Desjonquères Editions

  • Dans cette évocation de la campagne de Russie à laquelle il participa en tant que chasseur alpin italien, Rigoni Stern fait revivre à nos yeux les moments forts de sa vie. Au-delà des hostilités imposées et de l'absurdité des combats, les contacts humains avec la population locale, élémentaires et essentiels, demeurent.
    Trente ans après, l'auteur du Sergent dans la neige, revient dans les steppes russes parcourir à nouveau le tragique itinéraire où la plupart de ses camarades sont tombés. Passé et présent alternent, mais l'identité des souffrances vécues rapproche les deux camps autrefois opposés ; l'auteur retrouve alors les qualités de l'âme russe découvertes dans les camps de prisonniers. La guerre n'a pas épargné non plus le plateau d'Asiago, en Vénétie, haut lieu de la Résistance. De tout cela, Rigoni Stern porte témoignage. Avec un réalisme sobre, nourri d'émotion et de poésie face à la nature, il fait sortir de l'anonymat des humbles qui, forcés par les horreurs de la guerre à se révéler, acquièrent une dimension légendaire.

  • De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique noire a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du Continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kenya au Zaïre. Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes.
    De leurs tâches quotidiennes à leurs activités économiques, de leur éducation à leur sexualité, de leur influence sociale à leur rôle politique, de leur affectivité à leur créativité, tout contribue à faire des femmes africaines un des moteurs de leurs sociétés.
    Connaître leur histoire, c'est comprendre le rôle essentiel qu'elles ont joué dans l'histoire du Continent, mais aussi, par l'espoir dont elles sont porteuses, les possibilités d'évolution des sociétés africaines.

  • Narrant sur des modes très variés, du burlesque au tragique, la naissance et les premières années d'un enfant naturel sans nom et sans fortune, puis ses amours avec la fille d'un richissime lord anglais pendant la guerre franco-anglaise de 1776-1783 et les années sombres de la Révolution française, L'Enfant du carnaval, publié en 1796, a connu trente ans de franc succès. C'est l'un des premiers romans populaires français, et l'amorce, par son rythme effréné d'aventures à jet continu, des romans de Paul de Kock et de Ponson du Terrail.
    Dans ce roman truculent, à rebondissements multiples, le burlesque, le picaresque sont mis à contribution en même temps que le pathétique et le dramatique.
    Pigault-Lebrun, montreur d'images, nous offre également les portraits hauts en couleurs de nombreux types sociaux de la bourgeoisie de province et du peuple de Paris.

  • Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Égyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite « hellénistique » qui allait assister au si au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-États de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeur d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine.
    C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de moeurs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.
    Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure.
    Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.

  • Dans la vieille terre d'aurochs qu'est l'Espagne, la mise à mort des taureaux était une activité ancestrale. Existant au moins depuis le XVIe siècle, le toreo à pied populaire se détache progressivement de la tauromachie à cheval de la noblesse. Né dans les abattoirs sévillans contre la volonté des autorités, le toreo moderne se hausse peu à peu à la hauteur d'un art. Codifié au XVIIIe siècle, il atteint son apogée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Spectacle dont les grands matadors sont les idoles, la corrida est aussi un phénomène social lié à l'essor des villes et qui a donné naissance à une microsociété, le mundillo. Par ses relations avec les bouleversements de l'Espagne, ses interactions avec l'élevage et le tourisme, elle a en outre une dimension politique et économique. Par-delà la péninsule ibérique, la tauromachie exerce un rayonnement mondial, de l'Amérique latine au Midi de la France où elle est devenue un phénomène culturel essentiel.

  • L'histoire de la littérature, telle que l'a pratiquée Robert Mauzi, tient à la fois de la science et de l'art. Dans cet essai sur madame du Châtelet, trop souvent réduite au statut de compagne de Voltaire, R. Mauzi met en valeur une femme passionnée par la vie, douée pour la philosophie comme pour les sciences, animée par l'exigence de comprendre le monde. Une vraie femme des Lumières, la seule peut-être qui incarne, en France, le coeur et l'esprit de son siècle.
    Sous la plume de Robert Mauzi, la connaissance du passé vibre d'une interrogation sur les sensibilités d'aujourd'hui, nos plaisirs et nos peines.

    Robert Mauzi (1927-2006) fut professeur à l'Université de Lyon, puis à la Sorbonne. Dès sa parution en 1960 L'idée du bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XVIIIe siècle s'est imposé comme une somme sur les Lumières, régulièrement rééditée. Elle a fait connaître Robert Mauzi, l'ami intime de Michel Foucault et de Roland Barthes, comme un de nos plus subtils historiens des idées.

