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    Préface de René Schaerer

    En cancérologie et en soins palliatifs, poussés par une forte attente sociétale, les psychologues sont aujourd'hui invités à rencontrer les malades et les proches afin de les aider à articuler une parole claire, rationnelle et raisonnée, au plus près du discours médical. L'approche psychanalytique soutenue dans cet ouvrage consiste à effectuer un pas de côté vis-à-vis de cette posture de soin qui force la vie psychique.

    Il arrive que la maladie grave et la menace de mort deviennent l'occasion d'une parole autre sur soi  et d'une véritable transformation subjective. A contrario, certains malades, notamment en fin de vie, refusent de produire tout effort de mentalisation et préfèrent rester tranquilles ; il est alors tout à fait important de respecter cette ultime volonté. Mais le plus souvent, plus modestement, la pratique psychanalytique quotidienne aide le patient à retrouver sa parole et à se dégager du bain médico-technique qui tend à gommer les moindres variations subjectives.

    Les auteurs de cet ouvrage donnent à ce travail de construction de sens toute la valeur qui lui revient. Dans cet écart entre ce qui a été communiqué au patient et ce que lui-même en dit, vient justement se loger la part désirante, qui lui permet, autant que possible et parfois jusqu'au moment de sa mort, de rester vivant avec la maladie.

    Mise en vente le 7 mai 2015.

  • Peut-on soigner par la danse ? Peut-on donner à la danse une place dans l'arsenal thérapeutique ? A-t-elle la capacité de mobiliser la sphère psychique de l'individu qui « entre dans la danse » ? Quel corps la danse met-elle en mouvement ? Comment s'élabore-t-il et comment, par son intermédiaire, le sujet se construit-il du même coup, et avec lui l'espace, le temps et les nuances de la présence qui fondent la relation et les interactions ? Si, nous dit l'auteur, la danse n'est pas thérapeutique en elle-même - pas plus que l'art ou la parole -, elle peut le devenir grâce au dispositif dans lequel elle s'inscrit. Ainsi à partir d'une longue pratique de la danse-thérapie, Benoît Lesage pose, dans cet ouvrage, les fondements théoriques de cette discipline et livre des outils qui permettent de les incarner. A la croisée de l'art, de la création, de la psychomotricité, de la thérapie à médiation corporelle et de la pratique groupale, le parcours interdisciplinaire qu'il propose s'ouvre à la clinique, abordée ici en relation avec diverses populations : personnes psychotiques polyhandicapées, présentant des troubles du comportement et de la communication, autistes, anorexiques, porteuses de handicap sensorimoteur... Au-delà des enjeux cliniques et thérapeutiques évoqués ici, la danse-thérapie hérite de la danse la faculté essentielle et fondatrice de convier les hommes à partager le rythme, les images, le plaisir sensoriel et parfois sensuel, en puisant aux mémoires individuelles et communautaires. Cet ancrage immémorial dans les mythes et dans l'enfance en fait une source dynamique qui peut remettre en marche le sujet... pas à pas

  • En s'appuyant sur des exemples cliniques, des références pédagogiques, et sur les données issues de divers champs théoriques (psycho-motricité, neurosciences, psychologie, anthropologie, anatomie fonctionnelle), l'auteur fournit des repères pour la lecture du corps et des outils pour mettre en place un projet pédagogique et/ou thérapeutique dans le cadre de pratiques psychocorporelles. Comment le corps se construit-il, dans un perpétuel nouage entre soma et psyché ? Comment devient-il cet espace sensible et expressif, support de notre identité, qui engage la rencontre ? Comment le corps-sujet met-il en place ses structures fondamentales - flux, dedans/dehors, poids et appuis, axialité -, pour se différencier, tout en restant relié, en constante interaction et relation ? Et comment décrypter les ratés de cette édification ? L'auteur pose ici des jalons pour répondre à ces questions cruciales. En partant des structures que l'enfant découvre et instaure, il explore les fondements et les enjeux du travail psychocorporel, et parcourt les étapes d'une construction qui est aussi celle de l'identité, de la relation, de la pensée, et même du langage, qui s'enracinent dans le corps. Benoit Lesage est docteur en sciences humaines, médecin, chargé de cours au cursus de psychomotricité de Paris VI. Après un parcours de sportif et de danseur, il pratique et enseigne diverses approches corporelles : anatomie fonctionnelle, lecture du mouvement, chaînes musculaires, thérapie manuelle. Il est formateur en danse-thérapie et structuration psychocorporelle, et intervient dans les institutions ou dans ses propres stages.

