Connaissances & Savoirs

  • « Et voilà, en plus, des souris et de gros rats courant de tous les côtés. Je les entends sous ma tête mordiller la paille, les musettes et faire remuer les gamelles. À chaque instant, il me faut donner des coups sur ma toile de tente que j'ai étendue sous moi et que je ramène sur ma figure car il en passe des quantités. » Avec la Grande Guerre dont le qualificatif n'est justifié que par la durée du conflit et l'ampleur du massacre collectif, les anonymes entrent dans l'Histoire, mêlant leur expérience pétrie de boue et de sang à l'anti-épopée du monde moderne, à l'aube du siècle nouveau. Parmi les oeuvres de fiction souvent marquées par les souvenirs personnels d'écrivains célèbres (Barbusse, Céline, Giono, Genevoix, Dorgelès, Proust...) surgissent des textes d'inconnus, à la frontière du littéraire et du vécu, fragments de vies brisées et témoignages des survivants ou des disparus dont il ne reste que des lettres, des journaux, des mémoires. Ces deux carnets de guerre retrouvés dans une malle font partie de ce patrimoine de l'ombre. Plus que des souvenirs exhumés c'est une résurrection intégrale du passé, n'évoquant pas la gloire des Anciens mais la vie quotidienne humble et prosaïque de tous ces hommes de bonne volonté embarqués dans une aventure qui les dépasse. Au jour le jour, nous les suivons dans leurs pérégrinations, de village en village sur une carte qui n'a rien de tendre et qui indique les étapes d'un long calvaire collectif au seuil de la barbarie moderne. Auguste et Robert sont les témoins et les héros d'un autre temps qui n'est déjà plus le nôtre.

  • L'auteur entreprend dans son premier livre l'exploration d'une piste inhabituelle : l'approche philosophique du massage en kinésithérapie. Comme dans son parcours universitaire et professionnel où se côtoient des éclairages différents d'un même questionnement de nos actes, deux univers souvent considérés comme distincts et opposés se répondent ici dans une continuité intellectuelle et concrète inédite. C'est ainsi que philosophie et « massage rééducateur » harmonisent leurs complémentarités tout naturellement au service d'une profession qui pourrait peut-être, qui sait, être envisagée autrement... Cet engagement humain, cette réflexion originale née de la pratique même, nous intriguent et nous interpellent fortement. Parions que ce chant philosophique du « Toucher », allant bien au-delà des normes et de la technique, prendra corps et âme, suspendu à nos sensations, notre raison et nos émotions pour ouvrir la porte d'entrée à d'autres pays, d'autres aventures de la vie, au gré de l'humeur de chacun.

  • La langue des grands classiques italiens, celle de Dante, Boccace, Pétrarque, Villani, Sacchetti, Alberti, Laurent de Médicis, Machiavel, L'Arioste, Vasari, Bandello, Cellini, Le Tasse... expliquée au fil de son évolution, à travers les exemples puisés dans les oeuvres majeures du Moyen-Âge et de la Renaissance. La scène esquissée, la bribe de discours ou d'idée, la situation de parole, le mouvement affectif, l'éclat descriptif... contenus par la brève citation d'illustration, éveillent certes la curiosité et l'intérêt, mais deviennent surtout capables d'éclairer le sens de la forme linguistique ambiguë, de l'obscure construction ancienne ou du tour de phrase énigmatique, davantage que de longues explications grammaticales.

  • Avec la médicalisation de la mort, les soins aux défunts doivent-ils désormais être « l'affaire » de spécialistes ? La toilette mortuaire, pratiquée par les soignants, a-t-elle encore une raison d'être ? L'acte de laver le corps après la mort, fil conducteur de cet ouvrage, explore les confins de deux essences contradictoires. A la sacralité ancestrale du mort s'oppose la technicité et les changements sociétaux induits. Qu'a-t-on à apprendre des pratiques soignantes dans ces derniers soins à la personne ? Démêlant les fils du propre et du sale, de la purification symbolique et religieuse, la toilette funéraire est au coeur du rite de séparation, rite de passage, où s'entremêlent les dimensions morales, laïques et religieuses. Mais la sacralisation-désacralisation, la thanatopraxie, les évolutions sociétales soulèvent l'inéluctable question: toucher le mort, est-ce toucher la mort ? Nul ne peut échapper aux réflexions métaphysiques que les soins aux morts interrogent. Le prendre soin des morts, enjeu éthique pour les soignants et la société ?

