Seuil

  • " Saisi à la gorge " par les perspectives que les conclusions du club de Rome popularisées par Mansholt ouvrent au Tiers Monde qu'elles condamnent, dans le cadre des structures actuelles, à la misère perpétuelle, René Dumont lance un avertissement : si les pays démunis risquent d'être de plus en plus affamés et dominés, nous risquons, nous, les riches gaspilleurs et pollueurs, de nous retrouver de plus en plus asphyxiés, dans nos autos privées, symboles de notre egoïsme.
    Les réalistes du club, industriels et savants, nous annoncent un effondrement total de notre civilisation au cours du prochain siècle si se prolongent les croissances exponentielles de la population industrielle, et la misère à perpétuité du Tiers Monde. C'est pourquoi rené Dumont propose de réhabiliter les Utopies, et cherche à dessiner, pour notre planète assiégée, les premiers traits d'une société de moindre injustice et de survie, la société sans mépris.

  • Une rumeur étrange (la disparition de jeunes filles dans les salons d'essayage de commerçants juifs) s'est répandue, sans qu'il y ait la moindre disparition, dans la ville dont le nom symbolise la mesure et l'équilibre : Orléans. Edgar Morin et une équipe de chercheurs ont mené l'enquête sur place. Pourquoi Orléans ? Pourquoi des Juifs ? Pourquoi et comment se propage une rumeur ? Cette rumeur véhicule-t-elle un mythe ? Quel est ce mythe et que nous dit-il sur notre culture et sur nous-mêmes ?
    Des questions se posent : un antisémitisme jusqu'alors latent s'est-il à nouveau éveillé ? N'y a-t-il pas, dans nos cités modernes, un nouveau Moyen Age qui ne demande qu'à surgir à tout moment ?

  • Nous sommes à un moment de l'Histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphére et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d'orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C'est un défi magnifique, mais redoutable.
    Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l'idéologie néolibérale ne sait plus que s'autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d'influence sont soumises à ce pseudo réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroitre toujours plus la richesse.
    Cette représentation du monde n'est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures.
    Pour l'auteur de ces pages incisives et bie informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète.
    Hervé Kempf est un des journalistes d'environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il travaille à faire reconnaître l'écologie comme un secteur d'information à part entière, et a défriché nombre de dossiers sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier International, à La Recherche, et maintenant au Monde.

  • Un autre monde est possible, il est indispensable, il est à notre portée. Le capitalisme, après un règne de deux cents ans, s'est métamorphosé en entrant dans une phase mortifère : il génère tout à la fois une crise économique majeure et une crise écologique d'ampleur historique. Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en reconstruisant une société où l'économie n'est pas reine mais outil, où la coopération l'emporte sur la compétition, où le bien commun prévaut sur le profit.
    Dans un récit original, l'auteur explique comment le capitalisme a changé de régime depuis les années 1980 et a réussi à imposer son modèle individualiste de comportement, marginalisant les logiques collectives. Pour en sortir, il faut prioritairement se défaire de ce conditionnement psychique.
    L'oligarchie cherche à détourner l'attention d'un public de plus en plus conscient du désastre imminent en lui faisant croire que la technologie pourrait surmonter l'obstacle. Cette illusion ne vise qu'à perpétuer le système de domination en vigueur. Comme l'illustre la démonstration ancrée dans la réalité et animée de nombreux reportages, l'avenir n'est pas dans la technologie, mais dans un nouvel agencement des relations sociales. Ce qui fera pencher la balance, c'est la force et la vitesse avec lesquelles nous saurons retrouver l'exigence de la solidarité.
    L'ouvrage précédent d'Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, a rencontré un grand succès aussi bien en France et au Québec qu'à l'étranger, avec des traductions en anglais, espagnol, italien et grec. Dans ce nouvel essai, l'auteur, journaliste au Monde, montre qu'en dépit des menaces l'avenir reste ouvert et l'optimisme justifié.


