Ibis Rouge Editions

  • Dans un jeu de questions-réponses, Alexis Tiouka raconte les luttes qui animent les peuples amérindiens de Guyane depuis les années 1980, et dont il a été lui-même acteur.
    Il retrace le parcours de la première génération de leaders du mouvement autochtone guyanais, passée par les « homes indiens » et l'école française. Du grand rassemblement des Amérindiens de Guyane en 1984 aux revendications pour la terre et aux négociations internationales : quatre décennies de luttes ont façonné le mouvement autochtone guyanais.
    Pourtant, 10 ans après l'adoption par les Nations Unis de la Déclaration des droits des peuples autochtones, la France a toujours tendance à oublier qu'en faisant des Amérindiens des citoyens français, elle inscrivait de fait la question de la diversité au sein de la République.

  • Severo Blanco est un négrier rusé et ambitieux, prêt à tout faire pour s'enrichir. Son bateau échoue un jour sur les côtes africaines et il parvient à capturer les meilleurs hommes afin de les réduire en esclavage. Même le puissant magicien Taïta Osongo se retrouve enchaîné sur le chemin des plantations caribéennes... Mais la richesse et la puissance ne préservent pas Severo Blanco du malheur. Sa propre fille sera la première à oser le défier, et un ennemi oublié réussira à lui rendre coup par coup toute sa méchanceté.


    Un conte nouveau où l'auteur cubain réveille plusieurs traditions pour aborder les grandes questions humaines de la lutte contre l'oppression des plus faibles.

  • ?Laurence, jeune femme active, quitte le foyer familial pour s'installer dans son propre appartement. Au cours d'une soirée chic, elle fait la connaissance de Mike, jeune responsable commercial au charme dévastateur, qui la séduit immédiatement grâce à sa joie de vivre et sa galanterie. Elle partage avec insouciance sa vie de fêtes et de prestige. Mais, jour après jour, le portrait de Prince Charmant moderne de Mike s'écaille laissant deviner un être manipulateur, spectre d'une vie pleine de paillettes, qu'elle n'aurait jamais imaginé. Aveuglée par son amour pour lui, elle le laisse l'entraîner sur la pente d'une dangereuse addiction à la cocaïne. C'est alors pour cette jeune femme, une inexorable descente aux enfers. Quand les voies de l'amour et de l'ambition vous mènent sur les ­chemins de la dépendance, être fort c'est parfois savoir demander de l'aide...

  • Ce dictionnaire répond à une préoccupation de trente cinq ans, lorsqu'il est apparu à l'auteur la possibilité et la nécessité d'écrire le parler guyanais. A cette époque il fallait faire fi des tabous nés de l'omniprésence de la langue française et accepter une originalité qui n'en découlait pas directement. Le pas a été franchi, puis le sillon suivi. Aussi, cette humble contribution s'adresse à tous ceux qui, créolophone ou créolistes recherchent les bases écrites du créole guyanais...

    Plus de 5000 mots et expressions courantes.

  • L'histoire littéraire de la Guyane, longtemps méconnue, fournit une abondante matière à des analyses théoriques rigoureuses, des rapports entre littérature, société et culture. Depuis les pétroglyphes, jusqu'aux auteurs du début du xxie siècle, c'est à un véritable voyage à l'intérieur de la Guyane littéraire auquel l'auteur convie le lecteur. Celui-ci retrouvera des noms célèbres, comme René Maran, Léon-Gontran Damas, Félix Eboué, ainsi que d'autres, moins connus, qui méritent d'être découverts.

  • Les bambous

    Francois Marbot

    Fables de La Fontaine, travesties en patois créole par un vieux commandeur.