  • « ... J'entrai dans la boutique. Il ne me restait plus de curiosité pour la marchande ; mes yeux étaient fixés sur la poupée. » Ainsi naît la fascination qu'éprouve un jeune homme pour une figure féminine miniature, une poupée si parfaite qu'on la croirait vivante. En réalité, elle l'est, c'est une sylphide qui a pris cette apparence et qui fera son initiation amoureuse.
    Ce roman à l'érotisme délicat et pervers nous propose une véritable pédagogie du plaisir différé à l'opposé du libertinage de conquête.

  • Amoureux fou de Milady Juliette Catesby, pourquoi Milord d'Ossery, la veille de son mariage, disparaît-il pour en épouser une autre ?
    Voici l'énigme que Juliette ne sait résoudre et l'offense qu'elle ne veut pardonner lorsque Milord d'Ossery - veuf - revient vers sa première maîtresse avec autant de passion que s'il n'avait jamais changé !
    Plaisirs d'amour et souffrances d'amour vont alterner de façon très heureuse au cours d'un échange de lettres entre Juliette Catesby et son amie Henriette Camplay.
    En somme, que des êtres incompréhensibles l'un pour l'autre se fascinent, se poursuivent et cherchent à s'unir, voici les données d'une énigme heureusement assez insoluble pour que l'avenir du roman demeure pour longtemps assuré.
    Diderot dans sa correspondance a fait l'éloge des Lettres de Milady Juliette Catesby : « La seconde lecture m'a fait encore plus de plaisir que la première. Cet ouvrage aura du succès. Je vous conseille de le donner et de l'avouer. »

  • Un château-fort imprenable surgit au détour d'un chemin et des pages jaunies d'un volume oublié. Une belle héroïne évanescente est enlevée par des brigands mystérieux. Des figures spectrales hantent l'intrigue et l'imagination. Il est minuit. Des portes grincent. Des hiboux hululent. Le pire paraît certain. L'abîme s'ouvre sous vos pas. Vous êtes dans un roman gothique. Dévorées par des lecteurs divers, de Balzac comme de Breton, ces oeuvres constituent une étape essentielle de notre modernité littéraire et sont aux sources du surréalisme, tout autant que de la fiction policière.Le présent ouvrage redonne vie et actualité à des livres oubliés, d'un genre à la fois célèbre et méconnu. Il fait le point, pour la première fois, sur le roman noir en France, des écrits sombres inauguraux des Lumières finissantes, aux récits hallucinés de Bataille.Place sous la responsabilité de Catriona Seth (Nancy Université et Indiana University Bloomington), auteur de nombreux travaux sur la littérature et l'histoire des idées du XVIIIe siècle, ce volume comprend des chapitres de spécialistes confirmés, ainsi que de jeunes chercheurs.

  • Avec les Éléments de littérature de Marmontel, le XVIIIe siècle livre la somme de ses réflexions en matière desthétique littéraire. Louvrage se présente à la façon dun dictionnaire : 192 entrées thématiques examinent les catégories essentielles de lanalyse littéraire, depuis « abondance » jusquà « vraisemblance », en passant par « comédie », « fable », « imagination », « opéra » ou « traduction ».
    Par leur forme alphabétique, qui exclut toute notion de hiérarchie, les Éléments de littérature récusent les normes à respecter et les modèles à imiter : les canons hérités du Grand Siècle cèdent le pas à une littérature née de linvention et cultivant la variation. Luvre sefforce de refléter les belles-lettres dans leur diversité historique et géographique.
    Ce temps, qui savait dire des choses profondes sans lourdeur, maîtrisait aussi lart denseigner en divertissant. Marmontel illustre son propos danecdotes et de traits desprit tirés de la tradition des lettres depuis lAntiquité, qui font de son uvre un trésor du genre.

    Les Éléments de littérature font ici et pour la première fois lobjet dune édition critique.

  • Lorsqu'en 1790 il prend envie à Rivarol de « faire le dénombrement des grands hommes de chaque espèce qui d'une paisible monarchie ont fait une si brillante république », il se montre à la hauteur des circonstances et met tout son talent de critique, sa verve inimitable, son sens du trait au service de son projet.
    Voici, dans l'ordre alphabétique, 136 personnages de la Révolution « croqués » par ce pamphlétaire de génie en quelques phrases acérées et impertinentes. Les plus obscurs côtoient les plus célèbres, la médiocrité des uns nivèle la gloire des autres.

