme par rapport aux autres arbres fruitiers : cultiver des arbres centenaires est un véritable défi. Ainsi, dans le domaine de la biologie et de la physiologie, les dernières avancées de la recherche sont proposées en particulier pour l'oléiculture, la production des fruits et la protection des oliveraies. Sont considérés également les effets sur la santé et l'impact économique de cette production qui connaît un nouveau souffle depuis une trentaine d'années, car sa culture a été encouragée et ses produits valorisés. La qualité des produits oléicoles est donc un élément majeur du succès de cet arbre et de nombreuses appellations d'origine protégée ont vu le jour en France et dans de nombreux pays du Bassin méditerranéen. L'image de l'olivier est maintenant mise en valeur dans les paysages qu'il a transformés et même dans les villes. Spécialistes de l'olivier, les auteurs nous font part des résultats de recherche les plus récents et nous entraînent dans l'histoire de l'olivier, l'arbre des temps. Cet ouvrage intéressera les amateurs, qu'ils soient jardiniers, cultivateurs, ou simplement touristes, et tous les professionnels de la filière oléicole et des filières fruitières.

  • Véritables observatoires de la diversité biologique végétale, les quelque 1775 jardins botaniques recensés dans le monde permettent au public de découvrir plus de six millions de plantes, des plus discrètes aux plus majestueuses. Créés au moment de la Renaissance italienne, les premiers jardins botaniques - de petite taille - suivent des canons formels très différents, pas toujours en cohérence avec les critères esthétiques de l'art des jardins de leur époque. Avant tout à vocation scientifique, ils connaissent une large expansion du XVIe au XVIIIe siècle, notamment au sein des grandes universités européennes. Puis, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, alors que l'art des jardins est profondément modifié par l'introduction de l'art paysager, les jardins botaniques sont amenés à répondre à de nouvelles demandes scientifiques et techniques. Les besoins de connaissances nécessitent la création de lieux de présentation de superficie étendue, parfois spécialisés, comme les arboretums. Quels rôles vont jouer les paysagistes dans ce contexte inédit ? Quelles vont être les missions des nouveaux jardins botaniques ? Comment leur aménagement va-t-il évoluer ? Au-delà de ces questions et de leurs réponses, l'auteur nous invite à découvrir les écoles de botanique, les jardins d'essais ou d'acclimatation installés dans les empires coloniaux dès le milieu du XIXe siècle ainsi que les « jardins reposoirs », lieux d'attente des plantes vers de nouvelles destinations. L'étiquetage des végétaux, les graineteries, les échanges de plantes, les index seminum, les herbiers et autres collections sont autant de facettes moins connues des jardins botaniques qui viennent enrichir cette présentation. Depuis leur création, l'intérêt porté aux jardins botaniques, leurs fonctions, leur configuration ont connu des évolutions considérables. La société du XXIe siècle saura-t-elle les préserver et les valoriser, pour les besoins de la science comme pour notre plus grand plaisir ?

  • L'espèce humaine va-t-elle pouvoir s'adapter aux changements qu'elle a elle-même suscités ? En a-t-elle encore les moyens physiologiques et biologiques ? Est-il encore temps ? Sur quel secteur scientifique, économique ou social allons-nous pouvoir nous appuyer à l'avenir pour nous aider dans une phase où les changements du monde seront multiples ? Le monde, l'homme l'a rendu nettement plus vivable pour lui-même en y augmentant son espérance de vie, en facilitant ses accès au garde-manger, à la fontaine municipale, au médecin de famille, à la pompe à essence, au train ou à... ses redoutables e-mails. Ce faisant il a, d'un même geste, multiplié par cent sa facture énergétique comme sa production de carbone et de polluants, pillé les ressources halieutiques, érodé les terres arables, homogénéisé le vivant et, peut-être, mangé son pain blanc. Tout n'est pas joué, mais il y a bien urgence ! Les régulations qui animent le monde sont de plus en plus contraintes et l'on sait désormais que l'accumulation des savoirs (d'Internet notamment) ne donne pour autant la capacité d'agir ! Et pourtant, si l'humain touche effectivement tous ses « plafonds » (physiologiques, biologiques, environnementaux, sociaux, économiques, etc.) cette situation ne sera pas supportable. Loin de propos culpabilisants mais à partir de leurs travaux les plus récents, des scientifiques, de tout bord, tentent d'apporter des esquisses de réponses. Au-delà des idées reçues, leurs textes constituent des liens tissés, entre les sciences de la nature, les sciences fondamentales, les sciences de l'homme et de la société, pour nous dresser un bilan aussi complet que possible de la situation. Car s'il est acquis que l'activité humaine est le principal moteur de l'évolution de la planète, il convient désormais trouver des moyens pour protéger l'espèce humaine contre ses propres agissements et modérer sa soif du « toujours plus ». C'est pour répondre à cette quête que cet ouvrage a été rédigé. S'adressant un public de scientifiques de tout domaine, il peut aussi attirer l'attention des décideurs agissant en matière d'environnement et de gestion des ressources. Plus globalement, tout citoyen conscient des enjeux environnementaux, économiques et sociaux actuels y trouvera la matière pour renouveler ses réflexions.

