Littérature russophone

  • Le Paon, c'est Pavline, un ancien serf qui a racheté au prix fort sa liberté. Devenu majordome au service de la propriétaire d'un immeuble divisé en appartements, dans le Moscou de la fin du XIXe, il fait régner un ordre impeccable. Sa vie est bouleversée quand il adopte puis élève une jeune aristocrate ruinée. Il finira par l'épouser pour qu'elle ne reste pas sans statut. Et surtout, il continuera à la servir et à la vénérer quand peu à peu elle reviendra vers sa classe d'origine, mais comme maîtresse d'un bel officier, un jour condamné à quitter Moscou pour la lointaine Sibérie... Le Paon se donnera corps et âme à cette aventure troublante, il s'exposera à des souffrances indicibles, se fera passer pour mort, mais demeurera inflexible dans son combat contre le mensonge et l'injustice.

    Nikolaï Semionovitch Leskov est né en 1831, honni par le camp progressiste, rejeté par les conservateurs. Il est mort en 1885. Tolstoï dira alors : "Le temps de Leskov n'est pas encore venu. Leskov est un écrivain de l'avenir."

  • L'histoire de Vera commence bien avant sa naissance, lorsque son grand-père participe à l'instauration du bolchévisme, puis traverse la Deuxième Guerre mondiale juste après la venue au monde de son fils, Suleïman. Cette saga familiale sur fond d'histoire de la Russie raconte le destin de Vera, née sous le signe du rejet maternel et de la mésalliance parentale, qui tente de trouver sa place aux États-Unis et en Russie. En quête de l'homme avec lequel elle fondera un foyer, elle ne rencontre que grossièreté et mépris. Les échecs de Vera sont-ils les siens, ceux des hommes qu'elle croise, ou ceux de la Russie ? La beauté a-t-elle sa place parmi l'obscénité et la violence ? Y-a-t-il en Russie une place pour une femme qui se prénomme « la Foi » ? Une écriture au scalpel, acérée et puissante.

    Alexandre Sneguiriev est né à Moscou en 1980. Diplômé en sciences politiques, il travaille aujourd'hui comme architecte et consacre tous ses moments libres à l'écriture. Auteur de nombreuses nouvelles, il est
    lauréat de plusieurs prix et considéré comme l'un des écrivains russes contemporains les plus prometteurs. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Je ris parce que je t'aime.

  • Bien décidée à ne pas vivre comme ses parents qui ont vu leur vie leur échapper, Macha fuit sa province morne et sans espoir plutôt qu'elle ne la quitte. Singulière, talentueuse, passionnée, opiniâtre, elle devient bientôt une réalisatrice très en vue sur la scène européenne. La vie de Macha défile, entre Berlin et Saint-Pétersbourg - l'omniprésence de la ville, qui a inspiré nombre d'auteurs russes avant Levental, confère un charme et une dimension particulière au roman. Très vite on comprend qu'aucun d'entre eux ne pourra véritablement aider Macha, que l'amour n'est pas le propos, la recherche du bonheur encore moins, et que la vie de Macha est une course en avant sur un chemin solitaire à la recherche de sa vérité artistique, dont le prix à payer est inévitable.

    Vadim Levental est né à Saint-Pétersbourg en 1981. Après des études de lettres, il devient éditeur chez Limbus Press et en même temps secrétaire du prix National Bestseller. Macha Regina est son premier roman, sélectionné pour le prix Booker russe et finaliste du prix Bolchaïa Kniga. Il a déjà été traduit en anglais.

  • "Par où commencer ? Quiconque aborde une page blanche est sans doute rongé par cette question. La logique suggère de se reporter aux temps anciens. Mais je ne suis pas le moine de Pimène [...]" Du narrateur, nous ne saurons pas grand chose, si ce n'est la bienveillante attention qu'il prête à ses congénères. Des jeunes gens, garçons et filles, qui sillonnent en tout sens leur pays aux nouvelles dimensions - la Russie d'aujourd'hui, de la Sibérie à Saint-Pétersbourg. Leur moyen de transport ? Le stop, qui permet de belles rencontres, d'amour et d'amitié. Un focus pertinent et impertinent sur une jeunesse russe qui se cherche.

