Armand Colin

  • Pendant des siècles, de débats Jean-Claude Kaufmann passionnés en illusions déçues, l'amour a rêvé de guider le monde. Chaque tentative fut un échec, parfois terrible. Alors l'amour s'est replié sur la vie privée. Il a laissé l'économie prendre le pouvoir, et s'est contenté de construire un univers de consolation et de caresses face aux duretés du monde. 
    Jean-Claude Kaufmann renouvelle ici l'histoire d'un sentiment pas comme les autres. Il nous entraîne dans l'aventure des grandes utopies et nous révèle la face cachée des épisodes fondateurs de nos vécus amoureux. 
    À travers ce récit, émaillé d'anecdotes savoureuses, il questionne les valeurs de notre époque et nous pousse à nous interroger sur notre positionnement personnel. 
    Devant la souffrance suscitée par une conception étroitement économique et cynique de la vie collective, la question de l'amour dans sa dimension sociale et politique est en train de resurgir. Elle explique l'intensité et les espoirs renouvelés que nous mettons aujourd'hui dans la quête du bonheur amoureux. été traduits en quinze langues.

  • On étudie peu l'anorexie chez les adultes. Dans le cadre d'une recherche qualitative, Christine Durif-Bruckert a rencontré des femmes anorexiques adultes et les a invitées à parler de ce qu'elles vivent, à expliquer ce qui leur est arrivé  : comment l'anorexie a pris ses droits, s'est durcie, et comment elles se sont laissées prendre dans une progression quelquefois effrayante de l'anorexie.
    Elles ont raconté avec force leur obstination à maigrir, à faire disparaître leur corps dans une confrontation troublante avec la mort, vers la conquête d'une identité anorexique à laquelle elles sont désespérément attachées, jusqu'à ce que, pour certaines d'entre elles, un travail de détachement devienne envisageable et possible.
    L'auteure les a écoutées depuis cette forme d'exil qui n'est jamais seulement une fuite, pas seulement un renoncement, mais qui est à considérer comme une métamorphose existentielle majeure, une recherche de soi inédite. L'analyse de l'ensemble de leurs récits permet de mieux saisir ce mal qui questionne et qui ne se réduit jamais à l'expression de ses symptômes et sûrement pas à la seule question alimentaire.
    Comment ces savoirs peuvent-ils trouver leur place dans la pratique clinique et le projet thérapeutique ?
    Préface de Christine Foulon

  • Oui, la famille a changé. Non seulement son cadre institutionnel a craqué, mais sa fonction centrale s'est également modifiée. Son rôle premier a longtemps été lié à la transmission du patrimoine, économique et moral, d'une génération à l'autre. Aujourd'hui, la famille tend à privilégier la construction de l'identité personnelle de chacun, grâce au soutien soit de son conjoint, soit d'un parent.
    À l'aide de centaines d'entretiens et, de façon plus inattendue, en prenant appui sur des films ou sur des romans, l'auteur montre comment s'opère cette transformation individuelle, grâce à une socialisation originale. Il analyse d'une part le regard que chaque partenaire porte sur l'autre au sein du couple et, d'autre part, celui des pères et des mères sur leurs enfants. Il montre comment l'adulte peut être une sorte de Pygmalion au service des siens, un accompagnateur. À l'ombre de la vie privée, les jeunes et les adultes apprennent à concilier souci de soi et de l'autre.
    Cette double attention caractérise le renouveau de la famille. Vingt ans après la publication de la première édition de cet ouvrage, cette demande de qualité relationnelle est encore plus forte. Dans un monde incertain, voire menaçant, pouvoir être soi-même n'est possible que grâce à un entourage sécurisant et bienveillant, grâce à des proches.

