Langue française

  • D'une enfance dorée aux sombres années du règne espagnol : un roman tragique.Le sort de Marie-Louise d'Orléans (1662-1689), fille de Philippe d'Orléans, donc nièce de Louis XIV, et première épouse du roi Charles II d'Espagne, a de quoi nourrir l'imaginaire romantique. Tous les éléments sont réunis pour en faire une héroïne tragique : la naissance princière, l'enfance dans une cour enchantée, le mariage forcé, l'époux horriblement contrefait, la belle-mère hostile, la mort subite (due à un empoisonnement ?) et, à l'arrière-plan, des soupçons de galanterie et même de sorcellerie, à l'ombre de la plus puissante des légendes noires, celle de l'Inquisition espagnole. Son histoire est le drame d'une princesse qui, comme tant de ses semblables, n'est qu'un outil de la politique internationale : elle doit quitter sa famille et son pays pour épouser un homme inconnu, vivre dans une cour étrangère et se consacrer corps et âme à son royaume d'adoption - de surcroît rongée par l'obsession d'une maternité impossible. Mais Marie-Louise ne parviendra jamais à se détacher véritablement de sa patrie et de sa famille. L'Espagne lui demeure étrangère : elle a la faiblesse de le laisser voir à ses sujets, on ne le lui pardonnera pas. Pourtant, si mal aimée de son vivant, elle finira par être regrettée, autant de la population que de son mari, qui évoquera plus d'une fois, avec nostalgie, sa beauté et sa grâce.

  • Le dernier grand roi d'Espagne.
    Rarement autant que Philippe II d'Espagne (1527-1598) un souverain de l'époque moderne n'a souffert d'une image si durablement négative. Les réalisations effectives de son règne en ont parfois été négligées, tout comme l'environnement culturel, politique ou religieux dont il était le produit et qui s'imposait à lui.
    L'héritage que lui lègue son père, Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, est un cadeau empoisonné : s'il ne parvient pas à recueillir la dignité impériale, il se trouve malgré tout placé à la tête d'une gigantesque " monarchie composée ". Celle-ci fait de lui le souverain d'entités politiques disposant chacune de droits particuliers, territoires souvent sans continuité géographique les uns avec les autres. La configuration d'un tel ensemble rend délicats son gouvernement et sa conservation. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un empire dispose d'une dimension véritablement mondiale. Il n'était pas forcément écrit que la présence de l'Espagne en Amérique ou en Asie serait pérenne. Autre évolution géopolitique majeure, l'expansion ottomane qui menace l'Europe chrétienne. Philippe II est également confronté au plus grand schisme de l'Eglise chrétienne d'Occident, la réforme protestante. La seconde moitié du règne est enfin marquée par l'émergence d'une nouvelle puissance maritime agressive, l'Angleterre. Il faut ajouter à cela ce que Geoffrey Parker appelle la " révolution militaire ", qui débute au XVIe siècle. Faire la guerre devient beaucoup plus onéreux, du fait de nombreuses évolutions techniques. Plus que jamais, il est nécessaire pour un souverain de maîtriser des mécanismes financiers complexes s'il veut asseoir sa suprématie.
    Le présent ouvrage suit Philippe II confronté à ces formidables défis, en tentant de nuancer certains des lieux communs attachés à sa personne. Si on lui prête d'avoir laissé guider sa politique par un fanatisme religieux, les décisions implacables qu'il prend sont davantage inspirées par une " raison d'Etat " à laquelle il se voue sans limites. En dépit d'une foi intense qui a pu lui valoir à juste titre le qualificatif de " roi prêtre ", il instrumentalise bien souvent cette religion pour la mettre au service des intérêts de sa dynastie. La " monarchie catholique " est un empire expansionniste qui ne dit pas son nom. Présenter Philippe II comme un souverain " absolutiste " serait également anachronique. En revanche, il se dégage de cette biographie novatrice la figure d'un personnage animé d'une forme de misanthropie, de mépris pour ses semblables, qui, s'accusant avec les années, est responsable en bonne partie des grands échecs de la dernière décennie du règne, en particulier la défaite de "l'invincible armada".