  • Un petit garçon est abandonné par sa mère dans un aéroport. Recueilli par un couple, il grandit en essayant d'oublier. Devenu adulte, alors qu'il est enfermé hors de chez lui, tout lui revient en mémoire. Il va trouver son ex-femme, son meilleur ami, puis boit en compagnie d'un inconnu qui semble le comprendre.

  • "'Salam à toi, Dalagat !' dit l'homme qui s'avance vers lui d'un pas large et sûr. De la rue voisine parvient la musique rythmée d'instruments à percussion." Dalgat déambule dans les rues du marché, enivré par les bruits, les couleurs et les odeurs - et les filles, jolies, malicieuses. Nous sommes dans une petite ville de la République russe du Daghestan, et Dalgat nous semble un peu perdu. Perdu jusqu'où ? Les tentations sont nombreuses, mais d'autres veillent...
    Dans ce bref roman mené de main de maître, l'auteur dévoile une nouvelle donne politique, en Russie comme partout ailleurs : la montée de l'extrémisme. Et on a envie de crier : "Attention, danger !"

  • "Non, pas de sexe ni de vin. Seulement des livres, déclara Hunter, et il se plongea entièrement dans les paragraphes descriptifs de Jules Verne."Habitants et objets engloutis par la forêt, réserve de chasse sans le moindre gibier, un grossesse par Internet, Jules Verne qui tient tête à Brigitta...L'écriture d'Alexandre Seline est rapide, caustique, drôle et en même temps pleine d'empathie pour ses personnages, qu'il crée puis malaxe et triture pour mieux illustrer son propos essentiel : la Russie - le monde - tourne à l'absurde !Une révélation.

  • « Poutine se tut. Pendant quelques secondes, il continua d'hypnotiser la caméra. La neige tombait joliment sur son manteau noir de nomenklaturiste. Le morceau de Kremlin en fond d'écran - des murs, des sapins - était si crûment inondé par la lumière blanche qu'il semblait se préparer à l'atterrissage d'extraterrestres. » C'est le nouvel an. Natacha est partie étudier aux États-Unis et Pavel est resté seul à Oufa, employé de la compagnie aérienne ARTavia - la seule qui garantit la sécurité absolue à ses passagers... Et Pavel râle, parce qu'il se trouve nul, qu'il a un boulot nul et que ses copains sont nuls. Il râle parce que sa chérie est partie et qu'elle a raison d'être partie. Il râle comme toute cette nouvelle génération à qui tout est dû... sauf le bonheur. Un bonheur qui peut-être n'existe plus sur notre vieille Terre mais sur Mars. Eh bien, y a qu'à !

    Avec son écriture caustique, son approche pleine d'humour et de tendresse, Igor Saveliev nous donne à lire l'histoire de sa génération : aussi dérangeant que passionnant !

  • Kit, étudiant en médecine et fan de musique, vit la vie de tous les jeunes gens de son âge dans une ville quelque part en Russie celle daujourdhui, partagée entre le poids de lhistoire et les fantasmes du monde moderne, Macintosh à lappui. Pourtant, cest dans les livres quil va se forger. Se forger ? Quand il rencontre Diane, il tombe éperdument amoureux. Mais la jeune fille, fantasque, lemmène au bord de la folie. Et notre auteur, à linstar de son héros, hésite entre réalités et fictions. À travers les conclusions plurielles de son histoire, cest à la réalité plurielle quil rend hommage. Alors, réalité ou fiction ? Bien malin celui qui tranchera ! Un texte étourdissant.

  • Nous sommes dans la Russie rurale admirablement décrite par une jeune femme. On sent immédiatement que cette campagne immense nest pas encore guérie de son passé, même si elle est déjà prisonnière de son futur. En dressant le portrait de ceux qui lentourent, elle dessine celui de son pays société de consommation vorace, vies brisées par la répression soviétique, femmes assujetties et trop souvent résignées un monde sans avenir. Et pour lauteur, échapper à ce quotidien est une question de vie ou de mort. Mais rassurons-nous : nous sommes face à une battante !

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