Presses universitaires du Midi

  • Si l'étude des ordres religieux-militaires a, ces dernières décennies, bénéficié d'un dynamisme fécond, cet ouvrage explore des voies nouvelles et se distingue à plusieurs titres. Il est original par la réunion, pas si fréquente, d'une quinzaine de spécialistes d'histoire et d'histoire de l'art, comme par son ouverture à des sources jusqu'ici peu considérées : peintures murales, sculptures, objets liturgiques ou encore sceaux. Le croisement des regards dans une véritable interdisciplinarité, la reprise à frais nouveaux de dossiers a priori connus tout comme l'analyse de nouveaux matériaux conduisent à nuancer des certitudes et à remettre en cause quelques lieux communs. Le volume permet de saisir les dévotions et la liturgie des frères du Temple et de l'Hôpital, d'accéder à leur culture visuelle et de mesurer l'ambition de certains ensembles peints ou sculptés. Tout en ouvrant la comparaison à d'autres ordres religieux ou aux élites laïques, l'entreprise espère encourager de nouveaux questionnements sur la place et la singularité du monachisme militaire au sein de la spiritualité et de la culture du Moyen Âge.

  • Cet ouvrage se propose de mettre en relief les procédés utilisés par les souverains almohades en al-Andalus comme en Afrique du Nord pour asseoir leur pouvoir et imposer leur ordre politique. L'époque almoravide, période qui a précédé l'arrivée des Almohades, est également évoquée afin de permettre une comparaison entre les deux systèmes politiques et cerner ainsi le chemin suivi par les Almohades, voie médiane oscillant entre continuité et volonté de rupture avec un passé jugé inadéquat. Une attention particulière est réservée aux différents témoignages décrivant le calife, son entourage, sa vision et son rôle dans les conflits armés où il est à la fois chef politique et militaire. Tous les aspects de sa vie sont étudiés : son rapport à l'exercice du pouvoir, à la nourriture, aux codes vestimentaires... Pour la première fois, au Maghreb occidental et central, on sort du paradigme du chef de guerre pour s'enraciner dans la tradition orientale du souverain hiératique le plus souvent inaccessible et invisible. Cet épisode marque une étape fondamentale du processus d'arabisation et d'islamisation des sociétés du Maghreb, et l'ouvrage, soigneusement documenté, constitue une heureuse contribution aux modes de gouvernement en terre d'Islam.

  • Les migrations internes constituent un des phénomènes les plus importants en République populaire de Chine depuis la réforme économique. C'est au début des années 1980 que de nombreux paysans quittent la terre pour travailler en usine ou se ruer vers les villes et provinces développées. Ce mouvement ne cesse de s'intensifier. Les migrations produisent des parcours différents et non linéaires. Si certains migrants sont peu qualifiés et exclus de la société, d'autres connaissent des trajectoires de mobilité sociale ascendante ou descendante. D'autres encore créent de nouvelles activités économiques, et certains migrants entrepreneurs appartiennent même aux élites de la société. À partir des parcours biographiques de paysans migrants, le présent ouvrage vise à explorer et à rendre sensibles la pluralité des processus de migration et la forte mobilité sociale rendue possible par les mutations économiques rapides. En livrant les témoignages de ces hommes et femmes sur leurs histoires individuelles et sur leurs itinéraires professionnels, cette étude entend faire parler les migrants dont les voix sont si peu entendues aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Chine. Elle apporte ainsi un autre regard sur les transformations économiques et sociales que la Chine a connues au cours des trente dernières années.

