Sciences humaines & sociales

  • Toute sa vie, Williams Burroughs n'a cessé d'intervenir, avec une méchanceté et une acuité remarquables, dans les grands débats de son époque. Au fil du temps, ses interventions ont fini par constituer une « mythologie », dont deux familles d'individus occupent les rôles principaux : les « Johnsons » et les « Shits ».
    Les Johnsons n'attendent qu'une chose, qu'on les laisse vaquer à leurs propres affaires. Les Shits, eux, obsédés par le droit et la raison, prétendent s'ériger en centre autour duquel toute existence doit graviter. À l'heure où les Shits se multiplient, dans la politique comme sur les réseaux sociaux, la mythologie de Burroughs et les plans qu'il a formés pour se débarrasser des emmerdeurs sont plus que jamais d'actualité. La révolution sera Johnson ou ne sera pas.

    Laurent de Sutter est professeur de théorie du droit à la Vrije Universiteit Brussel. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont, chez Léo Scheer, Théorie du trou (2011) et Métaphysique de la putain (2012).

  • En explorant une banale histoire de voyeurisme dans les toilettes pour femmes d'un café parisien racontée dans Une Sale histoire de Jean Eustache, Laurent de Sutter découvre une vérité cachée dans les replis des images de cette oeuvre cinématographique énigmatique et mythique.
    Théorie du trou est la reconstitution minutieuse de ce secret. L'auteur y développe un véritable Discours de la méthode « anti-philosophique », traitant de notre être comme de notre morale, du consensus social auquel nous nous accrochons comme des rêveries esthétiques par lesquelles nous tentons de le sublimer.
    Rien, dans ce traité philosophique, tout comme dans le film d'Eustache, n'est laissé intact : là où nous voyions du Beau ne reste que le Laid, là où nous pensions voir du Grand, on n'aperçoit que du Petit, et là où nous voyions du Vrai, ne se distinguent que le mensonge et la tromperie.
    Si les pensées de Laurent de Sutter sont des images (comme les images de Jean Eustache sont des pensées), elles ne sont certes pas à notre avantage, mais nous entraînent dans un voyage métaphysique fascinant et glaçant.

    Laurent de Sutter est né en 1977. Son dernier livre paru est Contre l'érotisme (La Musardine, 2011). Il dirige la collection « Perspectives Critiques » aux Presses universitaires de France.

  • Malgré le bavardage entourant la « question » de la prostitution, il semblerait que méditer la nature de la putain n'ait jamais suscité l'intérêt. Depuis toujours, ce n'est pas des putains que l'on parle, mais du « problème » qu'elles suscitent. Et s'il n'y avait ni « question » ni « problème » ? S'il n'y avait que des êtres, dont la particularité est de perturber les simples idées de « question » ou de « problème » ? Chaque fois qu'une putain entre dans un lieu, ce sont en réalité toutes les questions et tous les problèmes qui se trouvent affolés. Qu'est-ce que l'art ? Qu'est-ce que l'argent ? Qu'est-ce que le travail ? Qu'est-ce que la police ? Qu'est-ce qu'un sujet ?
    Au contact avec les putains, les interrogations paraissant les plus légitimes se trouvent soudain compliquées, et les réponses usuelles ridiculisées. Parce que les putains sont une figure : la figure de la vérité - et de ce qui, en elle, est insupportable aux forces de l'ordre, aux tartufes et aux gouvernements. Oui, les putains sont le visage même de la métaphysique.

    Laurent de Sutter est philosophe et directeur de la collection « Perspectives critiques » aux PUF. Il a notamment publié Théorie du trou, chez Léo Scheer, en 2013.

