Littérature générale

  • Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
    Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
    Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
    Crispe ses poings vers Dieu qui la prend en pitié :
    - « Ah ! que n'ai-je mis bas tout un noeud de vipères,
    Plutôt que de nourrir cette dérision !
    Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
    Où mon ventre a conçu mon expiation !
    Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
    Pour être le dégoût de mon triste mari,
    Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
    Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,
    Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable
    Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
    Et je tordrai si bien cet arbre misérable
    Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés !
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • MADAME DE BLINVAL.LE CHEVALIER.ERGASTE.UN POÈTE ÉLÉGIAQUE.UN PHILOSOPHE.UN GROS MONSIEUR.UN MONSIEUR MAIGRE.DES FEMMES.UN LAQUAIS.Le lendemain, des pas traversaient la forêt,
    Un chien le long du fleuve en aboyant errait :
    Et, quand la bachelette en larmes
    Revint s'asseoir, le coeur rempli d'alarmes,
    Sur la tant vieille tour de l'antique châtel,
    Elle entendit les flots gémir, la triste Isaure :
    Mais plus n'entendit la mandore
    Du gentil ménestrel1 Bravo !

  • Au milieu du chemin de notre vie, je me trouvai dans une forêt obscure, car j'avais perdu la bonne voie. Hélas ! que c'est une chose rude à dire, combien était sauvage et âpre et épaisse cette forêt, dont le souvenir renouvelle mon effroi ! Elle est si amère, que la mort l'est à peine davantage ; mais, pour dire le bien que j'y ai trouvé, je parlerai des autres choses que j'y ai vues.Je ne saurais bien expliquer comment j'y entrai, tant j'étais plein de sommeil au moment où j'abandonnai la véritable route ; mais dès que je fus arrivé au pied d'une colline où se terminait cette vallée qui m'avait frappé le coeur d'épouvante, je regardai en haut, et je vis les épaules de la montagne vêtues déjà des rayons de la planète qui mène droit les hommes par tous chemins.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard ;
    Des gens arrivaient hors d'haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots no répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s'absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s'échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d'une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l'avant, tintait sans discontinuer.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'Assommoir

    Emile Zola

    Gervaise avait attendu Lantier jusqu'à deux heures du matin. Puis, toute frissonnante d'être restée en camisole à l'air vif de la fenêtre, elle s'était assoupie, jetée en travers du lit, fiévreuse, les joues trempées de larmes. Depuis huit jours, au sortir du Veau à deux têtes, où ils mangeaient, il l'envoyait se coucher avec les enfants et ne reparaissait que tard dans la nuit, en racontant qu'il cherchait du travail. Ce soir-là, pendant qu'elle guettait son retour, elle croyait l'avoir vu entrer au bal du Grand-Balcon, dont les dix fenêtres flambantes éclairaient d'une nappe d'incendie la coulée noire des boulevards extérieurs ; et, derrière lui, elle avait aperçu la petite Adèle, une brunisseuse qui dînait à leur restaurant, marchant à cinq ou six pas, les mains ballantes, comme si elle venait de lui quitter le bras pour ne pas passer ensemble sous la clarté crue des globes de la porte.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La petite Fadette

    George Sand

    Le père Barbeau de la Cosse n'était pas mal dans ses affaires, à preuve qu'il était du conseil municipal de sa commune. Il avait deux champs qui lui donnaient la nourriture de sa.famille, et du profit par-dessus le marché. Il cueillait dans ses prés du foin à pleins charrois, et, sauf celui qui était au bord du ruisseau, et qui était un peu ennuyé par le jonc, c'était du fourrage connu dans l'endroit pour être de première qualité.
    La maison du père Barbeau était bien bâtie, couverte en tuile, établie en bon air sur la côte, avec un jardin de bon rapport et une vigne de six journaux.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Andromaque