  • La résistante dans l'ombre du héros.Laure Moulin (1892-1974) est la soeur du héros national Jean Moulin. À la Libération et jusqu'à sa mort, cette gardienne de la mémoire n'a eu de cesse de sillonner la France pour faire connaître l'action de son frère. Pour autant, elle, n'a pas vécu à travers le seul prisme fraternel.
    Si elle n'est pas au nombre de ces héroïnes qui maniaient la mitraillette comme Lucie Aubrac, elle s'inscrit cependant bel et bien dans la lignée de ces femmes résistantes, trop humble pour s'en prévaloir. Elle est la secrétaire de Jean, conservant des papiers compromettants et remplissant plusieurs missions pour lui. Tel est le passé magistralement relaté par Thomas Rabino à partir de sources inédites : archives familiales, privées, administratives et résistantes, témoignages de proches amis et connaissances.
    Il est aujourd'hui temps de lever le voile sur une femme d'exception, éternelle républicaine, et grande résistante.

  • Brejnev ou l'antihéros.Qui était vraiment Leonid Brejnev, l'homme aux sourcils broussailleux qui a succédé au bouillonnant Nikita Khrouchtchev pour diriger l'Union soviétique pendant dix-huit ans, de 1964 à 1982 ? Un vieillard sénile, bardé de médailles, collectionnant les voitures étrangères et les fusils de chasse ? Un réactionnaire qui a persécuté les dissidents ? Un gendarme qui a écrasé le Printemps de Prague et occupé l'Afghanistan ? Un cynique qui a laissé prospérer la corruption et les pénuries, plongé son pays dans la " stagnation " qui a mené au drame de Tchernobyl et à la fin de l'URSS ? Ou un dirigeant proche de ses racines ukrainiennes, un héros militaire qui a ressoudé les Russes autour d'un idéal de victoire, un diplomate rusé et aimable qui a éloigné le spectre de la Troisième Guerre mondiale ?
    En dépit de sa longévité, Brejnev, objet de risée à la fin de sa vie, est resté pendant longtemps enfermé dans une gangue de mépris. Armé de nombreux documents inédits dénichés dans les archives russes, passant au crible les " carnets " brejnéviens, Andreï Kozovoï révise les idées reçues et dresse le portrait d'un dictateur pas comme les autres, d'un antihéros qui a semé les graines de la Russie poutinienne.

  • Une nouvelle et forte biographie de Sainte Jeanne d'Arc, pour le centième anniversaire de sa canonisation.Un siècle a passé depuis la canonisation de Jeanne d'Arc par l'Église. Un siècle durant lequel fleurirent en France comme à l'étranger nombre d'ouvrages sur cette grande figure féminine, plus ou moins fantaisistes. Et pourtant il restait à offrir un nouvel éclairage historique de Jeanne d'Arc, tant de fois convoquée par des écrivains, des juristes ou des essayistes. Tour à tour catholiques, républicains, socialistes ou monarchistes. Aujourd'hui, c'est une véritable biographie qui, faisant fi des légendes, revient à l'histoire et replace Jeanne dans son contexte, en partant des sources. Un travail d'autant plus nécessaire que, contrairement à une idée reçue, nous ne savions pas tout d'elle. Car de sa famille, de ses proches et des hommes de guerre qui l'ont accompagnée, tout n'a pas été dit, loin de là. Médiéviste de grande renommée, Valérie Toureille convoque au tribunal de l'Histoire ceux qui l'ont connue, femmes et hommes, amis ou ennemis, plus de cent cinquante témoins. Elle leur donne la parole, détaille les faits, éclaire l'action comme l'extraordinaire parcours de la " bergère " de Domrémy par les circonstances du moment et laisse au lecteur le choix de son opinion sur la geste johannique. L'auteur livre ici un ouvrage de référence qui renouvellera l'historiographie de la " Pucelle ". Condamnée à être brûlée vive en 1431 - elle n'a alors que dix-neuf ans -, innocentée et réhabilitée en 1456, proclamée par le pape Pie XI patronne secondaire de la France en 1922 - et par André Malraux " patronne du temps où les hommes ont vécu selon leurs rêves et selon leur coeur " -, Jeanne n'en a assurément pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller.Il existe plusieurs façons d'aborder l'extraordinaire parcours de la "pauvre fille" de Domrémy, et autant de façons de l'interpréter. Valérie Toureille ne prétend pas trancher. Elle convoque au tribunal de l'Histoire ceux qui l'ont connue, femmes et hommes, amis ou ennemis, plus de 150 témoins. Elle leur laisse la parole, détaille les faits, éclaire son action par les circonstances du moment et laisse au lecteur le choix de son opinion, livrant là un ouvrage de référence qui renouvelera assurément l'historiographie de la "Pucelle", condamnée à être brûlée vive en 1431 - elle a alors dix-neuf ans -, innocentée et réhabilitée en 1456, béatifiée en 1909 et enfin élevée au rang des autels en 1920.
    Un "must" dont le plaisir de lecture se conjugue avec la rigueur historique.

