La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • L'anthropologie, et notamment l'anthropologie africaniste, est comme toute science sociale le résultat d'un certain contexte historique, d'une certaine vision du monde, d'une pratique idéologique et institutionnelle originale. Pour comprendre les contradictions actuelles du métier d'anthropologue, il convient de faire l'histoire des fonctions passées et nouvelles de l'anthropologie. Cette histoire est d'abord par définition une analyse critique des contraintes directes ou indirectes de la situation coloniale ou impériale. Cette histoire critique comprend tout naturellement une évaluation des critiques politiques et idéologiques de plus en plus violentes dont l'anthropologie est l'objet. Les textes rassemblés dans ce recueil portent plus sur la méthode d'enquête, le contexte idéologique et institutionnel que sur l'élaboration théorique. Ce choix est volontaire, puisqu'il désigne les lacunes concrètes des démarches qui tendent à faire apparaître la crise actuelle comme une simple confrontation d'idées.

  • La façon dont les secrets chahutent les règles de la communication, dans les sociétés traditionnelles africaines, permet d'avancer que l'oralité - qui les caractérise en partie - n'est pas forcément source et garantie d'égalité. Tout comme l'écriture, la parole se prête à des accumulations, à des confiscations, à des dissimulations et à des suspensions. Elle rentre dans des stratégies de domination et des exercices de pouvoir. Elle se distribue hiérarchiquement en raison inverse de son utilisation : c'est dire, en somme, que tout gain de pouvoir se traduit par un gain de silence, par la mise en oeuvre de mécanismes de pondération, de temporisation et de rétention de la parole et des discours. La réalité sociale et culturelle des sociétés lignagères n'a pas cette transparence que lui confèrent les discours ou les théories locales, qui paraissent fonctionner sur le mode du singulier-pluriel : on parle de quelques-uns pour tous, on parle à ceux dont on ne parle pas ; ou, selon une loi du silence : discours qui ne disent ce qu'ils disent que d'une manière tendant à prouver qu'ils ne le disent pas. Que ces discours occultent ou masquent les contradictions, les rapports de force et de domination, cela ne fait aucun doute, mais ils en sont également, par ce qu'ils taisent et du fait même qu'ils le taisent, la description. En s'interrogeant sur le statut de la parole, sur les conditions sociales de production et de reproduction des discours, sur les modes de légitimation et de transmission des savoirs - cela à partir d'études de cas qui enrayent les processus de communication sociale (secrets cynégétiques, secrets initiatiques, prestations de serment) - cet ouvrage se propose de jeter les bases d'une sociologie du non-dit, ou plutôt du non-dire, et de dégager les principes d'articulation entre structures de codification, de communication et de subordination.

  • Comment transformer l'histoire en présent ? Pourquoi, à l'intérieur d'un petit royaume du nord-ouest de Madagascar, les morts ne cessent de parler ? Des morts ou plutôt ces étonnantes personnalités, les possédés royaux, qui représentent tous les rois morts depuis la fondation des dynasties sakalava. C'est la place prise par leurs paroles que l'auteur cherche à restituer ici : comment peuvent-ils être à la fois contemporains et passés, vivants et morts ? Interrogation qui pourrait être étendue à l'ensemble des faits malgaches les plus actuels. Cet ouvrage tente ainsi de répondre à deux questions. Comment la hiérarchie sociale déterminée par l'ordre monarchique se conserve-t-elle ? Comment est-elle liée à un appareil et à une hiérarchie politique ? Il tente aussi de montrer qu'il est impossible d'isoler une sorte de niveau premier, « objectif », du système socio-culturel étudié - par exemple « la parenté », « l'économie » - qui fonderait et déterminerait le reste de l'intérieur de la boîte de Pandore. Si les Sakalava sont hiérarchisés, c'est du fait de leurs propres conceptions du statut, conceptions qui reposent à leur tour sur une sorte de contrat premier assurant la légitimité monarchique. Entre l'ordre politique et l'ordre social, c'est une cohérence d'ordre intellectuel, pensée, qui est en jeu.