  • Ce volume rassemble la plupart des contributions présentées lors des colloques tenus dans le cadre des 9es et 10es Journées Manuel Azaña, à Montauban, en 2014 et 2015. Les thématiques de ces rencontres étaient ambitieuses : La Seconde République espagnole, 1931-1936, entre réforme et révolution, la première année, puis, la seconde année, Guerre d'Espagne, 1936- 1939, entre guerre et révolution. Cette problématique, centrée sur l'action et les représentations des forces sociales et politiques qui l'ont soutenue jusqu'au bout, ne prétendait donc pas brosser une histoire totale de la Seconde République. Les textes questionnent deux idées maîtresses de la période : la réforme décisive d'un pays resté archaïque et la révolution qui - aux yeux de beaucoup, mais pas forcément de la même manière - aurait permis de remédier de façon décisive aux maux dont souffrait le pays, notamment les inégalités sociales. L'affrontement de ces deux projets marque la première période de la République, au cours du « bienio azañiste », les deux années de gouvernement de Manuel Azaña (1931-1933). Il rebondit en 1936, après la victoire électorale du Front populaire, quand le soulèvement militaire de Franco, soutenu par Hitler et Mussolini, prend les armes contre la République. Cette fois, chez ceux qui luttent pour la défendre, c'est la question de la priorité à donner à la conduite de la guerre ou à la révolution qui fait débat et approfondit les divisions. L'ouvrage aborde successivement ces périodes dans ses deux parties : l'une consacrée aux réformes menées par la jeune République espagnole et l'autre tournée vers les gouvernements en guerre et les forces sociales et politiques à l'oeuvre face à l'assaut des forces réactionnaires et fascistes espagnoles et internationales. Les diverses contributions émanent de spécialistes confirmés - espagnols ou français - et dressent un état de la recherche historique actuelle. Apportant ainsi une vision plurielle sur les huit petites années qui ont changé l'Espagne et sur une République trahie, à qui le temps n'a pas été donné de réaliser ses espoirs.

  • La mise en marché de produits moralement sensibles, comme ceux touchant à l'intimité des personnes, à leur intégrité, à la santé ou au maintien de l'ordre public, est l'objet de cette réflexion collective qui met en regard neuf cas de « marchés contestés ». Certains de ces marchés contestés sont effectifs, comme dans le cas du tabac, de la pornographie, des jeux d'argent ou des défunts. Certains sont potentiels dans le sens où les poissons génétiquement modifiés, les données personnelles ou le cannabis sont à la recherche des moyens de rendre acceptables les transactions marchandes. D'autres, enfin, sont bannis car la marchandisation des enfants adoptés ou des organes humains reste moralement inacceptable. La tension entre les principes marchands et moraux au coeur des marchés contestés est dans chaque contribution éclairée par l'identification des formes de la contestation morale et des dispositifs juridiques, fiscaux, sanitaires, éthiques, rendant possible ou au contraire irréalisable l'édification d'un marché. La prise en compte de « populations fragiles », qu'il s'agit de protéger du marché, mais aussi de protéger par le marché, émerge dans tous les chapitres comme un élément explicatif essentiel des avancées et des reculs des marchés contestés.

  • Gendre de Mussolini, ministre des Affaires étrangères depuis juin 1936, Ciano est un observateur de premier plan tant des relations internationales que du fonctionnement du régime fasciste dont il est un acteur majeur. L'époque concernée par ce premier volume aborde la fin de la guerre d'Espagne, l'Anschluss envers l'Autriche, la conférence de Munich et ses conséquences, l'annexion de l'Albanie, le rapprochement avec l'Allemagne, les relations avec les démocraties occidentales, la crise germano-polonaise de l'été 1939, le choix de la non-belligérance, et enfin la décision de déclarer la guerre à la Grande-Bretagne et à la France le 10 juin 1940. Le document éclaire également le fonctionnement de l'Italie fasciste : relation avec la monarchie, l'Église, les hiérarques, la législation antisémite. La présente édition offre une nouvelle traduction du Journal ainsi qu'un important appareil critique qui permet d'éclairer le texte et le confronter à diverses sources diplomatiques et aux Mémoires d'autres acteurs italiens et étrangers de la période.

  • La historiografía tradicional, española y europea, ha considerado la Guerra de Granada (1482-1492) como un hecho de naturaleza y alcance exclusivamente hispánicos. Se trataba del último episodio de un proceso ibérico, la « Reconquista », el enfrentamiento secular entre el Islam y la Cristiandad, consustancial al Medievo peninsular. El nacionalismo romántico del siglo XIX y la dictadura de Franco (1939-1975) lo marcaron a fuego en la identidad nacional española. Sin embargo, en las últimas décadas se han revisado estos postulados, hasta culminar en una revisión radical. Librado el conflicto de la carga ideológica que lastraba su estudio, se ha podido abordar bajo una luz nueva, que tiene un doble marco infinitamente más amplio y complejo. De una parte, las Guerras de Granada - en plural - como manifestación ibérica de lo que en Europa se ha denominado « cruzadas tardías ». De otra, el reordenamiento geopolítico del Mediterráneo, como un tablero de ajedrez, en el que el Islam avanzaba en Levante y retrocedía en Occidente. El presente volumen reúne textos de especialistas europeos que abordan tanto las cruzadas contra el Reino de Granada en el siglo XIV - con participación de borgoñones, escoceses, franceses e ingleses - como la guerra final de conquista en el siglo XV. Se identifican los canales de difusión de noticias, la implicación y diferente repercusión en las cortes renacentistas de la Península Italiana, o el eco atenuado de las hostilidades en el Sacro Imperio Romano-Germánico. Emerge así una imagen insólita, novedosa, de un conflicto de dimensión y alcance internacionales.