  • Peut-on aider les enseignants dans leur pratique quotidienne ? En se référant à des enquêtes précises, l'ouvrage illustre chaque aspect de leur métier par des témoignages ou des cas. A partir d'une connaissance pratique et théorique du métier d'enseignant, sont sélectionnés des résultats et analyses de la sociologie susceptibles d'être utile aux enseignants.
    Cet ouvrage fait le pari que que la prise de conscience du caractère structurel et collectif des difficultés et tensions est susceptible de changer  chez les  enseignants la manière d'y faire face, 

  • Fini la télévision ? Abandonnée pour d'autres écrans ? Dans les familles ouvrières et employées, elle occupe toujours une place très importante.
    Alors qu'elle a pu être décrite comme la reine des foyers populaires, réunissant parents et enfants autour des programmes du soir, elle apparaît aujourd'hui comme un invité permanent. Bien plus longtemps allumée, elle rythme la vie quotidienne tout en offrant plus qu'un simple divertissement : celles et ceux qui la regardent cherchent à travers elle à répondre aux contradictions de leur position autant qu'aux exigences du monde contemporain. Elle s'impose dans les foyers populaires autant qu'elle y est attendue.
    Cet ouvrage fait découvrir ces téléspectateurs en brossant plusieurs portraits. Trois questions l'organisent : Quelle place la télévision prend-elle dans les existences des familles populaires d'aujourd'hui ? Quelles relations entre les femmes et les hommes et entre les parents et les enfants ses usages mettent-ils au jour ? Que font les individus des images et des personnages reçus tous les jours à domicile ?

  • La trame conjugale n'était pas mon premier livre, mais ce fut celui qui me fit connaître. Immédiatement, il fit parler, beaucoup. Mon analyse du couple par le linge faisait rire. Plus grave, une fraction minoritaire du mouvement féministe, tenante d'une analyse en termes de guerre des sexes, vit en moi un ennemi de la cause des femmes. D'abord parce que j'étais un homme, tout simplement. Ensuite et surtout, parce qu'en analysant les processus qui reproduisent durablement l'inégalité (c'est ce qui est au centre de ce livre), j'insiste sur la mémoire historique qui pousse les femmes à agir malgré elles.
    Certains lecteurs pressés pourraient y voir une preuve de la différence de nature entre hommes et femmes (différence irrémédiable, pouvant alimenter les critiques contre la « théorie du genre »). Or c'est de tout le contraire qu'il s'agit.
    La marche vers l'égalité dépend moins à mon avis d'une guerre des femmes contre les hommes que d'un combat intérieur des uns et des autres contre la part d'eux-mêmes qui résiste. Les hommes doivent se faire violence pour prendre en charge davantage ces tâches ménagères qui ne les motivent guère. Et les femmes doivent se faire violence également, pour accepter que la vaisselle ou le repassage ne soient pas faits comme elles rêveraient qu'ils le soient.
    Jean-Claude Kaufmann

  • Au-delà des discours et des chiffres, l'ouvrage, issu d'une enquête approfondie menée dans quatre directions ministérielles, offre une contribution originale sur la question  des inégalités de carrières entre hommes et femmes, décrites par la métaphore du plafond de verre, et sur le monde des élites administratives. 
    L'enquête s'appuie sur une centaine de récits de vie de femmes et d'hommes. Au-delà de l'éducation familiale et d'un inégal accès à la voie royale de l'ÉNA, les blocages de carrières des femmes sont décelés au coeur des administrations, à travers des règles de disponibilité, de mobilité géographique, qu'elles s'imposent.
    Le livre offre aussi des portraits d'hommes qui ne peuvent ou ne veulent pas devenir «  chefs  » et de femmes qui franchissent avec brio les étapes conduisant aux plus hautes sphères. 

  • Observateur hors pair de l'individu et de l'individualisme dans tous leurs états, Jean-Claude Kaufmann en aborde ici la face cachée, qui n'est pas la moins intéressante. Cet homme et cette femme d'aujourd'hui tout à leurs désirs et à leurs peines, cet individu qui s'est placé au centre de tout, qu'il s'agisse de la cellule familiale ou de la société globale, apparaît étrangement insaisissable. Plus que contradictoire, évanescent. Ces petits "moi" si exigeants en attention et en reconnaissance se révèlent dépourvus de toute identité fixe, solide. Nous sommes devenus changeants, versatiles, nous aspirons à « être nous-mêmes » mais nous n'arrêtons pas de nous fuir ou de nous démentir. Selon les lieux, les moments, les fonctions, nous jouons tout un petit théâtre de rôles disparates dont l'assemblage ne forme pas une pièce cohérente. Pourquoi ? Utilisant le matériau de ses meilleures enquêtes, Kaufmann construit dans un langage très accessible un texte majeur sur l'ego contemporain. Chacun s'y reconnaîtra, car il nous montre comment nous n'arrêtons pas de nous faire et de nous défaire à partir de la trame du quotidien et des micro-événements de notre relation à notre environnement.