  • Depuis l'Europe des Lumières, on s'est beaucoup occupé de « penser la Chine », quitte à fabriquer les représentations les plus contradictoires, entre la « Chine philosophique » et le « despotisme oriental », entre une Chine éternelle, esthétique et consensuelle, et une autre, imprévisible et inquiétante. Pour sortir de ces clichés tenaces, Anne Cheng nous propose d'exercer notre oreille à capter ce que les auteurs chinois nous donnent à entendre. La Chine ne serait-elle pas capable, après tout, de penser et de se penser par elle-même ?

  • Après dix ans de soins et d'efforts, le splendide « jardin d'amour » à l'italienne de la comtesse de Bertrange va enfin être inauguré avec faste, par une grande fête masquée. Invitée avec sa famille roturière et protestante, leur voisine, Béatrice Ménétreux, espère y rencontrer le mystérieux soupirant qui vient de lui faire porter un message. Qui est-il ? Hugues, le fils des Bertrange, son ancien compagnon de jeux ? Son regard noir l'enivre et la trouble autant que les plantes rares aux parfums capiteux. Mais en cette fin de XVIe siècle, si les fleurs exotiques commencent tout juste à pousser dans la terre de Bourgogne, la haine, elle, est bien enracinée dans le coeur des hommes et les guerres de religion qui couvent vont bientôt ravager les campagnes, les vignes et les villes. Sauf si quelques jeunes gens inspirés par la paix des jardins veulent bien rendre tout son sens au beau mot de « Renaissance ».

  • Témoignage unique d'un parcours de chercheur-agronome, ce livre trace un demi-siècle de recherches sur l'élevage bovin : hier, base de l'autosubsistance puis fer de lance des Trente Glorieuses, les vaches sont aujourd'hui tout à la fois symbole des excès du productivisme et de la reconquête des territoires ruraux. Autant qu'une somme impressionnante de résultats d'expériences, cet ouvrage est un plaidoyer pour une vision systémique de l'élevage qui lie la reproduction, la sélection et l'alimentation animales à l'aménagement des territoires et à la qualité des produits. Il s'adresse à tous ceux qui sont concernés par l'élevage (éleveurs, professionnels du développement, politiques et scientifiques) mais aussi aux chercheurs et enseignants de toutes disciplines qui s'interrogent sur le sens de leur métier.

  • C'est à Aubervilliers, à l'intersection des routes qui vont vers Gonesse, Saint-Denis ou Montmorency - le quartier s'appelle le Globe. Autant dire, la terre entière. Et elle est bien là : immigrations rejetées au bord de la ville tentatuclaire, la ville en pleine expansion qui ici construit ses laveries, ses usines, entasse ses déchets.
    Dans ce mouchoir de poche, un enfant rêve à l'origine du nom, et va voir grandir le sien. Même pas déformé en "Deninx" comme Jean, le comédien, qui tournerait dans les films de Prévert.
    Mais où on reconnaît l'inimitable façon de Daeninckx, c'est que, dans ce territoire de la ville où tout condense, c'est l'Histoire tout entière aussi qu'on traverse. La guerre de 14-18 et ceux qui refusent d'obéir, le Front Populaire et l'aventure du Parti communiste, la Résistance et le mouvement anarchiste, enfin la guerre d'Algérie et l'irruption du présent. Avec pour soubassement les usines d'automobiles Hotchkiss ou les chaudières Babcox, et ceux qui font de l'urbanisme leur chasse gardée, les baraques ouvrières croisant soudain le promoteur immobilier Grindel et son fils Paul Éluard.
    Le pourtour de Paris, quand il entre en littérature, ne peut le faire que violemment, en brisant les règles - c'est le cas du Céline de "Mort à crédit" (curieuse convergence via montgolfière interposée) et de Cendrars. On sait depuis longtemps que Daeninckx est dans ce camp, celui des grands. Et que ça se joue à cette seule capacité, dans la phrase, à capter et offrir de l'humain.
    Il restera longtemps dans la tête, après lecture, le petit enfant infirme, ou chacun de ces portraits d'une épopée minuscule, l'épopée des humbles, où Daeninckx n'a qu'à puiser dans sa propre autobiographie.
    Et que cette histoire est aussi la nôtre, est forcément la nôtre.
    FB

