Littérature hispanophone

  • Bouleversant de sincérité et d'intensité, un essai sur l'impossibilité d'écrire. Entre autoportrait impitoyable et brillante mise en abyme, une oeuvre magnifique de dépouillement, un éblouissant jeu de miroirs entre l'écrivain et cet autre qui ne cesse de l'inventer.
    Il y a plus d'un an, Carlos Liscano a commencé un roman qu'il ne parvient pas à terminer. Incapable de créer une autre histoire, il corrige, cherche, rature. Rien. Confronté à la quête éperdue de ces mots qui soudain lui échappent, soumis à une exigence d'absolu qui le paralyse, Liscano fait un constat terriblement désespéré : l'écrivain est une invention. Écrire, c'est chercher ce qu'on ne trouvera pas.
    Que reste-t-il ? La nuit insomniaque, le fleuve tranquille, des oranges qu'on achète, les rues de Montevideo sous la pluie... Vivre vaut presque toujours la peine.

  • Après Les Exilés de la mémoire et La Dernière heure du dernier jour, le nouveau roman de Jordi Soler, où il évoque la figure disparue de son oncle Oriol. Une superbe réflexion sur la mémoire, un jeu de piste virtuose entre réalité et fiction pour une enquête familiale échevelée et un conte magnifique de noirceur et de fantaisie.
    Par l'un des plus grands auteurs espagnols actuels, un jeu de piste virtuose entre réalité et fiction pour une enquête familiale échevelée. Peuplé de personnages extraordinaires, tour à tour héroïques ou effrayants de sauvagerie, un conte magnifique de noirceur autour des thèmes récurrents de Soler : l'exil, la mémoire, la culpabilité, le poids de l'histoire familiale. Lors d'une conférence, Jordi Soler rencontre une femme étrange qui lui remet une photo et une lettre. Sur la photo, trois soldats républicains parmi lesquels Arcadi, le grand-père du narrateur, et Oriol, son frère. Dans la lettre, une incroyable révélation. Oriol, qu'Arcadi avait dû abandonner blessé en 1939, et que tout le monde croyait mort ou reconverti en pianiste quelque part en Amérique latine, Oriol aurait vécu le reste de sa vie, là, près d'Argelès-sur Mer. Bouleversé, Jordi Soler va découvrir la face cachée de celui que la légende familiale avait érigé en héros...

  • De nos jours en Irlande, la folle épopée littéraire et éthylique d'un écrivain mexicain frustré, d'un poète irlandais alcoolique et d'un couple de millionnaires difformes sur les traces d'Antonin Artaud. Azimutée, foisonnante, poétique, une gourmandise romanesque par l'auteur de La Fête de l'ours.
    Aussi drôle que tragique, servi par une écriture très visuelle et joyeusement débridée, le nouveau roman de l'un des plus grands auteurs hispanophones actuels. En 1937, de retour du Mexique où il a croisé Malcolm Lowry et abondamment usé de peyotl et autres champignons hallucinogènes, Antonin Artaud trouve le bâton sacré de saint Patrick, le patron des Irlandais. Plus d'un demi-siècle plus tard, trois hommes partent en pèlerinage : l'un est un écrivain mexicain égaré dans une ambassade désargentée ; le deuxième un poète édenté qui vit avec son cheval ; le dernier un collectionneur excentrique au faciès d'oiseau. Ce qui les unit ? Une faiblesse coupable pour l'eau-de-vie et une passion dévorante pour Artaud. Ensemble, ils jurent de retrouver le bâton, véritable relique. Sur la route, ils se perdront un peu, boiront beaucoup et se fâcheront à jamais. De Dublin à Kilroot, de Mexico à Paris, une épopée hallucinée et rocambolesque, génial hommage aux poètes et aux fabuleux pouvoirs d'une littérature qui peut mener à la gloire ou rendre fou.

  • Un jour, dans un pays inconnu, un homme, tout jeune marié, est réquisitionné pour une guerre dont personne ne sait rien. Un roman court et jubilatoire, par l'auteur de La Route d'Ithaque et du Fourgon des fous.
    Dans la lignée des plus grands chefs-d'oeuvre de la littérature latino-américaine, un roman magnifique sur l'aliénation de l'individu et les paradoxes de la liberté et de l'enfermement. Une écriture dépouillée et un imaginaire absurde et poétique inspirés du Désert des Tartares.
    Une nuit, un jeune homme est arrêté et enrôlé pour une guerre dont personne ne sait rien. Dans un camp isolé, il commence son entraînement militaire. Successivement affecté à la garde d'un rocher, puis au ramassage du crottin, il est ensuite promu gratte-papier et traduit des brochures sur les pneumatiques pour véhicules de montagne, sur le mobilier pour maisons de bord de mer, ainsi que le mode d'emploi d'une fusée. La vie s'écoule. On proclame férié le jour de changement d'uniforme, les hommes décernent un prix du plus beau jardin potager... Assis à son bureau, le narrateur s'invente une nature rêvée, et s'échappe dans des forêts d'arbres imaginaires...
    Les jours et les années passent, mais l'ennemi reste invisible...

