Sciences humaines & sociales

  • Une révolution radicale se prépare aujourd'hui dans ce nouveau continent numérique, virtuel et interactif, qui compte déjà une trentaine de millions d'« habitants ». Sur Internet, où le virtuel devient global et où le monde se virtualise, nos enfants pourront - peuvent déjà - accéder instantanément, et en tous lieux, à la mémoire de la planète. L'univers décentralisé et délocalisé d'Internet, où les électrons ignorent les frontières et se jouent des lois, va nous amener à réviser nos conceptions des rapports de pouvoir, de la territorialité, de la matérialité des choses. Mais qu'est-ce au juste qu'Internet ? À quoi sert-il ? Qu'y trouve-t-on ? Pourquoi les hommes politiques veulent-ils le museler ? Ferons-nous demain notre marché sur Internet ? Internet inaugure-t-il une nouvelle ère du savoir ? La France est-elle en train de perdre du terrain sur Internet ? Faut-il en avoir peur ? Autant de questions, et bien d'autres, auxquelles ce livre répond dans un langage clair et non technique.

  • Les bourgeois du crépuscule marchent comme en plein jour. Arrogants, ils croient tout voir, tout savoir, mais ils sont aveugles au monde qui les entoure. Ils prétendent connaître la réalité, mais ils sont égarés dans les illusions statistiques, le flou des sondages, l'ombre épaisse de leurs préjugés. Leur apparence courtoise cache un mépris de fer pour le peuple qu'ils sont censés servir et pour les principes démocratiques qu'ils célèbrent dans leurs discours. La liberté leur fait peur, ils récusent la justice sociale et détestent l'égalité. Tels sont nos Maîtres. De petits maîtres en vérité. Ils veulent le pouvoir, mais refusent de l'exercer. Ils bavardent sur la concurrence mondialisée, mais vivent dans le monde clos des privilèges. Ce sont des jouisseurs tristes, des intellectuels sans pensée. Faute de courage politique et de sens de l'État ils détruisent les services publics, liquident les entreprises nationales, renoncent à la souveraineté de la nation. Il ne faut pas les laisser faire, ni se laisser impressionner : ces petits maîtres ne sont pas toute la bourgeoisie mais une frange minuscule, une écume. Peu de choses suffiraient pour qu'ils ne soient plus rien.

  • Le bonheur est-il possible ? Est-il légitime ? Albert Memmi répond deux fois oui. Non par le seul raisonnement, mais en énumérant les moyens, fort simples, d'atteindre cet état, certes relatif, discontinu, modeste, nommé bonheur ou encore, peu importe, joie d'exister, contentement. Il recense aussi les moyens de le manquer sûrement. Contre la précipitation, il rappelle les vertus de la lenteur, celles de la sieste, ou de la prière ; contre l'affreux plein-temps (plein de quoi ?), la part légitime du plaisir maîtrisé ; celle, inesquivable, de la présence des autres dans notre vie ; il suggère de réapprendre à manger, à lire... Ce livre, qui reprend les fameux "billets" parus dans Le Monde, peut se lire chaque chapitre séparément ; il possède aussi une profonde unité : celle de cette recherche obstinée du bonheur. On pourrait y découvrir l'esquisse d'une philosophie.

  • Sans rédiger ses mémoires, Etiemble évoque ici tout ce qui a nourri sa vie : sa naissance à la littérature, son combat contre bêtise et bassesse, sous le regard de Jean Paulhan.

  • Un grand photographe - le temps d'une pause - se retourne vers ses cavales passées et, pour la première fois, prend la plume. Du Tibesti au Viêt Nam, de l'Amazonie au Proche-Orient, d'une guerre ou d'une famine à l'autre, après tant de drames traversés, de visages anonymes croisés dans la détresse du monde, faudrait-il se taire ? Henri Bureau, dans les années soixante-dix, appartenait à cette petite poignée des grands professionnels du reportage auxquels s'accrocha une légende et dont les photos firent le tour du monde. Chacune d'elles, en vérité, marquait l'aboutissement d'une aventure particulière mêlant la chance et l'acharnement, la ruse et la peur, l'amitié... Comme les marins, Bureau a « posé son sac à terre » pour quelque temps. Il n'a pas voulu pour autant écrire ses « mémoires », ni rédiger, avec complaisance, ses « souvenirs de baroudeur ». Chacun des chapitres de ce livre reconstitue l'histoire d'une photo célèbre dont il fut l'auteur. On n'exalte ici aucun exploit, on ne donne aucune leçon, on ne s'attendrit jamais sur soi-même. Mais voilà que - miracle - le ton est juste et que le témoignage est irremplaçable.

