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  • André Meynard développe comment, bien au-delà de la seule vocalisation, nous venons au monde grâce à la rencontre avec un tissu langagier désirant, multimodal, qui nous préexiste. Un tel tissu, avec ses divers brins sonores, gestuels, tactiles et visuels, oriente souvent étrangement le cours de notre vie.  À partir de quelques traces de son propre roman familial, il évoque ainsi les voies singulières qui ont rendu possible sa rencontre avec les Sourds, ceux donc qui parlent avec les mains et entendent avec les yeux.

    Prendre langue avec de tels sujets, trop vite qualifiés de handicapés de la parole, n'est en effet pas si simple. À l'épreuve de cette rencontre qui dérange et met en tension nos repères coutumiers, l'auteur s'est notamment attaché à entendre ce que les enfants Sourds transmettent, à travers ces langues gestuelles animées de ces lueurs du pulsionnel qui seules nous humanisent...

    Dans ce travail référencé, il s'appuie sur sa pratique analytique et sur de nombreuses oeuvres artistiques qui se révèlent attentives à ces modalités gestuelles langagières d'ordinaire si négligées, pour montrer que nous pouvons être enseignés par l'altérité et la dissemblance. 

  • La transmission maternelle est la terre d'éveil de l'identité de l'enfant et, pour une fille, le relais de la féminité et de la reproduction de la vie. Elle correspond à une plaque tournante importante rarement étudiée comme telle.

    L'auteur met en évidence la complexité de ce processus à l'oeuvre tout au long de la vie. Concernant différemment le garçon et la fille, les conditions de la transmission maternelle exigent de prêter attention dans le même temps à deux versants du champ féminin - fonction maternelle et position féminine - qui  peuvent s'intriquer entre eux de manière subtile ou s'exclure réciproquement comme des contradictions.

    Jean Marie Forget s'intéresse à cet entre-deux et aux différents écartèlements de la position subjective féminine que rencontre tout être de parole à sa naissance, qu'il soit garçon ou fille, dans le rapport à sa mère. La transmission particulièrement délicate du féminin et du maternel, à différentes étapes de la vie, est abordée spécifiquement.

  • Dans les sociétés africaines, comme chez les Bantous d'Afrique centrale où l'auteur a grandi, une tradition consiste à considérer certains enfants comme des « ndoki » à qui on attribue le pouvoir maléfique de semer le désordre, de nuire à autrui par des actions maléfiques ou de faire mourir n'importe qui par leur seule volonté appelée « Kindoki ». Ainsi, la cause du malheur comme de l'échec personnel est le plus souvent imputée à un autre, le sorcier (enfant ou adulte), supposé avoir le pouvoir de modifier la réalité, de répandre le malheur et la souffrance.

    Derrière le symptôme culturel, les croyances en la sorcellerie dont sont accusés les enfants sorciers, l'auteur montre que peuvent se cacher de véritables structures psychopathologiques ou des conflictualités psychiques qui valent pour tous les enfants à travers le monde. Cet ouvrage a pour but de sortir du relativisme culturel, cette haine douce de la réalité. Il fait le lien entre le singulier de la culture et l'universalité de la subjectivité et, par là, ouvre à une prise de conscience du fondement inconscient à l'oeuvre dans le « traitement » - entre exorcisme et exclusion - des enfants sorciers, considérés comme des enfants sacrifiés ou des fétiches martyrisés. L'auteur rend compte de la manière dont la psychanalyse contribue à éclairer les pratiques sociales au sein des populations migrantes d'origine africaine en France.

  • Que faisons-nous quand nous travaillons avec les bébés ? Dans cet effort pour rendre compte de la singularité du travail avec le tout-petit, la clinique pulsionnelle, l'auteure cerne chez le nouveau-né le trait qui l'anime, celui par lequel il fait acte de présence d'une manière qui le rende absolument unique, sa signature en quelque sorte. Il s'agit d'extraire les trouvailles du bébé : un cri, un regard, un mouvement sont détenteurs d'un savoir propre à l'enfant et demande à être élevés au rang de langage. Du côté de l'analyste cela demande de supposer du sujet ab initio. Mais comme toute expérience analytique, celle avec le bébé doit être orientée. Or ce qui guide le travail avec tout-petit c'est l'inscription et la mise en place du pulsionnel. C'est une opération à la fois fondamentale et incontournable si on veut faire le pari du sujet chez le nouveau-né.