  • L'Italie entretient avec l'Antiquité un lien tout particulier. Les civilisations étrusque, grecque, romaine ont marqué la Péninsule. De nombreux artistes, écrivains, historiens, promeneurs ont été fascinés, influencés, plus rarement rebutés par le prestigieux héritage. Les contributions réunies dans ce volume présentent des aperçus de la manière d'appréhender l'Antiquité en Italie. De Montesquieu à Mussolini, en passant par Vico, Leopardi, Verdi, Carducci, D'Annunzio, des archéologues tel Albert Grenier mais aussi des sites comme Pompéi, comment la culture antique a-t-elle influencé l'histoire politique, littéraire, artistique de l'Italie depuis le Siècle des lumières jusqu'à l'époque fasciste ? Les auteurs souhaitent apporter des réponses à cette interrogation et ouvrir des pistes afin de favoriser la compréhension de cette donnée majeure de l'histoire culturelle de l'Italie et de l'Europe.

  • Après plusieurs siècles d'oubli consécutifs à l'expulsion des juifs d'Espagne, ce pays a redécouvert, voici quelque cent cinquante ans, la diaspora judéo-espagnole et le lien historique avec les descendants des exilés de 1492. Rencontres et évitements ; nostalgie envers une culture survivant hors des frontières et visées néo-coloniales en Méditerranée ; solidarité affichée à l'égard des "Espagnols sans patrie", mais refus de rapatriements aux heures sombres des pogroms et de la Shoah : d'innombrables ambiguïtés ponctuent les étapes du rapprochement hispano-juif, jusqu'au sauvetage des juifs par Franco durant la Seconde Guerre mondiale. La « question juive » s'est nourrie en Espagne d'affrontements parlementaires à propos de la liberté religieuse, des échos de l'affaire Dreyfus ou encore de l'édition des Protocoles des sages de Sion. Paradoxe : la marginalisation des Chuetas de Majorque, la persistance d'un antijudaïsme populaire, la création, en 1941, d'un Fichier juif se sont conjuguées avec l'exaltation de Sefarad. Aujourd'hui se dessinent de nouveaux enjeux politiques et mémoriels : statut de la judaïcité espagnole issue d'immigrations récentes, réappropriations du legs médiéval, dialogue avec les différentes instances du judaïsme mondial. En focalisant l'éclairage à la fois sur la longue durée et ses principaux temps forts, cet ouvrage entend restituer dans toute sa complexité la lente normalisation des relations hispano-juives contemporaines.

  • Le 10 juin 1940, Mussolini déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à la France. Malgré des réticences que tempèrent les victoires allemandes, Ciano reste ministre des Affaires étrangères. Le second volume de son Journal couvre la période de l'Italie fasciste en guerre jusqu'à son renvoi par le Duce le 5 février 1943. Précieux document, cette partie du Journal présente sans fard les déboires militaires italiens, les relations souvent complexes et ambiguës avec l'allié allemand, la progressive dégradation du fonctionnement de l'appareil du pouvoir fasciste et du consensus autour de celui-ci. Le Journal du comte Ciano est un document capital pour la compréhension du second conflit mondial et de la crise du régime fasciste. La présente édition offre une nouvelle traduction mais également un important appareil critique qui souhaite éclairer le texte et le confronter à diverses sources diplomatiques et aux Mémoires d'autres acteurs italiens et étrangers de la période.