  • Le vainqueur des Arabes à Poitiers, en 732.Sa victoire contre les arabo-musulmans à Poitiers, en 732, est à peu près tout ce qui reste de Charles Martel dans la mémoire collective, qui le considère avant tout comme le " marteau des Sarrasins ". L'enjeu de cette fameuse bataille connaît d'ailleurs un regain d'intérêt dans le contexte actuel, et fait l'objet de vifs débats : simple escarmouche, ou choc des civilisations qui a sauvé l'Europe de l'islamisation ? Cependant, Charles Martel ne se réduit pas à cette seule date, aussi célèbre soit-elle. Grand-père de Charlemagne, il assure la transition entre la dynastie moribonde des Mérovingiens et celle des Carolingiens. Guerrier avant tout, il est devenu, par ses nombreuses victoires, mais aussi par sa collaboration avec les missionnaires et par son entente avec le pape, le prince le plus puissant de son époque, le sauveur de l'unité du monde franc, et le rempart de la chrétienté. Maître d'un immense territoire, tout en restant simplement " maire du palais ", il prépare l'accession au trône de son fils Pépin le Bref. Si Charles Martel reste pourtant mal connu, en raison du caractère lacunaire et laconique des chroniques de cette époque, de nombreux documents, privés et publics, sur la société franque permettent de lever en partie le voile sur cet étonnant personnage, et de mieux comprendre l'homme et son oeuvre.

  • La véritable histoire du plus grand groupe de tous les temps et de son époque.Le 10 avril 1970, la nouvelle fait la une de la presse internationale : Paul McCartney quitte les Beatles. Son départ marque le terme d'une aventure extraordinaire, celle de quatre adolescents partis des caves de Liverpool pour devenir le groupe le plus populaire de tous les temps, incarnation de la soif de liberté qui secoue toute la génération de l'après-guerre. Alors que Let It Be, leur chanson-testament, s'impose comme un dernier succès, McCartney attaque en justice ses trois compagnons. Le rêve est fini. Et pourtant, cinquante ans après, leur légende demeure.
    Help!, Yesterday, Penny Lane, All You Need Is Love, Hey Jude... Les deux cents morceaux enregistrés par les " quatre garçons dans le vent " en à peine huit ans sont toujours vénérés par des millions de fans. Leurs douze albums constituent une discographie aussi intimidante qu'indépassable, source d'inspiration pour tous les musiciens d'aujourd'hui. Chaque réédition fait l'objet de campagnes marketing particulièrement efficaces, mais qui ont tendance à remplacer l'histoire par le mythe.
    À travers des documents rares et des entretiens inédits, Frédéric Granier raconte avec maestria cette épopée moins lisse et paisible que ne laissent paraître les records de vente (plus de deux milliards de disques écoulés depuis 1962). Des débuts erratiques jusqu'à l'hystérie de la Beatlemania, des expérimentations sonores de
    Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band aux premières échappées en solitaire, le destin commun des Beatles est jalonné de triomphes, mais aussi de deuils, de désillusions, de controverses, de rancoeurs et même d'échecs retentissants.
    Derrière la plus belle partition du rock se dessine enfin une autre histoire, tout aussi fascinante : celle de la culture de masse, du psychédélisme, des paradis artificiels, de l'activisme pacifiste... Autant de phénomènes que les Beatles ont traversés ou marqués de leur empreinte, qui ne racontent pas seulement les années soixante, mais dévoilent une révolution sociale et culturelle dont les effets se ressentent encore aujourd'hui. Comme le dira justement McCartney : " On n'était pas seulement dans l'air du temps ; on était dans l'esprit du siècle. "

