Histoire

  • Ce fut une formidable bataille et une terrible défaite. Après de longues semaines de siège et de famine, Alésia finit par tomber : les armées gauloises cèdent aux légions romaines et leur chef, Vercingétorix, se livre à César. C'est là, sur le mont Auxois, que s'achève l'indépendance gauloise. Et pourtant, l'événement n'aura cessé de résonner dans notre mémoire ; pendant des siècles on le célébrait comme l'origine d'une civilisation gallo-romaine enfin pacifiée.
    Ce livre propose de la retrouver pour en interroger à nouveau le sens et la portée. La déroute des Gaulois n'avait rien de prévisible ; Vercingétorix disposait de redoutables moyens militaires ; il commandait des forces considérables venues de toutes les contrées de la Gaule : sa stratégie ingénieuse aurait pu permettre d'emporter la victoire. Seulement, ses pouvoirs politiques étaient limités et ses troupes trop désorganisées, et mal entraînées, pour mettre en oeuvre son plan : surtout, l'immense 'armée de secours' qu'il avait réunie à Alésia disparut corps et biens à l'heure décisive de la bataille : le génie diplomatique de Jules César y était pour beaucoup.
    Si ce moment demeure une journée qui aura fait la France, écrit Jean-Louis Brunaux, c'est moins à Alésia même qu'il faut en chercher la raison que, bien en amont, dans l'histoire longue de la Gaule, de sa civilisation, de ses institutions, de ses moeurs politiques : elles seules peuvent faire comprendre comment tout un élan 'national' a pu assembler la plupart des peuples de l'ancienne Gaule pour affronter les Romains. Alésia est ce miroir qui laisse entrevoir l'unité longtemps méconnue des nations gauloises.

  • Cette journée fut la seule dont la maîtrise aura échappé au Grand Roi, lui qui se voulait l'ordonnateur tout-puissant de son royaume. Interroger la portée de la mort de Louis XIV conduit à reconsidérer ce très long règne à l'aune du projet politique que ce prince avait lui-même conçu. Ce livre donne à comprendre ce qui s'éteint avec le Roi-Soleil et ce qui va perdurer de son oeuvre.

    Qu'est-ce qui fait la singulière grandeur du siècle de Louis XIV ? La gloire, le roi de guerre, l'"État machine", la fabrique d'une culture royale : ce souverain a élevé le prestige de la monarchie française au sommet de son rayonnement ; il a achevé d'installer l'appareil administratif de l'Ancien Régime en l'inscrivant dans le patrimoine génétique de nos institutions ; il a érigé les "mystères de l'État" en méthode de gouvernement et fait pénétrer l'éclat de sa figure sacrée jusque dans la plus humble chaumière.

    Ce fut une ambition démesurée que les épreuves finiront par dérégler. Quel contraste entre le jeune monarque, ardent réformateur des "années Colbert", qui imprime sa marque à toutes les formes de création dans l'effervescence d'un Versailles baroque et festif, et le vieux roi éprouvé par des guerres interminables, cabré dans la dévotion en pourchassant les ennemis de la foi !

    La mort de Louis XIV clôt un chapitre de l'histoire de la royauté et en ouvre un autre : à l'aube du siècle des Lumières, c'est la "manière" de ce monarque, c'est aussi une certaine conception de l'autorité, qui meurent avec lui.

  • Ce fut la bataille la plus longue de la Grande Guerre et l'une des plus meurtrières de l'histoire. À Verdun, le 21 février 1916,à la faveur d'un déluge d'obus et d'attaques au gaz, l'armée allemande investit le nord et l'est de la ville. Dix mois plus tard, dans un théâtre ensanglanté par 300 000 morts, le carnage durait toujours. Cette guerre-là ne devait s'achever qu'avec la guerre elle-même.
    Elle sera célébrée comme le symbole de la ténacité de toute une nation. Mais la place emblématique qu'elle occupera dans la mémoire nationale recouvre des interrogations et des incertitudes longtemps occultées. Pourquoi ce lieu d'une importance stratégique douteuse et cette bataille à l'issue nettement moins décisive que d'autres ont-ils acquis un statut mémoriel sans pareil? Comment Verdun a-t-il 'fait la France' pendant - et surtout après - la guerre?
    Partant de ces questions primordiales, Paul Jankowski a interrogé les sources les plus diverses, françaises et allemandes. Son ouvrage reconstitue l'événement dans la longue durée jusqu'à nos jours. Il éclaircit le mystère, toujours débattu, des motifs qui avaient poussé les Allemands à attaquer Verdun. Il analyse la logique infernale qui allait conduire les deux belligérants à perpétuer une bataille aussi meurtrière qu'elle restait indécidable. Il sonde, auprès des poilus comme des Feldgrauen, les conduites héroïques, les souffrances indicibles, les opinions, les haines, les révoltes... Il explore, enfin, les inscriptions culturelles de Verdun des deux côtés du Rhin.
    Nouvelle lecture de ce 'lieu de mémoire', mais aussi nouvelle manière de faire l'histoire de la guerre.

  • "Je ne me suis jamais tant ennuyé qu'à cette vilaine guerre." Le général en chef de l'armée d'Italie soupire cela, dans sa lettre à Joséphine. Pourtant, la campagne militaire qu'il mène depuis un an lui a valu de beaux lauriers. Mais connaître la gloire à vingt-sept ans, après des victoires difficiles, ne l'empêche pas de demeurer hanté par "l'à-quoi-bon ?". Tant de risques valent-ils la peine d'être courus, et de souffrances endurées, si le rang et la notoriété acquis peuvent se trouver brusquement remis en cause par les vicissitudes de la politique à Paris ? Depuis dix ans, comme tous ses contemporains, Bonaparte a vu bien des hommes briller au zénith de la célébrité, de la popularité même, puis chuter dans l'opprobre.

  • La Saint-Barthélemy a longtemps été considérée, étudiée comme une explosion du fanatisme religieux, comme l'épisode le plus dramatique des guerres fratricides qui pendant quarante années dressèrent les uns contre les autres catholiques et protestants français. La Saint-Barthélemy fut en effet cela, mais elle fut aussi bien autre chose. C'est diminuer cet événement capital, c'est en sous-estimer la portée que de ne pas le situer dans la perspective générale du XVIe siècle et de ses bouleversements politiques. C'est méconnaître également son actualité.
    Les causes et les effets de la Saint-Barthélemy n'apparaissent clairement que si on les présente en fonction des vastes mouvements non seulement religieux, mais aussi diplomatiques et sociaux qui agitaient l'Europe. Dès lors l'éclairage change et les principaux acteurs de la tragédie apparaissent sous un jour nouveau.
    En orientant son travail dans cette voie, Philippe Erlanger s'est imposé pour règle : ne céder à aucune des passions que ce sujet brûlant a si souvent provoquées chez les historiens. C'est avec une objectivité totale qu'il a cherché la vérité de ce drame, manifestation éclatante de la folie des hommes, tout imprégnée de l'esprit d'une époque révolutionnaire et que la nôtre aurait profit à méditer.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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