  • L'Action en justice intentée en matière de Responsabilité Sociale de l'Entreprise révèle certaines limites lorsque les justiciables parties prenantes souhaitent protéger leurs intérêts. Par une juridicisation du droit de la RSE à mi-chemin entre la "soft law" et la "hard law", l'action en justice des parties prenantes pourrait être véritablement efficiente. Dès lors, les mécanismes processuels traditionnels sont insuffisants lorsqu'il s'agit d'agir en justice dans ce domaine. C'est notamment à travers l'intérêt et la qualité à agir en justice des parties prenantes que des aménagements de la procédure civile vont être véritablement nécessaires. Des améliorations supplémentaires telles que l'instauration d'une action de groupe élargie au domaine de la RSE et davantage américanisée permettrait notamment aux parties prenantes d'assurer leur défense grâce à un dispositif nouveau très efficace. De plus et par la voie extrajudiciaire des modes alternatifs de règlement des litiges, les acteurs de la RSE peuvent également décider de porter le différend qui les oppose hors de la connaissance du juge étatique. Ce choix d'action peut être révélateur d'une préférence pour une justice davantage négociée. Ces propositions semblent être indispensables à la mise en oeuvre d'une action en justice efficace en matière de RSE. Les parties prenantes pourront alors agir en justice de manière inédite afin de parachever leur protection. Les nécessités juridiques et sociales actuelles semblent ainsi faire évoluer le droit afin que les parties prenantes puissent bénéficier d'une action en justice considérée comme un véritable contre-pouvoir face à l'entreprise.

  • Un regard pluridisciplinaire sur le monde global d'aujourd'hui, reposant sur les enseignements à travers la planète d'un professeur en géopolitique, au parcours atypique. Avec la priorité accordée à la dimension humaine, à l'origine des soubresauts de l'Histoire. Ce livre, à l'intersection de plusieurs genres, contient en conclusion un « abécédaire de l'épanouissement », à l'adresse de tous les habitants de la planète Terre, afin de donner du sens au XXIe siècle.

  • Dans le second tome de sa trilogie consacrée à l'apport de la philosophie en rééducation, l'auteur développe la quête que les deux univers ont en commun d'une « vie bonne » et d'une rééducation permettant à la personne, au patient, de continuer son chemin dans le monde qui l'entoure avec et malgré un handicap. Dans une première partie, elle évoque les liens conceptuels entre éducation, rééducation fonctionnelle et philosophie. Puis elle illustre cet abord théorique par des exemples très concrets de sa pratique rééducative. Autour du thème de la norme et du handicap, elle propose des pistes de rééducation inhabituelles et nouvelles, comme par exemple la recherche et la prise en compte systématiques de ce qu'elle appelle la plasticité normative de chacun, capacité individuelle intrinsèque à tout homme de créer ses propres normes. Ce souci de l'autre dans sa singularité absolue participe d'une démarche philosophique de tout mettre en oeuvre pour qu'un « Je pense donc je suis » se déploie en un « Je peux donc je suis ».De ce fait, ce livre nous concerne tous.

  • L'inconscient pour Nietzsche ne serait ni une hypothèse ni le champ de la pathologie humaine, c'est plutôt la matrice, la force et la puissance innocente de l'être. Il s'agirait pour nous de repenser l'inconscient à travers une perspective généalogique qui dévoile les stratégies de forces actives inconscientes qui habitent toute nature humaine où l'homme comme l'être se dévoilent comme une force d'exister et une puissance de dominer. Le déploiement des stratégies de forces actives dévoile un instinct politique primitif de conquête et de domination dont l'amour n'est ni une exception ni une contradiction. La thérapie pour l'homme serait de reconquérir cette force inconsciente d'exister par-delà les justifications morales, religieuses et rationnelles et qui n'est que l'amour de la force de la vie.