  • Il y a cinquante ans, deux universitaires, normaliens agrégés de philosophie, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, publiaient Les Héritiers. Vendu à plus de 100 000 exemplaires, ce livre est même devenu un long-seller selon le mot de Passeron. Six ans après, cette critique de l'école républicaine se radicalisait dans La Reproduction. Loin d'être émancipatrice, cette école contribuerait, en reproduisant les inégalités entre les classes sociales, à la conservation de l'ordre établi. Ainsi se trouvait récusé l'héritage républicain et tout particulièrement celui de l'instruction publique, dont la Révolution française, sous l'impulsion de Condorcet, avait jeté les fondations, et que la « grande République scolaire » de Jules Ferry, Ferdinand Buisson, Paul Bert et René Goblet a édifiée entre 1879 et 1886. Ce livre vise à montrer que cette sociologie de l'école, tout en proclamant l'intention de contribuer à la démocratisation de l'enseignement, en préconisant par exemple l'instauration d'une pédagogie inégale pour des élèves inégaux qui annonçait la discrimination positive des ZEP, a en fait apporté une légitimation intellectuelle à la déréglementation scolaire entreprise par les gouvernements de la Ve république depuis 1959, aboutissant à un démantèlement de l'instruction publique laïque qui s'accentue aujourd'hui.

  • La montagne, un monde de marchands ? C'est cet apparent paradoxe que P. Poujade nous invite à explorer ici. Loin de décrire de hautes terres enclavées et une société close, où l'autarcie serait une des conditions de l'existence, l'auteur invite à la découverte d'un autre univers. À travers l'analyse de riches archives, notariales entre autres, il montre comment, entre 1550 et 1700 environ, les montagnes du haut pays de Foix sont partie intégrante des grands circuits commerciaux de l'Europe moderne. Tout au long de l'année en effet, cols et chemins sont les lieux d'intenses échanges terrestres. Et ce n'est pas une des moindres particularités des petites villes qui contrôlent ces nombreuses routes, que de susciter et d'abriter une communauté marchande étoffée, nourrie de nouveaux venus, Auvergnats, Limousins, voire Dauphinois. Quels sont les produits qui empruntent cet axe entre le Massif Central et la Catalogne intérieure ? D'où viennent-ils, où vont-ils et comment sont-ils commercialisés ? Quelle place pour les marchands migrants et quel rôle pour les marchands locaux ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles l'auteur apporte des éléments de réponse originaux, qui renouvellent profondément les recherches dans ce domaine.

  • Au lendemain de leur prise de pouvoir fin 1917, les bolcheviks lancent deux chantiers destinés à changer en profondeur l'école russe : la polytechnisation qui doit, dans la lignée des écrits de Marx et Engels, réconcilier instruction et travail à la production, et la prolétarisation qui doit favoriser les masses laborieuses dans l'accès aux études - une forme de discrimination positive. Les hésitations, puis la réaction et les bouleversements du stalinisme et de la guerre mettent entre parenthèses ces deux axes de la politique soviétique. Ils refont surface après 1953, alors que des débats sur l'enseignement reprennent dans la sphère publique. Successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev impose une perestroïka (refondation) de l'école et de l'université qui vise autant l'avènement du communisme par le respect du travail physique et la promotion des ouvriers et des paysans, que la fin de l'agitation étudiante née suite au « Rapport secret » de 1956, et l'amélioration du recrutement dans certaines branches de la production industrielle et agricole, marquées par la diminution du travail forcé. Le 24 décembre 1958, après une vaste campagne officielle, est votée une loi destinée à « rapprocher l'école et la vie » - réactivation d'un slogan des années 1920. Mais derrière l'unanimité de façade, des désaccords ont vu le jour pendant sa discussion. Les acteurs de l'enseignement et de la recherche - responsables administratifs, pédagogues, universitaires, membres de l'Académie des sciences - ont pesé sur la réforme, atténuant sa dimension idéologique au profit d'une vision technocratique du projet soviétique. Comment s'est déroulé le processus de décision et comment s'explique le faible impact de la loi sur la démocratisation scolaire en URSS ? En quoi l'opposition à la réforme a-t-elle permis à des scientifiques influents de mettre en place des filières d'élite parallèles (« écoles spéciales », université de Novossibirsk), au nom d'un idéal de méritocratie savante ? Que nous disent ces tensions sur les rapports de force et d'autorité au sommet, sur l'influence réelle de l'utopie communiste, sur le « Dégel » et ses contradictions ? En s'appuyant sur des archives inédites, ce livre ouvre une nouvelle fenêtre pour observer la société russe-soviétique et éclairer les débats sur l'école et l'université qui s'y sont déroulés, permettant des comparaisons avec d'autres pays et contextes.