  • « Radicalisation », tout le monde en parle mais de quoi parle-t-on au juste ? D'extrémisme ? De violence ? De terrorisme ? De jusqu'au-boutisme musulman ? Mais alors pourquoi utiliser le mot « radicalisation » ?
    De manière inédite, la radicalisation est étudiée comme un processus anthropologique et sociologique de construction identitaire pour des jeunes gens en quête de sens. Ces « orphelins du sens » connaissent la désintégration sociale et familiale dans une société en proie à des événements politiques et religieux internationaux qui viennent changer la donne. Certains se tournent alors vers une offre religieuse porteuse d'estime de soi, d'équité et d'espérance. En apparence spirituelle, cette offre de sens véhicule une conception idéologique condamnant les démocraties occidentales pluralistes, faisant basculer certains jeunes garçons et filles dans l'intransigeantisme, voire la violence.
    Les deux auteurs décortiquent et identifient les tenants et aboutissants de la radicalisation. Processus trop longtemps méconnu à force de se focaliser sur sa « surface » événementielle, choquante pour ne pas dire terrifiante, ce livre nous dévoile les raisons profondes de la radicalisation qu'il est urgent de comprendre pour mieux agir.

  • L'adonaissance, voici une notion nouvelle et nécessaire pour désigner cette réalité moderne : les jeunes grandissent plus tôt et différemment. Les adultes le comprennent mal et ne savent pas comment y faire face.
    Les longs entretiens recueillis et analysés par François de Singly sont sans appel : les jeunes n'attendent plus la « crise d'adolescence » pour s'affirmer. Ils le font dès l'entrée au collège, dès 10-11 ans. Mais attention ! Contrairement à certains discours dénonciateurs, ces adonaissants ne se donnent pas le mot pour être des « tyranneaux domestiques » commandant des parents sans autorité.
    Plutôt bien intégrés dans la vie de famille et ses contraintes, ils s'individualisent en douceur, ils s'émancipent en prenant appui sur les codes culturels de leur génération. Ils sont déjà « ailleurs » quand on les croit encore « là ». Ils apprennent à avoir un certain pouvoir sur eux-mêmes.
    Alors comment se comporter face à ce mouvement d'individualisation précoce qui peut créer un réel désarroi, un sentiment de perte d'emprise des parents sur leurs... adonaissants ? Comment accompagner sans intrusion, comment respecter l'exigence d'autonomie sans s'installer dans une sorte d'apartheid - adultes d'un côté, enfants de l'autre - qui couperait court à toute possibilité de transmission ?
    François de SINGLY - auteur de Libres ensemble (2000), Les Uns avec les autres (2003) et autres livres manquants - prend sa meilleure plume pour nous ouvrir l'univers secret des « nouveaux jeunes » dans des milieux sociaux contrastés. Il met en valeur la parole de ces adonaissantes et adonaissants publiques, drôles et émouvants qu'il a su écouter et comprendre, sans, comme tant d'autres « experts » autoproclamés, parler à leur place !
    Qu'est-ce qu'un adonaissant ? L'adonaissant n'est pas un adulte. L'adonaissant devient en partie « propriétaire » de lui-même. L'adonaissant veut être reconnu comme « jeune ». Apprendre à être propriétaire de soi en milieu cadre. Une identité clivée, et idéalement équilibrée. Une balance identitaire mail réglée. La négociation de la propriétaire de soi. Apprendre à être propriétaire de soi en milieu populaire. Une identité cumulative. La dépossession de soi. Les modes d'affirmation de soi. Le pouvoir adonaissant sous contrôle parental. L'inspection des habits d'élève et de jeune. Libres ensemble ?