    Jean Racine

    Patrie de Racine : la Ferté-Milon. - Jean Racine naquit à la Ferté-Milon, le 22 décembre 1639. « Il n'y a rien de si simple que cette petite ville, nous dit Saint-Marc Girardin ; et ceux qui voudraient établir quelque rapport entre la poésie de Racine et l'aspect de sa ville natale feront bien de ne pas la visiter. Ils se l'imagineront certainement plus pittoresque qu'elle n'est. Non pas cependant qu'à la première vue, qui n'a rien de grand ni même de gracieux, on ne s'aperçoive qu'elle est bien située et bien disposée.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Pierre et Jean

    Guy De Maupassant

    - Zut ! s'écria tout à coup le père Roland qui depuis un quart d'heure demeurait immobile, les yeux fixés sur l'eau, et soulevant par moments, d'un mouvement très léger, sa ligne descendue au fond de la mer.Mme Roland, assoupie à l'arrière du bateau, à côté de Mme Rosémilly invitée à cette partie de pèche, se réveilla, et tournant la tête vers son mari : - Eh bien !... eh bien !... Gérôme !Le bonhomme furieux répondit : - Ça ne mord plus du tout.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Boule de suif

    Guy De Maupassant

    Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d'armée en déroute avaient traversé la ville. Ce n'était point de la troupe, mais des hordes débandées. Les hommes avaient la barbe longue et sale, des uniformes en guenilles, et ils avançaient d'une allure molle, sans drapeau, sans régiment. Tous semblaient accablés, éreintés, incapables d'une pensée ou d'une résolution, marchant seulement par habitude, et tombant de fatigue sitôt qu'ils s'arrêtaient.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La tempête. - Un schooner désemparé. - Quatre jeunes garçons sur le pont du Sloughi. - La misaine en lambeaux. - Visite à l'intérieur du yacht. - Le mousse à demi étranglé. - Une lame par l'arrière. - La terre à travers les brumes du matin. - Le banc de récifs.Pendant la nuit du 9 mars 1860, les nuages, se confondant avec la mer, limitaient à quelques brasses la portée de la vue.Sur cette mer démontée, dont les lames déferlaient en projetant des lueurs livides, un léger bâtiment fuyait presque à sec de toile.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Ce jour-là le facteur Boniface, en sortant de la maison de poste, constata que sa tournée serait moins longue que de coutume, et il en ressentit une joie vive. Il était chargé de la campagne autour du bourg de Vireville, et, quand il revenait, le soir, de son long pas fatigué, il avait parfois plus de quarante kilomètres dans les jambes.
    Donc la distribution serait vite faite ; il pour. rait même flaner un peu en route et rentrer chez lui vers trois heures de relevée.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Pauline

    Alexandre Dumas

    PAR
    ALEXANDRE DUMAS - Tous droits réservés - Vers la fin de l'année 1834, nous étions réunis un samedi soir dans un petit salon attenant à la salle d'armes de Grisier, écoutant, le fleuret à la main et le cigare à la bouche, les savantes théories de notre professeur, interrompues de temps en temps par des anecdotes à l'appui, lorsque la porte s'ouvrit, et qu'Alfred de Nerval entra.Ceux qui ont lu mon Voyage en Suisse se rappelleront peut-être ce jeune homme qui servait de cavalier à une femme mystérieuse et voilée qui m'était apparue pour la première fois à Fluélen, lorsque je courais avec Francesco pour rejoindre la barque qui devait nous conduire à la pierre de Guillaume Tell : ils n'auront point oublié alors que, loin de m'attendre, Alfred de Nerval, que j'espérais avoir pour compagnon de voyage, avait hâté le départ des bateliers, et, quittant la rive au moment où j'en étais encore éloigné de trois cents pas, m'avait fait de la main un signe, à la fois d'adieu et d'amitié, que je traduisis par ces mots : « Pardon, cher ami, j'aurais grand plaisir à te voir, mais je ne suis pas seul, et.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le jour déclinait, assombrissant les corridors de la grande demeure silencieuse, mettant des écrans de crêpe aux vitres.Hugues Viane se disposa à sortir, comme il en avait l'habitude quotidienne à la fin des après-midi. Inoccupé, solitaire, il passait toute la journée dans sa chambre, une vaste pièce au premier étage, dont les fenêtres donnaient sur le quai du Rosaire, au long duquel s'alignait sa maison, mirée dans l'eau.Il lisait un peu : des revues, de vieux livres ; fumait beaucoup ; rêvassait à la croisée ouverte par les temps gris, perdu dans ses souvenirs.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Aujourd'hui, 14 septembre, à trois heures de l'après-midi, par un temps doux, gris et pluvieux, je suis entrée dans ma nouvelle place. C'est la douzième en deux ans. Bien entendu, je ne parle pas des places que j'ai faites durant les années précédentes. Il me serait impossible de les compter. Ah ! je puis me vanter que j'en ai vu des intérieurs et des visages, et de sales âmes... Et ça n'est pas fini... A la façon, vraiment extraordinaire, vertigineuse, dont j'ai roulé, ici et là, successivement, de maisons en bureaux et de bureaux en maisons, du Bois de Boulogne à la Bastille, de l'Observatoire à Montmartre, des Ternes aux Gobelins, partout, sans pouvoir jamais me fixer nulle part, faut-il que les maîtres soient difficiles à servir maintenant !... C'est à ne pas croire. »