  • Est-il possible de concevoir une histoire de la sociologie qui ne soit ni celle des historiens des sciences de l'homme ni celle de sociologues en mal de mémoire ? Pour figurer ce que devrait être cette souhaitable "histoire sociologique de la sociologie", il n'est pas de terrain plus approprié que la sociologie urbaine, quand s'interpénètrent discipline scientifique et thématique publique, communauté de savants et univers hétérogène des professionnels de la ville. De cette rencontre, l'histoire peut être retracée d'un triple point de vue : celui du dialogue entre l'université et la commande publique de recherche urbaine ; celui de la figure particulière qui résulte de la jonction de profils intellectuels et professionnels différents ; celui, enfin, du croisement des itinéraires individuels qui la traversent. Il apparaît alors que, depuis la deuxième guerre mondiale, l'évolution des modèles épistémologiques s'accompagne d'un lent désengagement politique du sociologue, quand bien même on constate, sous la variation des conjonctures et des générations, une réelle permanence des interrogations propres aux trajectoires professionnelles.

  • À l'occasion de la remise à Robert Jammes de l'Hommage préparé pour lui par l'équipe LESO (« Littérature Espagnole du Siècle d'Or ».), s'est tenue à Toulouse, le 25 novembre 1994, une journée d'études consacrée aux Solitudes du grand poète cordouan, Luis de Góngora. OEuvre mise au programme de l'Agrégation et du CAPES (session de 1995), les Solitudes viennent de faire l'objet d'une édition révolutionnaire, due au fameux gongoriste toulousain. Et c'est autour de cette édition et des problèmes d'établissement et d'interprétation de ce grand texte qu'ont tourné les débats et les communications ici reproduits. Il s'agit là, pour tous les préparateurs et candidats aux concours de recrutement, d'un indispensable instrument de travail, élaboré avec la collaboration de quelques uns des meilleurs spécialistes du moment : Robert Jammes, bien sûr, mais aussi Antonio Carreira, Nadine Ly, Joaquín Roses, Saiko Yoshida, Marie-Claire Zimmermann.

  • Alguna extrañeza podrá causarle al lector de estas páginas el ver reunidos en el mismo volumen los nombres de Pedro Calderón de la Barca y Antonio de Solís, y el título de una conocida comedia del primero junto al de una obra del segundo casi nunca leída por el público de nuestros días. Esta asociación, a primera vista sorprendente, se justifica sin embargo por dos motivos. En primer lugar, las relaciones temáticas entre ambas piezas, siendo a todas luces Mañanas de abril y mayo un antecedente directo de la de Solís. Y, en segundo lugar, el valor intrínseco de El amor al uso, que no sólo no desdice de su ilustre fuente, sino que muy probablemente la supera en no pocos aspectos. Quien se resista a creer que un oscuro dramaturgo del siglo XVII consiga codearse, en gracia cómica y agilidad creadora, con el gran Calderón de La dama duende y de tantas magistrales comedias de capa y espada, puede por ejemplo meditar la apreciación de J. L. Alborg en su Historia de la literatura española:El amor al uso es, en efecto, una deliciosa comedia, quizá de las más ágiles y divertidas que en su especie ha producido nuestro teatro.

  • La Rome républicaine offre l'exemple fort original d'une société qui se dote de deux assemblées politiques, dont l'une - l'assemblée tribute - présente des caractères singulièrement « démocratiques » : tous les citoyens romains y ont le droit de voter. De surcroît; au cours des siècles, on voit la citoyenneté romaine accordée à un nombre de plus en plus grand d'étrangers. Comment comprendre cette diffusion du droit de cité, allié au droit de vote ? Comment une telle ouverture peut-elle aller de pair avec les caractères éminemment aristocratiques de la cité romaine ? Ces questions invitent à réfléchir d'une part sur les rapports entre institutions politiques et structures sociales, d'autre part sur la signification de la citoyenneté romaine, sur ses limites, sur les enjeux de sa diffusion.

