Éditions des femmes-Antoinette Fouque

  • Dans ce texte, écrit en 1910, Sigmund Freud (1856-1939) s'attache à étudier le processus de la création artistique chez Léonard de Vinci. Il part d'un des premiers souvenirs d'enfance rapporté par le peintre. Pour Freud, il s'agit plutôt d'un fantasme, qu'il appellera « le fantasme au vautour », que Léonard « s'est construit plus tard et qu'il a alors rejeté dans son enfance » et qui se rapproche de certains « fantasmes de femmes ou d'homosexuels passifs ». Derrière, se cache « la réminiscence d'avoir tété le sein maternel, scène d'une grande et humaine beauté qu'avec beaucoup d'artistes Léonard entreprit de représenter dans ses tableaux de la Vierge et l'enfant ». Composé « du double souvenir d'avoir été allaité et baisé par la mère », ce fantasme fait « ressortir l'intensité du rapport érotique entre mère et enfant ». Le singulier sourire énigmatique de la Joconde ou de sainte Anne s'éclaire alors d'être la trace de ce que « sa mémoire conserva comme la plus puissante impression de son enfance ».

  • Après « L'Iliade des femmes », Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, et Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, renouent avec la formidable épopée qui a donné naissance à la littérature. Naissance donnée par un choeur de femmes, à commencer par Hélène et jusqu'à la patiente Pénélope, dans cette Odyssée des femmes. Comme elle, Emmanuel Lascoux tisse et déploie, avec Daniel Mesguich, l'étoffe de ce chant autour des femmes et les déesses, brodeuses, amantes, guerrières, soeurs ou ennemies, qui en sont la force.

    « Je passe tout mon temps à me cuire le coeur aux regrets de mon Ulysse, mon Amour. Eux, ils veulent précipiter le mariage ; moi, je dévide le fil de mes ruses. Une étoffe, voilà l'idée que m'a soufflée une divinité : dresser un grand métier, dans mon palais, et me mettre à tisser, du travail surfin, une pièce interminable ! Après, je leur propose : « Jeunes gens, chers Prétendants, Ulysse est mort, ce dieu ! Patience, ne précipitez pas mon mariage, voyez-vous cette étoffe ? Attendez que je l'aie terminée - quel dommage de gâcher tout ce fil ! C'est un linceul pour Laèrte, ce héros, pour le jour où la destinée l'appellera, où la mort au deuil sans fin le prendra. » Voilà ce que je leur dis, et voilà qu'ils le gobent, ces braves ! Alors je passe mes journées à tisser à mon grand métier et mes nuits à tout défaire, aux lumières dont je m'éclaire. »

  • Ce texte enregistré en lecture publique le 24 novembre 1991, au théâtre de La Métaphore à Lille, est paru dans la Bibliothèque des voix, dans une lecture à trois voix de Nicole Garcia, Christèle Wurmser et Daniel Mesguich.

    « Le goût du mot assassin dur et doux
    dans la bouche,
    il faut pouvoir le dire, le goûter
    On pourrait le sertir,
    le monter comme une pierre
    À l'anneau de la main,
    Comment en est-on venu à le traiter
    Comme un mot étranger ? L'assassin
    L'accessoire essentiel du théâtre,
    l'as de nos tragédies
    Pourrais-tu m'expliquer
    ce tour de passe-passe
    Au théâtre, l'être humain est
    un assassin
    En réalité l'assassin
    s'appelle être humain
    Je me demande pourquoi nous
    appelons théâtre
    le théâtre seulement, mais pas la vie
    Et saurais-tu me dire pourquoi
    nous craignons tant
    de voir ce que nous ne craignons pas
    de faire
    Le crime commence au petit déjeuner
    Entre les tartines les poignards, le soir
    Nous étouffons le meilleur de nous
    Sous un oreiller,
    je ne sais pas combien d'enfants. » H. C.

  • « Qu'est-ce qu'une femme ? Une déesse mortelle. Une déesse ? Une femme immortelle. Qui parle ? Le Poète (inutile, autrefois, de préciser "Homère"), dans l'Iliade, notre naissance en littérature. Loin d'être la faiblesse des hommes et des dieux, la femme et la déesse sont la force du chant : tout part de la déesse invoquée ; tout remonte à Hélène, la femme désirée, selon le vouloir d'Aphrodite. Elles sont là, reines, mères et filles, soeurs et épouses, amantes ou solitaires. Inséparables des hommes et des dieux. Bien avant que Flaubert soit Emma Bovary, Homère est Andromaque, Hécube, Athéna, Chryséis, toutes ! La guerre de Troie, il fallait, mieux que de la lire, qu'on l'entende d'elles. Car l'Iliade n'est pas un livre : elle est femme, donc chant. Doublement. Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, déploie l'étoffe de notre langue tissée ici pour lui par Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, et l'invite à y broder le fil antique. » E.L.

  • Lors d'une rencontre en 1986 dans les studios de France Musique, Cyril Huvé (pianiste) et Daniel Mesguich (comédien) décident d'explorer ensemble le répertoire du mélodrame romantique dans les oeuvres de Robert Schumann, Franz Schubert, Franz Liszt, Johann Strauss, Richard Wagner... Cette collaboration donne lieu à de fréquents concerts en France et à l'étranger, puis à ce disque.

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