    Dépi nanni-nannan, ni moun ka matjé fab an kréyol ek nou pé di ki sé kanman litérè a ki trapé plis siksé jik jòdi-jou. Sé pa koté Moris ek La Rénion, épi dé matjè blan kréyol kon F. Chrestien (1820) ek L. Héry (1828), ki lanmod-tala tijé. Atè sé péyi kréyolopal l'Anmérik la, sé an Bétjé matinitjé, François Marbot, ki batjé adan sa primié douvan épi an liv yo ka kriyé « Les Bambous. Fables de La Fontaine travesties en patois créole par un vieux commandeur ». Apré'y, nou ka jwenn Gwadloupéyen kontel P. Baudot (1860), Guiyanè kontel A. de Saint-Quentin (1874) oben Ayisien kontel G. Sylvain (1905). Pannan tout xxè siek-la, moun kontinié matjé bon enpé fab atravè bannzil kréyol la.br> Sé an lanné 1846, kivédi anni dé lanné avan labolision ladjoukann, François Marbot, ki té an fonksionnè Lamarin (é pa an plantè kann), pibliyé liv-li a. Tit liv-la za ka montré nou ki chimen i té lé pwan ek, lè nou ka fè tan jété an zié anlè moral sé fab-la, nou ka konpwann lamenm : Marbot té ka défann kou koupé lod djoukanniè a. Men abo larel-lidé'y té kon sa, nou pé di ki i mété an brik adan konstriksion gran masonn litérati kréyolopal la. I pèmet lang-lan sòti adan pawol palé pou batjé adan pawol matjé ek, abo i pa té ka rikonnet kréyol kon an vré lang men kon an « patwa », liv-li a ba lang-lan an fos, an balan i pa té janmen ni avan.br> Nou pé pa di Les Bambous sé an metpies-liv kon Fab Konpè Zikak éti Gilbert Gratiant, an Milat matinitjé, mété déwò nan lanné 1958, kivédi pres yon siek pli ta, men liv Marbot a ka chayé anlo endik ba nou asou léta lang kréyol-la nan mitan xixè siek-la ek sa krey-sosial bétjé a té ni nan lespri'y an lépok-tala. Sé pou sa yo viré édité'y senk fwa ek adan dènié édision-tala, nou ka ba zot teks-la adan dé model lékriti diféran : ta Marbot a ek nouvo grafi gerec-f la. Nou fè an tradiksion nef tou davwè ta Michel Thaly a, adan édision 1976, la té ni anlo lérè ki grav andidan'y.br> L'auteur François Marbot, ki fet lè 29 mé 1817 atè Foyal (ansien non Fodfwans), té yich an Bétjé-Fwans ki té enstalé kò'y Matinik nan koumansman xixèsiek-la. An lanné 1829, Marbot ka antré adan ladministrasion Lamarin kon papa'y menm ek i ka sèvi Matinik, Gwadloup ek Guiyàn pannan pliziè lanné. An 1863, i ka trapé an pos ki pòtalan toubannman : owdonatè La Rénion ki sé pres an pos gouvènè. Men lanmò ka baré'y twa lanné apré, lè 31 oktob 1866 La Rénion éti i téré. Sé lè i té Matinik, an 1846, kivédi dé lanné avan labolision ladjoukann, i pibliyé sel liv-li, Les Bambous. Fables de La Fontaine travesties en patois créole par un vieux commandeur, ki trapé anpil siksé ek ki yo ka viré édité jik jòdi-jou.

  • Vous souhaitez savoir comment j'ai su cette histoire ?

    Un soir, en Haïti, j'étais assise au pied d'un avocatier et j'ai entendu toquer. J'ai levé la tête et j'ai vu un oiseau charpentier qui tapait le tronc de l'arbre avec son bec, je l'ai interrogé et voilà ce qu'il m'a raconté...

    Collages de Catherine Bayle, texte de Mimi Barthélemy

  • Fruit d'une quinzaine d'années de recherches sur l'histoire du catholicisme aux Antilles et en Guyane, ce petit essai de synthèse vise à mettre à la portée de tous les acquis des travaux scientifiques récents.

    Il est ordonné autour de trois grands thèmes : l'attitude de clergé à l'égard de l'esclavage, la diffusion de modèles élaborés en Europe, et enfin le catholicisme vécu. Si certaines parties mettent en perspective des travaux déjà publiés, mais jamais réunis, d'autres sections sont entièrement originales et fondées sur des documents anciens. L'ouvrage propose pour finir quelques pistes pour l'avenir, un choix de textes, ainsi qu'une bibliographie étendue sur le thème.