    Marie Couvert montre que la pulsion est l'invention freudienne la plus formidable avec celle de l'inconscient car elle met à notre disposition un nouvel étayage capable de rendre compte de la clinique et de la direction de la cure du tout-petit. Le lecteur est invité à se laisser enseigner par le concept de pulsion et par la voie qu'il trace dans la construction psychique du tout-petit. Il pourra ensuite visiter les quatre champs pulsionnels (oralité, spécularité, invocation, tactile) qui doivent se mettre en place au cours de la première année en s'arrêtant sur les points de nouage, ou au contraire sur ce qui peut faire ratage.

  • Les songes, ces visiteurs nocturnes, vont du rêve le plus banal, bien que toujours obscur, au cauchemar le plus troublant. Le sommeil est riche de ces fantômes de la nuit, que le dormeur s'en souvienne ou non.

    La frontière entre rêve et cauchemar paraît parfois floue et peut être facilement franchie. Le rêveur glisse alors de l'un à l'autre dans des affects partagés entre plaisir fugace et douleur nostalgique. Mais alors, y a-t-il une spécificité du cauchemar ? Est-il simplement un rêve comme un autre qui, bien que de mauvaise compagnie, répondrait aux mêmes règles ? Ou bien est-il un cas limite de rêves qui n'aurait pas les mêmes causes et ne viserait pas les mêmes objectifs ?

    /> Partant de la constatation, comme le fit Freud, que les premières expériences oniriques des enfants sont plutôt de l'ordre des cauchemars, Martine Menès s'intéresse à ce qu'il en reste dans les cauchemars ultérieurs. Et en particulier dans ceux dits traumatiques qui a priori sembleraient ne dépendre que de faits actuels. L'ouvrage est ponctué de récits (rêves, cauchemars) relatés dans le style poétique qui est la narration la plus proche du discours de l'inconscient.

  • Le bébé bien-portant fait preuve dès sa naissance d'un appétit formidable à entrer en relation avec l'Autre : reconnaître cette appétence symbolique donne au bébé une place active dans la rencontre primordiale. Selon quels processus le nouveau-né humain devient un sujet à part entière ? En analysant leur émergence lors de la première année de vie, l'auteur identifie des signes positifs de développement ainsi que des signes de souffrance précoce, et les articule au registre pulsionnel, pour promouvoir une prévention « prévenante » des troubles relationnels précoces.

  • L'auteur décrit, séance après séance, un groupe de parole de parents endeuillés, et analyse les éléments significatifs de leur évolution - avec leurs points communs et leurs différences - vers le dépassement du deuil. La mort d'un enfant est une des plus terribles épreuves humaines. Surtout quand elle survient à la suite d'une maladie, en raison de la durée de la maladie et de la fin de vie, ainsi que des espoirs mis dans les capacités de la médecine actuelle. Le récit et l'analyse d'un groupe de parole de parents endeuillés permet de connaître et comprendre, de l'intérieur, les éléments constitutifs du deuil et de suivre le processus de son dépassement, ainsi que les façons psychothérapeutiques d'y aider.  Mise en vente le 6 février 2014.

  • Que se passe-t-il dans une séance psychanalytique avec un enfant, avec la famille ? L'auteur développe ses outils de travail que sont les concepts et les modes d'écriture (transcription des séances notamment) pour répondre à cette question. Les concepts sont définis dans leur contexte théorique et appliqués à la pratique dans la séance et dans l'écriture de la séance. Comment les utiliser ? En séance même, leur connaissance donne à la fois les moyens différentiels de situer la (les) structure(s) de l'enfant en jeu (psychotique, névrotique...) et d'en tenir compte dans le maniement du transfert. Les modalités spécifiques de la structuration de l'enfant apparaissent dans l'écriture de la séance qui pointe les accidents du discours comme éléments cliniques et trans-férentiels significatifs.

  • Le transitivisme, presque constamment rencontré dans les psychoses, est un processus normal chez le jeune enfant. Il est un facteur central de l'émergence du sujet de l'inconscient, fondateur des rapports qui s'établissent à travers lui entre la mère et l'enfant. Les auteurs essaient dans une démarche nouvelle d'éclairer par le transitivisme de nombreuses questions essentielles de la théorie psychanalytique.