  • Deux chapitres des Essais de Montaigne ont été traduits en français moderne par Bénédicte Boudou :
    De l'oisiveté et De l'art de conférer




    Une nouvelle civilisation est en train de naître sur le Web, en voici le b. a. ba :
    a. Blog, b. Blogosphère, c. Pseudo, d. Fil, e. Troll, f. Trollisme, g. Conférence, h. Wannabe, i. Modération, j. Harcèlement, k. Billet, l. Communauté, m. Commentaire, n. Copinage, o. Loi de Godwin, p. E-réputation, q. Extime, r. Communauté virtuelle, s. Hypertexte, t. Flooding, u. Diffamation, v. Serendipity, w. Micro-blogging, x. Identité, y. Buzz, z. Intime.

    En vingt-six brefs chapitres où chacun des mots-clefs du e-vocabulaire est analysé, Léo Scheer explore les pistes de l'art de vivre sur le Net, en se fondant aussi bien sur son expérience que sur les analyses sociologiques ou neurologiques les plus récentes, ou encore sur les règles de l'art de conférer, telles que Montaigne les découvrait il y a six siècles.

  • Spinoza et Vermeer sont nés la même année, en 1632, mais le rapprochement qu'établit entre eux Jean-Clet Martin n'a rien à voir avec l'anecdote biographique, même s'il réunit au passage les indices de rencontres, voire d'une collaboration, entre le philosophe et l'artiste. Affaire de forme, de manière, de regard, leur intime parenté touche au coeur de leurs oeuvres. Au concept spinoziste de Dieu, substance unique constituée d'une infinité d'attributs, répond ainsi, dans L'Astronome de Vermeer, le rayon illuminant de mille feux le globe terrestre.
    Jean-Clet Martin, dans cet essai philosophique libre, forme légère donnée à une interrogation profonde, questionne l'éternité telle qu'elle se présente quand elle rencontre le temps. Il contemple les concepts de Spinoza et médite la lumière de Vermeer pour approcher la réalité de ce qui dépasse toute réalité, et en donner, avec la modestie que nécessite toute entreprise hardie, l'abrégé, le bréviaire.



    Jean-Clet Martin, philosophe, est l'auteur d'une oeuvre prolifique qui comprend notamment des essais sur Deleuze, Borges, Van Gogh ou Aristote, une étude des ossuaires médiévaux et un abécédaire de l'érotisme. Il a aussi publié deux romans aux Éditions Léo Scheer, La Chambre (2009) et Morningside Park (2011).

  • Les textes qui composent ce premier volume d'une série à venir intitulée Circonstances portent sur quelques séquences brèves et récentes de l'actualité planétaire ; ils sont parmi les plus polémiques, les plus sarcastiques, les plus scandaleux peut-être (c'est le souhait de l'auteur) que ces « circonstances désastreuses » pouvaient lui inspirer. Qu'elles pouvaient lui inspirer en philosophe. Qu'elles pouvaient lui inspirer plus précisément, et pour emprunter à son lexique, en métapolitique. Qu'est la métapolitique ? Le moyen qu'offre la philosophie de défaire les opinions établies et les propagandes dominantes.
    Quels mots établissent le langage, quel langage le jugement, quel jugement l'opinion, quelle opinion la propagande, et quelle propagande enfin le pouvoir dominant ; c'est ce que ce volume 1 de Circonstances analyse avec enjouement autant qu'avec gravité.

  • Que peut la philosophie sur la politique ? Rien, entend-on partout. Au contraire, dit Alain Badiou, la philosophie ne cesse pas de rencontrer la politique, rencontres qui sont autant de ces « circonstances » dont est formé le présent volume. Comme le précédent, celui-ci rappelle que, pour le philosophe, une circonstance n'est pas forcément ce qui fait la une des journaux. Qu'au contraire, c'est lui qui décide de l'importance de ce qui arrive. Autrement dit, qu'il s'agisse, comme c'est le cas ici, de la guerre en Irak, de la querelle du foulard, de l'art contemporain ou des rapports de l'Allemagne et de la France, philosopher consiste à éclairer la distance entre la pensée et le pouvoir (savoir si l'on peut la franchir), à marquer la valeur de l'exception (savoir si l'événement porte à la rupture) ; en dernière instance : à choisir.