  • ?Un homme au destin exceptionnel, tel fut Gaston Monnerville, par sa spectaculaire ascension sociale, par l´exemple d´intégration républicaine qu´il représente, par le modèle de vie qu´il nous offre. Descendant d´esclaves des Antilles, petit boursier de Cayenne, Monnerville devint un avocat à l´éloquence éclatante, défenseur des victimes du racisme, radical-socialiste épris des valeurs de liberté, d´égalité et de fraternité.?Député de la Guyane puis secrétaire d´État aux Colonies avant la Deuxième Guerre mondiale, il s´implanta ensuite dans le Lot et, pendant près de vingt-deux ans, présida le Conseil de la République, puis le Sénat.
    En octobre 1962, Gaston Monnerville s´insurgea contre la décision du général de Gaulle de soumettre à référendum un projet de loi instituant l´élection du président de la République au suffrage universel, jugeant la procédure contraire à la constitution.?C´est la raison pour laquelle il taxa de « forfaiture » - le mot fit mouche - le Premier ministre Georges Pompidou. De Gaulle ne lui pardonnera pas cet affront, et durant plus de six années, Monnerville dut effectuer sa « traversée du désert ». L´avenir et sa « justice immanente » devaient finalement lui donner raison. Professeur émérite d´histoire contemporaine, Jean-Paul Brunet retrace l´itinéraire exemplaire de cet homme d´État dont la vie fut consacrée à la défense du droit et qui apparaît comme une conscience de la République.

  • ?Comment une portion de l'Amazonie est-elle devenue française ? Comment l'arrière-pays de la Guyane, historiquement constitué en résistance à l'intrusion de la colonisation, fut-il intégré à un ­espace national ? Quel rôle jouèrent les tribus ­d'Indiens, de descendants d'esclaves marrons ou encore les orpailleurs et évadés du Bagne qui peuplaient ces confins ? L'histoire de l'Inini, colonie d'administration directe créée en 1930, maintenue en dérogation au principe d'assimilation et normalisée en 1969 seulement, explicite les étapes d'une expansion étatique menée par la France dans l'hinterland de la Guyane. Après une synthèse de la genèse autochtone de l'Inini, cet ouvrage décrit son système politique qui suscita l'opposition vive des élus locaux. Le projet initial, conçu sur le modèle des colonies africaines, fut infléchi par le Front populaire, par l'agitation anticolonialiste des déportés indochinois chargés des grands travaux et par la rencontre avec les populations sylvicoles. Après-guerre, les mesures de développement social et de protection des populations tribales renforcèrent la vison d'un sanctuaire dont le parc amazonien serait une ultime expression. Enfin, l'Inini renouvela la situation de contact colonial sur cette marge amazonienne avec la rencontre entre les fonctionnaires de terrain - administrateurs coloniaux, médecins militaires, gendarmes - et les populations de l'arrière-pays - tribus de frontières, migrants travaillant l'or et aventuriers de la jungle -, contact décrit ici avec précision et pittoresque. L'Inini offre une nouvelle lecture du processus historique de la région de la Guyane, à la fois connecté à l'échelle impériale et pleinement inséré dans son histoire continentale sud-américaine.

  • Nicolas l'écrivain vit à l'écart du monde dans une vieille demeure. Il passe des heures et des heures à essayer d'écrire des contes sans jamais y arriver. Ses seules compagnes, Sissi la feuille blanche, Bernarda, la vieille machine à écrire et Calliope l'araignée. Un jour un miracle se produisit, l'écrivain se mit à écrire et peu à peu découvrit la joie de vivre. C'est ce moment que choisit Nicolas l'enfant pour surgir dans l'univers de l'écrivain et y mettre sa fantaisie.

  • Prix Carbet des lycéens 2006 Thibault vient d'être reçu à un concours de la fonction publique, il choisit la rue Oudinot comme affectation. Il accompagne cette nouvelle, qu'il annonce à son père, libraire du 15e arrondissement de Paris, des résultats d'une analyse qui prouve sa filiation. Pourquoi une telle démarche?



    Ce roman, dont le récit se construit sur trois siècles nous entraîne dans les méandres de la génétique et d'une histoire délibérément dissimulée.

  • Après le succès de Pa ban gaz, une étude sur le créole des jeunes, Marie-Rose Lafleur nous revient avec une étude de l'image des femmes dans la littérature orale et la culture populaire.

    Pour ce faire, elle est partie du lexique des devinettes, des proverbes, des contes, des chansons folkloriques et des croyances. De son analyse socio-anthropologique sur le statut de la femme aux Antilles françaises, elle dégage deux images de la femme, la femme mère, pilier de la famille, qui atteint dans la culture populaire la « consécration », c'est Marie qui s'oppose à Eve, « fanm, sé kabann a sèpan ». Dans cette deuxième représentation, la femme est perçue comme dangereuse et est affublée de stéréotypes négatifs et le plus souvent dévalorisée.