  • Sans jeu de mots, cette thèse est une merveilleuse invitation au voyage. Défini par l'auteur comme le «?moyen privilégié d'entrer en contact, en interaction et en dialogue ave l'autre?», «?il constitue un procédé de confrontation du Moi avec un univers inhabituel?». Partir pour mieux se retrouver, faire coïncider ses rêves aves la réalité parce que si ailleurs, tout n'est pas mieux, tout EST différent et le miroir ne nous renvoie plus la même image de notre apparence parce que notre moi profond se confronte avec ce qui se dévoile pendant «?l'errance?». Initiation au voyage, talentueusement servie par référence à des auteurs prodigieux, cette thèse est un passeport incontournable pour découvrir ces ailleurs...

  • En investissant l'espace public africain, le débat sur l'homosexualité ne manque pas de susciter des réactions passionnelles. Celles-ci oscillent entre l'homophobie effrénée et l'homophilie réactionnaire. Face à ces réactions irréductibles, ce livre se propose de rendre intelligibles, sous le rapport des valeurs du devenir et du devenir des valeurs, les grands enjeux de l'homosexualité en Afrique. Les contributeurs y questionnent au sujet du mariage pour tous, de la crise communicationnelle inhérente à l'homosexualité, des identités hétérosexuelles hégémoniques, de l'ambiguïté des droits de l'homme, des rapports des religions à l'homosexualité, de la différence culpabilisée, de l'évaluation genrée et/ou sexospécifique de l'homosexualité... Cet ouvrage collectif rassemble les contributions des spécialistes des sciences humaines et sociales : Marcel Silvère Blé Kouaho, Marie Sylvana Brou-Messou, Adolphe Oulaye, Brou Dieudonné Koffi, N'guetta Aristide Molou, Guy Serge Blé, Kouadio Bernard Yao, Amenan Madeleine Kouassi, Bawala Léopold Badalo et N'dri Marcel Kouassi.

  • Inspiré par le pionnier de la mystagogie patristique, le père Jean Daniélou, et par le spécialiste des religions et liturgies orientales, le père Irénée Henri Dalmais, l'abbé Jean-Pierre présente dans ce volume, une double conception de la mystagogie : pédagogique et herméneutique. Comme pédagogie "active", la mystagogie fait d'abord vivre les rites liturgiques pour les expliquer ensuite aux néophytes. Par cette technique, elle s'avère une méthode efficace pour éduquer à la vie de foi en Jésus-Christ en temps de crise comme le nôtre. Comme herméneutique, elle dévoile le sens des rites, gestes, symboles et textes liturgiques pour permettre aux fidèles chrétiens de vivre de la liturgie et de se laisser transformer par elle ; elle ne poursuit pas une connaissance purement intellectuelle et rationnelle, mais bien une connaissance pratique et existentielle. L'application de cette méthode à l'étude du sacrement de la confirmation le prouve à suffisance. La recherche de l'Abbé Jean-Pierre dépasse la conception réductionniste de la mystagogie, entendue comme catéchèse sur les mystères ; elle étend la mystagogie à toute la liturgie chrétienne. Elle dépasse également le cadre restreint de la liturgie romaine et ouvre la voie à un oecuménisme liturgique, lequel doit prendre en compte le donné liturgique occidental et oriental.

  • L'auteur, journaliste hongrois, rédacteur de politique étrangère de "Budapest Soir" il y a soixante ans, vous fait revivre les douze jours magiques de la révolution antisoviétique dans un style personnel et direct. Vous lirez ici comment l'énorme monument de Staline fut scié aux genoux, puis traîné, pour être coupé en mille morceaux de souvenir.