  • Cet ouvrage développe de manière rigoureuse et abordable des outils de pensée nécessaires aux adultes et aux professionnels confrontés aux phobies de l'enfant. Les manifestations phobiques de l'enfant envahissent la vie sociale. Elles sont comme une réponse à la labilité des repères symboliques du monde actuel. Les adultes et les professionnels confrontés à ces émergences d'angoisse se trouvent désemparés et ont besoin de repères et d'outils de pensée pour ne pas ni les banaliser, ni les dramatiser. Il s'agit plutôt de trouver les leviers pour éviter qu'elles invalident la vie de l'enfant comme celle de son entourage. La compréhension de la structure de ces symptômes peut être la condition de leur résolution.

  • Que serait un « non » qui ferait autorité pour l'enfant ? L'autorité n'est pas la pratique d'un pouvoir mais elle témoigne de la disparité de places et met en oeuvre la référence à une instance tierce.

    Cet ouvrage s'attache à préciser les exigences inhérentes à l'altérité des places liées à l'exercice de l'autorité. Il illustre les difficultés rencontrées par tous ceux qui doivent occuper une place en référence à l'autorité : parents, enseignants, éducateurs, juges, médecins, etc. En effet, l'autorité de ceux-ci ne fait plus consensus dans la vie sociale. Et chacun doit trouver en son for intérieur ce qui assurerait la légitimité de sa parole et l'assise de son identité. Comment l'enfant s'y retrouve-t-il ?

  • L'ouvrage veut répondre à deux questions intriquées : Quelle a été l'incidence de la théorie kleinienne dans l'enseignement de J. Lacan ? Qu'est-ce que la psychanalyse dite d'enfant ? La théorie kleinienne est peu connue des psychanalystes lacaniens. Or, grâce à une recension exhaustive des références aux textes de M. Klein et des commentaires qu'en fit Lacan, de 1938 à 1975, l'auteur montre l'appui certain qu'il y a pris pour construire, avec elle ou contre elle, les notions les plus importantes de sa doctrine jusqu'au milieu des années 1960 (signifiant, phallus, objet a, deuil, fin de la cure). Par ce rapprochement entre ces deux personnalités, elle met également en question la spécialisation de la psychanalyse en « psychanalyse d'enfant » qui, coupée de ses fondements freudiens et fortement marquée par la psychologie du développement et par la pédopsychiatrie, risque de transformer le travail avec les jeunes patients en adaptation aux normes de la science (béhaviorisme, cognitivisme, neuropsychanalyse) et d'une politique sécuritaire de la santé. Marie-Claude Thomas est psychanalyste à Paris.

  • Les manifestations actuelles de la souffrance psychique - hyperactivité, anorexie mentale, addictions de toutes sortes, etc. - mettent à mal les repères habituels des professionnels du soin. Elles ne sont plus centrées sur un sujet qui demande de l'aide mais « déballées » à qui veut s'en charger. Elles ne sont plus liées aux difficultés d'un sujet à tenir compte d'un fantasme qui puisse organiser sa vie psychique mais à l'émergence désordonnée de pulsions qui l'agitent. Jean-Marie Forget analyse ici, à partir de son expérience avec des enfants et des adolescents, cette nouvelle clinique des pulsions qu'il lie à l'évolution du discours social. Il donne des outils de compréhension qui devraient permettre aux professionnels de ne pas stigmatiser ces manifestations et d'en saisir l'enjeu pour en favoriser la résolution. Jean-Marie Forget est psychanalyste à Paris, membre de l'Association lacanienne internationale.

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    Du fait des migrations et des déplacements de population, du développement des unions mixtes, nombreux sont les enfants qui sont aujourd'hui confrontés à plusieurs langues dans leur univers quotidien. Ce multilinguisme peut devenir pour eux une richesse mais, dans tous les cas, il génère des difficultés singulières. Entre leur langue maternelle et celle du pays d'accueil, comment  peuvent-ils se repérer  pour saisir leur place et s'essayer à parler ?

    Dans un environnement multilingue, leur malaise peut s'exprimer suivant des modalités complexes où se nouent les enjeux de leur place au sein de la famille, le rapport de la famille à la langue du pays d'accueil ainsi que la tonalité de ce rapport. La précarité de l'intégration des parents ou celle de leur relation intime peut peser sur les enjeux de l'acquisition d'une langue étrangère par l'enfant, dès l'accès à la socialisation à l'école maternelle, puis sur son intérêt pour les apprentissages scolaires de la lecture et de l'écriture.

    Les symptômes de l'enfant, à l'origine d'une demande de consultation, croisent les questions intimes dont l'expression peut emprunter à la langue étrangère des lettres qui n'existent pas dans sa langue maternelle, les difficultés d'acculturation et les problématiques familiales potentiellement masquées par les freins linguistiques ou culturels.