  • Sommes-nous en dictature ? Non. Sommes-nous en démocratie ? Non plus. Les puissances d'argent ont acquis une influence démesurée, les grands médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entamées. Dans tous les pays occidentaux, la démocratie est attaquée par une caste. En réalité, nous sommes entrés dans un régime oligarchique, cette forme politique conçue par les Grecs anciens et qu'ont oubliée les politologues : la domination d'une petite classe de puissants qui discutent entre pairs et imposent ensuite leurs décisions à l'ensemble des citoyens.
    Si nous voulons répondre aux défis du XXIe siècle, il faut revenir en démocratie : cela suppose de reconnaître l'oligarchie pour ce qu'elle est, un régime qui vise à maintenir les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.
    Car la crise écologique et la mondialisation rebattent les cartes de notre culture politique : l'Occident doit apprendre à partager le monde avec les autres habitants de la planète. Il n'y parviendra qu'en sortant du régime oligarchique pour réinventer une démocratie vivante. Si nous échouons à aller vers la Cité mondiale, guidés par le souci de l'équilibre écologique, les oligarques nous entraîneront dans la violence et l'autoritarisme.
    Au terme de ce récit précisément documenté mais toujours vivant, le lecteur ne verra plus la politique de la même façon.
    Comment les riches détruisent la planète et Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, les précédents ouvrages d'Hervé Kempf, ont rencontré un réjouissant succès. Ils ont été traduits dans de nombreuses langues. L'intérêt soutenu qu'ils continuent de susciter en fait désormais des références de l'écologie politique.

  • Les combats pour la liberté de la presse sont vieux comme le monde - comme la presse, en tout cas. Mais qu'est-ce que la liberté de la presse, sinon la liberté des propriétaires de journaux ? Et qu'est-ce qu'un propriétaire de journal, dans bien des cas, sinon le représentant d'un groupe d'affaires dont les intérêts ou les opinions peuvent différer, pour un temps, de ceux du pouvoir, mais dont les conflits avec le gouvernement n'intéressent pas forcément l'intérêt général ou les libertés publiques ? Au-delà de cette liberté abstraite aux yeux du plus grand nombre, il y a celle, plus concrète, qu'exercent ou que devraient exercer les journalistes - de la presse écrite, de la radio, de la télévision. Plus encore que de liberté, c'est de dignité qu'il s'agit alors. Tel est le sujet de ce livre de Jean Schwoebel, fondateur de la fédération des Sociétés de rédacteurs qui prétendent assainir la presse et les divers moyens d'information, en assurant à ceux qui la font un droit de regard et de contrôle sur l'entreprise. A un moment critique, l'action des rédacteurs du Monde a permis de sauvegarder l'indépendance et la qualité de ce journal ; les droits qui ont été reconnus depuis lors à leur Société, que préside l'auteur de ce livre, lui permettent de contribuer efficacement au maintien de cette indépendance. La dignité de la presse, c'est la dignité du public, des citoyens, la vôtre, qu'elle concerne : si le journaliste n'est pas toujours « l'instituteur des temps modernes » que déclarait être l'un d'eux, votre journal quotidien est votre fenêtre sur le monde. Ce livre s'efforce de montrer comment on peut en rendre la vitre plus claire...

  • Entre 1973 et 2003, nous avons vécu un phénomène nouveau pour la première fois depuis les débuts de la Révolution industrielle, la société humaine a refusé une mutation technologique. Alors qu'elle promettait de transformer le monde, la dissémination dans l'environnement des organismes génétiquement modifiés (OGM) s'est heurtée à une contestation planétaire. Les OGM sont maintenant confinés pour l'essentiel en Amérique du Nord, et les firmes qui les promeuvent s'enfoncent dans la crise.
    Personne ne peut prédire l'avenir des OGM, des plantes transgéniques. Mais l'échec de leur lancement est riche d'enseignements: sur l'Europe, qui y a manifesté son unité, sur les États-Unis, qui y ont montré la maladie de leur démocratie, sur la redécouverte de l'agriculture par un monde urbanisé, sur les rapports entre la politique et la science. Mais l'histoire des OGM est d'abord une incroyable aventure, une véritable "guerre de trente ans" mêlant la passion et la cupidité, le commerce et la manipulation, l'enthousiasme scientifique et l'imprudence. Cette guerre fut aussi une guerre secrète et ce livre lève une partie du voile.