  • Domaine longtemps négligé par l'ethnologie traditionnelle, l'organisation économique des sociétés dites « primitives » n'est devenue que récemment objet d'investigation théorique systématique. Contre une idée trop répandue - des manuels de philo aux traités d'économie - associant société « primitive » et mode ; de production « élémentaire », les recherches menées sous l'enseigne de l'anthropologie économique, malgré la diversité des approches théoriques, établissent de façon convergente la diversité et la cohérence interne des systèmes économiques hors des sociétés industrielles et occidentales. On a voulu dans ce dossier introduire à ces recherches. D'abord par un repérage des différentes écoles : en pays anglo-saxons, application de la « science » économique ; en France, développement du marxisme en anthropologie. Ensuite, à partir de ce courant français d'inspiration marxiste, par une analyse des objets étudiés et, surtout, des lieux de discussion contradictoires : la construction des modes de production et de circulation dans les sociétés non capitalistes débouche moins sur un corps de doctrine concernant les peuples « exotiques » que sur des interrogations qui intéressent toute la science sociale.

  • Des carcasses de bétail mort, des corps humains faméliques, telle est l'image de la sécheresse sahélienne que l'on diffuse dans l'opinion publique. Et pourtant les sociétés locales - qu'elles soient nomades ou sédentaires - connaissaient déjà la sécheresse et la famine. Elles savaient même y riposter ou s'y adapter mais les moyens techniques et sociaux dont elles disposaient pour ce faire ont disparu ou sont devenus inopérants. La mise en dépendance politique coloniale et l'exploitation économique capitaliste ont suscité des transformations destructrices et irréversibles. Un panorama de l'ensemble des facteurs en jeu, de l'état présent de la situation sociale et politique et des projets d'aide (volume 1) introduit des études de cas où l'on peut saisir de façon précise et concrète la nature des mécanismes de réponse à la crise et les déséquilibres produits par « le développement économique » (volume 2). Une bibliographie sélective clôture ce dossier qui invite à la critique des images et idéologies dominantes fondées sur le rôle de la « fatalité naturelle » ou « humaine ».

  • Domaine longtemps négligé par l'ethnologie traditionnelle, l'organisation économique des sociétés dites « primitives » n'est devenue que récemment objet d'investigation théorique systématique. Contre une idée trop répandue - des manuels de philo aux traités d'économie - associant société « primitive » et mode ; de production « élémentaire », les recherches menées sous l'enseigne de l'anthropologie économique, malgré la diversité des approches théoriques, établissent de façon convergente la diversité et la cohérence interne des systèmes économiques hors des sociétés industrielles et occidentales. On a voulu dans ce dossier introduire à ces recherches. D'abord par un repérage des différentes écoles : en pays anglo-saxons, application de la « science » économique ; en France, développement du marxisme en anthropologie. Ensuite, à partir de ce courant français d'inspiration marxiste, par une analyse des objets étudiés et, surtout, des lieux de discussion contradictoires : la construction des modes de production et de circulation dans les sociétés non capitalistes débouche moins sur un corps de doctrine concernant les peuples « exotiques » que sur des interrogations qui intéressent toute la science sociale.

  • Des carcasses de bétail mort, des corps humains faméliques, telle est l'image de la sécheresse sahélienne que l'on diffuse dans l'opinion publique. Et pourtant les sociétés locales - qu'elles soient nomades ou sédentaires - connaissaient déjà la sécheresse et la famine. Elles savaient même y riposter ou s'y adapter mais les moyens techniques et sociaux dont elles disposaient pour ce faire ont disparu ou sont devenus inopérants. La mise en dépendance politique coloniale et l'exploitation économique capitaliste ont suscité des transformations destructrices et irréversibles. Un panorama de l'ensemble des facteurs en jeu, de l'état présent de la situation sociale et politique et des projets d'aide (volume 1) introduit des études de cas où l'on peut saisir de façon précise et concrète la nature des mécanismes de réponse à la crise et les déséquilibres produits par « le développement économique » (volume 2). Une bibliographie sélective clôture ce dossier qui invite à la critique des images et idéologies dominantes fondées sur le rôle de la « fatalité naturelle » ou « humaine ».