  • Ce qui sert de point de départ au présent recueil, ce qui a suscité son existence, n'est pas l'évidence des antisémitismes anciens et nouveaux. C'est un débat de portée plus générale, ou plutôt un débat qui doit être tranché de manière préliminaire, même entre ceux qui s'accordent à ne pas supporter la moindre allusion antisémite. Il s'agit en effet de savoir si le mot « juif » constitue, oui ou non, un signifiant exceptionnel dans le champ général de la discussion intellectuelle publique, exceptionnel au point qu'il serait licite de lui faire jouer le rôle d'un signifiant destinal, voire sacré.
    On voit bien qu'on n'aborde pas de la même façon le processus d'éradication des formes de conscience antisémites si l'on pense qu'elles sont essentiellement distinctes de toute autre forme de racialisme discriminatoire, ou si l'on pense que toutes ces formes n'en appellent pas moins des réactions du même type : égalitaires et universalistes.

    Les textes d'Alain Badiou ici réunis sont suivis, en annexe, de « Signifiant-maître des nouveaux aryens », de Cécile Winter.
    enoncer à rien sans déclencher l'alarme.

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  • Relisant les Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes et le premier volume de l'Histoire de la sexualité de Michel Foucault, Didier Eribon dégage le geste politique et théorique commun qui les sous-tend : une volonté de résister au freudomarxisme de l'après-mai 1968 et, plus généralement, d'échapper à l'emprise de la psychanalyse. L'amour chez l'un, le « corps et les plaisirs » chez l'autre, l'amitiéchez les deux deviennent les vecteurs d'une réflexion sur les possibilités de s'inventer soi-même, et sur les moyens de fonder une éthique et une politique de la subjectivation, débarrassées de la conceptualité analytique et du rôle de frein à l'innovation que celle-ci ne cesse de jouer. À un moment où, dans le sillage de la théorie queer, la pensée radicale se tourne à nouveau vers la psychanalyse, ce texte bref prend la valeur d'un manifeste en proposant de réactiver au contraire le mouvement de fuite à l'égard de cette dernière qui a caractérisé la philosophie des années 1970.

  • « On a tous entendu parler de la théorie cartésienne de l'animal-machine. On sait moins que cette théorie a largement riposté à la bienveillance envers l'animal préconisée par certains penseurs de la Renaissance, Montaigne en particulier. L'intérêt de Montaigne pour l'animal est philosophique : il conteste l'arrogance de l'homme à s'estimer maître de la nature, et opère un renversement de perspectives. Il invente une pensée de l'animal regardant l'homme. À une vision verticale, Montaigne substitue une relation horizontale entre les hommes et les bêtes, faite de solidarités réciproques. Les animaux ne rappellent-ils pas aux hommes le respect de la nature ? La réflexion de Montaigne le conduit encore à réhabiliter le rôle de la sensibilité dans la compréhension du monde. Ne serait-ce que pour cette raison, les Essais méritaient bien un nouveau regard. »

    Extrait de: Bénédicte Boudou. « Montaigne et les animaux. » iBooks.

  • Après le déclin de l'Europe, de nombreux observateurs annonçaient celui des États-Unis. Trop tôt : malgré la récession et les crises, le déclin de l'Amérique n'est pas au rendez-vous. De nouveaux gisements de pétrole, de gaz et une véritable révolution énergétique sont en train de relancer l'industrie.
    Cette fois, la croissance ne repose pas sur une succession de bulles spéculatives mais sur d'immenses besoins en infrastructures, et sur les créations d'emplois qui en découlent.
    Loin des clichés, si fréquents lorsqu'il s'agit de la première puissance mondiale, Évariste Lefeuvre pose son regard de spécialiste sur une Amérique en pleine mutation. L'Europe a tout à apprendre de cette nation, certes fragilisée, fragmentée, paradoxale, mais qui prouve, une fois de plus, son extraordinaire capacité à se réinventer face aux grands défis de demain.

