Eres

  • « Si les récits de mes analysants m'ont appris à créer ce silence en moi qui me permet d'écouter et d'interpréter, ce sont les tableaux de David Malkin qui m'ont poussé à penser et à écrire. Des images ont inspiré ce livre, m'invitant à traverser, d'une façon nouvelle, certains territoires de la psychanalyse. Les formes et les couleurs ouvrent, par un étrange effet de lumière, sur d'autres dimensions qui amènent l'observateur au-delà des apparences vers une expérience visuelle et en même temps spirituelle. »

    En dix chapitres qui sont autant de passages où se croisent l'art, la philosophie et la politique, l'auteur propose un voyage littéraire et une réflexion herméneutique et poétique. D'un discours à l'autre, l'auteur « passe » entre les disciplines et, en revenant à la racine des mots, approche certains concepts psychanalytiques.  Il nous fait rencontrer la dialectique souple de l'inconscient, ses passages qui deviennent forces de subversion analytique du sujet, de la cité (polis) et aussi de la pensée, puisqu'ils opèrent des retournements constants du discours. 

  • Notre monde connaît une transformation aussi radicale que rapide où les nouvelles règles du jeu n'ont pas encore eu le temps d'être appliquées qu'elles sont déjà désuètes. La peur s'installe, la confiance se défait, le chacun pour soi règne dans une violence lancinante qui gangrène tout le corps social. Que dire des violences qui touchent des catégories importantes de populations marginalisées ou vulnérables, comme les enfants et les adolescents par exemple, qu'elles en soient auteurs ou victimes ? Par ailleurs la colère active des mouvements sociaux, parfois violents, n'est-elle pas au service d'une sorte de construction d'un vouloir être ensemble ? Et la violence, dite fondamentale, mais probablement fondatrice, participe aussi de la structuration du sujet. N'est-elle pas alors au service d'une survie psychique ?

    Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours et médiations.

  • Freud

    Sylvestre Clancier

    Cet essai sur Freud permet d'accéder facilement à la compréhension et à la maîtrise des concepts majeurs de son oeuvre et de la psychanalyse, en général.

    L'auteur s'est attaché à montrer avec pédagogie l'exigence scientifique toujours à l'oeuvre dans l'élaboration des concepts essentiels de la théorie freudienne. Sa présentation très pédagogique de la théorie et de la pratique freudienne se veut donc à la fois analytique et synthétique. Y sont apportés d'utiles éclaircissement sur l'hypothèse de l'inconscient, la seconde topique, les stades de l'évolution libidinale, le concept de pulsion et la théorie des insctincts.

  • Quel homme Freud fut-il, mais aussi quel enfant et quel frère, quel étudiant, quel mari, quel père, quel ami a-t-il été ? Comment élabora-t-il son oeuvre et dans quelles conditions ? Comment la psychanalyse est-elle née et comment a-t-elle évolué depuis les temps de sa préhistoire?

    Pour répondre à ces questions, l'auteur s'appuie sur la correspondance publiée en français de Freud avec ses disciples et amis, sur l'intégralité de son oeuvre, et pour les documents inédits sur Jones et M. Schur. Elle nous livre presque au jour le jour l'histoire de sa vie personnelle et professionnelle dans un travail d'une grande rigueur théorique et historique qui se lit comme un roman : non seulement les concepts et technique de l'analyse sont avec bonheur expliqués dans le texte sans concession à une psychanalyse de comptoir mais encore Freud nous apparaît dans toute sa densité humaine.

    Le temps est au révisionnisme et à la destruction des mythes. Pourquoi pas. Voilà un ouvrage qui donne à ceux qui le souhaitent les moyens de se faire une opinion sur Freud avant qu'on décide qu'il n'a jamais existé !

  • S'il est vrai qu'après Freud il n'était plus possible de considérer de la même manière le sujet humain et son rapport au monde, il est intéressant de s'interroger sur les conditions d'émergence de cette pensée originale qui bouscula tant d'idées et de pratiques !

    C'est à cet exercice que nous convie ici Jean-Bernard Paturet. En effet, philosophe et pédagogue, I'auteur nous introduit pas à pas dans l'univers culturel et philosophique dans lequel Freud évolua, et qui lui fournit de solides points d'ancrage. Trois courants culturels majeurs sont successivement envisagés dans leurs connexions et leurs contradictions avec les travaux du fondateur de la psychanalyse :
    - la culture juive ;
    - la culture germanique où le rationalisme des Lumières vient contre-balancer la créativité et l'attitude introspective des romantiques, où les concepts clés de Kant, Nietzsche, Schopenhauer donnent un éclairage particulier à la pensée freudienne ;
    - la culture grecque qui offre un support privilégié à une réflexion sur l'amour, le désir, sur le jeu des forces contraires...

    Cet ouvrage s'incrit dans une perspective nouvelle qui semble prometteuse d'un rapprochement de la philosophie et de la psychanalyse. A une époque où cliniciens, éducateurs, travailleurs sociaux s'interrogent sur l'éthique de leur profession, sur les valeurs qui sous-tendent leur pratique, la philosophie leur propose des éléments de réflexions, un fondement conceptuel à découvrir, redécouvrir ou reconstruire. Du fait de sa grande lisibilité, ce guide constitue une excellente introduction à un tel travail.

  • Fait irruption dans le monde actuel de l'homme un réel, celui que la science, avec son avatar politico-militaire, fourbit.

