Sciences humaines & sociales

  • Pour ceux qui commencent l'étude du coréen, ou qui désirent plus simplement découvrir cette langue, l'apprentissage de l'écriture Hangeul et de la prononciation (et notamment de l'accent tonique) sont des passages obligés. Ce manuel d'initiation et d'exercice offre toutes les explications et les exemples nécessaires à la maitrise de l'écriture et de la prononciation. L'étudiant est invité dans une seconde partie à mettre en pratique ses acquisitions dans le cadre de situations typiques d'écriture.
    Cet ouvrage est la traduction et l'adaptation au public français de  Korean Penmanship publié aux éditins  Darakwon (Séoul) en 2018. 

  • Il semble clair que Shakespeare a véritablement et consciemment conçu ses oeuvres comme les vecteurs de sa sagesse politique - ses pièces historiques en fournissent la preuve. Shakespeare a cherché à y développer un point de vue raisonnable sur la nature du régime anglais et sur la façon dont il devait être accepté et révéré par les générations ultérieures d'Anglais. Il a réussi dans son entreprise, car les Anglais, à bien des égards, comprennent véritablement leur histoire de la façon dont il l'a dépeinte. Sur ce point, son dessein était clairement politique. C'est en se référant d'abord aux préoccupations de la société civile qu'il a compris ce qui pouvait éblouir et passionner son public.
    Est-il vraisemblable que ce ne fût là rien de plus qu'une série d'histoires bonnes pour le théâtre ? Peut-on raisonnablement prétendre que Shakespeare s'est jeté précipitamment dans la composition de pièces historiques parce qu'il avait besoin d'argent, ou encore qu'il ignorait les faits les plus importants de l'histoire anglaise parce qu'il n'avait jamais fait d'études ? Ce serait comme dire que Jefferson, sans s'intéresser vraiment aux principes politiques, a écrit la Déclaration d'indépendance parce qu'il voulait être célèbre, et que le succès de cette déclaration tient au fait qu'elle fournit un excellent discours de 4 juillet...

  • Toute recherche qui se veut « scientifique », même au sens le plus large du terme, ne peut faire abstraction d'une analyse préalable de ses aspects méthodologiques. Il faut commencer par déterminer un sujet qui suscite notre intérêt et notre curiosité ; puis se poser une question qui le concerne ; procéder à la formulation d'une ou de plusieurs hypothèses de travail ; puis au choix des cas à étudier et, enfin, au recueil des données nécessaires pour répondre à la question soulevée et vérifier la ou les hypothèses formulées.
    Comparer est donc important, à tel point que l'on compare souvent implicitement, voire inconsciemment dans notre activité quotidienne. Cet ouvrage a pour objectif de faire comprendre de manière simple ce qu'est la comparaison et comment l'utiliser.

  • Dans l'Évangile selon Matthieu, les mages venus d'Orient guidés par l'éclat d'une étoile, rendent hommage à l'Enfant Jésus, lui offrant de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Avec eux, tout ce que la Terre recèle de somptuosité et de puissance sacrée vient s'incliner devant la faiblesse d'un enfant dont la royauté est infiniment supérieure à la leur. C'est l'Épiphanie, qui fut plus célébrée que Noël, et qui reste une fête majeure. Des premières célébrations dans la chrétienté orientale aux galettes et couronnes d'aujourd'hui, la légende n'a cessé de connaître de multiples interprétations, en passant par ses métamorphoses médiévales et modernes. Dans l'entrelacs des conceptions populaires et des redéfinitions théologiques ou politiques, elle est un extraordinaire révélateur de nos permanences culturelles et de nos évolutions. Sait-on, par exemple, que c'est très tardivement qu'un des mages est figuré en Noir, à l'heure des Grandes Découvertes, quand l'Occident chrétien s'ouvre au monde ? que l'Épiphanie a beaucoup servi ensuite dans des versions « métissées » ? Il fallait le talent unique de Richard C. Trexler pour nous conter cette histoire captivante, tout en nous en faisant percevoir le sens profond. « Vous devez avoir lu ce livre avant la prochaine Épiphanie ». Jacques Le Goff Traduit de l'anglais par Marianne Groulez