  • Des carcasses de bétail mort, des corps humains faméliques, telle est l'image de la sécheresse sahélienne que l'on diffuse dans l'opinion publique. Et pourtant les sociétés locales - qu'elles soient nomades ou sédentaires - connaissaient déjà la sécheresse et la famine. Elles savaient même y riposter ou s'y adapter mais les moyens techniques et sociaux dont elles disposaient pour ce faire ont disparu ou sont devenus inopérants. La mise en dépendance politique coloniale et l'exploitation économique capitaliste ont suscité des transformations destructrices et irréversibles. Un panorama de l'ensemble des facteurs en jeu, de l'état présent de la situation sociale et politique et des projets d'aide (volume 1) introduit des études de cas où l'on peut saisir de façon précise et concrète la nature des mécanismes de réponse à la crise et les déséquilibres produits par « le développement économique » (volume 2). Une bibliographie sélective clôture ce dossier qui invite à la critique des images et idéologies dominantes fondées sur le rôle de la « fatalité naturelle » ou « humaine ».

  • Des carcasses de bétail mort, des corps humains faméliques, telle est l'image de la sécheresse sahélienne que l'on diffuse dans l'opinion publique. Et pourtant les sociétés locales - qu'elles soient nomades ou sédentaires - connaissaient déjà la sécheresse et la famine. Elles savaient même y riposter ou s'y adapter mais les moyens techniques et sociaux dont elles disposaient pour ce faire ont disparu ou sont devenus inopérants. La mise en dépendance politique coloniale et l'exploitation économique capitaliste ont suscité des transformations destructrices et irréversibles. Un panorama de l'ensemble des facteurs en jeu, de l'état présent de la situation sociale et politique et des projets d'aide (volume 1) introduit des études de cas où l'on peut saisir de façon précise et concrète la nature des mécanismes de réponse à la crise et les déséquilibres produits par « le développement économique » (volume 2). Une bibliographie sélective clôture ce dossier qui invite à la critique des images et idéologies dominantes fondées sur le rôle de la « fatalité naturelle » ou « humaine ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • C'est à partir de 1965 que l'Afrique de l'Ouest commence à être prise en considération par les capitaux liés au tourisme international et à faire partie des zones géographiques dites de « plaisir périphérique », toutes situées dans les régions sous-développées. Ce dossier s'est voulu soucieux d'éviter le manichéisme habituel qui prête au tourisme soit les vertus d'une panacée, soit les tares d'une nouvelle traite : l'analyse de son développement en Afrique de l'Ouest permet de présenter aujourd'hui les premiers éléments d'un bilan qui reste encore à faire. Les principales caractéristiques de cette activité (produit, clientèle, flux), les effets qu'elle entraîne tant sur le développement économique que sur l'environnement physique et humain, ses multiples pièges font l'objet d'une première partie. Une lecture critique des catalogues des agences de voyage et des guides touristiques est ensuite proposée, dans le but de donner une idée des images stéréotypées de l'Afrique qui sont offertes aux touristes et qui orientent généralement les entreprises des organisateurs de voyages. Les choix que peuvent faire les Etats africains pour optimiser les avantages et minimiser les inconvénients du développement touristique resteront sans effet tant que les promoteurs du tourisme et les compagnies aériennes imposeront leurs conditions. Il en est du tourisme comme des autres industries : tant qu'il se situera dans un cadre néo-colonial, son développement ne pourra être bénéfique.

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