  • Marc Aurèle, ou l'apogée de l'Empire romain." Il faut construire ta vie action par action, et si chacune, autant qu'il est possible, s'achève, t'en contenter ", disait l'empereur Marc Aurèle. De quelles actions composa-t-il sa vie pour figurer, encore de nos jours, à la fois comme un idéal de dirigeant politique et un sage dont les mots ne cessent de nous inspirer ? C'est ce à quoi le présent ouvrage s'efforce de répondre.
    Né en 121 dans une des grandes familles de l'Empire romain, le jeune Marc fut appelé à un destin plus grand encore par la volonté de l'empereur Hadrien, alors qu'il se passionnait pour la philosophie. Désigné comme héritier de l'empire, formé auprès des meilleurs maîtres, il fut le témoin, tout au long du règne d'Antonin le Pieux, de l'apogée de Rome. Son propre règne, entamé en 161, fut difficile, marqué tant par les guerres, qui l'ont entraîné de longues années aux frontières de son empire, que par les épidémies. Associant d'abord son frère adoptif Lucius Vérus au pouvoir, il régna seul après 169, menant une lutte inexpiable contre les peuples germaniques, s'investissant dans son métier de souverain - sans jamais abandonner son grand oeuvre, ses Écrits pour lui-même. Après sa mort suspecte en 180, il devint un modèle d'empereur et de philosophe.
    En mobilisant les ressources d'une documentation particulièrement riche et les dernières avancées de la recherche, Benoît Rossignol raconte avec maestria la vie de Marc Aurèle dans une époque de grande transformation de l'Empire romain et dégage la figure méconnue de l'homme derrière la légende du souverain.

  • La biographie de référence du créateur de James Bond
    Alors qu'un nouveau volet des aventures de James Bond sortira en avril 2020, l'intérêt autour de son créateur, Ian Fleming (1908-1964), n'a cessé de grandir, porté par une question lancinante : a-t-il été lui-même un des modèles de 007?
    Né dans une famille écossaise fortunée, entouré de personnalités au caractère bien affirmé, Fleming, après une éducation des plus classiques, va longtemps chercher sa voie : un début de carrière militaire avorté, un passage très important chez Reuters, où il apprend à écrire simplement et rapidement, quelques années dans la banque... il est voué semble-t-il à un avenir relativement médiocre, dont le préservent d'une certaine façon ses succès féminins, qui en feront une sorte de roué. La guerre est le vrai déclic : Fleming rejoint le renseignement naval, où il imagine les plans les plus audacieux et se fait remarquer par sa capacité à résoudre les problèmes comme par le peu de respect qu'il manifeste pour la hiérarchie. Immédiatement après-guerre, il recommence à vivoter, entre piges journalistiques et séjours à la Jamaïque où il acquiert une maison en 1946 : " Goldeneye ".
    Fleming entre en littérature un peu par hasard, en 1952, entamant une décennie d'intense création, livrant, coup sur coup, une dizaine d'épisodes de James Bond - le premier en 1953 :
    Casino Royale. Mêlant aventures exotiques, intrigues parfois absurdes, "méchants" invraisemblables, torture, sadomasochisme, séduction et sexe, le genre est totalement renouvelé et séduit un public de plus en plus nombreux. Dès la fin des années soixante, James Bond est un produit d'exportation majeur, un élément du "Soft Power" : il contribue, au même titre pourrait-on dire que la monarchie, au prestige mondial du Royaume-Uni. Son influence est telle que, dans le contexte de la guerre froide, l'on en vient à se demander s'il n'a pas même influencé la politique étrangère de l'Angleterre et des États-Unis...
    Christian Destremau, fort de sa grande connaissance de la culture britannique, brosse avec maestria le portrait intime de ce génie créateur dont le héros, d'épisode en épisode, continue à fasciner des millions de personnes.

  • Une reine au temps des rois maudits.Isabelle de France, née en 1295, figure emblématique de la saga des
    Rois maudits, affublée du surnom folklorique de " Louve de France ", est devenue peu après sa mort l'image même de la méchante reine : rebelle, hypocrite, tyrannique et sanguinaire. Ces qualificatifs relèvent évidemment de la légende noire, que le présent ouvrage cherche à dissiper. Très populaire en son temps en France comme en Angleterre, fille d'un très grand roi, Philippe IV le Bel, qui lui a inculqué dès son plus jeune âge le sens de l'État, admirée à juste titre par ses contemporains pour sa personnalité, sa beauté et son sens de la diplomatie, elle a su tracer sa destinée entre deux hommes : Édouard II, son mari, le roi le plus méprisé de toute l'histoire de l'Angleterre, et Édouard III, son fils, le plus admiré. Son parcours politique est unique. Elle gouverne aux côtés du premier avant de le renverser en 1326 - et, peut-être, de commanditer son assassinat -, au terme de la dernière invasion que l'Angleterre ait connue depuis celle de Guillaume le Conquérant. Elle se fait ensuite nommer régente au nom du second et règne de concert avec son amant, Roger Mortimer. En 1330, devenu adulte, Édouard III prend le pouvoir en faisant assassiner ce dernier. Très admiratif de sa mère, il l'entoure de tous les égards jusqu'à son décès, en 1358.
    Le retour aux sources médiévales, pratiqué ici de manière particulièrement précise, permet de dessiner une personnalité complexe et de retracer une existence hors du commun dans une période constamment marquée par la guerre civile et la violence des hommes.