    Cet ouvrage, à partir d'une large gamme d'exemples cliniques et pédagogiques, offre des instruments de compréhension aux praticiens, éducateurs, enseignants, parents, psychanalystes, qui rencontrent dans leur vie professionnelle le multilinguisme, les impasses et les créations qu'il peut générer chez l'enfant.

     

    Mise en vente le 20 août 2015.

  • L'ouvrage rapporte l'expérience pratique et théorique d'une femme clinicienne, accessible à tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui s'interrogent sur les fondements Dans cette lettre adressée aux jeunes cliniciens, quel que soit leur âge, l'auteure raconte ce que représente la clinique contem-poraine à la lumière de l'enseignement dispensé dans les formations. De nombreuses vignettes cliniques sont confrontées à la pensée de la clinique, non sans effet de surprise. L'entreprise est pleine d'humour mais ne cède en rien sur le sérieux des questions contemporaines : mot d'esprit, transfert, psychose, travail de l'inconscient et son invention nécessaire.

  • Face au défi que représentent les déplacements humains généralisés et la multiculturalité croissante de nos sociétés, l'auteur pose les jalons d'une meilleure compréhension de l'exil à la lumière de l'apport pratique et théorique de la psychanalyse. Elle distingue ici migration, exil, exclusion et errance. L'exil est, dans certains cas, une opération subjective devenue impossible à élaborer en raison de la perte du pouvoir métaphorique des langues. La destruction des conditions sociales d'élaboration de l'exil contribue alors à la mélancolie du sujet. L'ouvrage permet une analyse de ce phénomène d'actualité en abordant successivement les questions de l'exil et des langues, de l'exil construit et revendiqué par certains écrivains ou philosophes contemporains, des voies de transmission aléatoire pour les exilés. L'ouvrage propose également de considérer des analogies entre les pathologies de l'exil et les psychoses, le traumatisme, l'errance adolescente et certaines aphasies. Marie-Jeanne Segers est psychanalyste (Bruxelles), présidente de l'Association freudienne de Belgique, docteur en psychologie de l'université catholique de Louvain, professeur émérite des facultés universitaires Saint-Louis (Bruxelles). Elle a travaillé pendant de nombreuses années dans un centre médical réservé aux fonctionnaires d'institutions internationales.

  • À partir de son expérience clinique et psychothérapique auprès d'enfants gravement perturbés, dont l'agitation motrice, la violence hétéro et auto-agressive sont au premier plan de leur tableau clinique, l'auteur interroge les différences fonctionnelles, structurales, et les implications de soin pouvant exister entre l'expression dépressive et l'état mélancolique de l'enfant. Il est ainsi amené à considérer que les manifestations agressives, transgressives, destructives de ces enfants qualifiés de « mauvais » ou de « méchants » sont l'indice, l'expression, la traduction d'un processus mélancolique agissant, ou parfois installé en eux, et ne relèvent pas d'une sémiologie liée au syndrome dépressif. Une relecture originale de la définition psychopathologique de la mélancolie. Louis Ruiz est psychologue clinicien, docteur en psychopathologie clinique (Paris 7), psychanalyste à Toulouse  

  • Cet ouvrage a pour ambition d'offrir des éléments propres à établir une direction de la cure avec des enfants psychotiques et autistes qui tienne compte non seulement de la problématique de leur structure psychique mais aussi du poids, des incidences, des articulations, des entraves cognitives qui les ont précédées ou suivies, et ont longtemps été connotées du terme de débilité.

  • Comment parler du corps de l'enfant sans le chosifier, sans en faire seulement un paquet de chair, en le reconnaissant comme marqué du sceau du désir des parents et chargé de leurs rêves ? Cet ouvrage s'efforce d'offrir des outils de compréhension des manifestations du corps souffrant, souvent difficiles à décrypter chez l'enfant. Des psychanalystes et des professionnels engagés dans leurs rencontres avec l'enfant et l'adolescent proposent un tour d'horizon de la clinique actuelle qui permet d'ajuster leurs questionnements théoriques à la singularité de chacun. Ils s'efforcent de différencier, dans la constitution du symptôme corporel, la part respective qui revient à l'initiative de l'enfant manifestant sa subjectivité, à la trame familiale dans laquelle il s'inscrit et à l'incidence du discours consumériste actuel. Marika Bergès-Bounes et Jean-Marie Forget sont psychanalystes à Paris, membre de l'Association lacanienne internationale.