    Évariste Lefeuvre est un économiste français installé à New York. Il est l'auteur de Sortir de l'euro ? Une idée dangereuse (2011) et de La Logique du hasard (2010), publiés chez Eyrolles. Chez le même éditeur, il a également coécrit, avec David Abiker, le Dictionnaire posthume de la finance (2009).

  • Ce livre est né d'un séminaire intitulé French Theory Today - An Introduction to Possible Futures, donné à la Public School de New York en 2010 et consacré à cinq philosophes français : Catherine Malabou, Bernard Stiegler, Mehdi Belhaj Kacem, Quentin Meillassoux et François Laruelle.
    La perspective dans laquelle se place son auteur est celle d'un outsider étranger au contexte français, aux querelles de clocher de l'élite philosophique parisienne ainsi qu'à l'antique genèse de ses factions politiques. Sous le nom de «nouveaux réalistes », il ne s'agit donc pas de repérer l'émergence d'une nouvelle école mais de faire apparaître, en respectant la singularité de chaque auteur, des chemins de pensée qui témoignent d'un intérêt renouvelé à l'égard de la vérité. L'auteur rassemble ici, entre ontologie, redéfinition de l'objet et critique du capitalisme, quelques-uns des thèmes les plus significatifs du discours d'aujourd'hui. Il démontre qu'à la crise de la théorie succède la recherche d'autres logiques pour d'autres mondes.
    La question désormais décisive de la philosophie pourrait se formuler ainsi : êtes-vous du côté du réel ou du côté de l'histoire ?

  • Que faire de la souveraineté, d'une idée de la souveraineté qui semble sortir plus dense de toutes nos tentatives pour nous en débarrasser ? Ne devons-nous pas plutôt l'effriter de l'intérieur, depuis son caractère absolu, exclusif, purement théorique, depuis son indifférence, depuis sa suffisance, pour comprendre qu'elle se joue en fait toujours dans le repli et la négation, qu'elle est d'abord un signe de faiblesse. L'analyse de la construction du principe de souveraineté et de sa mise au centre du politique à l'aube des Temps Modernes nous montre en effet une souveraineté essentiellement inquiète d'elle-même et n'ayant de sens que dans cette inquiétude, dans le projet de signifier, à l'encontre de Machiavel, que le politique peut être à l'abri de la variation et de la division. Cette souveraineté-là, dont on peut suivre pas à pas la construction dans les textes de Bodin, se révèle avant tout dans les relations de manque et de repli qu'elle doit entretenir avec le droit et le gouvernement.

  • La Vie énigmatique des signes Le Cours de linguistique générale de
    Ferdinand de Saussure, texte fondateur dont se revendiqueront Lévi-Strauss, Lacan, Barthes et tout le mouvement connu sous le nom de structuralisme, est pourtant un texte mystérieux, rédigé par des disciples après sa mort à partir de notes de cours. Montrant que cette énigme de Saussure n'est autre que celle des signes eux-mêmes, qui se transforment à mesure qu'on les utilise, ce livre reconstitue dans toute son ampleur et dans toute son actualité la pensée fragmentée du maître du structuralisme.
    On comprend alors comment une obscure découverte linguistique de la fin du XIXe siècle a ouvert aux grandes oeuvres de la philosophie française des années 50 et 70. Loin d'être un ouvrage d'érudition, ce livre plaide en faveur d'une réouverture des questions du structuralisme. Il nous apprend que parler, c'est toujours parler une langue en train de se transformer. Par les signes, nos pensées nous échappent et se mettent à vivre d'une vie propre - nous entraînant dans une histoire dont nul n'est jamais maître.