  • La destinée hors du commun d'un personnage digne de la plume de Balzac, qui dirigea un moment la France et contribua à la faire entrer dans la modernité.
    Il est jeune, beau, brillant, charmeur. Au lendemain des Cent-Jours, à 35 ans, alors qu'il a servi la famille impériale, Elie Decazes accède au poste de préfet de Police de la Restauration. Quelques mois plus tard, devenu le favori de Louis XVIII, il est nommé ministre de la Police puis, après trois ans à ce poste stratégique, ministre de l'Intérieur. Il est alors l'homme le plus puissant de France et, à 39 ans, devient fin 1819 un des plus jeunes présidents du Conseil de l'Histoire. Mais la faveur du roi, de même que la volonté de gouverner la France au centre en rejetant les extrêmes lui attirent des haines profondes. L'assassinat du duc de Berry provoque sa chute. À moins de 40 ans, nanti d'un titre ducal, il quitte le pouvoir pour ne plus jamais l'exercer.
    Commence alors la deuxième partie d'une vie, celle d'un grand notable, qui le mène jusqu'à 80 ans. Brièvement ambassadeur à Londres, il devient un pair de France influent sous la Restauration et la monarchie de Juillet. Grand référendaire de la chambre des pairs, il préside aux travaux qui donnent au palais du Luxembourg et à son jardin leur aspect d'aujourd'hui. Épris de nouveautés, il multiplie les expériences agricoles et se lance dans l'aventure industrielle avec l'exploitation des forges de l'Aveyron qui vont donner naissance à Decazeville. Lui qui est également le Souverain grand commandeur de la deuxième obédience maçonnique française, celle du rite écossais ancien et accepté, meurt accidentellement au terme d'une vie dont Balzac, à qui il a inspiré plus d'un personnage, aurait pu écrire le roman.
    Ignorée de ses rares biographes qui ne se sont intéressés qu'à sa relation particulière à Louis XVIII, la vie du dernier favori est ici restituée dans toute sa richesse et sa complexité. Elle est somme toute celle d'un jeune roturier du Libournais qui devient un duc et pair, d'un petit juge originaire qui devient homme d'État, d'un propriétaire terrien qui devient industriel.

  • De la gloire à la chute, le roman-vrai de Napoléon
    Un an après son magistral Bonaparte, publié en 1967, André Castelot offre un Napoléon tout aussi accompli. Alternant récits haletants, portraits fouillés et descriptions vécues des lieux de mémoire et champs de bataille de l'épopée, le grand écrivain nous entraîne de la gloire de l'Empire au couchant de Sainte-Hélène, du soleil d'Austerlitz à la nuit de Waterloo, avec une grâce d'écriture qui a fait sa réputation. Le grand récit d'une des vies les plus romanesques de l'histoire.

  • Pierre le Grand ou la naissance de la Russie moderne.Pierre le Grand est une des figures les plus extraordinaires de l'histoire de la Russie. Né en 1672, tsar de 1682 à 1725, il a modernisé son empire à marche forcée, réformé tout à la fois l'armée, l'État et l'Église, créé de toutes pièces une marine de guerre et initié une véritable révolution culturelle dont la Russie actuelle est l'héritière. Parmi les premiers chefs d'État à nourrir une vision géopolitique globale, il a porté ses ambitions conquérantes vers la mer Noire et la Baltique, mais aussi vers la Sibérie, l'Asie centrale et la Perse, et jusqu'à l'Inde et l'Amérique du Nord.
    Thierry Sarmant, d'une plume brillante et passionnée, s'appuyant sur les travaux les plus récents des chercheurs russes, allemands, français et anglo-saxons, brosse avec brio la vie de ce géant bâtisseur - dont Saint-Pétersbourg reste assurément le plus bel écrin - en le confrontant notamment à ses " collègues monarques " à la charnière des xviie et xviiie siècles, Louis XIV, Guillaume d'Orange ou encore Frédéric-Guillaume de Prusse. Ce faisant, il s'interroge aussi bien sur les troubles de l'identité russe que sur les ressorts de l'occidentalisation du monde et livre une biographie de haut vol appelée à demeurer une référence incontournable.