  • Depuis les travaux de Philippe Ariès dans les années 1970, la mort et les morts sont entrés dans le champ des études historiques. Nourrie d'approches diverses, de la philosophie à l'anthropologie sociale en passant par la paléodémographie ou l'archéologie, l'analyse des vestiges funéraires du passé offre un regard original sur les sociétés anciennes et non sans écho avec les questionnements actuels. En effet, autour du cimetière, se construisent des identités religieuses, politiques, sociales, qu'il donne à voir dans ses formes spatiales, dans son organisation monumentale, dans sa conformité (ou non) avec les normes édictées par les autorités ou les communautés qui le gèrent et le contrôlent. C'est ainsi qu'entre la fin de l'Antiquité et les temps modernes se formalise le modèle du cimetière paroissial, situé au sein de l'habitat, autour de l'église, réunissant les morts et les vivants dans une conception de l'ecclesia à la fois communauté, institution et lieu englobant. Les 35e Journées de Flaran consacrées à ce thème ont centré la focale sur le cimetière rural, quelque peu délaissé jusqu'alors par les historiens. Articulées à plusieurs échelles, de celle globale de l'Europe aux cas régionaux, les communications ont permis de mettre à l'épreuve certains modèles théoriques et, par là même, de les amender et de les nuancer. En considérant la société rurale à la fois dans son ensemble et dans ses composantes particulières, religieuses ou sociales, et en portant une attention particulière à des circonstances spécifiques de mortalité de masse, ces études transdisciplinaires offrent une vision plus riche et plus fondée des sociétés européennes anciennes, sur lesquelles se construit la nôtre.

  • Du Moyen Age orthodoxe ou romain aux États-Unis les plus contemporains, en passant par l'Algérie coloniale, la France de la Troisième République ou la Pologne de l'entre-deux-guerres, cet ouvrage traite du rapport des juifs à la ville. Il s'agit, bien sûr, de la ville au sens le plus physique du terme, avec ses ghettos, ses « carrières », ses « sentiers », ses frontières plus ou moins immatérielles ; mais aussi de la Cité au sens politique du terme, et de cette dialectique constante dans l'histoire de la diaspora, entre exil et intégration, acculturation et fidélité, conversion et mémoire. Succès (tel l'israélitisme français ou hongrois) et rejets (l'antisémitisme dans les universités polonaises des années 1930 ou la France de Vichy) rythment une histoire que l'on peut lire aussi à travers de grandes oeuvres littéraires, d'Isaac Singer à Chaïm Potok.

  • « Car la vie n'est qu'un songe » proclame Basilio et reprennent à l'envi tous ceux qui, comme lui, ont intérêt à propager cette devise d'un stoïcisme désenchanté. « Car la vie n'est pas un songe » peut leur répondre enfin Segismundo au terme d'un parcours inouï de souffrances. Telles sont, si proches et pourtant tellement irréconciliables, les deux vérités qui s'affrontent dans la pièce la plus célèbre de Calderón. Elles s'y font, à travers un double conflit de générations, une guerre impitoyable, jusqu'à ce que le temps nié et volé par les uns redevienne, pour les autres, temps retrouvé ou rendu, à l'aube d'une ère nouvelle ouverte sur l'assomption du héros glorieux. Ni drame philosophique sur la condition de l'homme, ni métaphore apologétique chrétienne, La vida es sueño est avant tout une tragédie du temps des hommes, de ces hommes du XVIIe siècle espagnol et européen qui, confrontés au silence de Dieu, savent à quel point le temps, précisément, leur est compté. Cet essai de relecture, au plus près du texte, du chef-d'oeuvre caldéronien jette les bases d'une reconstruction systématique de l'univers du plus grand dramaturge espagnol. Nombre d'aspects de son théâtre, illustrés par de très fréquentes références à l'ensemble de sa production tragique et comique, s'y trouvent redéfinis, car remis en perspective au terme d'une étude conjointe des itinéraires de Segismundo et de sa soeur en tragédie, Serafina, la merveilleuse héroïne du Pintor de su deshonra.