  • Sur la terre, aucune liberté ne s'obtient sans souffrance et sang versé. Là réside une des lois les plus constantes de l'histoire humaine. Mais aucune liberté ne se gagne sans amour agissant, sans une solidarité profonde entre les peuples. Ce livre tente de retracer l'histoire et de montrer les pratiques et les théories des mouvements armés de libération nationale du Tiers Monde.
    Les nationalistes révolutionnaires d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine - leurs combats, leurs victoires, leurs sacrifices - modifient profondément le paysage politique et social de notre planète. Ils bouleversent les rapports entre classes de nombreux pays et changent, sur plusieurs continents, l'équilibre entre les deux superpuissances. Pourtant, ces mouvements armés de libération demeurent très mal connus en Occident. Idéalisés, ou bien relégués au rang de "terroristes" quand il mènent les combats, ils sont souvent perçus comme les simples instruments d'une superpuissance quand, leur victoire acquise, ils tentent de bâtir un Etat.
    Il faut faire un sort à ces naïvetés et à ces calomnies. En cette fin du XXe siècle, alors que l'oppression policière, le cynisme des grandes puissances ou les tyrannies de la faim ravagent l'existence de millions d'hommes et de femmes, les nationalistes révolutionnaires du Tiers Monde tentent de mettre en oeuvre des principes d'autonomie politique, d'autosuffisance économique, de liberté et de justice, qui répondent aux désirs les plus irrépressibles des hommes.
    Où en cette grande espérance ? Quelles leçons pouvons-nous tirer - pour notre propre liberté - de ces combats lointains ? Jean Ziegler, familier du Tiers Mondes, raconte ici une épopée mal connue chez nous. Il esquisse avec une générosité vibrante mais lucide un bilan mondial du demi-siècle.

  • Pascal Bruckner s'attaque avec vigueur au malaise qui consume les sociétés occidentales : le " tiers-mondisme " qui repose surtout, derrière la solidarité affichée, sur la haine de soi. Cette idéologie oppose un Sud radieux, peuplé d'agneaux et de martyrs, à un Nord rapace, habité de loups et de nantis. Une vision trop simpliste et culpabilisante qui trouve ici un lumineux contrepoint.
    Né en 1948, Pascal Bruckner a écrit de nombreux romans et essais, dont L a Tentation de l'innocence (prix Médicis de l'essai 1995) et Les Voleurs de beauté (prix Renaudot 1997). Il est également l'auteur de Lunes de fiel et co-auteur de La Plus Belle Histoire de l'amour, disponibles en Points.
    " Un styliste qui cogne, un puncheur qui signe des pages étincelantes, servies par une culture historique et philosophique solide. "
    La Croix

  • Il est préconisé ici de réformer la pensée pour réformer l'enseignement et de réformer l'enseignement pour réformer la pensée.
    Dans le sens de la réforme de la pensée, Edgar Morin propose les principes qui permettraient de suivre l'indication donnée par Pascal : " Je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties... " Ces principes conduisent au-delà d'une connaissance fragmentée qui, rendant invisible les interactions entre un tout et ses parties, brise le complexe et occulte les problèmes essentiels ; ils conduisent également au-delà d'une connaissance qui, ne voyant que des globalités, perd le contact avec le particulier, le singulier et le concret.
    Ils conduisent à remédier à la funeste désunion entre la pensée scientifique, qui dissocie les connaissances et ne réfléchit pas sur le destin humain, et la pensée humaniste, qui ignore les acquis des sciences pouvant nourrir ses interrogations sur le monde et sur la vie.
    D'où la nécessité d'une réforme de pensée, qui concerne notre aptitude à organiser la connaissance et permettrait la liaison des deux cultures divorcées. Dès lors pourraient réapparaître les grandes finalités de l'enseignement qui devraient être inséparables : susciter une tête bien faite plutôt que bien pleine, enseigner la condition humaine, initier à vivre, affronter l'incertitude, apprendre à devenir citoyen.