  • L'ouverture que Joyce McDougall a instillée dans la psychanalyse ne cesse de se confirmer dans les pratiques psychanalytiques contemporaines. Ce livre rassemble six visions actuelles qui témoignent de son apport quant au savoir-faire, mais aussi au savoir-être de praticiens engagés. Pendant plus de cinquante ans, Joyce McDougall a pris le risque de parler intimement, non seulement de ses patients, mais aussi de son propre contre-transfert. Elle a légué un héritage exceptionnel en donnant à la génération qui l'a suivie le droit de pratiquer un travail psychanalytique plus personnel, plus émotionnel et plus corporel, sans jamais se noyer dans des abstractions métapsychologiques. Sont rassemblés dans cet ouvrage, en plus d'un article inédit de Joyce concernant le corps de thérapeute, les écrits de cinq auteurs ayant tous noué avec elle une relation intense et singulière. C'est leur expérience unique ainsi que l'impact de cette rencontre sur leur clinique et leur théorisation qu'ils décrivent ici de manière toute personnelle.  

  • Cet ouvrage pense, dans la continuité, les processus psychiques créateurs mobilisés dans la personnalité de l'artiste comme chez le sujet en souffrance psychique et/ou somatique. La maladie, l'expérience traumatique ne sont pas seulement des événements en soi désorganisateurs mais comportent aussi un potentiel de vie, sont sources de (re)mobilisation créative chez le sujet, quel qu'il soit, homme/femme d'exception comme individu tout-venant. L'engagement du soignant/thérapeute joue éminemment un rôle puissant dans ce processus de restauration du sujet souffrant dans son « psychosoma ».  

  • Cet ouvrage interroge la fréquence comme la diversité des événements subjectifs mettant en jeu ou en scène souffrance et/ou dimension douloureuse. Qu'est-ce qui cause la souffrance de l'être parlant dont il est aisé de constater la présence quels que soient les temps, les civilisations ? Le contexte d'une époque influence-t-il la subjectivité des sujets qui l'habitent ? La souffrance s'impose de nos jours comme objet de réflexion et de recherche en tant qu'elle vient conjoindre en une expérience intime toute l'actualité du rapport entre corps et social.

  • Ce livre est le témoignage vivant d'une double expérience clinique (psychanalyse, haptonomie pré et postnatale) qui situe le contact et la sensorialité dans les relations interhumaines en engageant la dimension esthétique (beauté du geste et sensation) ainsi que l'existence. Le présent texte vise à articuler une réflexion relative aux rapports de deux pratiques, la psychanalyse et l'haptonomie, tant au plan de la clinique au quotidien qu'à celui de leur élaboration conceptuelle. L'auteur pointe les potentielles correspondances et les éventuelles discordances existant entre ces deux champs, et leur contribution respective à la vie des êtres humains que nous sommes. Il inscrit l'inconscient dans le contact, différencié du toucher, qui avec le tact est une part intégrante de la pratique analytique.
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    Préface de Bernard Golse

    Devenir un sujet « humanisé » est l'enjeu profond de tout travail psychothérapique. Qui plus est quand celui-ci utilise la médiation du corps, dans l'objectif d'éprouver  son corps, de l'habiter, de se sentir vivant à l'intérieur de sa maison-corps.

    A travers sa clinique du bébé, de l'enfant et de l'adolescent, Catherine Potel interroge le travail du thérapeute qui écoute le corps de l'autre avec son corps, son regard, ses perceptions. Pour cela, elle développe la notion de contre-transfert corporel. Elle conceptualise ainsi le cheminement interne du thérapeute, qui se trouve souvent confronté au bruit et à la fureur, au chaos ou à l'opacité d'une motricité détournée de ses fonctions d'expression et de symbolisation, alors que la construction du sujet dans sa globalité est parasitée, perturbée, empêchée.