  • L'humaniste Paolo Giovio incarne la pensée du milieu intellectuel moderne sur les Turcs et l'Europe sans jamais entrer dans des controverses religieuses. Il remplit son rôle de conseiller en conduisant son public à se forger sa propre opinion. Sa vaste culture humaniste allie une connaissance parfaite de l'histoire, des sciences et des arts à une remarquable maîtrise de l'art rhétorique. L'oeuvre de Giovio traduit le sentiment de son milieu vis-à-vis de la question turque dans un contexte rendu difficile par les offensives de l'Empire ottoman et les guerres fratricides entre chrétiens. Son oeuvre abondante et amplement documentée offre une information très précise sur les Turcs. La présentation par Giovio d'événements notables visant à alerter ses contemporains et les renseigner sur leurs adversaires permet non seulement de mieux connaître les Ottomans mais également de pénétrer dans la mentalité de son temps et d'apprécier comment l'idée d'une Europe contrainte de se défendre contre ses ennemis a pu se constituer alors, jetant les bases de celle d'aujourd'hui, héritière des conceptions humanistes.

  • El presente volumen reúne las comunicaciones presentadas en el Coloquio internacional «Los malos saberes» que tuvo lugar en Tréveris en noviembre del 2013. Este coloquio se organizó en el marco del proyecto de investigación «El arte de pronosticar entre seriedad científica y ciencia oculta: la textualización de la fisiognomía en la literatura áurea española», financiado por la DFG y que, a su vez, forma parte de la red hispanoalemana Saberes humanísticos y formas de vida. En él se pasó revista a qué formas de vida, prácticas sociales y saberes vinculados con ellas entraron en conflicto con las normas morales, éticas y religiosas de la sociedad áurea; para ello se analizó en qué medida se problematizan y/o se censuran determinados conocimientos y mediante cuáles mecanismos de restricción y exclusión y se persiguió establecer qué función desempeña la literatura en estos procesos y cómo se lleva a cabo la textualización de los saberes marginados en distintos géneros literarios en los Siglos de Oro.

  • Que sait-on de l'expérience des jurés populaires amenés à siéger en cour d'assises et à juger des personnes accusées d'avoir commis un crime ? Pour le citoyen ordinaire, devenu « juge d'un jour », cette expérience lui révèle le monde social sous diverses facettes et l'interpelle sur sa capacité et sa légitimité de juger. Les interactions entre les jurés et les juges professionnels, en l'occurrence les présidents de cour d'assises, mettent en relief des rapports de pouvoir et de domination, sur fond de rituel judiciaire. Lors du délibéré, le fait que les jurés soient censés juger des faits et de la peine selon leur « bon sens » et leur « intime conviction » tandis que les magistrats jugeraient selon le « droit » et la « raison » révèle une hiérarchie subtile au sein de cette association échevine. Cet ouvrage, issu d'une enquête sociologique de terrain, met en évidence des rapports sociaux différenciés à la justice pénale, mêlant enchantement et désillusion quant au caractère démocratique de la cour d'assises. Il interroge les effets de cette socialisation qui génère des tourments moraux, tout en contribuant au sentiment d'avoir été reconnu comme citoyen-juge.

  • Les 37es Journées de Flaran consacrées aux cultures villageoises ont permis de faire le bilan des avancées de l'historiographie. Ce colloque s'est employé à dépasser ce à quoi on ramène toujours la culture des paysans des époques médiévale et moderne, sous la vieille appellation de « culture populaire », et derrière laquelle on place surtout la culture religieuse et la pratique de rites plus ou moins bien christianisés. Il a élargi vers d'autres domaines de représentations la culture des paysans, comme la culture politique ou la culture littéraire. Il a aussi attiré l'attention sur ces oubliés de l'histoire culturelle que sont les paysans, trop fréquemment encore étudiés comme des producteurs ou des contribuables. Il s'est intéressé au processus de différenciation sociale au sein des paysanneries en mettant l'accent sur un point généralement passé sous silence dans les études, à savoir la maîtrise d'un « capital culturel » (pour paraphraser les travaux de Pierre Bourdieu). C'est donc un positionnement doublement original, à la fois dans le domaine de l'histoire culturelle (trop focalisée sur la culture des élites nobiliaires) et dans celui des sociétés rurales. Les exemples traités balaient un large panel de cas de figures, de l'Islande et l'Angleterre à la France et l'Italie.

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