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  • Ça y est, nous y sommes ! La Revue littéraire est à nouveau disponible ! Lancée en 2004 par Léo Scheer, elle avait vu sa parution mise entre parenthèses suite à une restructuration de la maison d'édition. Pour autant, elle n'avait jamais cessé de dire ses coups de coeur ou de griffes, dans un blog (le blog de la RL) hébergé sur le site internet des Éditions Léo Scheer. La revue revient donc aujourd'hui sous une forme inchangée de sa version papier, mais avec une nouvelle équipe de chroniqueurs très hétéroclite, composée de romanciers, de blogueurs, de critiques, d'enseignants, d'étudiants.
    Pour ce second acte de naissance avec le no 55, nous avons décidé de mettre à l'honneur la rentrée littéraire 2014. Comme un hommage à la littérature. La plupart des livres recensés dans les pages qui suivent sont déjà disponibles en librairie. Nous espérons que vous trouverez, à travers nos regards, de quoi vous orienter parmi la masse publiée, comme chaque année, à cette période.
    Bien évidemment, tous ne sont pas répertoriés dans ce numéro, mais nous avons tenu à vous offrir un panel le plus éclectique possible. Et si nous devions nous baser sur notre échantillon, il en ressort une qualité littéraire certaine : 2014 est un bon cru. Nous en profitons pour remercier les maisons d'édition qui nous ont fait confiance et soutenus en nous faisant parvenir leurs nouveautés de la rentrée avant ou pendant l'été.
    Dans ce nouveau numéro, outre des notes de lecture, vous trouverez un entretien de la rédaction avec Nicolas d'Estienne d'Orves ; un bel échange entre traducteurs : Pierre Malherbet et Sika Fakambi ; une critique du premier roman de la journaliste Nelly Kaprièlian sur Greta Garbo, accompagnée de la traduction inédite d'un article datant de 1929 et signé par la Divine elle-même ; et un article sur le phénomène Stephen King, à l'occasion de la sortie américaine de son dernier opus, Mr Mercedes (à paraître en France chez Albin Michel).
    Nous vous laissons découvrir tout cela, en vous souhaitant bonne lecture !

    Myriam Thibault et Lilian Auzas


    Les contributeurs : Sophie ADRIANSEN (auteur, bloggeuse et critique littéraire), Hafid AGGOUNE (romancier), Lilian AUZAS, (romancier), Francesca B. (journaliste), Mounir BELHIDAOUI (critique littéraire), Lucille BION (étudiante en lettres modernes appliquées), Antoine BÖHM (directeur de la revue Theoria et chercheur en philosophie, philologie et politique), Camille BORDERIE (étudiante en lettres), Clément BOSQUÉ (agrégé d'anglais, romancier, critique littéraire et directeur d'établissement social),Lize BRAAT (éditrice et traductrice), Alma BRAMI (romancière), Morgan CARIOU (aphoriste), Thibault COMTE (étudiant en lettres), Angie DAVID (éditrice et romancière), Fabrice DEL DINGO (romancier et critique littéraire), Pierre DUCROZET (romancier et critique littéraire), Jérôme ENEZ-VRIARD (romancier et critique littéraire), Armelle FAVRE (étudiante en lettres et en philosophie), Guillaume FÉDOU (chanteur et romancier), Eli FLORY (agrégée de lettres, enseignante et essayiste), Laure GAUTHIER (agrégée d'allemand, maître de conférences à l'université de Reims et auteur), Kevin JULIAT (bloggeur critique littéraire et romancier),Jean-François LATTARICO (agrégé d'italien, professeur à l'université Lyon 3, Arnaud LE GUERN (romancier, éditeur, biographe et critique littéraire), Marie-Magdeleine LESSANA (psychanalyste, auteur et essayiste), Thomas LOUIS (bloggeur critique littéraire et étudiant en lettres), Alexandre MACÉ-DUBOIS (journaliste et nouvelliste), Emmanuelle MAFFESOLI (romancière), Abeline MAJOREL (critique littéraire et directrice du réseau d'experts Chroniques), Pierre MALHERBET (traducteur de l'allemand), Danielle MAUREL (animatrice de débats littéraires et d'ateliers d'écriture), Claudio MORANDINI (italien, romancier et critique littéraire), Myriam THIBAULT (romancière), Alexandra VARRIN (romancière), Alexandre WÄLTI (suisse, étudiant en langues et journaliste).