  • S'il est devenu un lieu commun d'annoncer et souvent de dénoncer une prétendue uniformisation du monde, il conviendrait plutôt, au-delà de la convergence des préoccupations planétaires, de se demander si nos sociétés ne sont pas désormais avant tout gouvernées par un idéal massivement partagé de singularité, et travaillées en leur coeur par les multiples processus de singularisation qui en découlent. 
    L'auteur du présent ouvrage suit à la trace les effets en tous domaines de cette expansion singulariste ; ce qui le mène à prendre acte, comme il est devenu urgent de le faire, d'une radicale déstabilisation de nos approches du social et du politique. 
    Au-delà du bouleversement induit des habitudes les plus enracinées de la pratique sociologique, c'est toute notre conception de l'individualisme et, avec lui, de nos manières de faire société qui est remise en question. 
    Le temps est venu de concevoir et de mettre en oeuvre une nouvelle articulation entre les enjeux collectifs et les épreuves des individus, susceptible de singulariser l'étude des phénomènes sociaux. Il s'agit donc de rien moins que de bâtir une sociologie pour les individus. 

  • Pour atteindre l'harmonie en couple il faudrait nécessairement partager les mêmes valeurs. Aimer et détester selon les mêmes registres. Voir le monde avec les mêmes lunettes. Pousser à l'extrême l'idéal de similitude comme condition de l'authenticité et de la force du lien. 
    Mais est-ce si sûr ? Cette « évidence » alimentée par les rêves fusionnels et sous-tendue par les préjugés sociaux ou communautaires n'est-elle pas au contraire dangereuse ? 
    Car, qu'on le veuille ou non, qu'il ou elle s'attache ou non à ce rêve d'identité fusionnelle, un constat s'impose : les conjoints sont rarement identiques, souvent dissemblables, et parfois radicalement différents. 
    Faut-il s'en désoler ? Peut-être est-ce moins les valeurs qui comptent que le fait d'en avoir et de les respecter, même si elles sont distinctes. Pourquoi souhaiter être un double, un clone de l'autre, si l'on peut mieux devenir soi-même à travers la maîtrise et la compréhension mutuelle de nos différences de vision et de comportement ? 
    La vie à deux nécessite moins un accord parfait sur des valeurs communes que l'élaboration d'une culture commune des différences de valeurs. Comment, par-delà les différences, construire cette connivence ?

  • Enfin une approche inédite, un regard vraiment émancipé sur la France contemporaine !
    L'individu est devenu l'horizon de nos perceptions de la vie sociale. Soit. Reste à en tirer les conséquences, en termes épistémologiques notamment. L'ambition centrale de cet ouvrage est de faire reposer l'analyse sociologique sur un nouvel axe, l'individuation, le plus à même de nous faire comprendre le monde dans lequel nous sommes fabriqués.
    À la différence d'autres travaux, essais ou recherches thématiques, ce livre propose une vision d'ensemble. Sur la base d'une enquête de terrain exigeante, menée sur plusieurs années, il cerne en parfaite rigueur l'unité des processus d'individuation à l'oeuvre dans la société française ainsi que la diversité de ses formes concrètes.
    Nous voici installés de plain-pied au coeur d'un va-et-vient permanent entre dimensions sociétales et expériences subjectives ; de très fines et vivantes analyses mettent en résonance éléments de la vie quotidienne et grandes transformations sociales.
    Une ligne de force se dégage : chacun d'entre nous se forge au travers d'une série d'épreuves, selon des modalités inédites et selon un éventail renouvelé de contraintes et de possibles. Ces épreuves, inégalement déclinées, sont affrontées pour l'essentiel individuellement, mais le parcours de vie, de l'école à la famille, du travail à la ville, de l'histoire à l'intimité n'en est pas moins. profondément collectif.
    Une démonstration est faite : l'attention au mouvement central de singularisation permet seule de rendre compte de manière unifiée des phénomènes sociaux. Deux grandes leçons sont tirées : la compréhension de soi passe d'une manière plus décisive que jamais par l'intelligence de la société ; les grands enjeux sociaux et politiques sont désormais redéployés, recadrés et en attente de reformulation explicite. Ce qui risque d'en prendre certains de court.
    Danilo MARTUCCELLI est chargé de recherches au CNRS-CLERSÉ-IFRESI. Il est l'auteur, notamment, de Sociologies de la modernité (1999), Grammaires de l'individu (2002) et de La consistance du social (2005).
    Domaines. L'empreinte scolaire. Le travail ou le génie des modernes. Dans les rues de la ville. Vies de famille. Dimensions. L'histoire des individus. Le rapport au collectif. La participation défective. Le labyrinthe de l'altérité. À l'épreuve de soi. Topographies et temporalités. La déclination des épreuves. Conclusion : la singularité sociétale.