    Illustrations de la couverture et de l'intérieur: Christophe Lefaivre.

  • Tout semble avoir été écrit sur la Guyane, cette terre équinoxiale marquée par le brassage progressif de races originaires des continents américain, africain, asiatique et européen.

    Et pourtant, après une littérature pour l'essentiel consacrée à l'histoire coloniale, aux échecs successifs de la politique de peuplement, aux luttes héroïques et victorieuses pour le respect de la dignité des hommes par suppression d'abord de l'esclavage puis du bagne, aux richesses forestières et minéralogiques inexploitées ou mal valorisées - éternelles promesses faites de fleurs jamais écloses -, l'ouvrage de Georges Othily, J'assume tout !, vient à son heure.

    Avec lucidité et dans un style alerte où la richesse du vocabulaire ajoute à l'éloquence de la phrase, l'auteur expose les problèmes qui se posent à l'aube du xxie siècle pour assurer à ce département continental d'outre-mer un développement économique réel qui s'inscrive dans la durée et soit l'oeuvre de tous les Guyanais.

    Cet ouvrage va incontestablement contribuer à la connaissance de l'histoire économique de la Guyane. Aussi, c'est très justement que l'auteur peut écrire : « Ce que j'ai fait, je devais le faire ».

    Extrait de la préface de Bernard Courtois Ancien préfet de Guyane (1984 - 1986)

  • PRIX LITTERAIRE DE LA VILLE DE COLMAR 2010 Brave homme ou chevalier des causes perdues, sûr de ses compétences, de sa maîtrise de l´art des tragédies, Adnan avait l´espoir déraisonnable de libérer son peuple du fléau de l´esclavage. Il était de ces hommes qui pansent seuls leurs plaies. L´insoumission, l´honnêteté assassine, la fuite dans sa force imaginaire forgèrent son caractère et le guidèrent vers son destin. De gré ou de force, devenu Anselme après sa vie lointaine lourde de sang et de souffrances, il voulut conserver son honneur et sa dignité. Alors qu´une vie nouvelle qu´il n´avait osé espérer dans cet étrange monde où il vécu s´offrit à lui, il continua à porter sa cargaison d´iniquité. Lémy Lémane Coco narre la chronique douce-amère de son ancêtre pirate. Sa pesante ascension à bout de sabre s´en fut dans un ciel pâle. Malgré le poids de son âme et de son dénuement, il avait cette force inextricable qui le poussait à vivre. L´Histoire qui nous vient, fait de nos vertus le support d´une curiosité que notre destin doit commettre.

  • Entre guerre et dominations religieuses, faiblesses humaines et militaires, l´implantation du catholicisme est improbable aux premiers temps de la colonisation en Guyane.

    Quand l´identité du royaume de France - et donc du catholicisme - est considérée comme acquise, les jésuites doivent s´atteler non pas à une mission en Guyane, mais à un triple apostolat : d´abord auprès des colons venus de France et d´Europe dont il est difficile de conserver une conduite chrétienne, auprès des Amérindiens si déroutants par leurs croyances et leur mode de pensée au point de déstabiliser, parfois, les méthodes jésuites, et enfin auprès des esclaves qui soulèvent peu d´enthousiasme évangélique.

    Les Compagnons de Jésus mènent une colonisation temporelle par les habitations qu´ils possèdent, par le collège dans lequel ils enseignent, par le palais dans lequel ils brillent ; mais le centre de leur mission apostolique est avant tout une colonisation spirituelle. Riches de leurs expériences mondiales, ils s´adaptent, affinent leur méthode de quadrillage spirituel du territoire, allant à l´ouest avec Kourou et Sinnamary, à l´est sur l´Oyapock.

    Cet élan missionnaire devra brusquement s´interrompre, pour ouvrir la voie à d´autres destinées religieuses.

  • - Treize oeufs ! Treize poussins ! Treize catastrophes !

    C'est ainsi que les animaux de la ferme accueillirent Hum-Hum et ses frères. Mais treize est-ce toujours un porte-malheur ?