  • Un amour fou, immense, fusionnel, troublé par les méprises, contré par les intrigues, traversé par les coups du sort : tel est le. ressort des aventures de Fanny et de Cleveland.
    Leur rencontre s'est faite au fond d'une grotte d'Angleterre où le héros, bâtard de Cromwell, a fui le tyran. Leur passion les jette dans un enchaînement d'aventures inouïes, auxquelles Prévost, conteur inlassable, a le don, comme Alexandre Dumas, de faire croire. Actions généreuses et sombres machinations, enlèvements, duels, expéditions maritimes, rencontres, reconnaissances, l'invraisemblable, pris dans la trame du quotidien, est le climat naturel de Prévost.
    Dans la grande machine romanesque, tous les personnages sont emportés par une intrigue irrésistible. Unissant à une confession poignante un souffle épique, le récit de Prévost exprime l'inquiétude profonde de chaque homme, sa nostalgie d'émotions infinies. Son roman est aux lettres ce que les opéras de Haendel sont à la musique : il en a la vaillance, les immenses douleurs, la géniale démesure.

  • A la lumière de l'expérience de l'édition en cinq langues de son essai La Démocratie, histoire d'une idéologie, Luciano Canfora soulève une question essentielle : l'usage de l'histoire et sa réécriture en fonction du présent, surtout lorsqu'il s'agit de sujets sensibles comme le stalinisme ou le nazisme.

  • Les origines du caoutchouc sont sacrées. Il y a plus de 2000 ans les Mayas, les Olmèques puis les Aztèques reconnaissaient en lui le sang du monde.
    Fascinés par cette matière mystérieuse, les conquistadors ne surent cependant qu'en faire. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que les Français La Condamine et Fresneau révélèrent le caoutchouc aux savants européens qui n'eurent de cesse de percer à jour ses secrets. Gomme à effacer, chaussures et tissus imperméables firent alors leur apparition. Pour approvisionner l'Europe et les Etats-Unis, les « barons du caoutchouc » saignèrent la forêt amazonienne.
    Au milieu du XIXe siècle de géniaux inventeurs perfectionnent les pneumatiques : Dunlop pour le vélo, les frères Michelin pour l'automobile. L'explosion de l'utilisation du caoutchouc, permettant notamment l'essor des transports automobiles, bouleverse la civilisation. L'Amazonie ne suffit plus. Elle est progressivement remplacée par les plantations d'hévéas d'Asie du Sud-Est et d'Afrique.
    Révélant son importance stratégique, les deux conflits mondiaux font naître une prodigieuse industrie du caoutchouc synthétique qui assure aujourd'hui les 2/3 de la production mondiale.
    Réservé jadis aux dieux, le caoutchouc est devenu en l'espace de deux siècles un produit essentiel à l'humanité moderne.

  • Auréolée de légende, la bibliothèque d'Alexandrie a réussi à incarner le mythe surréel qui voulait rassembler en un lieu clos les livres du monde entier.
    Ce fragile monument de la pensée humaine prétendait en symboliser l'immortalité, pourtant ses livres

  • Élaboré en Italie et en France, l'art du ballet occidental a connu pendant cinq siècles un prodigieux essor. Il a subi de nombreuses influences, tout en restant fidèle à ses aspirations initiales : maîtrise de l'espace, du rythme corporel, des mouvements

  • Le 20 mai 1498, trois vaisseaux portugais, après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance, atteignent les côtes des Indes orientales. Cet événement majeur dans l'histoire du monde inaugure une longue période d'échanges entre Occidentaux et Orientaux.Chaque grande nation européenne, désireuse de disposer de sa propre Compagnie des Indes, met en place de puissantes institutions qui bénéficient du monopole des relations commerciales et maritimes. Le développement de leurs flottes transforme cette aventure en épopée maritime. La demande croissante de produits d'Asie conduit les Compagnies à rivaliser pour la conquête de nouveaux marchés. Installées peu à peu dans toutes les Indes orientales, elles deviennent de formidables machines de pouvoir, élément essentiel du processus de conquête du monde par les Européens.Le présent ouvrage est la première approche comparative consacrée aux différentes Compagnies des Indes.

  • Jusqu'au XIXe siècle, l'auteur et l'acteur régnaient sur la scène. Ce n'est qu'autour de 1880 que le metteur en scène s'impose à leur côté et avec lui, un art nouveau, la mise en scène.
    Mais comment faisait-on avant, pour ordonner la pratique de la scène et lui donner sens et poésie ?
    C'est à cette question, adressée au théâtre de toute l'Europe, que ce livre veut répondre. Les études ici réunies dessinent les prémices véritables du théâtre d'aujourd'hui.