  • Les mensonges de la guerre du Golfe n'ont fait qu'accentuer le discrédit qui frappe les médias. Les sondages d'opinion le confirment : les journalistes, à l'instar des hommes politiques, sont accusés tout à la fois de mauvaise foi et d'incompétence. Le gigantesque war game, qui nous a tenus en haleine de janvier à mars 1991, a porté à son paroxysme cette suspicion. Bourrage de crâne, manipulation, information-spectacle : cette « guerre en direct » n'a fait qu'aviver, chez les professionnels comme dans le grand public, le sentiment qu'une réflexion profonde s'imposait. Aussi Reporter sans frontières, Radio France, Télérama et la Fondation « L'Arche de la Fraternité » ont pris l'initiative d'inviter intellectuels et journalistes à réfléchir, ensemble, sur le fonctionnement des médias. Sans s'ériger en juge suprême mais avec l'ambition de participer, sereinement et efficacement, à une réflexion essentielle... à la démocratie.

  • Pour la première fois depuis la dernière guerre mondiale, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis, en Europe même, sur le territoire de l'ex-Yougoslavie. Qui en sont les responsables ? De quels témoignages dispose-t-on, exactement, sur la mise en oeuvre délibérée de cette politique de « purification ethnique » ? Au-delà des protestations de principe et des polémiques, le devoir commande d'en revenir aux faits. Voici, traduits et rassemblés pour la première fois, les vingt et un rapports d'enquêtes rédigés en 992 et 1993 par diverses institutions et organisations internationales. Ce Livre noir entend mettre à la portée de chacun l'ensemble des informations dont dispose, à ce jour, la communauté mondiale.

  • Des échanges esquissant un premier bilan après l'effondrement du communisme, sur la société médiatique, le marxisme, le tiers-monde, l'Etat, les intellectuels. Ce livre transcrit des entretiens qui furent diffusés dans l'émission A voies nues sur France Culture, du 11 au 15 octobre 1993.

  • « A en croire la rumeur, un combat titanesque opposerait actuellement deux camps, aussi allergiques l'un à l'autre que le capitalisme au communisme : le camp nationaliste et xénophobe, attaché à son patrimoine comme Harpagon à sa cassette, et le camp cosmopolite, affamé d'autrui, curieux de tout, pressé d'échanger l'étroitesse nationale pour un vêtement plus ample. Les uns barricadés dans leur francité (ou leur germanité) sentiraient la rancoeur, la province ou l'hospice, les autres porteraient sur eux l'auréole des grands espaces, de la jeunesse et de l'espoir. L'alternative existe sans nul doute mais devons-nous l'accepter de façon aussi tranchée et simpliste ? Ne faut-il pas au contraire penser ensemble l'enracinement et l'universel comme se fécondant l'un par l'autre ? »
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  • Le 25 février 1994, dans la mosquée d'Hébron, une trentaine de fidèles palestiniens furent assassinés par un colon israélien, orthodoxe et nationaliste extrémiste. Par ce crime sans précédent, Baroukh Goldstein entendait faire échouer le processus de paix. Commentant ce massacre, Ezer Weizmann, président de l'État d'Israël, déclara qu'il s'agissait de « la chose la plus terrible qui se soit produite dans l'histoire du sionisme ». Ce n'était ni un « accident », ni le geste d'un fou. À l'arrière-plan, on ne peut ignorer la responsabilité des divers gouvernements qui ont sous-estimé la détermination des colons extrémistes, implantés dans les territoires occupés. Partisans de la violence, hostiles à toute restitution de territoires, certains vont jusqu'à réclamer l'expulsion des Palestiniens du Grand Israël. Le massacre d'Hébron était bel et bien « annoncé », c'est-à-dire prévisible. Le rapport officiel de la commission d'enquête, rendu public en juin 1994, tend à minimiser la signification politique de l'événement et à exonérer les autorités de leurs responsabilités. L'enquête minutieuse - et saisissante - d'Amnon Kapeliouk s'inscrit en faux contre ces explications trop rassurantes.