  • Les mathématiques ont beau être qualifiées d'universelles, les élèves issus de l'immigration rencontrent souvent plus de difficultés dans cette discipline que leurs camarades nés en France. Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour expliquer ce phénomène. Parmi eux figure la mauvaise maîtrise de la langue française. Mais quelles sont les répercussions exactes des difficultés langagières des élèves sur leurs apprentissages en mathématiques ? La connaissance de la langue usuelle ou la fréquentation des cours de mathématiques ordinaires permettent-elles de surmonter cet obstacle ? À ce propos, il nous paraît intéressant d'observer de plus près comment se déroulent les leçons dans les classes accueillant des élèves allophones. Ces derniers profitent-ils des enseignements au même titre que leurs camarades ? Les difficultés langagières ne perturbent-elles pas l'activité des élèves et de leur enseignant ? Les enseignements proposés par les professeurs qui les accueillent sont-ils adaptés aux spécificités de leur public ? Considérant qu'il convient d'examiner l'ensemble du système didactique pour appréhender correctement cette problématique, nous regarderons en effet aussi bien l'enseignant que ses élèves ainsi que leurs interactions. Pour éclairer ces questions, nous nous appuierons sur des recherches issues principalement de la didactique des mathématiques et du français langue seconde. Nos propres expérimentations auprès de classes accueillant des élèves allophones ainsi que nos analyses des pratiques professionnelles des enseignants nous permettront de compléter cette étude. Ces réflexions nous conduiront à envisager des adaptations ou des dispositifs susceptibles de pallier les obstacles relevés et de faciliter ainsi l'enseignement des mathématiques aux élèves allophones.

  • Miroir de l'âme et de la société par excellence, le roman, l'un des genres majeurs de la littérature, demeure un pont de soupir au relent thérapeutique. En effet, l'oeuvre romanesque, de par sa polyphonie et sa porosité, est un espace de projection et un laboratoire d'expérimentation du vécu social. Ainsi, c'est naturellement que le Sénégalais Boubacar Boris Diop et le Sud-africain André Brink, soucieux de juguler les maux dont souffrent leur société à savoir la prévarication et l'apartheid, utilisent le roman pour dévoiler la logique des révoltes qui émergent et contestent les idéologies du pouvoir dominant. En fait, la révolte sourde dans l'âme et l'esprit de tout individu houspillé et bafoué. Elle requiert et exige vengeance et justice. Les protagonistes des oeuvres romanesques d'André Brink et de Boubacar Boris Diop s'illustrent par leur amour de l'humain et de la justice. Aussi s'organisent-ils pour contrer les processus de déshumanisation et de spoliation mis en branle par les autorités politiques.

  • S'il est indéniable que l'OHADA (Organisation pour l'harmonisation en Afrique du Droit des affaires) a réussi à annihiler les incertitudes juridiques et judiciaires qui étaient inhérentes au monde des affaires africaines, il est tout aussi incontestable que les Actes Uniformes que cette organisation a adoptés sont perfectibles. À cette réalité, les dispositions de l'Acte Uniforme portant Organisation des Sûretés consacrées au cautionnement n'échappent guère. Entre le tout libéral destiné à satisfaire le créancier et le tout protectionniste ménageant la personne engagée, il est essentiel de trouver l'équilibre : satisfaire le créancier tout en protégeant la caution. On retrouve ainsi les conditions de cet équilibre. D'abord, il conduit à rompre avec l'idée communément admise que la protection de la caution est forcement une cause d'affaiblissement de la garantie. Ensuite, il insiste sur le fait que le cautionnement contemporain ne peut être organisé sans tenir compte de la qualité de ces acteurs. C'est dire que la garantie ne peut, pour des raisons d'efficacité, être identiquement régie dans tous les cas. Enfin, il met en évidence le fait que le créancier ne peut plus se contenter d'obtenir l'engagement de la caution sans collaborer à la formation et à une exécution efficiente de la garantie. Ainsi donc, à la question comment encourager la protection de la caution sans affaiblir l'attractivité de la sûreté ? Ce livre apporte une réponse à double volet : -Premièrement, une protection sélective qui conduit à ne réserver le régime protecteur qu'à la caution dans le besoin, la caution profane. -Deuxièmement, une protection dosée dont les outils peuvent provenir du droit de la consommation qui fournit, au demeurant, des artifices de protection de la caution qui bénéficie au créancier.