  • LA biographie passionnée de Bonaparte par un maître de l'écriture historique.
    Publiée en 1967, dans la perspective du bicentenaire de la naissance de Napoléon Bonaparte, cette superbe biographie reste une référence qui offre un rare bonheur de lecture. Elle le doit à la richesse de son information - André Castelot a visité l'essentiel des lieux de mémoire et champs de bataille qu'il dépeint - et à la qualité universellement saluée de son style. De l'enfance corse au sacre du 2 décembre 1804 en passant par l'Italie et l'Égypte, le grand écrivain nous entraîne au galop sur les traces d'une des vies les plus exceptionnelles de l'histoire.

  • Néron, l'empereur esthète et criminel.Lucius Domitius Ahenobarbus est né le 15 décembre 37 à Antium et mort le 9 juin 68 à Rome. Plus connu sous le nom de Néron, il est le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne. Prince poète, chanteur et musicien, organisateur de célébrations sportives et artistiques, il cultive un grand sens esthétique. Cependant sa sensibilité n'efface en rien son autre facette : celle d'un despote cruel, matricide et pyromane.
    Durant des siècles, Néron a été l'emblème du crime et de la perversité, si bien qu'il est difficile pour les historiens d'en établir une autre image. Faut-il alors, comme Suétone, s'en tenir à un portrait à charge ? Spécialiste de l'Antiquité romaine, Catherine Salles démêle la vérité de la légende et dresse avec talent, dans cette biographie sans complaisance, le portrait d'un empereur qui, derrière le mythe, demeure aujourd'hui encore largement méconnu.

  • La dernière impératrice du Vietnam : des mondanités à l'exil français.Pour quelle raison la tombe de la dernière impératrice du Vietnam se trouve-t-elle à Chabrignac, un petit village de Corrèze ? Pour lever ce mystère, l'historien François Joyaux, fort de sa connaissance de l'Extrême-Orient, dont il est l'un des meilleurs spécialistes, se fait enquêteur et remonte le fil d'une vie dont le destin est lié à celui de l'Indochine.
    L'impératrice Nam Phuong naît en 1913, dans l'ancienne Cochinchine française, d'une famille riche et profondément catholique. À 20 ans, elle épouse l'empereur Bao Daï et obtient, en dépit des traditions annamites, un mariage catholique et un statut d'épouse unique. À ses côtés, elle travaille à la modernisation politique et sociale du pays, notamment en favorisant l'accès à l'éducation et le travail des femmes. Mais cette ambition se heurte bientôt aux malheurs de la guerre, de l'occupation japonaise et de la révolution communiste. En 1947, elle se réfugie sur la Côte d'Azur avec ses cinq enfants et son mari bientôt devenu chef de l'État vietnamien. Mais pourquoi alors se retirer subitement dans un village éloigné de tout ?
    François Joyaux met en lumière avec talent la vie aussi extraordinaire que tragique de la dernière impératrice du Vietnam, et fait renaître sous sa plume l'histoire d'un empire aujourd'hui disparu.

  • La première biographie en français du feld-maréchal von Rundstedt, "le dernier Prussien" au service d'Hitler.Son nom apparaît dans tous les livres ayant trait à la Seconde Guerre mondiale en Europe, pourtant il est sans doute le moins connu des grands généraux de la Wehrmacht. Gerd von Rundstedt (1875-1953), aristocrate prussien, ancien combattant de la Grande Guerre et doyen des forces armées allemandes, prit part aux principales campagnes européennes du conflit, à la fois comme concepteur et exécutant des plans d'invasion : la Pologne en 1939, c'est lui. La France en 1940, c'est lui également, en partie, de même que la Russie en 1941. La suite de sa carrière fut plus difficile : Rundstedt, qui préféra détourner les yeux des atrocités commises dans les territoires occupés, fut retiré du front de l'Est à la fin de l'année 1941 pour avoir désobéi à un ordre direct du Führer. En poste en France à partir de 1942, il est mis à pied une deuxième fois pour n'avoir pas su redresser la situation après le Débarquement. Rappelé à la fin de l'été 1944, il préside la cour d'honneur militaire devant laquelle comparaissent nombre de ses pairs complices de l'attentat du 20 juillet contre Hitler et assiste en spectateur à la bataille des Ardennes, qualifiée trop souvent, à tort, d'" offensive Rundstedt ". Démis enfin de ses fonctions en mars 1945 - il échoua à empêcher le franchissement du Rhin par les ennemis du Reich -, il est arrêté par les Américains en Bavière où, fatigué et perclus de rhumatismes, il suivait une cure.
    Laurent Schang narre ici avec talent la grandeur et les misères du doyen de la Wehrmacht, ce Prussien, peut-être trop prussien, pour qui l'honneur de servir l'emportait sur toute autre considération.