  • Mistress Branican

    Jules Verne

    Il y a deux chances de ne jamais revoir les amis dont on se sépare pour un long voyage : ceux qui restent peuvent ne se plus retrouver, au retour ; ceux qui partent peuvent ne plus revenir. Mais ils ne se préoccupaient guère de cette éventualité, les marins qui faisaient leurs préparatifs d'appareillage à bord du Franklin, dans la matinée du 15 mars 1875.
    Ce jour-là, le Franklin, capitaine John Branican, était sur le point de quitter le port de San-Diégo (Californie) pour une navigation à travers les mers septentrionales du Pacifique.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La curée

    Emile Zola

    Au retour, dans l'encombrement des voitures qui rentraient par le bord du lac, la calèche dut marcher au pas. Un moment, l'embarras devint tel, qu'il lui fallut même s'arrêter.Le soleil se couchait dans un ciel d'octobre, d'un gris clair, strié à l'horizon de minces nuages. Un dernier rayon, qui tombait des massifs lointains de la cascade, enfilait la chaussée, baignant d'une lumière rousse et pâlie la longue suite des voitures devenues immobiles.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'aurore apparaissait ; quelle aurore ? Un abîme
    D'éblouissement, vaste, insondable, sublime ;
    Une ardente lueur de paix et de bonté.
    C'était aux premiers temps du globe ; et la clarté
    Brillait sereine au front du ciel inaccessible,
    Étant tout ce que Dieu peut avoir de visible ;
    Tout s'illuminait, l'ombre et le brouillard obscur ;
    Des avalanches d'or s'écroulaient dans l'azur ;
    Le jour en flamme, au fond de la terre ravie,
    Embrasait les lointains splendides de la vie ;
    Les horizons pleins d'ombre et de rocs chevelus,
    Et d'arbres effrayants que l'homme ne voit plus,
    Luisaient comme le songe et comme le vertige,
    Dans une profondeur d'éclair et de prodige ;
    L'Éden pudique et nu s'éveillait mollement ;
    Les oiseaux gazouillaient un hymne si charmant,
    Si frais, si gracieux, si suave et si tendre,
    Que les anges distraits se penchaient pour l'entendre ;
    Le seul rugissement du tigre était plus doux ;
    Les halliers où l'agneau paissait avec les loups,
    Les mers où l'hydre aimait l'alcyon, et les plaines
    Où les ours et les daims confondaient leurs haleines,
    Hésitaient, dans le choeur des concerts infinis,
    Entre le cri de l'antre et la chanson des nids.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Adolphe