  • N'a-t-on jamais eu autant besoin de rêver qu'aujourd'hui ? Pouvons-nous encore sortir des paradis artificiels afin de nous sublimer et de nous projeter vers des horizons attirant individuellement et collectivement ? C'est ce que nous propose ici Thierry Long, cinq siècles après l'essai remarquable de Sir Thomas More, « l'île d'utopie » (1516). Ce chercheur convoque les connaissances scientifiques et philosophiques actuelles et passées pour penser un monde humaniste régulé sans argent. C'est justement à l'orée de ces connaissances que l'auteur décline les contextes les plus épanouissants pour les êtres humains afin de construire un système social coopératif, cohérent et durable. « L'île d'utopie » pourra-t-elle alors se transformer en un « monde d'utopies » ?... À vous d'en juger, de le critiquer, de l'amender, de le faire progresser et pourquoi pas d'en profiter aussi pour rêver de nouveau, le temps d'une lecture remplie d'humanité et d'espoir...

  • La photographie a engendré une esthétique très novatrice - mais équivoque - du « détail », qui rompt de façon radicale avec l'esthétique classique de la peinture. Un détail photographique demeure irréductible à une partie ou à un élément inséparable de la totalité unifiée d'une image, car la photographie, en raison de la « techno-logique » qui la sous-tend, produit une autonomisation absolue du détail. Mais, à cause des processus technologiques qu'elle utilise, des formes imprévisibles et innombrables d'émergence du détail sont apparues. La capture et le traitement logiciel des images digitales ont même considérablement renforcé l'arbitrarité du détail, y compris - et en particulier - quand la photographie s'empare des « détails » propres à la peinture.

  • Le nazisme est-il circonstanciel et en cela secondaire dans la démarche de "la" "pensée"? Une "grosse bêtise"? Les Cahiers noirs, incitent à relire tout le corpus connu pour se rendre à l'évidence : non seulement Heidegger n'a eu de cesse de chercher à mieux penser le nazisme qu'il ne s'est pensé lui-même, mais il semble même avoir élaboré un antisémitisme alternatif, "historial", justifiant à sa façon le recours génocidaire au concept de "race". Peut-on admettre qu'il promeuve le "rang" germanique ou propose des interprétations révisionnistes de l'extermination des Juifs d'Europe sous prétexte d'une "pensée" fort spéculative de l'histoire de l'Occident ? Qu'est-ce cela a encore à voir avec de la "philosophie"? Comment comprendre qu'en France et ailleurs, une apologétique plus ou moins discrète perdure ? Il faudrait pourtant envisager d'autres hypothèses de lecture ; plus que celle de l'être, n'est-ce pas en effet la question du mal qui serait au centre du discours heideggerien ? Sa coloration fort manichéenne et comminatoire ne vise-t-elle pas in fine à incriminer quelque "enjuivement" intime et inapparent de la modernité ? Ce, sachant que le nazisme lui-même en serait paradoxalement le point d'orgue. Pourquoi, dans les années 30, Heidegger lui reproche ses demi-mesures ? Le chemin vers un Quatrième Reich s'avérera fort tortueux, surtout lorsque celui qui l'indique voue un culte au secret. Pour enfin exhiber toutes les variétés de mystifications, nous proposons ici de reprendre les oeuvres de Heidegger à partir d'un fil conducteur inédit : la notion d'insurrection.