    Grâce à Jomo, Elise, Rose et les autres, elle montre à quel point l'écoute contre-transférentielle du corps des patients est un préalable à l'aide qu'on peut leur apporter pour la reprise de leur développement et leurs processus de subjectivation.

    Ce travail de mise en pensée du primitif permet au patient de trouver ou retrouver sa capacité de transformation des sensations en émotions, en sentiments, en pensées, en langage. Le propre de l'humain.

    Mise en vente le 28 mai 2015.

  • La prégnance du corps comme objet de recherche mais également sa place grandissante dans le discours contemporain - jamais traitement du corps n'a connu un tel engouement - ainsi que la fréquence et la diversité des événements et phénomènes de corps nécessitent un examen minutieux. Cet ouvrage pluridisciplinaire (philosophie, sociologie, psychopathologie, psychanalyse) concentre études et réflexions sur les pratiques et usages du corps dans notre modernité considérés comme des traces de la subjectivité de notre époque et du lien social contemporain.

  • Si la technique médicale est de plus en plus fine et poussée, en revanche le désir de guérison, celui du médecin autant que celui de son patient, s'avère bien souvent mis en échec. A quelles réalités matérielles autant que psychiques, sociales et relationnelles, renvoie donc le processus de guérison ? A quelles croyances également, individuelles autant que culturelles ? Quels investissements affectifs, quels transferts de la part du soignant et du soigné participent aussi de ce processus ? L'objectif du soignant est-il de guérir ou de soigner ? Mais que signifie vraiment guérir ?

    Nathalie Dumet est psychologue clinicienne, maitre de Conférences de psychologie à l'université Lyon2, co-fondatrice et vice-présidente de la Société Rhône-Alpes de psychosomatique (SRAP).
    Hugues Rousset est professeur de médecine, chef de service de médecine interne, Centre hospitalier Pierre-Bénite, co-fondateur et président de la de la Société Rhône-Alpes de psychosomatique (SRAP).

  • La technique du packing (enveloppements thérapeutiques très encadrés) peut se révéler extrêmement utile pour les soins des enfants autistes et psychotiques, voire pour certaines anorexiques, à condition d'en peser précisément les indications. Cet ouvrage vise à donner une information objective sur cette technique en partant d'expériences multiples et en prenant en compte la complexité de telles problématiques. A côté des points de vue cliniques et thérapeutiques exprimés, il livre des hypothèses de compréhension de l'autisme tenant compte des aspects à la fois corporels et psychiques.

  • Les médiations thérapeutiques qui utilisent le corps comme vecteur d'expression sont-elles une bonne indication pour aider les adolescents qui vont mal ? A partir de son expérience clinique auprès d'adolescents en souffrance qui, par le biais de médiations telles que la danse, la psychomotricité ou la relaxation, ont trouvé des espaces thérapeutiques privilégiés, l'auteur élabore une réflexion approfondie sur les enjeux d'un travail thérapeutique à médiation corporelle. Un ouvrage théorico-clinique bienvenu sur un sujet encore peu exploré. Catherine Potel est psychomotricienne, thérapeute en ambulatoire (CMPP et pratique privée).

  • Qu'est-ce qui se passe vraiment dans ton cabinet avec tes patients ? A cette question, il est ici répondu, à ceci près que le cabinet en question trouve une place singulière à l'hôpital et que les patients désignés sont tous des malades, atteints dans leur corps, gravement, parfois même tragiquement. Des psys témoignent, au plus près de leurs pratiques, de ce qui fait la vérité et l'intensité de leur rencontre avec ces malades, leurs familles et les équipes qui les prennent en charge. Ils exposent leur façon de faire, de penser, de vivre ces rencontres et ce faisant, s'exposent au plus vrai de leur être. Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre, dirige l'unité de psycho-oncologie de l'Institut Paoli-Calmettes, à Marseille.