  • Une forme spécifique de revendication démocratique serait-elle à l'œuvre en Chine ? La " protestation ", en se généralisant, y amorcerait-elle un processus aux conséquences imprévisibles ? Telles sont les questions que soulèvent les auteurs de cette saisissante étude. Elle porte sur une réalité largement méconnue. Depuis 1951 existe là-bas un dispositif intitulé " Administration des Lettres et visites ". Créé par Mao Zedong, il était destiné à recevoir les plaintes, protestations et doléances des particuliers. Cet ouvrage raconte comment cette administration, souvent instrumentalisée idéologiquement, n'a cessé de s'étendre et de se codifier. Mais aussi et surtout comment elle a autorisé un espace de parole qui est devenu le lieu d'une contestation du réel massive et inattendue.
    L'immense collection de doléances ainsi recueillie – tant par voie écrite (les lettres) qu'orale (les visites) –, qui raconte en creux l'histoire de la Chine moderne, n'avait jamais été examinée. Les auteurs ont pu avoir accès à des centaines de ces lettres et enquêter sur la pratique (très réglementée) des visites, jusqu'alors inconnue du dehors, pour essayer de comprendre qui s'exprime au sein de cet espace ; auprès de qui ; pour dire quoi ; et comment.
    Le résultat de leur travail est inédit. Il montre comment ceux qui, depuis des décennies, adressent lettres et visites aux autorités font état d'attentes morales et politiques souvent ignorées mais qui relèvent bien d'un processus d'invention démocratique.
    Isabelle Thireau est sociologue, directrice de recherche au CNRS et directrice d'études à l'EHESS.
    Hua Linshan est historien, chercheur associé au Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine. Ancien Garde rouge, il a publié au Seuil, en 1987, un " livre événement ", Les Années rouges, qui racontait de l'intérieur, et pour la première fois, ce qu'avait été réellement la Révolution culturelle des années 1960.

  • "Un quart de siècle après l'événement, à la demande de ses amis des Editions du Seuil, Jean Daniel nous tend ce miroir où s'inscrit le grand dialogue entre de Gaulle et l'Algérie. On permettra peut-être à un biographe du Général, qui vient d'étudier ce dossier avec le recul du temps et l'apport d'une riche historiographie, de saluer ici un exemple peu banal de lucidité immédiate. D'innombrables documents ont été publiés depuis lors. Beaucoup d'acteurs ont témoigné. Et plusieurs très bons livres ont paru sur la question. Nous en savons davantage. Mais, vingt-cinq ans plus tard, le tableau du journaliste garde sa fraîcheur et son éclat. Avec la force irrésistible de la perception immédiate, de ce qui a été vu, senti, souffert."

    Jean Lacouture



    Passionnément lié, comme Camus qui fut son ami, à l'Algérie, interlocuteur privilégié à Paris, Tunis et Alger des protagonistes du drame, Jean Daniel en fut l'un des témoins les plus exigeants et les mieux informés. C'était alors dans l' Express de Françoise Giroud, Pierre Viansson-Ponté, Jean-Jacques Servan-Schreiber, celui du "Bloc-notes" de François Mauriac, proche de Camus et de Pierre Mendès France, que l'on pouvait lire chaque semaine ses reportages. Précédé d'une réflexion personnelle qu'autorise aujourd'hui le recul du temps, le choix de textes qu'on trouvera ici reconstitue avec éclat ce que Jean Daniel appelle l'"impétueux corps à corps du Général avec l'Algérie".

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les Français souffrent et ne le disent pas.
    Comment faisons-nous pour tolérer le sort réservé à ces chômeurs et ces "nouveaux pauvres" dont le nombre ne cesse de croître ? Et comment parvenons-nous, dans le même temps, à accepter sans protester des contraintes de travail toujours plus dures dont nous savons pourtant qu'elles mettent en danger notre intégrité mentale et physique ?
    Christophe Dejours, spécialiste du travail, découvre à l'origine de ce consentement et de cet étrange silence la peur ; puis la honte quand, pour faire fonctionner la machine néolibérale, nous finissons par commettre des actes que pourtant nous réprouvons. Il révèle comment, pour pouvoir endurer la souffrance (subie et infligée) sans perdre la raison, on se protège.
    Marquer ses distances par rapport aux victimes du système est un bon moyen pour nier la peur en soi et débarrasser sa conscience de sa responsabilité vis-à-vis d'autrui.
    A la lumière du concept de distorsion communi-cationnelle de Jürgen Habermas et surtout de celui de banalité du mal de Hannah Arendt, Christophe Dejours, patiemment, met au jour le processus qui fonctionne comme un piège. Alors la souffrance devient pensable. Et une autre conception de l'action possible.