  • Au milieu du XIXe siècle, la France a été traversée par une fièvre d'engagements civiques. Cette « résurrection de la société civile » s'est déroulée ailleurs en Europe. Mais dans ce pays, elle a abouti à la fondation d'institutions et de pratiques démocratiques. Celles-ci ont assuré la transition du Second Empire autoritaire de Napoléon III à une République effective, fondée sur le suffrage universel masculin et gouvernée par des parlementaires issus des couches nouvelles.
    L'historien américain Philip Nord expose cette thèse magistrale dans un récit explorant non seulement l'histoire et la politique mais aussi la religion, la philosophie, l'art, la littérature et le genre. Il retrace les progrès des sentiments démocratiques et l'affermissement de la dissidence politique au sein d'institutions et de milieux stratégiques : les loges de la franc-maçonnerie, l'Université, la Chambre de commerce de Paris, les consistoires juif et protestant, le barreau de Paris et les milieux artistiques. Il démontre comment la qualité de ces débats et la manière dont ils se développèrent entraînèrent cette nouvelle classe moyenne à s'ouvrir à la politique. Au mitan du XIXe siècle, la convergence et la cristallisation de nombreux courants républicains ont donné à la France une société civile d'une grande maturité, des élites politiques soucieuse des valeurs démocratiques, et un futur qui n'inclut aussi bien des réformes constitutionnelles que celles liées à la vie privée et la culture publique. Cette grande étude parue aux États-Unis en 1995 est désormais disponible en langue française.
    Philip Nord est professeur d'histoire moderne et contemporaine à Princeton University depuis 1981.

  • Son adhésion dépourvue de repentir au nazisme vaut au théoricien politique Carl Schmitt (1888-1985) de partager l'odeur de soufre du philosophe Heidegger. Ce passé sinistre aurait dû le condamner à l'oubli. Or sa mort précéda sa renaissance. 
    Ce représentant de la droite autoritaire extrême privé de toute chaire universitaire est désormais considéré comme l'un des principaux penseurs politiques des deux derniers tiers du XXe siècle. Tout comme Heidegger a conservé l'amitié de Hannah Arendt, Carl Schmitt, qui se voulait « juriste officiel du Troisième Reich », a exercé après 1945, une profonde influence sur les secteurs idéologiques les plus divers. Connu auparavant pour son refus de soumettre l'État à l'éthique et à l'économie, pour affirmer au contraire son autonomie inscrite dans sa capacité illimitée de décision, Schmitt a pris un autre visage après la Seconde Guerre mondiale. Rompant l'ostracisme qui le frappait, certains ont alors isolé et radicalisé ses concepts pour les transformer en armes contre la démocratie libérale, tandis que d'autres l'ont fait, à l'inverse, pour la libéraliser à l'extrême et refouler l'État dans un esprit « libertaire » proche de la logique présente de la mondialisation. 
    Cet ouvrage dépasse la controverse classique et ressassée sur Carl Schmitt pour se concentrer sur ce second aspect de la réception de sa pensée d'après 1945. 
    Promue au rang de « standard» dans le monde anglo-saxon, cette étude pénétrante de Jan-Werner Müller apporte au public francophone une lumière inédite sur un penseur transformé en objet de fascination intellectuelle. 
    Historien de la pensée politique moderne, Jan-Werner Müller enseigne depuis 2005 à l'Université de Princeton. Après des études à l'Université libre de Berlin et à University College à Londres, il avait auparavant été Fellow de All Souls College à Oxford (2003-2005) et chargé d'enseignement à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris.
    Texte traduit de l'anglais par Sylvie Taussig.

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