Histoire du monde

  • La vision aztèque du monde a favorisé le développement de techniques divinatoires censées conjurer un destin trop rigoureux, déterminé par le signe sous lequel chaque individu naissait. La tendance à interroger l'avenir persiste chez les Indiens du Mexique contemporain et témoigne de la permanence de ces conceptions. Confronter les témoignages des chroniqueurs et les observations des ethnologues est ainsi l'un des moyens de pénétrer la mentalité indigène : certains rites actuels éclairent en effet le symbolisme des manuscrits pictographiques précolombiens. Comme leur littérature en porte témoignage, les Aztèques ont développé un type de société en accord avec leurs conceptions religieuses et philosophiques, empreint d'un fatalisme et d'une peur eschatologique que seul le recours au sacrifice humain pouvait apaiser autrefois, et qui aujourd'hui semble trouver un écho dans la fête des morts.

  • La Chine fut à de multiples reprises dirigée par de grandes souveraines, aussi capables sinon davantage que leurs homologues masculins.
    L'une d'elles, la célèbre Wu Zetian, est même allée jusqu'à se proclamer empereur et à fonder sa propre dynastie, devenant ainsi l'égale des hommes, tâche ô combien difficile dans une société traditionnellement polygame, où les femmes étaient le plus souvent réduites au statut d'épouse ou de mère. L'Empire du Milieu a connu, lui aussi, son lot de Messaline, de Théodora et d'affaires de la tour de Nesle, et sa riche histoire a été marquée par nombre d'histoires d'amour et d'intrigues de palais, où se sont croisés épouses naïves, impératrices arrogantes, douairières toutes puissantes, eunuques maléfiques et empereurs dissolus.

    Keith McMahon, érudit sinologue, retrace ici l'histoire des impératrices, des concubines et des favorites qui se sont illustrées dans l'histoire de la Chine, et qui ont, pour certaines d'entre elles, inspiré pendant des siècles les poètes, les romanciers, les dramaturges et, plus récemment, les cinéastes.

  • Le 29 mai 1453, Constantinople, la capitale de l'Empire romain d'Orient, tombe sous la coupe des Ottomans. Le sultan Mehmed II décide d'en faire le nouveau centre politique du monde musulman. Istanbul voit rapidement affluer les richesses, se couvrir de monuments somptueux, et devenir l'une des principales places commerciales de la Méditerranée.

    L'histoire du commerce d'Istanbul se confond alors avec celle de ses marchés et bazars. Son célèbre Grand Bazar forme avec le temps un véritable labyrinthe où s'amoncellent les marchandises les plus diverses et les plus précieuses: soieries, draps, étoffes brodées, bijoux, orfèvrerie, armes. Les caravansérails et ruelles alentour sont affectés à la confection de babouches et bottines, de caftans et de pelisses d'autres, à la fabrication d'objets et mobiliers en cuivre ou en bois d'autres, enfin, à la vente d'essences parfumées, d'onguents, d'électuaires, d'épices et de café du Yémen. Les sultans eux-mêmes aiment s'y promener incognito s'informant des prix, mais aussi pour surprendre les propos du peuple.
    Le nombre croissant d'habitants de la capitale pose toujours davantage de problèmes d'acheminement, de stockage et de distribution des denrées alimentaires et des matières premières destinées à l'industrie et à l'artisanat local. Ce sont là les défis quotidiens auxquels le gouvernement ottoman doit faire face.

    Frédéric Hitzel, chargé de recherche au CNRS, spécialiste de l'histoire de l'Empire otoman, est l'auteur de divers ouvrages parmi lesquels Lempire ottoman, XVe-XVIIIe siècles.

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