  • Des années 1970 à nos jours, entre chronique douce-amère, aventures loufoques et souvenirs désenchantés, mêlant fiction et réalité, le récit de la vie d'immigrés catalans en exil au fin fond de la jungle mexicaine. Une prose inventive et foisonnante, le tableau d'un monde à la fois tragique et flamboyant dans la lignée de Cent ans de solitude.
    Alors qu'il souffre depuis des mois d'une infection oculaire tenace, Jordi Soler tente la solution de la dernière chance : retourner en pleine forêt tropicale, à la Portuguesa, la plantation de café fondée par son grand-père républicain, pour consulter une chamane réputée pour ses talents de guérisseuse. Les souvenirs remontent : les formidables cuites au whisky et au mint julep du vieil Arcadi et de ses amis ; les repas pantagruéliques en l'honneur de Changó, l'infâme maire libidineux ; l'éléphant échappé d'un cirque itinérant enclin aux siestes sur la terrasse ; et puis Marianne, sa tante, affligée d'une maladie nerveuse, douée d'une force physique inouïe, une tigresse qui terrorisait la famille et battait sa soeur... À travers la folie de Marianne et les désillusions d'utopistes tentés par le rêve d'une Espagne idéale, Jordi Soler nous conte toute la tragédie d'un double exil, entre nostalgie d'une époque révolue et attente d'un avenir qui n'arrive jamais...

  • Un témoignage troublant sur l'univers carcéral, la torture et les étranges relations qui se tissent entre prisonniers et geôliers, et paradoxalement, une remarquable leçon de vie. Dépassant l'expérience individuelle, ce récit invite à une réflexion sur l'homme et son appétit inextinguible de vivre, la liberté et ses paradoxes, la nécessité de comprendre l'inimaginable...
    Plus qu'un témoignage, une réflexion sur l'homme et son inextinguible appétit de vivre, sur la nécessité de comprendre l'inimaginable. Sans cris, sans fureur, un plaidoyer vibrant pour le droit à la dignité, un récit pudique et bouleversant.
    Montevideo, 1972. Carlos Liscano est jeté en prison par le régime militaire à l'âge de vingt-trois ans. Il en sortira treize ans plus tard. Il aura connu la torture, les humiliations, la honte, les étranges relations qui lient victimes et bourreaux, l'absurdité d'un système qui veut lui faire avouer quelque chose qu'il ne sait pas. Mais il aura aussi connu la résistance envers et contre tout, l'amitié indéfectible qui se noue entre camarades d'infortune, l'urgence de l'ouverture au monde et, par-dessus tout, le pouvoir libérateur de l'écriture.
    Le 14 mai 1985, avec ses derniers compagnons, Carlos Liscano est embarqué dans un fourgon qui va le mener vers la liberté. Une liberté inquiétante, douloureuse, impossible...

  • Un essai bouleversant sur la dualité entre l'écrivain et l'homme, suivi d'un hommage savoureux aux romans d'aventures, par l'un des plus grands auteurs latino-américains contemporains. De 1972 à 1985, Carlos Liscano est emprisonné par la dictature militaire uruguayenne. Torturé, isolé dans un dénuement total, il est sauvé de la folie et du chaos par les mots. L'écriture devient une urgence vitale et Liscano se fait écrivain. Et un jour, la page reste blanche. Liscano va alors puiser à la source de toute création, l'imitation des maîtres, dont il butine les chefs-d'oeuvre en admirateur inconstant. Le fruit de ses lectures est une fable, formidable palimpseste au service de l'invention, dans laquelle Liscano se met en scène en corbeau blanc mythomane, conteur infatigable, qui s'approprie les aventures des plus grands héros de la littérature devant un public de volatiles médusés. De Tarzan à Moby Dick, de Balzac à Homère, un roman d'aventures pléthorique, sur mer, sur terre et dans les airs, sous forme d'hommage jouissif à la littérature.

  • Après La Fête de l'ours ou Dis-leur qu'ils ne sont que cadavres, la nouvelle folie de Jordi Soler. Portée par une galerie de personnages aussi loufoques que fascinants, une farce noire qui brocarde avec panache nos sociétés gangrénées par la corruption.Chaque matin, Empédocles se rend au marché. Là, bravant les insultes et les jets de tomates pourries, ce " saint laïc " autoproclamé se lance dans un de ses fameux prêches.
    C'est que l'énergumène croit dur comme fer à sa seule et unique cause : rendre ses semblables meilleurs.
    Entre un sermon sur la vertu aux prostituées du bordel voisin, une parabole sur la piété filiale au fils junkie des poissonniers et l'absolution des fautes de Childeberto, géant libidineux à l'oeil fou, rien ne saurait le détourner de sa mission sur terre.
    Rien, si ce n'est son diable de frère. Un manipulateur cynique, prêt à toutes les horreurs pour prendre le contrôle de la ville et qui le contraint bientôt à un étrange trafic.
    Et le pauvre Empédocles de comprendre à ses dépens que dans un monde où tout semble déjà perdu, même le plus charitable des hommes ne saurait s'obstiner à vouloir changer la nature humaine...