  • La première biographie du dauphin d'Hitler.Le dossier Hess figure en première place sur la liste des grandes " énigmes " historiques avec la mort de Napoléon, le secret du Masque de fer ou l'assassinat du président Kennedy...
    S'appuyant sur des archives britanniques et allemandes inédites, une bibliographie exhaustive et une connaissance fine des services secrets et des arcanes de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Servent livre la première biographie en français du dauphin d'Hitler. Elle tord le cou à toute une série de théories complotistes qui s'attachent à ce personnage étrange et féru d'occultisme dont la légende noire est née un soir de mai 1941, lorsqu'il est tombé du ciel sur le sol écossais, un rameau d'olivier à la main.
    Et d'abord, quelle était la nature exacte de sa relation avec Hitler, dont il fut l'un des premiers et plus proches compagnons ? Quel était son rôle précis au sein du IIIe Reich ? Hitler a-t-il encouragé en secret cette incroyable tentative de paix avec Albion ? L'homme est-il le " fou " que l'on a décrit à Nuremberg ? A-t-il caché des " secrets " jusqu'à sa mort à 93 ans dans la prison de Spandau ? Enfin, s'est-il suicidé ou a-t-il été " suicidé " car il en savait trop ? Ces questions, parmi beaucoup d'autres, trouvent enfin leur réponse dans ce livre captivant - enquête biographique écrite d'une plume alerte qui convoque témoins et documents pour restituer toute la vérité sur un des personnages les plus énigmatiques du IIIe Reich.

  • La vie de l'un des dictateurs énigmatique du XXe siècle.Augusto Pinochet, général discret et longtemps fidèle au pouvoir, est pour la plupart des Chiliens un illustre inconnu avant le coup d'État du 11 septembre 1973. Une journée dramatique, qui se conclut par le suicide du président élu, Salvador Allende, et la victoire des putschistes. Très vite une junte se met en place, que Pinochet va mener de main de maître, au point qu'il ne sera plus question de régime militaire, mais de " régime Pinochet ".
    Pendant dix-sept ans, le général va exercer une dictature paradoxale, mue par trois principes contradictoires : une violence extrême, le souci de fonder une démocratie nouvelle sur les ruines de la précédente, et enfin l'intrusion d'une économie libérale, vouée à saper les fondements même de la dictature et faire entrer le Chili, pays conservateur et traditionaliste, dans une ère de modernité prospère.
    Michel Faure perce avec maestria le mystère d'une des figures les plus détestées de la fin du xxe siècle, tour à tour enfant peureux, soldat médiocre, homme prudent, mari volage et dictateur digne d'un roman du réalisme magique de la littérature sud-américaine.

  • Le maître du barreau.En 1920, Pierre Gide, avocat aux barreaux de Paris et de Londres, ouvre son cabinet. En conseillant des entreprises, il invente le barreau d'affaires en France. Pionnier, il sera imité et jalousé, puis oublié, avant de renaître au travers du cabinet qui porte toujours son nom cent ans plus tard.
    Qui était ce fils de militaire, agent de liaison auprès de l'armée britannique pendant la Grande Guerre, cousin du Prix Nobel de littérature André Gide ? La " personnalité parisienne possédant une Buick " (Vogue), le passager des premiers voyages d'affaires transatlantiques, le travailleur infatigable qui fonde le premier cabinet collectif ? Sous l'Occupation, il poursuit son activité d'avocat pour défendre ses clients. À la Libération, on le lui reproche, bien qu'il ait aidé la Résistance. Banni de la profession, il est réintégré en 1954. Trois ans plus tard, il crée avec deux jeunes confrères le cabinet Gide Loyrette Nouel.
    Au terme d'une enquête inédite, Michel Guénaire répare un oubli injuste en retraçant ce destin exceptionnel. Et la métamorphose d'une profession.