  • Qu'est-ce que l'amour ? Et le désir, la passion, les sentiments ? Qu'est-ce que signifie être conscient ? De telles questions sont au coeur de la réflexion sur la subjectivité. C'est parce que nous sommes d'abord des êtres sentants, vibrants, que ces interrogations nous paraissent fondamentales. Avant de prendre position dans les débats sur la valeur du plaisir, l'importance de la croyance, le rôle de l'imagination ou la portée du désir, il est besoin d'approfondir ces termes, d'en bien cerner les contours et de se doter d'une définition aussi exacte que possible. C'est à cette demande que souhaite répondre ce livre. En partant de l'expérience sensible, l'itinéraire proposé ici remonte des affects vers la conscience, à travers l'étude d'une quinzaine de notions clés. Il envisage d'abord les principales formes de vécus subjectifs (besoins, émotions, sentiments, désirs etc.), analyse les fonctions de la croyance et de l'imagination, pour atteindre enfin les régions supérieures de l'esprit, qui permettent à la conscience de se ressaisir par la raison et la volonté. L'orientation et les démarches de ce travail s'inspirent de l'ensemble de la tradition philosophique, mais tiennent compte aussi des connaissances actuelles, notamment des résultats de la psychologie cognitive. Sa recherche est sous-tendue par une enquête de fond sur la psychanalyse, dont il tente de se départir, pour proposer un sol psychologique rationnel plus fidèle au vécu sensible.

  • Cet ouvrage est tout à la fois un exercice de réflexion, un compagnon de voyage, une méditation et un témoignage sur une époque qui m'a fait rêver au changement et plus encore, le refus d'une résignation au monde tel qu'il m'a été fait, une aventure intellectuelle, l'exploration du « même », du « proche » et « du lointain », un départ à la rencontre de soi-même car « je » est un « autre » comme nous le disons et redisons encore avec Arthur Rimbaud. L' « utopie » est un lieu qui ne s'avoue pas. Quand la mémoire s'en retire c'est l'histoire qui s'installe. Villes neuves et nouvelles sont les symptômes des impossibles poliorcétiques. La typicité et la marginalité de certaines expériences poussent à en chercher la singularité dans un retour sur une position, celle d'un objet complexe l'urbain : son utopie mise en perspective à partir de son cadre, un lien social à l'origine d'un projet de renouveau volontaire - son moment - pose la question des représentations d'un ensemble de protagonistes et cerne une demande sociale, interroge sur les affaires des uns et des autres : militant, intellectuel, chercheur, « animateur de l'enfance » sur un terrain initial, « initiatique » où concept et mythe s'entrecroisent dans un mouvement de soi vers l'autre : le « moment » utopique donne à la fois le temps et l'élan d'un premier mouvement et une première parenthèse. Surgit l'habitant lointain d'un univers exposé à l'incertaine et aléatoire présence de l'enquêteur. Il s'agit de trouver quelque raison d'être à « être habitant », réhabiliter une ambulation de proximité. Dans les rêves d'intégration il s'agit de prendre le monde au mot. Le sociologue prudent saura tenir sa langue et échapper au choc des valeurs. La neutralité axiologique n'épouse pas nécessairement les incertitudes partisanes. Il faut raison garder et quitter les certitudes de la reproductibilité. Penser le social ni plein ni vide mais incertain et flou et, considérer les débords. Reposer le problème de la singularité dans la compréhension du social, de l'invention des moyens de l'échange, d'une labilité de l'être, de l'insaisissable haleine à la respiration profonde, en deçà des laxismes et des crispations épistémologiques, retrouver les coeurs des variations, rencontrer dans l'interposition les voix du social, un accès au monde et à une figure de l'humain qui en subvertit les déformations.

  • Instituées pour contrôler les maniements de fonds-clients des avocats, les CARPA, symboles de probité et de rigueur, gèrent également les deniers publics affectés à la rétribution des avocats accomplissant des missions au titre de l'AJ. Indissociables du paysage juridique et judiciaire français, elles restent cependant méconnues. L'auteur, qui analyse leur statut juridique en examinant les règles qui les régissent, en imagine l'évolution. Premier ouvrage consacré aux CARPA, cette thèse s'adresse notamment aux bâtonniers, dirigeants de CARPA, avocats et élèves avocats qui s'intéressent à leur objet et leur fonctionnement. Ils y trouveront en outre des informations pratiques indispensables.

