Entreprise, économie & droit

  • Notre mythe est que l'on peut faire de la politique sans mythe ; sans sortilèges ni enchantements. La rhétorique n'en a cure. Il suffit de regarder ses réussites fulgurantes, bons mots, slogans et autres grands mots : ces moments brûlants où les mots sont cela même qui provoque les grandes décisions. On voit alors qu'un bon mot, comme un bon discours, est décisif parce qu'il est définitoire. Il trace une nouvelle frontière, il nous enferme dans le cercle magique de ses catégories. Deux cas de figure se présentent. Le plus connu est la rhétorique de la conversion : entrer dans le cercle est vécu comme le passage héroïque et explicite d'une erreur à une vérité. L'autre cas est la rhétorique de la séduction, qui accumule les paradoxes de l'implicite. On change d'identité sans se voir changer, on brûle d'émotion sans savoir pourquoi, on vit la joie d'un Nouveau Monde en oubliant à quoi ressemblait l'ancien. Dernier paradoxe de cette amnésie féconde : on est libre lors même qu'on n'est pas lucide. Car, pour être un sortilège, la séduction n'est pas plus totalitaire que l'État n'est la tribu.

  • Le dandy, être élégant et narcissique, est absorbé dans la transformation de sa vie en oeuvre d'art.

  • Qui doit être membre de la communauté civique ? De quels droits doivent jouir ceux qui sont déclarés citoyens ? Quelles sont les conditions nécessaires à l'exercice effectif et autonome de ces droits ? Éducation, instruction, liberté, égalité. Rapport aux minorités, aux noirs, aux juifs, aux femmes, dont la citoyenneté fut longtemps débattue. Cette liste dit bien l'actualité de ce retour qui ne nous entraîne pas vers un passé mort, sans signification, sans pertinence pour nous, mais vers une sorte de passé présent dans la mesure où les problèmes soulevés et discutés en 1789 et 1793 restent nôtres. Comment l'homme sort-il de sa minorité pour devenir son propre maître ? Comment les citoyens peuvent-ils devenir les agents actifs et conscients de leur propre destin ? Comment, enfin, une collectivité s'émancipe-t-elle pour se donner à elle-même des lois ?

  • Élève de Heidegger et de Jaspers, exilée aux États-Unis - où elle est devenue une figure de proue de la vie intellectuelle -, Hannah Arendt (1906-1975) taille dans la théorie politique un chemin neuf. Magistrale interprète des événements fondateurs de notre modernité, elle propose, ancrée dans l'histoire de nos sombres temps, une réhabilitation radicale du politique comme espace public de délibération et d'initiative. À l'écoute d'une tradition philosophique qu'elle cherche aussi à briser, son oeuvre paradoxale et controversée croise nos interrogations les plus actuelles sur le pouvoir ou la désobéissance civile, sur la révolution ou la banalité du mal, sur la loi ou le totalitarisme, sur la pluralité humaine ou l'antisémitisme. Tentant de soutenir l'épreuve de l'histoire sans s'y soumettre ni croire la dominer, Hannah Arendt nous oblige à penser ce que nous faisons. C'est à explorer les divers aspects de cette pensée politique singulière, encore largement méconnue en France, à en découvrir le sens et à en saisir la portée que s'attache le présent ouvrage.

  • La lanterne des intellectuels est bien falote. La critique des pouvoirs entretient aujourd'hui un refus systématique des idéaux : il n'est plus question de transformer le monde mais seulement de résister à l'Histoire. Les politiques en ont tiré la leçon. De droite ou de gauche, ils se méfient de l'avenir. Gérer, disent-ils, mais surtout ne plus vouloir - ni le bien pour l'humanité, ni même le bien-être pour les citoyens. La volonté ne dispose plus à exercer le pouvoir et c'est à la foi qu'on préfère s'en remettre. En témoigne l'apostolat nouveau suscité par le mythe libéral d'une société qui, abandonnée à elle-même, produirait le meilleur. Religion de la famille, célébration d'une morale sans utopie, culte de l'intimité. Comment la politique ne se résignerait-elle pas à sa douce fin ? En quête d'un nouvel espace public, pourquoi la démocratie ne renouerait-elle pas avec les vertus du conflit et de la délibération ? Inattendues, des prises de parole, massives et débridées, viennent en renfort pour manifester qu'il n'est pas de société sans la détermination de valeurs collectives, sans la formulation d'un idéal commun. Il faut penser autrement cet individualisme qui paraissait essouffler la société et faire décidément l'éloge de la volonté.