  • Un génocide a bel et bien été programmé, organisé et réalisé au Rwanda. Cette réalité monstrueuse exige d'autres analyses, d'autres réactions qu'une volonté d'atténuer les malheurs des Tutsis. Il ne s'agit plus de malheurs, mais de mal.

  • Le critique du Monde explique l'ombre toujours présente du couperet de l'Audimat, l'angoisse du zapping et la nécessité de retenir captif un public présumé inconstant. Il s'interroge sur la peur de lasser, d'être précipité dans la grande oubliette, pour les présentateurs.

  • Réflexion (non désespérée), sur la conjoncture politique qui débouche sur des propositions qui doivent permettre au corps civique français de récupérer ses capacités politiques, et plus spécialement ses capacités de réforme.

  • Une enquête et réflexion sur les mordus de l'Internet rose, et sur ceux qui en tirent profit; ou comment, et dans quelle électronique solitude, on aimera au début du siècle prochain...

  • Les médias audiovisuels détruisent-ils progressivement la démocratie ? Sans doute. Quoi qu'on fasse, pourtant, ils seront là demain, après-demain, et plus tard encore. Ils ne méritent pas tant d'honneur, ni tant d'indignité. Leur prêter servilement allégeance serait une capitulation, mais les diaboliser sans relâche n'a guère de sens. Ce qu'il s'agit de favoriser, année après année, c'est une maîtrise, une mise à distance, une pédagogie citoyenne de cet « empire des médias » qui demeure, pour l'instant encore, livré à des pesanteurs déraisonnables. Désarticulée aujourd'hui, la démocratie doit relever le gant et s'organiser. L'enjeu : permettre que survivent la liberté, la responsabilité, la délibération républicaine. La principale régulation à réinventer n'est autre que le sens critique de chaque citoyen. Longtemps fasciné par la toute-puissance de l'audiovisuel, celui-ci apprend peu à peu à décrypter ses mensonges, à débusquer ses abus, à résister à ses « effets de sens ». Tôt ou tard se trouvera ainsi remis à sa juste place ce nouvel outil de connaissance trop souvent érigé en instrument collectif. Proposant, cas par cas et thème par thème, des « exercices pratiques », ce livre entend participer à cette réinvention progressive du sens critique. On verra que cela n'exclut nullement quelques éloges.

  • Au-delà d'un commentaire sur l'événement et des indignations convenues, une tentative pour penser un phénomène idéologique funeste, inséparable de l'après-communisme, et que Morin appelle le total nationalisme.

  • L'occupation allemande (1940-1944) est la dernière période de crise grave, vécue par l'ensemble des Français. Or de telles situations possèdent, pour la postérité, un avantage, on y observe les conduites humaines comme sous un verre grossissant : toutes les conduites, non seulement celles qui constituent l'objet habituel de l'Histoire mais aussi celles qui forment le tissu de la vie quotidienne.

  • Spécialiste des sciences de la communication, l'auteur s'adresse à lui à titre personnel en le tutoyant comme autrefois, et l'invite à réfléchir sur l'échec de la communication et de l'action gouvernementale, à la lumière des grèves de décembre 1995.

  • Peut-on vivre sans utopie? Peut-on penser le présent et l'avenir en dehors de la réalité? Toute représentation du présent et de l'avenir n'est-elle pas un investissement du non-lieu de l'utopie? Ces questions, et les tentatives de réponses qui leur furent données, parcourent le texte, à partir d'analyses concernant l'art, la pensée, les codes culturels, la pratique politique...