  • Une lecture psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin à travers la question de la temporalité psychique.

    à partir de la temporalité psychique, pensée dans sa dimension anthropologique, l'auteur ouvre une perspective de compréhension inédite de problématiques psychologiques contemporaines comme la dépendance psychique, le rapport aux limites et à la loi, les conduites oppositionnelles, les troubles de la parentalité, le rapport aux savoirs et la transmission, etc. De nombreux exemples cliniques viennent illustrer l'analyse psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin dans le contexte de ce nouveau malaise dans la civilisation.

  • Les Sourds parlent avec leurs mains et entendent avec leurs yeux. Familiarisé avec la langue des signes française, André Meynard travaille comme psychanalyste, notamment avec des enfants, des adolescents et des adultes Sourds. À partir de cette clinique, il montre que la parole des Sourds qui signent s'articule à la dimension désirante. Il rend compte de leur créativité langagière et nous invite à découvrir comment l'inconscient s'y manifeste par exemple, à travers lapsus, traits d'esprit, récits de rêves...

    Contrairement aux discours officiels qui considèrent les enfants Sourds comme des handicapés de la parole et du langage, André Meynard nous engage à prendre la mesure de ce qu'ils nous enseignent par l'originalité de leur prise de parole. En effet, non seulement l'oeil entend mais le geste nous inscrit en langage : en aucune manière ces modalités langagières ne font obstacle à l'acquisition d'une langue écrite ou vocale.

    Après avoir été longtemps interdite, la LSF se voit aujourd'hui écartée des lieux d'accueil et d'éducation des enfants Sourds, ce qui contribue à les faire taire. Pour l'auteur, la SPN (Surdité permanente néonatale) à détecter dès le 2e jour de vie fait partie des maladies inventées par les experts sanitaires qui soumettent déjà tous les dysfonctionnels, les hyperactifs, les futurs délinquants aux mêmes grilles d'évaluation si prisées par nos cultures de la norme, sourdes à l'altérité.

  • Pour des raisons historiques, les psychoses de l'enfant et de l'adolescent sont référées à une sémiologie héritée des psychoses de l'adulte, ce qui peut empêcher de préciser leurs spécificités, leur diversité, tant en fonction de l'âge que des particularités du transfert. Par ailleurs, la fertilité de la vie imaginaire chez l'enfant rend difficile de premier abord le diagnostic de psychose. Le clinicien est interpellé sur ses repérages diagnostiques, sur le déterminisme de la structure, sur les suppléances éventuelles qui se mettent en place, sur sa responsabilité dans l'évolution présente et future de son patient.

    En effet, la clinique des psychoses infantiles s'avère parfois surdéterminée, laissant préjuger d'un destin inexorable. Pourtant, pour nombre de cas de psychoses de l'enfant, il y a des surprises, des aptitudes à la subjectivation, des suppléances qui émergent du transfert et qui justifient le pari thérapeutique du praticien.

    Les auteurs s'attachent à préciser les repères structuraux sur lesquels ils se fondent pour les caractériser et les distinguer des cas d'autisme, d'arriération ou d'autres pathologies, et pour interroger les pratiques thérapeutiques possibles. À partir de leur engagement transférentiel au cas par cas des sujets rencontrés, ils s'efforcent de penser et de remettre à l'ordre du jour cette clinique des psychoses qui ne manque ni de complexité ni de diversité.

    Cet ouvrage est le fruit d'un travail collectif mené pendant deux ans au sein de l'École de psychanalyse de l'enfant et de l'adolescent de Paris (EPEP).

  • Les mises en actes incompréhensibles des adolescents, des plus jeunes, comme des adultes parfois, témoignent d'un défaut de recours à la parole pour manifester la souffrance qui est la leur. Il importe de décrypter les modalités de ces manifestations pour en comprendre les conditions d'émergence et les impasses qu'elles révèlent. Le temps de l'acte est spécifique de l'adolescence. Il s'agit pour chacun de mettre en jeu sa subjectivité dans la société et d'y engager l'essence de sa vie psychique. Les freins, les refus, voire les récusations, que l'adolescent rencontre dans les tentatives d'affirmation de lui-même, le conduisent à des mises en actes pour exprimer sa souffrance. Elles mettent parfois sa vie en danger. L'auteur fournit aux professionnels des repères théoriques et cliniques pour décoder ces manifestations et permettre aux adolescents de trouver une issue à des crises graves.

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