  • Avec ses 33 millions d'habitants et ses immenses richesses naturelles, l'Afrique du Sud dispose, pour son développement, d'atouts inégalés sur le continent noir. Le système d'apartheid, mis en oeuvre depuis 1948, a, au contraire, précipité le pays dans la crise. Le pouvoir exclusif de la minorité blanche et le système de lois - unique au monde - basé sur la ségrégation raciale suscitent une résistance de plus en plus vive de la part de la majorité noire. Depuis Sharpeville en 1960 ou Soweto en 1976, le gouvernement sud-africain n'hésite plus à faire usage de la force pour étouffer la révolte. Aujourd'hui, le pays de l'apartheid se retrouve plongé dans la violence, et le monde extérieur s'interroge sur ses possibilités d'intervention. Les racines historiques du conflit ; le système d'apartheid, ses rouages et son évolution ; la minorité blanche, ses dirigeants, ses atouts et ses divisions ; la majorité noire, l'histoire de la résistance, ses tendances rivales ; le contexte régional et international... voici quelques-unes des questions étudiées en détail ici. Les clés indispensables pour comprendre pourquoi, dans ce pays, menace de se produire, selon une mission d'enquête du Commonwealth, le plus grand bain de sang depuis la Seconde Guerre mondiale.

  • Après l'indépendance des anciennes colonies, les relations entre l'Afrique et la France ont changé de nature mais, obscurément, elles demeurent plus fortes qu'on ne le croit. Il est vrai que l'aventure française en Afrique ne fut pas seulement affaire de conquêtes et de colonisation. La passion y eut sa part. Une passion si intense que, pendant plusieurs décennies, le continent noir continua d'occuper une place particulière dans l'imaginaire de l'ancienne «métropole». Qu'il s'agisse de la littérature, de l'art, de la mémoire militaire, de la tradition administrative ou de l'enseignement, l'Afrique fut et demeure inextricablement mêlée à l'histoire française. Pour le pire, quelquefois ; pour le meilleur, souvent.

    C'est ce prodigieux roman franco-africain, cette singulière «histoire d'une passion» qu'a reconstitué Jean de La Guérivière. Journaliste ayant longtemps sillonné l'Afrique, l'auteur a confronté ses impressions personnelles aux témoignages innombrables de ceux qui l'avaient précédé sur le terrain. Puisant dans la littérature, dans les documents et dans les archives de l'époque coloniale, questionnant les témoins d'ici et de là-bas, revisitant les principaux lieux, il évoque tous les aspects d'une extraordinaire aventure. Sans triomphalisme mais sans «repentance».

  • Entre la France et les trois pays - Vietnam, Laos, Cambodge -
    formant l'ancienne Indochine s'est construite, au fil des décennies,
    une histoire passionnelle sans équivalent comparable. La
    dure guerre française (1946-1954), puis celle - américaine -
    du Vietnam n'ont pas fait disparaître cette passion et en ont
    même, à l'heure du tourisme, ravivé la nostalgie. C'est l'histoire
    de cette passion française pour l'Indochine que raconte Jean
    de La Guérivière, ancien journaliste au Monde, journal pour
    lequel il couvrit les derniers moments de la guerre du Vietnam.
    Son récit ne se borne pas à la politique, loin s'en faut. Il
    englobe la culture militaire, les missions religieuses, le cinéma,
    la littérature de voyage et celle des romanciers «asiates». Il
    s'intéresse aux liens spécifiques tissés pendant plus d'un siècle
    entre ces sociétés lointaines et la France. Les femmes y occupent
    une place privilégiée. Au total, cette «somme» à la fois savoureuse
    et érudite rassemble l'essentiel de ce qu'il faut savoir si
    l'on veut comprendre la genèse et la persistance d'un véritable
    envoûtement.