    Pour le transcender, le recours religieux reste, nonobstant l'assaut des lumières, plus que jamais imbattable : l'Anankê, depuis l'exit des dieux comme réel, oblige au Père,... soit-il humilié.

    Ce n'est qu'à rengréger sur le sens que la religion en résorbe l'insensé de la nature. La psychanalyse fait par contre pari, pour ce qui s'en manifeste comme symptôme, de désengrener ce qui en est le plus réel de la croyance où la quête du sens s'engouffre en un bruit de trou(pe)...

    Néanmoins, la psychanalyse, du seul fait de porter sur la façon dont les mots prennent leur poids de sens, peut se dévoyer en une pratique qui, de virer au sens, retourne
    à l'ornière herméneutique.

    Encore qu'à opérer par le symbolique comme praxis motérialiste du rëel, elle ait à recourir au sens, mais alors pour résoudre ce qui s'y jouit tout en l' excluant. Ainsi est-ce d'y parvenir qu'elle relève le sujet de ce dont il souffre : le ce qui ne va pas que le vinaigre de la nostalgie du père éponge là où le réel se met en croix comme symptôme.


    M.B.

  • S'inscrivant dans les recherches psychanalytiques actuellement consacrées à la féminité, ce livre dresse un bilan des pertes et profits de cette nouvelle époque de la vie que représente, de nos jours, la ménopause. Entre le biologique et le psychique, que se trame-t-il durant cette phase de maturation ?

    Physiquement bien dans leur corps grâce aux progrès de la médecine, socialement le plus souvent bien insérées grâce a leur statut professionnel ou leurs activités diverses, les femmes de cinquante ans entament une nouvelle étape de leur existence. Déliées en amont et en aval des investissements matemels et de leurs conséquences sociales, elles se trouvent "en vacance.

    Le temps de la mémoire commence et de sa projection en oeuvres dépend le futur. Nous découvrons ainsi dans cet ouvrage, tout au long de vies de femmes, comment les mains vides d'enfant peuvent s'ouvrir sur la stérile mélancolie, voire sur la pathologie, comment elles parviennent à s'animer dans l'urgence pour réaliser ce qui avait été laissé en suspens au profit du mariage et de la maternité.

    Le deuil de la procréation laisse un vide, un "rien" qui relance aussi bien la féminité que la création artistique. Ce verdict qui, pour une femme, sépare l'étant de l'existant, devient occasion d'un investissement libidinal radicalement autre. Qu'il conduise à la reconnaissance du féminin est le paradoxe soutenu. il nous encourage a ne pas faire de cette expérience l'épreuve négative dune privation. Dans le meilleur des cas, celle-ci sera le temps d'ourdir une derniere fois les deux versants d'ombre et de lumière de la féminité, le temps aussi d'être et davoir été.

  • S'appuyant sur une connaissance approfondie de la pensée analytique européenne et une solide culture littéraire et philosophique, le travail théorico-pratique que Ferro présente ici opère une conjonction féconde entre les développements bioniens de la pensée freudienne - notamment sur le rêve et sur le groupe - et les avancées de la philosophie et de la sémiologie italienne centrée sur l'oeuvre capitale d'Umberto Eco, ce dont le titre de cet ouvrage rend compte.

    "Pour approcher la démarche de pensée de Ferro, il ne suffit pas de rappeler qu'il est rompu à la métapsychologie, tant freudienne que kleinienne et bionienne, dont il contient les similitudes et les différences, maîtrisant leurs articulations sans jamais tomber dans un magma totalisant ou un ostracisme borné. Il faut ajouter qu'il utilise de la façon la plus pertinente sa compétence bionienne du domaine de la mentalité de groupe pour l'articuler, voire l'opposer, aux développements oedipiens du sujet. Il faut aussi souligner qu'il ne cesse de mettre à l'épreuve ses synthèses et ses apories théoriques au travers d'un enseignement s'étendant aux deux hémisphères de notre planète, et qu'il demeure curieux et ouvert aux élaborations nouvelles de ses collègues.

    Enfin il est rare de rencontrer un psychanalyste capable de parler avec une telle liberté et une telle sérénité des mouvements introjectifs qui lui permettent d'accueillir ses patients en tant que personnages, non seulement de sa rêverie diurne mais aussi de ses rêves de la nuit, et d'utiliser largement ce vécu privé pour l'analyse de son contre-transfert." (Florence Guignard)

  • Si l'assertion de Malraux selon laquelle le siècle qui s'annonce ne saurait qu'être religieux semble s'avérer dans la montée des intégrismes, la prolifération sectaire et le retour de la soumission collective aux idéaux, il en va d'un enjeu essentiel pour la psychanalyse de soumettre, dans l'actuel, les hypothèses freudiennes à ce nouvel agencement de la croyance.

    En effet, ce dernier constitue un des aspects les plus caractéristiques de l'environnement social contemporain. Il entraîne une modification notable des enjeux subjectifs tant chez ceux qui y sont en proie que chez ceux pour qui la mise en panne des croyances provoque un désarrimage qui les porte aux comportements les plus désemparés.

    Cet ouvrage entend faire part du fruit des réflexions de psychanalystes intéressés par ces questions qui sont au plus près de leurs préoccupations cliniques. Ils interrogent, en amont de l'examen des différentes pratiques ou des différentes formes qu'emprunte le religieux, le fondement psychique de la religiosité.

empty