    © Éditions Léo Scheer, 2014

  • Un cinéphile découvre, sur le tard, l'opéra, sous la seule forme de DVD. Il savait que le cinéma s'est toujours défini par opposition au théâtre ; il découvre que, syntaxe musicale oblige, le cinéma est une gigantesque répétition des procédés de l'opéra. Pendant trois ans, il n'interroge plus son rapport à la seconde vie de l'opéra, le cinéma, qu'à travers le visionnage de plusieurs versions des mêmes opéras, chroniqués pour des magazines réels ou imaginaires. Le présent livre est un florilège de ces chroniques.


    Mehdi Belhaj Kacem, né en 1973, s'est d'abord fait connaître pour ses oeuvres de fiction (il publie Cancer, son premier roman, en 1994), avant de s'imposer comme l'un des philosophes actuels les plus féconds. On lui doit notamment L'Antéforme (1997), L'Essence n de l'amour (2001) ou, dernièrement, L'Esprit du nihilisme (2009), Après Badiou et La Conjuration des Tartuffes (2011). Cinéphile actif, il a également été acteur pour Laetitia Masson (En avoir ou pas, 1995) et Philippe Garrel (Sauvage innocence, 2001).

  • L'exceptionnelle exigence intellectuelle et littéraire de l'oeuvre de Maurice Blanchot n'est plus à démontrer. Sa pensée politique, cependant, est peu connue : les textes et déclarations réunis ici pour la première fois ont en effet été écrits pour des revues, éphémères ou parfois confidentielles, et signés par plusieurs (pour témoigner d'un mouvement collectif) ou par personne (pour que tous puissent s'en sentir responsables).
    Si marqués que soient tous ces textes par le refus (titre du premier d'entre eux, paru en 1958), ils n'en constituent pas moins l'une des formes les plus hautes de l'affirmation : affirmation de la possibilité de penser en commun, de penser communautairement la possibilité d'une existence politique recommencée.
    « Refuser n'est jamais facile, écrit Blanchot, nous devons apprendre à refuser et à maintenir intact, par la rigueur de la pensée et la modestie de l'expression, ce pouvoir de refus que désormais chacune de nos affirmations devrait vérifier. »

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  • L'origine et la filiation ne concernent plus seulement la
    parenté mais ont envahi la pensée politique, l'histoire, la culture. Comment la généalogie a-t-elle colonisé nos imaginaires, pourquoi est-elle devenue un instrument normatif des savoirs et des comportements ? Elle assigne des places, elle légitime des hiérarchies et des valeurs, et sert aujourd'hui à dramatiser une crise de la transmission.
    La critique proposée ici s'inspire des théories et des fictions qui ont cherché à briser cet ordre généalogique. Des utopies sur la communauté sexuelle aux dérèglements de la mondialité, en passant par les espoirs pervertis d'une fraternité révolutionnaire, cet ouvrage révèle un « paradigme généalogique » au coeur de nos représentations, et pose des questions à la fois inactuelles et urgentes : qu'est-ce qu'une ressemblance de famille ? Comment reconnaître nos semblables ? Sur quelles scènes, intimes et collectives, déjouer les assignations identitaires ?


    Professeur à l'université de Paris VIII, François Noudelmann a présidé le Collège international de philosophie de 2001 à 2004. Il a écrit des livres sur Sartre, Beckett, la théorie de l'image et les avant-gardes.

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  • Méditation sur la mort par un sujet qui a vécu toute sa vie comme négation et cherche à mettre en relation réalité et vérité. Vérité intérieure qui dénoue l'angoisse née du monde comme menace et s'ouvre à la révélation, acte de foi par lequel le sujet récupère le sens et la valeur de la Parole.

    Ce troisième livre de David Nebreda prolonge une démarche qui s'est affirmée dans les deux premiers volets de son oeuvre (Autoportraits, 2000 et Chapitre sur les petites amputations, 2004). Mais ce livre, dans lequel la photographie s'efface au profit de l'écriture, s'engage sur une voie nouvelle où s'amorce, par delà une réalité douloureuse, une authentique mise en question du Bien et du Mal.

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