    Benjamin Constant

    Je venais de finir à vingt-deux ans mes études à l'université de Gottingue. - L'intention de mon père, ministre de l'électeur de * * *, était que je parcourusse les pays les plus remarquables de l'Europe. Il voulait ensuite m'appeler auprès de lui, me faire entrer dans le département dont la direction lui était confiée, et me préparer à le remplacer un jour. J'avais obtenu, par un travail assez opiniâtre, au milieu d'une vie très-dissipée, des succès qui m'avaient distingué de mes compagnons d'étude, et qui avaient fait concevoir à mon père sur moi des espérances probablement fort exagérées.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • SUR le côté oriental de la montagne qui s'éleve derriere le Port-Louis de l'Isle-de-France, on voit, dans un terrain jadis cultivé, les ruines de deux petites cabanes. Elles sont situées presque au milieu d'un bassin formé par de grands rochers, qui n'a qu'une seule ouverture tournée au nord. On apperçoit à gauche la montagne appelée le morne de la Découverte, d'où l'on signale les vaisseaux qui abordent dans l'isle, et au bas de cette montagne la ville nommée le Port-Louis ; à droite, le chemin qui mene du Port-Louis au quartier des Pamplemousses ; ensuite l'église de ce nom, qui s'éleve avec ses avenues de bambous au milieu d'une grande plaine ; et plus loin une forêt qui s'étend jusqu'aux extrémités de l'isle.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le professeur

    Charlotte Brontë

    L'autre jour, en cherchant dans mes papiers, j'ai trouvé au fond de mon pupitre la copie suivante d'une lettre que j'ai écrite l'année dernière à un ancien camarade de collége :
    Mon cher Charles,

    Je ne crois pas, lorsque nous étions ensemble à Eton, que nous fussions très-aimés : tu étais caustique, observateur, froid et plein de malice : je n'essayerai pas de faire ici mon portrait ; mais, autant que je puis me le rappeler, mon caractère n'avait rien d'attrayant.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le désert

    Pierre Loti

    Oasis de Moïse, 22 février 1894.« Cet écrit émane de l'humble, devant la miséricorde de son Dieu très haut, le séïd Omar, fils d'Edriss, en faveur de son ami Pierre Loti. pour le recommander aux chefs de toutes les tribus d'Arabie, à l'effet d'avoir pour lui des égards et de l'aider pendant son voyage au pays des Arabes, car il vénère l'islamisme et il est animé des meilleurs sentiments pour notre religion.Et je serai satisfait de tous ceux qui l'auront respecté et assisté, ainsi qu'il le mérite.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Comédie Humaine est comme une tour de Babel que la main de l'architecte n'a pas eu et n'aurait jamais eu le temps de terminer. Des pans de muraille semblent devoir s'écrouler de vétusté et joncher le sol de leurs débris. L'ouvrier a employé tous les matériaux qui lui sont tombés sous la main, le plâtre, le ciment, la pierre, le marbre, jusqu'au sable et à la boue des fossés. Et, de ses bras rudes, avec ces matières prises souvent au hasard, il a dressé son édifice, sa tour gigantesque, sans se soucier toujours de l'harmonie des lignes, des proportions équilibrées de l'oeuvre.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La cathédrale

    Joris-Karl Huysmans

    A Chartres, au sortir de cette petite place que balaye, par tous les temps, le vent hargneux des plaines, une bouffée de cave très douce, alanguie par une senteur molle et presque étouffée d'huile, vous souffle au visage lorsqu'on pénètre dans les solennelles ténèbres de la forêt tiède.
    Durtal le connaissait ce moment délicieux où l'on reprend haleine, encore abasourdi par ce brusque passage d'une bise cinglante à une caresse veloutée d'air.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le capitaine Paul

    Alexandre Dumas

    PAR
    ALEXANDRE DUMAS Vers la fin d'une belle soirée du mois d'octobre de l'année 1779, les curieux de la petite ville de Port-Louis étaient rassemblés sur la pointe de terre qui fait pendant à celle où, sur l'autre rive du golfe, est bâti Lorient. L'objet qui attirait leur attention et servait de texte à leurs discours était une noble et belle frégate de 32 canons, à l'ancre depuis huit jours, non pas dans le port, mais dans une petite anse de la rade, et qu'on avait trouvée là un matin, comme une fleur de l'Océan éclose pendant la nuit.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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