  • Les traces de l'archaïque seraient comme ces cicatrices que l'on croyait disparues et qui réapparaissent au froid telles des engelures. Sont ici évoqués les paysages de la clinique qui disent ces traces psychiques ressurgissant, à partir d'une effraction corporelle ancienne, de l'inconscient maternel à la faveur de la transparence psychique et/ou de l'un de ces inexplicables hasards par lesquels la réalité vient dupliquer le fantasme (Lebovici) ; ou au moment où il serait question de mémoire, à l'imminence du décès quand c'est un certain oubli qui permet la transmission des héritages et l'accomplissement des deuils. Ces traces que le psychisme peine à contenir et qui s'expulsent au dehors s'inscrivant sur n'importe quel support : scarifs, graphes, tags, les actes, le corps, le soi-peau, les murs des autres : s'agirait-il d'un refoulement ? Les auteurs, tous psychanalystes et praticiens de ces différents champs, nous livre sous l'égide de Monique Bydlowski, une réflexion riche et originale sur ces champs croisée de l'archaïque et de la trace que l'on retrouve dans la clinique du périnatal, du pubertaire ou dans celle des fins de vie.

  • Dans la mythologie grecque, la Chimère est une créature fantastique ayant une tête de lion, un corps de chèvre et une queue de dragon, qui crache du feu et dévore les humains. Au figuré, elle désigne un projet vain, impossible à réaliser, une utopie, une figure imaginaire. En génétique, un organisme possédant deux ou plusieurs génotypes distincts : ainsi, dans le champ de la greffe de moelle, le receveur devient une chimère, constitué de ses propres cellules hématopoïétiques et de ceux du donneur. Cet ouvrage réunit psychologues, psychiatres, psychanalystes et hématologues, cancérologues, tous praticiens d'hématologie et de greffe pour une réflexion polyphonique sur les incidences psychiques de ces soins hautement techniques qui provoquent de multiples bouleversements tant physiques que psychoaffectifs sur le malade et sa famille.

    Yolande Arnault est psychologue clinicienne, Département de psychologie clinique, institut Paoli-Calmettes, Marseille.

    Patrick Ben Soussan est psychiatre, responsable du Département de psychologie clinique, institut Paoli-Calmettes, Marseille.

    Didier Blaise est hématologue, professeur des Universités, responsable du Département d'onco-hématologie et de transplantation et thérapie cellulaire, institut Paoli-Calmettes

  • Cet ouvrage présente une synthèse actualisée des différents projets de recherches en sciences humaines et sociales dans le champ du cancer. Il se veut un premier état des lieux de la recherche et un témoignage de la fertilité de ce domaine nouvellement investi par les chercheurs, dans la pluridisciplinarité de leurs approches.

  • Laurent Puyuelo est médecin, chirurgien spécialisé depuis presque vingt ans en chirurgie cancérologique mammaire et gynécologique. Cela fait de lui un acteur incontournable dans le traitement du cancer. Un jour, l'histoire d'une de ses patientes atteinte d'un cancer de l'ovaire l'a obligé à se retourner sur sa vie de médecin annonceur. Rien ne l'avait préparé à annoncer tous ces cancers à tous ces patients. Il pense qu'immanquablement, un jour ou l'autre, il va être confronté à un effet miroir : demain ce sera lui le malade. Le médecin doit-il se protéger de son patient ? Va-t-il se perdre, s'égarer en se rapprochant de son patient ? Peut-il en ressortir indemne ? Le médecin est aussi un être humain qui peut souffrir de son métier. Dans le récit personnel et polémique de sa vie d'annonceur de mauvaises nouvelles, au rythme des consultations, il s'insurge contre le formatage de l'annonce imposé par le dispositif standardisé mis en place récemment qui déshumanise la relation médecin-malade. Avec sensibilité et humour, il plaide pour qu'on reconnaisse au médecin annonceur un rôle au sein de l'équipe de soin, que ses éventuelles difficultés soient prise en compte, qu'on lui donne les moyens de réaliser une bonne annonce , même si celle-ci n'existe pas.

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