  • ?Toutes les musiques créoles sont filles de l´Histoire, de notre histoire, celle des enfants de l´esclavage sur le sol américain. Comme les langues créoles, les musiques et danses traditionnelles sont au carrefour des cultures africaines et occidentales. Elles sont, comme nous, un produit de l´Histoire et véhiculent des symboles, des codes sociaux qui échappent certainement aux non-initiés et qui échapperont peut-être aux enfants de demain.


    Ce livre a pour vocation de sauvegarder et de faire découvrir un aspect essentiel de la culture créole : les rythmes et musiques au tambour (comme le kasékò, le léròl, le grajé ou encore le labasyou), les chansons traditionnelles les plus connues ainsi que les danses et costumes créoles.


    /> Ce livre s´adresse à tous ceux qui désirent découvrir l´âme de la culture antillo-guyanaise, à ceux qui souhaitent préserver les traditions de leurs aïeux, et à ceux qui veulent enseigner les musiques et danses créoles au tambour.

  • Plusieurs fois par an, je me rends à Anduze pour rendre visite à Joseph Zobel et rester quelques jours avec lui. Il y a un mois, cependant, je ne m´attendais pas à le retrouver à l´hôpital d´Alès. Mon épouse et moi lui avons pris les mains, comme pour accompagner sa fuite vers les îles. Il ne nous a reconnu qu´à notre départ. Trois jours plus tard, Joseph va mieux. Il nous reconnaît, fait le joli coeur auprès de Christine :

    - Que vais-je offrir à cette dame ?

    Il lui prend la main, joue avec le cabochon qu´elle porte au doigt.

    - Mais je lui ai déjà offerte cette bague.
    Plus tard, l´infirmière lui apporte deux yaourts qu´il refuse sans ménagement.
    - Ah, ma chère, dit-il doctement à Christine, le boudin antillais, c´est quand même autre chose !
    Au moment où, rassurés, nous prenons congé de lui, nous n´avons pas fait dix mètres dans le hall que je l´entends crier, avec toute sa vigueur d´autrefois.
    - José !
    - Viens-là, me dit-il en faisant signe de l´approcher. Tu te rappelles ce jour où nous avons fait la sieste ensemble dans ma chambre de la maison de retraite.
    - Oui !
    - Et bien je vais te dire quelque chose.
    - Quoi ?
    - La prochaine fois, on fera un repas tout simple, mais ni toi ni moi ne sommes capables de le faire. Francis peut-être en approcherait : mais ce ne sera pas ça ...
    - Quoi ?
    - Le boudin créole.

    Le soir même, j´ai commencé à écrire ce livre...

    José Le Moigne, Lodève, 5 mai 2006

  • « Aujourd´hui à l´heure où d´autres naissent, Monsieur Sainte-Rose est mort paisiblement allongé dans son hamac. » Dans le village, la nouvelle se propage grâce à devant-le-chinois. Devant-le-chinois, c´est quelques mètres carré de bitume fatigué et quelques bornes contre lesquelles s´appuyer délimités par un vague muret. L´entrée du seul magasin du village, c´est surtout le théâtre où viennent se rencontrer tous les visages, toutes les histoires et toutes les langues de ce petit recoin d´Amazonie. Il y a Monsieur Sainte-Rose le vieil Haïtien, Lacolle, bagarreur impénitent et amoureux de littérature, Alinata le Malien aux chaussures impeccablement cirées, Kouka l´orphelin, Apunto le Saramaca mystérieux, et bien d´autres encore.

    Dans ce roman d´une remarquable finesse, l´auteur s´attache à l´existence des « sans-trace » dont il effleure l´humanité terrée au fond de chacun d´entre eux. Devant-le-chinois se côtoie tout un monde, souvent rugueux, parfois violent, mais toujours riche du besoin de partager un verre ou une histoire, aux sons mêlés de la brega, du reggae et du kasékò.