  • Paul Ier

    Alain Blondy

    La tragédie d'un tsar fou.L'Histoire et les Russes se sont empressés d'oublier Paul Ier. Fils illégitime de la grande Catherine II, il fut pourtant tsar de Russie de 1796 jusqu'à sa mort, en 1801. Homme fantasque, marqué sa vie durant par les stigmates d'une enfance douloureuse, il n'accéda au pouvoir qu'au décès de sa mère, après avoir été tenu à l'écart de tout pendant quarante-deux ans.
    Prenant le contrepied du règne précédent, il réforma le pays et durcit la politique à l'égard de la noblesse. Ses mesures, nombreuses et vétilleuses, mécontentèrent à la fois la cour, l'armée et le peuple. À l'extérieur, il se brouilla avec ses alliés, notamment l'Angleterre, en raison de sa marotte qui lui fit se proclamer maître de Malte.
    Passé maître dans l'art de se faire des ennemis, Paul Ier fut sordidement assassiné par un groupe d'officiers de son entourage, dans la nuit du 21 mars 1801. Ce tsaricide, dû à la lassitude de la haute société russe, apparut aussi comme le résultat d'une sourde manoeuvre de l'Angleterre.
    Se fondant sur de multiples sources, Alain Blondy ressuscite le destin shakespearien de ce tsar mal aimé dont les actes traduisirent autant son désir névrotique de revanche que son génie à tisser sa propre apocalypse.

  • La biographie tout en nuances d'un politique " apolitique ".Premier ministre, plusieurs fois ministre, député, sénateur, emblématique maire de Conflans-Sainte-Honorine, Michel Rocard (1930-2016) compte parmi les personnalités les plus populaires et les plus notables de la Ve République. Marqué par sa formation à l'ENA, le protestantisme et le syndicalisme, il a toujours privilégié les dossiers, les réformes ambitieuses et les réalisations concrètes. Secrétaire national du Parti socialiste unifié de 1967 à 1973, avant de rejoindre le parti socialiste, il se passionne pour les débats d'idées et l'innovation sociale au contact d'une myriade d'intellectuels français et internationaux. La lutte interne qu'il amorce au sein du PS à partir des années 1970 contre son premier secrétaire, François Mitterrand, tourne progressivement en sa défaveur, contrariant le destin national auquel il semblait promis. Ainsi, il ne parviendra jamais à se faire élire président de la République. Dans le sillage de Pierre Mendès France, Rocard, en définitive, incarne le visage idéal de l'homme politique, mais pas sa réalité. Cette biographie, écrite à partir de sources inédites - en particulier ses carnets personnels -, et dans laquelle le plaisir de lecture le dispute à la rigueur de l'historien, retrace le parcours d'un homme qui, toute sa vie, délaissa les manoeuvres tactiques et d'appareil au profit d'une approche à la fois trop technique et cérébrale du politique.

  • L'histoire d'une légende vivanteRichard Coeur de Lion, né en 1153, fut le moins anglais des rois d'Angleterre, où il ne résida que six mois, régnant sur d'immenses territoires allant de l'Ecosse aux Pyrénées, et qu'il passa sa vie à défendre. Fils préféré de sa mère, Aliénor d'Aquitaine, il est le souverain le plus admiré et le plus redouté de son temps, incarnation des valeurs et des excès de la chevalerie médiévale. Eduqué au milieu des troubadours aquitains, il est capable de faire des vers, mais c'est à la guerre qu'il forge sa réputation. Guerre contre son père, Henri II Plantagenêt, contre son frère, Jean sans Terre, contre le roi de France, Philippe Auguste, contre les barons poitevins. Et surtout guerre sainte, contre Saladin, au cours de l'épopée de la troisième croisade (1190-1194), lors de laquelle il se révèle un stratège hors pair. Terreur des musulmans, dont il gagne le respect, il est trahi par les souverains chrétiens, qui jalousent ses exploits. Retenu prisonnier en Autriche, puis libéré contre rançon, il bat Philippe Auguste, édifie en deux ans Château-Gaillard (1196-1198), avant d'être tué au siège de Châlus, en Limousin, par un trait d'arbalète, en 1199.
    Inhumé à Fontevraud, cette figure de proue du Moyen Age reste dans la mémoire collective comme l'invincible paladin, dont Walter Scott fera un héros romantique, alors qu'il l'était si peu.

  • Louis XIV

    Petitfils J-C.

    Nouvelle édition de ce grand classique à l'occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV.Nouvelle édition de ce grand classique à l'occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV.
    Ce livre est autre chose qu'une biographie classique. C'est tout le règne qu'il embrasse dans une vision générale de la société du Grand Siècle, renouvelant le sujet, mettant à mal bien des clichés et des vieilles lunes grâce à une documentation considérable, dont de nombreuses études étrangères peu accessibles, grâce tout autant à une analyse remarquable, originale, juste, du pouvoir, de ses serviteurs, de ses moyens d'action et de propagande, de sa grandeur, mais aussi de ses limites et de ses contradictions. Alliant la recherche, la vie, l'intelligence de la réflexion, la clarté, la qualité de l'expression et du style, Jean-Christian Petitfils a écrit un riche et grand Louis XIV.

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