  • L'année 2000 a vu la célébration joyeuse et multicolore du cinquantenaire de l'obtention des indépendances dans la plupart des pays africains ayant appartenu à l'ancienne AOF (Afrique Occidentale Française). Partout sur le continent, la fierté d'être sorti de la colonisation fut célébrée. Cependant, un questionnement a eu lieu sur la gestion de cinquante années d'indépendance africaine. En effet, le son mélodieux des instruments de musique pouvait difficilement cacher la symphonie macabre des cris des prisonniers politiques détenus par des pouvoirs dictatoriaux, qui s'étaient installés sur les décombres de l'empire colonial. De tous les romanciers africains contemporains, Ahmadou Kourouma fut certainement celui qui réussit le mieux à montrer les limites et les crimes du nouveau pouvoir dans un roman jusqu'à présent inégalé : « les soleils des indépendances ». À travers l'étude du phénomène historique tel que narré dans ce roman, et de ce qu'il conviendrait de qualifier de fatalité, le présent ouvrage entend apporter la preuve que les conditions de l'échec relatif des pays africains étaient déjà réunies au moment où fut proclamée l'indépendance : il s'agit d'une classe intellectuelle insuffisamment préparée au pouvoir politique, l'inexpérience des conditions de gestion d'un État moderne et fort, le micro-nationalisme volontairement suscité par l'ancienne puissance coloniale, et les querelles de personnes et de préséances. Fama, prince sans couronne, apparaît ainsi comme le symbole d'une Afrique, dont le sort a été définitivement changé par le fait colonial.

  • La justice peut-elle avoir un sens lorsque les inégalités sociales sont banalisées ? C'est cette question qui sous-tend l'engagement philosophique de Rawls. Son projet philosophique consiste à épurer l'utilitarisme (qui a dominé le monde anglo-saxon jusqu'au milieu du XXe siècle) de ses effets pervers en imaginant une doctrine alternative susceptible de le supplanter et de concilier « libéralisme » et « justice sociale ». Son but est de redonner un sens à la justice pour promouvoir l'égalité telle que pensée par les modernes dans les démocraties occidentales où les valeurs du marché libre sont de plus en plus polluées par l'accroissement des inégalités sociales. Contre l'égalitarisme, Rawls construit son argument autour d'un concept : celui d'« inégalités justes » qui résume sa thèse et qui constitue le socle de sa théorie de la justice. Pour Musa Nabirire, ce concept suscite quelques questions : est-il pensable que les inégalités soient justes ? N'est-il pas un oxymore ? Comment intervient-il dans la théorie rawlsienne de justice ? Est-il possible d'envisager son application dans la société concrète ? Étudiant les principes rawlsiens de justice et y dégageant une solution ultime permettant de concilier « égalité sociale » et « méritocratie », l'auteur questionne les critiques de Rawls et ouvre des pistes de réflexion sur la portée éthique de sa pensée et sur sa conception politique de la justice dans les sociétés démocratiques contemporaines.

  • S'il est une partie du monde qui suscite un grand intérêt aussi bien dans la géostratégie mondiale que dans la préservation de la biodiversité universelle, c'est bien le golfe de Guinée. Du fait de la montée du terrorisme et de l'instabilité du Moyen-Orient, cette partie de l'espace monde est devenue une zone hautement stratégique, d'autant qu'elle est considérée aujourd'hui comme la seconde province pétrolière mondiale. Ce livre s'attache ainsi à analyser la question du différend frontalier de l'îlot de Mbanié en rapport avec les revendications de souveraineté maritime, principalement entre deux pays de la région spéci?que qu'est le golfe de Guinée : le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mais le cas de São Tomé-et-Principe n'est pas en reste. Après la politique intérieure gabonaise, Patrice Moundounga Mouity élargit son champ d'analyse à la géopolitique maritime. Espace nourricier et stratégique caractérisé par une grande diversité de richesses, dont des ressources halieutiques, minières et énergétiques, le Gabon bleu ne cesse d'attirer les convoitises. En abordant les enjeux maritimes autour du Gabon et ses voisins, l'ouvrage entend situer le contexte de crise dont le golfe de Guinée a été le théâtre au cours de ces dernières décennies, traduisant ainsi l'urgence d'une prise en compte véritable des questions maritimes dans la sous-région d'Afrique centrale.

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