  • L´art rupestre est un phénomène universel que l´on retrouve sur les cinq continents. Il témoigne de la pensée de l´homme, de ses rites, de ses mythes et de sa vie quotidienne. Les travaux réalisés par Marlène Mazière ont pu mettre en évidence la richesse de ces témoignages laissés par les amérindiens présents sur le territoire de la Guyane. Cet ouvrage, illustré de nombreuses photographies, relevés et croquis, offre à notre connaissance 15 sites de roches gravées, 1 site à peinture rupestre et deux sites d´assemblages et alignements de pierres actuellement répertoriés et nous laisse entrevoir le potentiel certainement important encore conservé au sein de l´immense sylve amazonienne. Les résultats de ce travail présentent un inventaire des sites et des unités gravées ou peintes, l´étude des techniques et des styles, des essais d´interprétation mais aussi, ponctuellement, l´étude des phénomènes qui participent aux processus de dégradation de l´art rupestre de plein air et son extrême fragilité.

    L´analyse des différentes techniques utilisées fait apparaître une grande diversité dans l´expression figurative et une réelle maîtrise dans l´art de s´exprimer par la représentation graphique.

    Les essais d´interprétation présentés par l´auteur, avec beaucoup de prudence, créent un lien avec le chamanisme, système de croyances à composantes multiples, très présent dans les modes de vie et de pensée des peuples amérindiens. Les rites, les mythes et les coutumes guident nos interrogations vers la recherche d´un « sens ».

  • Dans ce premier roman, Rachelle Nagau fixe en certitude sa fervente communion de pensée et d´espérance avec l´histoire, la réalité et la fiction. Son souffle long l´entraîne dans un univers baigné par une source dans laquelle elle abreuve sa culture et noie la fièvre, les joies et l´angoisse de ses personnages. Les contours des intrigues se dessinent comme une toile de Picasso aux multiples visages.

    Le principal est celui d´Ydak : jeune et belle fille d´origine caraïbe, qui s´attache par inclination rémanente à Yuruku un prisonnier arawak.

    [...] Rachelle Nagau jette un regard poétique sur les ancêtres, les forêts, la mer, le sable, les croyances, et même sur la mort : approche magnifiée d´un au-delà qui unit les âmes et confère à l´amour noblesse et somptuosité.

    Extrait de la préface d´Arsène Monrose

  • « Guyane, pour tout dire », vaticinait le poète Serge Patient. Car, comment dire ? Et quoi dire ? Tâche difficile voire impossible, mais entreprise salutaire. Aussi bien, à son exemple, faut-il que tour à tour chacun ait à coeur de s´interroger, au lieu de l´origine, au premier commencement de l´inquiétude identitaire collective. Qui et quels sommes-nous ? Qu´est ce pays devenu ? Quelle en est la raison d´être, le centre de gravité ? A cette question entêtante, aujourd´hui comme naguère constamment recommencée, s´il est une réponse peu ou prou éclairante, d´utiles éléments en sont d´ores et déjà, là, réunis. Ce pour quoi il est de bonne méthode de relire Michel Lohier. Toute modeste soit-elle, son oeuvre est un viatique au sens propre du mot. Pour remonter à la source du fleuve, à travers les forêts amazoniennes, il est un guide discret mais des plus fiables.

    Extrait de la préface du professeur Roger Toumson

  • A travers ce premier roman philosophique, Joëlle Verdol nous propose sous forme d´histoires à tiroirs l´initiation d´une fillette de 10 ans à sa vocation de fileuse de mots. Dans la tradition orale des contes Antillais, la narratrice est bercée d´histoires « qui font un tout petit peu peur » dont la symbolique pourrait parfois échapper à l´enfant qu´elle était mais non à l´adulte qu´elle est devenue.

    Le plus souvent, les histoires que nous racontait tante Zazou quand nous étions petites, mes trois soeurs et moi, faisaient un tout petit peu peur. A la réflexion et à plus d´un titre, elles peuvent aussi bien intéresser nos enfants que les adultes que nous sommes devenus.

    Quand je croyais découvrir le monde et par de multiples facéties expérimenter ma jeune vie, elles me rappelaient que toutes les grandes personnes ont été enfants même si elles l´ont, hélas, trop vite oublié. Il devenait important alors pour moi de grandir tout en conservant mon âme d´enfant. Je résolus de raconter mon enfance à mes enfants, de leur raconter des histoires de mon enfance, de leur transmettre celles que tante Zazou me racontait de son enfance et qui en me les racontant avait nourri la mienne. C´est ainsi qu´à la suite de tante Zazou, je rentrai dans le cercle si précieux des conteuses d´histoire.

    Par la Porte des Emotions, d´une main sûre, Jo nous ouvre au sens profond de la vision Antillaise du monde...

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