  • Odyssée fellinienne à l'humour ravageur, portrait au vitriol de la société colombienne, réflexion magistrale sur le rôle de l'écrivain, Un mal sans remède retrace les aventures d'Ignacio Escobar, poète frustré, dans le Bogotá des années 1960. Porté par une formidable énergie romanesque, un livre-culte salué par Gabriel García Márquez et Fernando Vallejo.
    Bogotá, fin des années soixante-dix. Ignacio Escobar se réveille le jour de son trente-et-unième anniversaire, tourmenté par la révélation qu'à son âge, Rimbaud était déjà mort. Il se trompe dans les dates (Rimbaud est mort à trente-sept ans) ? mais n'en reste pas moins dévasté. Fils de bonne famille vivant des rentes de sa mère, Ignacio est poète. Narcissique, paresseux, dépressif, alcoolique, cynique, séducteur, il fait le désespoir de son entourage. Fina, sa compagne, voudrait bien un enfant de lui. Sa mère, doña Leonor, souhaiterait le voir marié et occuper le poste que son oncle lui réserve à la tête d'une banque. Quant à ses amis, ils le poussent à s'engager politiquement auprès des masses opprimées. Mais Ignacio, lui, n'a d'autre ambition que d'écrire des poèmes, si possible sans avoir à se lever de son lit. Jusqu'au jour où Fina le quitte. Se lançant à sa recherche, il va s'exposer malgré lui à toutes les situations auxquelles il s'était si bien employé à se dérober jusque-là.

  • Grande fresque historique mêlant la beauté des contrées catalanes à la violence des esprits passionnés, un roman aux mille couleurs qui brosse le portrait d'un peuple farouchement attaché à ses traditions et d'une jeune femme intrépide et fougueuse.
    Espagne, 1840. La première guerre carliste vient de mettre à feu et à sang toute la Catalogne et les esprits sont encore traumatisés. Mais pour les partisans de Charles V de Bourbon, la lutte ne fait que commencer...
    Dans la province de Castellón, le capitaine Penarrocha, dit le Groc, est de retour. Pendant son année d'exil, les nouvelles autorités municipales ont confisqué les terres des paysans de la région pour mieux les assujettir. Le sang de Penarrocha ne fait qu'un tour : l'heure est venue de reprendre le combat pour mettre son roi au pouvoir.
    Cet esprit de résistance trouve un écho dans le coeur de sa fille, la rebelle Manuela, qui n'a bientôt plus qu'une idée en tête : se battre auprès des siens. Mais à qui se fier dans un pays où chaque allié dissimule un traître ?

  • Version enrichie de nombreux bonus : documents d'archives, photos de l'auteur, discographie, carte interactive...
    La découverte d'une oeuvre mythique, à l'énergie folle et à la poésie hallucinée, considérée comme l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature latino-américaine du XXe siècle. Véritable ode sensuelle à la musique et à la ville de Calí, temple de la salsa, un roman psychédélique étincelant et désespéré qui restitue l'incroyable effervescence des années 1970. Le jour où María, petite-bourgeoise de dix-sept ans, sèche son rendez-vous hebdomadaire avec de jeunes marxistes étudiant Le Capital, elle sort du chemin qui était tout tracé pour elle et se jette à la nuit. Arpentant sa ville de fête en fête, glorieuse, tout au plaisir de la danse, elle se fait grimpante de night-club, amante des enfants perdus du rock et de la salsa, goûte cocaïne, acides, herbe, champignons hallucinogènes et envoie valser le conformisme de son milieu au nom de la jouissance et de la beauté. Pour vivre vite et surtout ne jamais vieillir, celle qui se surnomme elle-même " la Toute-Vivante " se lance dans une étourdissante quête de tous les plaisirs. Une odyssée endiablée et poétique à la poursuite d'un rêve insaisissable : celui de l'innocence éternelle et absolue.

  • Roman d'apprentissage virtuose, portrait survolté d'une société sur le point d'exploser sous la pression des inégalités et de la violence étatique, l'odyssée urbaine d'un jeune rebelle dans la Colombie du début des années 1970. Révolté contre les riches membres de sa famille qui ont exclu sa mère et l'ont réduite au dénuement le plus total, un très jeune garçon décide de prendre sa revanche sur la vie. Animé d'un insatiable appétit de rébellion, il s'instruit devant La Fureur de vivre et West Side Story, côtoie la Tropa Brava, un gang de voyous intrépides, se grise de liberté, caillasse les fenêtres des riches, et se forge une réputation de vrai dur dans toute la ville de Cali. Tout à sa quête farouche d'indépendance et d'affirmation de soi, il se lance à corps perdu dans la révolte sociale qui secoue son pays, ignorant tout de la féroce répression qui, déjà, se prépare à mater dans le sang les espoirs de toute une génération. À la suite de ce roman, six nouvelles inédites d'Andrés Caicedo qui poursuit son hommage à la bouillonnante jeunesse de Cali, entre soif d'absolu et perdition.

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