  • Variante moderne du mythe de Prométhée, reconnaissable à sa quête de savoirs et de pouvoirs interdits, le mythe de Faust apparaît comme le plus propre à décrire les enjeux de la modernité.Authentique savant ou farceur diabolique ? Dès lors que la littérature s'empare du personnage, il n'est plus nécessaire de choisir entre les deux aspects. Faust est une figure ambiguë: c'est que partout où la volonté de savoir rencontre le désir, partout où sont en jeu les limites de la condition humaine, le comique et le tragique se frôlent jusqu'à parfois se confondre.La variété des approches ici réunies - littéraire, musicale, philosophique, psychanalytique - dévoile les enjeux demeurés fondamentaux de la Renaissance à nos jours, et met en lumière la présence, dans notre imaginaire, de cette figure obsédante.Textes réunis et présentés par Jean-Yves Masson, écrivain, traducteur, professeur de Littérature Comparée à l'Université Paris X Nanterre.

  • Cette vaste étude sur Don Juan n'a cessé depuis sa parution en Italie de susciter le plus vif intérêt de la part de tous ceux qu'intéressent l'histoire littéraire, musicale ou théâtrale. Giovanni Macchia propose en effet, dans cet ouvrage, une interprétation dynamique du personnage de Don Juan à travers les multiples oeuvres qu'il a inspirées, et souligne certains aspects de son extraordinaire destin.« J'ai voulu, explique Macchia, suivre le destin paradoxal d'un mythe typiquement baroque qui continue à vivre pendant plus de trois siècles » ; « au cours de cette histoire éternelle où s'affrontent le ciel et la terre, la statue du Commandeur victorieux a mille fois volé en éclats alors que le satanique, le haïssable Don Juan est toujours vivant, dans son immortelle jeunesse ». Ce volume s'enrichit dans sa seconde partie de textes rares ou inédits.

  • Si l'histoire de l'Europe a pu à l'occasion s'éclairer d'un sourire, ce fut, au gré des temps, sur ses rives méditerranéennes et occidentales. L'Europe centrale et balkanique en est la face tragique. Lieu de rencontre des Baltes, des Slaves, des Magyars, des Albanais, des Roumains et des Grecs, cet immense territoire a été depuis des siècles le théâtre d'une prodigieuse mêlée d'intérêts et de passions.La constellation de ses peuples se dessine au lendemain des Grandes Invasions. Au Moyen Age, une sorte d'équilibre interne s'y établit. Les temps modernes voient naître les ordres imposés de l'extérieur. L'ordre ottoman, l'ordre germano-magyar, l'ordre russe se succèdent, bouleversant tour à tour le visage de cette partie du monde, dont ils aggravent chaque fois la complexité.L'étude conjointe des permanences géopolitiques et des évolutions historiques de l'Europe centrale et balkanique permet de comprendre les données actuelles du problème de sa nécessaire réorganisation politique, consentie et non plus imposée.

  • L'histoire du thé remonte dans le plus lointain passé de l'Asie ; légendes et histoires se mêlent pour raconter ses origines en Chine, plus de 2 000 ans avant J.-C.
    Peu à peu, la préparation et la cérémonie du thé allaient s'élaborer dans des rites raffinés qui trouvèrent leur voie idéale dans le taoïsme chinois. Le Japon fut ensuite initié à ses délices et en fit un élément essentiel de sa culture.
    C'est seulement au XVIIe siècle que l'Europe découvre le thé quand les navires de la Compagnie des Indes orientales ramènent d'Extrême-Orient la précieuse denrée. Les Anglais font alors du thé leur boisson nationale et son commerce est une des bases de leur suprématie mondiale à l'époque des clippers. Tout un art de l'hospitalité se crée par le thé tandis que les plantations de l'Assam, fleuron de l'Empire des Indes, se développent dans le sang et les larmes : par dizaines de milliers, les coolies y furent massacrés. Tel fut le prix de l'expansion brutale d'une économie conquérante qui soutiendra le raffinement des salons victoriens.
    Boisson à l'histoire fabuleuse, par ses origines comme par ses plus récents développements, le thé séduit toujours les imaginations par l'exotisme attaché à son nom. C'est aujourd'hui une boisson mondiale, un agent économique important, un art de vivre, et un des symboles du monde britannique.

  • Charles Pinot-Duclos a vécu sous la Régence. Dans les Mémoires pour servir à l'histoire des moeurs du XVIIIe siècle il peint les moeurs de la société qui l'entoure, à cette époque déliée où l'esprit était vif, apte à saisir toutes les faces les plus diverses de la mobile vérité. De là ce perpétuel feu d'artifice de paradoxes, de sophismes, d'impertinences, d'irrespects.
    Dans cet ouvrage plein de finesse et d'intelligence (« L'âme seule fait la physionomie, la nature ne donne que les traits ») Charles Pinot-Duclos nous conte, dans la meilleure tradition du roman psychologique, inaugurée par madame de La Fayette, continuée après lui par Laclos et Stendhal, ce que Sainte-Beuve appelait les modes de sensibilité de l'époque.

empty