  • Deux contradictions entravent gravement le fonctionnement de la démocratie française. D'abord les grands problèmes de l'heure - l'Europe, l'économie, la place de l'État - divisent l'opinion selon des lignes de partage qui ne correspondent plus à celles des partis traditionnels. Un sentiment d'irréalité décourageante affecte donc la vie politique. Plus grave encore : sitôt élues, les nouvelles majorités s'empressent d'oublier leurs promesses de campagne en invoquant des « contraintes », notamment européennes, auxquelles elles seraient tenues d'obéir. Ce fut le cas de la gauche au début des années 80, puis celui de Jacques Chirac en 1995 ; ce sera - peut-être - celui du gouvernement Jospin. Bref, chacun professe les idées de la République pour gagner les élections, et les oublie dès qu'il s'agit de les traduire en actes. Ce « bluff républicain », qui domine la vie politique depuis le début des années 90, explique pourquoi les majorités élues jugent « impossibles à satisfaire » les demandes constantes et inlassables du corps électoral. C'est cette crise sans précédent de la représentation démocratique que Philippe Cohen analyse et raconte dans ce livre. Comment est-elle vécue par les grands partis, à droite comme à gauche ? Comment les deux camps, saisis par le même vertige, confrontés aux mêmes impératifs de l'Europe et de la mondialisation, tentent-ils de redéfinir leur identité ? Loin des langues de bois et des discours convenus, voici une passionnante radiographie de ce nouveau mal français.

  • Une passion tenace aura, sa vie durant, habité Edgard Pisani : celle de l'État. Préfet, ministre de l'Agriculture du général de Gaulle, personnage inclassable et emblématique de la Ve République, cet ancien résistant a fondé sur les valeurs républicaines une véritable morale de l'action. De son enfance tunisienne à l'exercice des plus hautes responsabilités, il s'en explique ici. Bel exemple de fidélité à une certaine idée de la politique et de la France, affrontée aujourd'hui au grand vent de la mondialisation. Dialoguant avec Jean Lacouture, Edgard Pisani nous livre dans ces pages un témoignage capital.

  • Un Premier ministre affaibli, une majorité ébranlée, un train de réformes stoppé net dans son élan, une gauche réveillée de ses désenchantements : en moins d'un mois quelques centaines de milliers d'étudiants et lycéens auront bouleversé le paysage politique de la France. En prenant chacun au dépourvu. On les croyait individualistes, dépolitisés, soucieux de réussite matérielle et fascinés par Bernard Tapie ; on les découvre solidaires, chaleureux, antiracistes, préoccupés, au-delà des questions universitaires par la défense des valeurs qui fondent la démocratie. Au milieu d'un mol consentement au cynisme, voilà que surgit une génération morale et que la France prend un coup de jeune. Génération morale mais pas génération spontanée. Ce mouvement en réalité, n'est pas sorti du néant. Il est le produit d'une effervescence culturelle dont on a mal mesuré, sur le moment, la signification et l'importance. Elle ne s'exprimait pas, il est vrai, par les canaux habituels mais dans les chansons, la musique, le cinéma, la bande dessinée, le militantisme humanitaire, etc. De 1981 à 1986, sur tous ces terrains, une sensibilité se formait, des valeurs communes, des refus partagés qui donnent son sens au mouvement de décembre 1986 et en explique le surgissement. Chef du service société du journal Libération, Laurent Joffrin ne propose pas ici un récit supplémentaire des manifestations de l'hiver 86. Il remonte à l'origine, rappelle tout ce que l'on n'a pas su voir depuis cinq ans, rassemble les pièces du puzzle et propose, mine de rien, le portrait d'une génération entrée brusquement sur la scène. Il s'interroge aussi sur la suite d'une histoire qui ne s'arrêtera pas là.

  • Une interrogation sur les mécanismes de la dépendance, de l'alcoolique assujetti à la boisson au malade soumis au pouvoir médical, de l'amoureux enfermé dans sa passion à l'animal rivé à notre domination, en passant par l'individu contemporain, mentalement incarcéré dans le groupe. En dernière partie, une réflexion sur la liberté humaine, l'identité culturelle et bien entendu, la morale.

  • Mi-pamphlet, mi-essai, l'ouvrage analyse la crise scolaire comme une victoire du marché et de l'esprit soixante-huitard contre une institution, certes imparfaite, mais qui jouait le rôle d'ascenseur social. Fustigeant les libéraux et les responsables actuels de l'Education nationale, l'auteur met en cause la superstition du changement pour le changement et le jeunisme actuel.

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