  • "Le gaullisme, c'est tantôt mille fidèles, tantôt le pays tout entier. Tout le monde a été, est ou sera gaulliste." C'est le général de Gaulle lui-même qui a dit cela un jour, et il s'y connaît. En 1963, le gaullisme constitue une réalité qu'il serait vain de nier. Mais qui sont les gaullistes, les vrais, ceux qui ont participé pleinement aux grandes aventures du compagnonnage, ceux qui appartiennent à jamais à la famille, qu'ils combattent ou orientent l'Etat ? Presque tous, pour les Français, sont peu ou mal connus. Tout cela est si loin ! C'est à peine si l'on retient quelques noms, si l'on reconnaît quelques visages. Ce recueil offre donc, pour combler cette lacune, une centaine de portraits des inconnus qui gouvernent. Pour être complet, il eût fallu sans doute, dans ce "dictionnaire", en aligner mille : que ceux qui sont omis n'en prennent pas ombrage. Pour faciliter la lecture, on a eu recours, comme dans un guide, à un certain nombre de signes : que ceux qui sont cités n'y voient pas malice. Et puisque le gaullisme, comme toute église, a sa liturgie, on a cru bon d'y ajouter un rituel succinct du compagnonnage avec son cérémoniaire, son prône et son bréviaire : que le Souverain n'y voie pas sacrilège.

  • Entre Paris et la province, la relation fut longtemps de suzeraineté, au moins politique et intellectuelle. Tension, amertume, rapports du « ils » possessifs au « nous » possédés, la France en proie à la centralisation capétienne, puis napoléonienne, puis gaulliste, était conduite à la stérilité par l'hypertrophie d'une capitale moloch. A l'heure où la multiplication des communications et la vogue de la télévision devraient pousser jusqu'à la caricature la colonisation de la province et son alignement minutieux sur Paris, une sorte de phénomène de rejet se produit, qui rend non pas l'initiative, mais un esprit d'entreprise à la province, pudiquement dotée d'un vocable nouveau : celui, collectif et optimiste, de régions. Là, mieux qu'à Paris engoncé dans sa graisse, est peut-être en train de se manifester, sous le vernis écaillé de la coutume et du conservatisme, un esprit de recherche et de renouveau. Lille, Angoulême, Chalon-sur-Saône, sont-ils les pôles de développement de la France de demain ? Du « Brasilia » qui tente de vivre à Mourenx à la compagnie d'aménagement du Languedoc et aux entreprises rurales industrialisées, la province s'anime. C'est désormais la France du risque, de l'éclosion. Regardons-la vivre sous les regards croisés de quelques-uns des meilleurs journalistes français.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Qu'est-ce qu'un maire ? Qu'est-ce qu'une commune ? En vertu de quels pouvoirs agit l'un ? De quelles ressources dispose l'autre ? De la Provence à la Bretagne, du Pays Basque à l'Alsace, nous votons pour des personnages dont nous ne connaissons ni les devoirs ni les charges, à peine le nom, mal les idées, et pas du tout les méthodes de travail. Comme tant de nos concitoyens, Jacques Kryn n'avait pendant quarante ans prêté aucune attention particulière à la gestion des communes ni au rôle des maires. Devenu conseiller municipal, puis maire d'un charmant village provençal, il a progressivement découvert l'importance de la commune dans la vie quotidienne de chacun, et combien un maire a de responsabilités de toutes sortes. Et il en entretient depuis lors les lecteurs de Perspectives et de l'Action municipale. Ces très simples lettres, vivant reflet d'une expérience quotidienne, en apprennent beaucoup plus sur l'aspect le plus profondément démocratique de notre vie collective que tous les traités spécialisés. Que l'on ne cherche ici ni Daudet ni « Clochemerle ». Il est question simplement de la gestion de nos 38.000 communes, c'est-à-dire de notre vie en société.