  • En se posant en groupe d'intérêt comparable aux autres grands groupes admis à s'exprimer dans la vie de la nation, le mouvement consommateur est-il parvenu à lever les ambiguïtés qui pesaient sur son entreprise?

  • Censure, manipulation, propagande. L'information télévisée n'aurait-elle que cela pour toute histoire, le grand catalogue de ce qui a été écarté, gommé, retranché du petit écran par la main noueuse de l'État ? Cette référence à l'action des gouvernements, comme à celle des grands professionnels qui, en leur temps, marqueraient d'une empreinte indélébile la télévision, ou encore l'invocation des progrès technologiques qui ouvriraient des périodes chaque fois nouvelles de l'audiovisuel, enfin l'influence qu'exerceraient les coûts économiques des émissions, tout cela prétend aujourd'hui expliquer la télévision. Or, ces arguments restent aveugles à la fabrication quotidienne de l'actualité télévisée. Ils omettent l'exercice même d'un journalisme qui, depuis plus de trente ans, crée une manière spécifique de produire la vérité. Et qui, dans ce travail, a opéré un profond bouleversement en substituant le journalisme d'examen au journalisme d'enquête. Ainsi, donner à voir la vérité, cela a sa propre histoire. L'ouvrage s'achève avec un débat entre François Châtelet et Pierre Dumayet.

  • Les électrices ne sont plus ce qu'elles étaient... Hier plus conservatrices que les hommes, plus répressives en matière de moeurs, indifférentes sinon rétives à la politique, les femmes des années 80 ont un comportement bien différent : elles ont pris goût à la vie publique, et leurs attitudes culturelles et morales sont nettement plus libérales. Comment ce changement s'est-il produit ? Sous l'effet de quels facteurs ? À quel rythme ? Deux d'entre elles, chercheurs au CNRS, nous apportent ici un matériau indispensable à toute réflexion sur ce sujet : à partir d'une enquête approfondie par sondage et d'une analyse de l'ensemble des travaux parus en la matière, de l'essai féministe à la recherche scientifique, elles s'interrogent sur les spécificités du comportement culturel et politique féminin. La participation à la vie active et professionnelle, bref le travail, est-il désormais l'ultime condition d'une nouvelle identité politique de la femme ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage présente un modèle d'analyse de l'État en action ; il s'agit de rendre compte des transformations de l'État qui résultent de la croissance des politiques publiques, et de combler le fossé qui sépare les débats généraux sur l'État et les recherches empiriques conduites sur les organisations publiques. Appuyé sur des recherches originales menées par les auteurs dans divers domaines (planification, politiques sociales, politiques agricoles, télécommunication, etc.), ce livre propose une panoplie conceptuelle, utile au lecteur qui entend réfléchir sur les politiques publiques. Il offre une image originale de l'État français, à partir d'une représentation du modèle néo-corporatiste, d'une discussion des grandes controverses internationales et d'une interrogation sur le cas français.

  • Dans la France qui se dirige vers le XXIe siècle, les angoisses et les solitudes sont parfois graves comme les douleurs et les souffrances du tiers-monde; dans ces pays de famines, s'il n'existe pas de protection sociale, les connivences du clan restent fortes, les solidarités familiales demeurent.

  • Deux siècles après, qu'est devenue la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789? D'éminents juristes apportent des éléments de réponse qui font l'objet d'un débat approfondi.

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