  • Au moment de présenter Liliane Giraudon, il me vient une expression, comme si le texte pouvait s'arrêter là : Liliane Giraudon est une ligne droite.
    Parce que, pour moi, Liliane Giraudon c'est une direction. Quelqu'un qui cherche et qui expérimente. Et que ce que nous nommons littérature, c'est ce qui catalyse et sédimente en aval, où soi-même on s'installe pour travailler, tandis qu'eux sont déjà partis un peu plus loin devant, dans cette brume où viendront les nouveaux travailleurs, vous savez le reste de la lettre à Paul Demesny.
    Ainsi, et c'était déjà dans le paysage quand j'en ai soulevé un coin de trappe, fin des années 70, la revue Banana Split avec Jean-Jacques Viton. Ainsi, la permanence de l'atelier POL, la façon dont l'éditeur lui a donné ces galeries et chambres, voir Liliane Giraudon sur site POL (en 1978, déjà ce titre : Têtes ravagées : une fresque, ou ce Pour Claude Royer-Journoud). Et retenir cette Divagation des chiens ou son Parking des filles...
    Atelier aussi qui se confond avec territoire : l'implantation à Aix Marseille, de si longue date, la poésie par porosité et accueil.
    Alors évidemment, très fier que Liliane Giraudon ait accepté de venir symboliquement nous rejoindre sur publie.net.
    Seulement, après cela, voilà : ce texte, Les talibans n'aiment pas la fiction, se passe complètement de Liliane Giraudon, voire de nous-mêmes. Ce qui compte, c'est l'expérience du réel, et comment elle percute l'écriture. Et que cette friction, cette fissure qui s'inscrit, devient question, n'est pas uniquement texte, ou aboutissement de poésie, mais notre propre rapport au réel, à l'écarquillement des yeux, à la marche et à l'errance. Ce qui rejoint la catalyse de l'objet texte, ce sont des dessins, des images, des notes, des mots recopiés, des observations.
    C'est l'expérience du voyage qu'on questionne et qu'on pousse au bout.
    Et si cela se passe de nous-mêmes, c'est que le territoire afghan nous est désormais en partie inaccessible, mais que la guerre qui s'y continue se fait en notre nom. L'Afghanistan est pour nous tous un rêve et une tradition, des voyages du père Huk jusqu'aux Cavaliers de Kessel ou le Livre des merveilles de Marco Polo : la planète ne se divise pas, lorsqu'il est question de l'homme. Mais à condition que cette interrogation s'effectue concrètement, par le voyage et le regard, par le travail sur soi dans le choc de l'autre, et combien plus quand il est soumis lui-même à l'éclatement, la pression, le heurt de la guerre. Notre littérature, dans tant de ses âges, s'est écrite à cette frontière (d'Aubigné même). Il ne s'agit pas d'une expérience de l'étranger, il s'agit d'aller chercher l'étranger dans le corps de notre expérience propre.
    Il s'agit d'un texte concret : la poésie est à ce prix, démarrer par l'expérience du monde. Bienvenue au Carnet afghan de Liliane Giraudon dans publie.net.

    FB


    Merci spécial à Sarah Cillaire pour la relecture et réflexions et à Fred Griot pour la conception graphique, la mise en page et la coordination éditoriale.
    Les talibans n'aiment pas la fiction a été initialement publié aux éditions Inventaire/Invention fondées par Patrick Cahuzac, maintenant disparues. Nous avons souhaité assurer la continuité de la diffusion matérielle de ce texte important (comme nous l'avons fait pour Leslie Kaplan, Jean-Philippe Cazier et d'autres), mais il s'agit d'une édition entièrement neuve dans la conception et la révision.
    voir aussi Liliane Giraudon sur le site des Editions Argol.

  • Qui pense le monde ? Les hommes du passé ou les historiens du présent ? L'histoire universelle telle qu'elle était pratiquée depuis l'Antiquité s'est transformée à partir du XVIe siècle dans des contextes variés, de l'Asie orientale à l'Amérique espagnole. Grâce à sa connaissance des archives dispersées à travers le monde, sa maîtrise des langues et des traditions historiographiques d'Asie, d'Europe et des Amériques, Sanjay Subrahmanyam remet en perspective l'histoire des réseaux et des échanges de biens, de mythes et d'idéologies en sortant des cadres géopolitiques traditionnels soumis au modèle de l'État-nation. Il présente l'histoire globale comme un champ défini et redéfini par des « histoires en conversation ».

  • La notion d'Asie centrale a émergé tardivement : ce n'est qu'à partir de 1825 qu'elle vient supplanter celle de « Tartarie », souvent associée à la terreur mongole. Au XXe siècle, deux courants archéologiques ont profondément contribué au renouvellement des études sur cette région : l'école française, portée par la Délégation archéologique française en Afghanistan, et l'école soviétique des grandes expéditions pluridisciplinaires. La redécouverte des deux langues principales de la région, le sogdien et le bactrien, a également fait avancer considérablement les recherches sur cette aire culturelle qui englobe le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l'Afghanistan.

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