  • Le mouvement de la négritude été l'expression littéraire de l'élan qui a porté, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les peuples noirs à s'affranchir de la tutelle européenne. Entreprise de réhabilitation des valeurs africaines niées par le colonisateur, la négritude a cependant débordé largement le cadre de la seule littérature pour embrasser l'histoire, l'ethnologie, la religion, l'économie et la politique. C'est l'inventaire des écrits de l'intelligentsia noire avant l'indépendance qu'avait dressé la première édition de cet ouvrage : de la poésie de Senghor, avocat du métissage des cultures, aux romans dénonciateurs de l'apartheid de Peter Abrahams, de l'analyse exaltée des coutumes tribales par Jomo Kenyatta aux thèses de Cheikh Anta Diop sur l'Égypte nègre, des essais marxistes de Sékou Touré aux « pierres d'attente » du christianisme découvertes dans l'ontologie bantoue par l'abbé Vincent Mulago. La seconde édition de ce livre y ajoutait l'étude des oeuvres de la génération d'après l'indépendance, qui traduisent l'exaspération ou le désenchantement devant les espérances trahies par le nouveau pouvoir africain et la récurrence des néo-colonialismes. Car les écrivains noirs de cette nouvelle vague, illustrée entre autres par Wole Soyinka, ont à leur tour choisi les risques d'un engagement qu'ils ont souvent payé de l'exil ou de la prison. Pour cette troisième édition,. la partie de l'ouvrage consacrée à la littérature africaine d'avant l'indépendance a été réduite par un allègement des citations. En revanche, une place plus importante a été faite aux auteurs africains d'expression portugaise, ainsi qu'aux romanciers et poètes d'Afrique du Sud.

  • Du 16 septembre au 15 décembre 1981, pendant trois mois, Simonne Lacouture et moi avons fait le tour de France, de Boulogne à Strasbourg, de Marseille à Saint-Brieuc, différents des "compagnons" de jadis et d'aujourd'hui en ce que nous n'allions pas à pied mais le plus souvent en train et ne visions point à réaliser un "chef-d'oeuvre", mais simplement à en rapporter un livre en forme de journal de voyage. Nous espérions y voir ainsi plus clair dans les affaires de ce pays dont nous nous sentions un peu plus responsables depuis que des hommes et des femmes que nous avions appelés de nos voeux y exercent les responsabilités les plus hautes. Notre premier objectif était de mesurer ce "changement" que la majorité issue des urnes du printemps 81 s'est donné pour tâche d'accomplir. A tous, travailleurs, chômeurs, ministres, syndicalistes, patrons, élus, journalistes, prêtres, médecins nous avons posé la question : en quoi la césure politique provoquée par ces élections modifie-t-elle la vie des Français ? Nous avons obtenu des réponses positives ici et, là, négatives, mais presque toujours inspirées d'un esprit critique libéré des fanatismes de tous bords. Très vite nous avons constaté que c'était moins en quête d'une problématique mutation que nous étions, que sur les traces d'une réalité : celle d'un pays que, journaliste longtemps confrontés aux crises de l'Asie et de l'Afrique, nous connaissions mal. J.L

  • Depuis le 6 octobre 1973, le monde s'interroge sur « ce qui a changé chez les Arabes ». Est-ce l'aptitude à combattre ? Personne ne pouvait douter du courage d'un peuple qui, une fois, a conquis le monde connu. Est-ce la capacité de manipuler les instruments de la technologie avancée ? Chacun savait que les fellahs du Nil sauraient un jour créer leur Novosibirsk. Ce qui a changé, n'est-ce pas plutôt l'aptitude à mesurer le réel, à s'inscrire dans le possible, à substituer à l'âge de la prédication, de l'invective et de l'épopée celui de la politique, de la stratégie et mieux encore de l'analyse ? De cette maturation, rien ne témoigne mieux que le livre de Mahmoud Hussein. A propos d'un événement de l'histoire du monde arabe qui en d'autres temps aurait suscité des torrents de lyrisme, il garde le ton de l'analyse politique et de la critique historique. Ayant, sur le champ de bataille, perdu l'obsession de la défaite, les Arabes sont-ils prêts à aborder un règlement de paix durable avec Israël ? Pour cela, répond Mahmoud Hussein, il faudrait qu'Israël, restituant les territoires conquis sept ans plus tôt, se réconcilie avec une Palestine arabe enfin arrachée à l'exil et à l'oubli, et opte pour la fusion avec l'Orient plutôt que pour la croisade aux côtés de l'Occident.

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