  • Ce livre né d'une vaste enquête de terrain nous offre le "roman amoureux" des jeunes des cités. Au fil des témoignages recueillis, toute une mythologie se voit sérieusement relativisée. Néanmoins si les filles sont "tenues" par les logiques de la "réputation", elles savent en jouer volontiers stigmatisés. 
    Compte tenu de la place de cette jeunesse des cités dans les générations montantes, les conclusions de ce livre sont particulièrement intéressantes pour comprendre les évolutions à venir des logiques de couple en France. Et répondre à la question qu'on se pose : est-on vraiment menacés d'une régression sensible en matière de statut de la femme ?

  • Communautés virtuelles, e-relations, cyber-amitiés, sociabilités en ligne, ou encore liens numériques... Cet ouvrage propose à un public large une réflexion sur les transformations du lien social associées aux Technologies de l'Information et de la Communication et plus spécifiquement à Internet. Il permet de s'interroger sur la manière dont ces technologies participent à l'instauration et à la reconfiguration des liens et des attachements, électifs ou non, entre des individus également susceptibles d'être déliés.
    Allant parfois à l'encontre d'idées reçues ou conduisant à clarifier des représentations spontanées, il souligne d'une part la variété des usages par-delà les prescriptions et usages communément imaginés, et d'autre part les régularités communément constatées dans l'observation de ces pratiques.

  • Plus que jamais s'affirme la nécessité d'une des fonctions centrales de la vie commune : apprendre le respect mutuel. Car il ne s'agit pas seulement de vivre ensemble, mais d'être libres ensemble. En effet, l'individualisme peut mener à l'atomisation de la société - chacun se repliant sur soi - si la vie commune, vécue sous le mode de la contrainte, empêche l'épanouissement personnel. Il s'agit donc de résoudre cette tension entre être soi-même et vivre ensemble, entre l'individuel et le collectif. S'appuyant sur huit enquêtes inédites menées auprès de jeunes adultes vivant en couple, de personnes âgées, d'enfants et d'adolescents, Libres ensemble montre comment les personnes en couple, en famille, en collectivité mènent une « double vie » faite de temps personnel et de temps partagé. Chacun se retrouve ainsi à la fois « seul » et « avec ». Quinze ans après la première édition de cet ouvrage, Libres ensemble est encore plus actuel, du fait de la crise de la vie commune sous le même toit de la nation. Comment rendre compatibles les exigences du vivre ensemble et du respect des différences individuelles ? Les responsables d'associations, de groupes, les citoyens devraient s'inspirer de ce que les gens ordinaires ont inventé dans leur vie privée : une forme de « multiculturalisme » conciliant culture commune et culture personnelle.

  • Pour caractériser la modernité occidentale, on oublie presque toujours de nommer ce qu'on peut nommer la révolution de l'identité. Les rôles sociaux, les appartenances deviennent des apparences, masquant une identité cachée, la vraie.
    Ce livre montre qu'on ne peut comprendre les individus contemporains sans la  prise en compte de cette identité   personnelle qu'ils revendiquent, au-delà de ses rôles sociaux. Quels sont  les mécanismes par lesquels chacun cherche à s'affirmer comme unique? Quelles sont les conséquences de cette "double" identité sur le fonctionnement du couple et de la famille? Pourquoi la sociologie doit-elle aussi penser le « Je » et ses conséquences?
    François de Singly nous livre des repères pour comprendre clairement les transformations du lien social dans une société moderne où s'affirme le primat de l'individu.
    Un livre bilan par l'un des grands sociologues de notre temps.

  • Comment arrivons-nous à dessiner le cours de notre vie ? Être sujet de son existence - une conquête historique - implique un travail complexe, éprouvant et risqué. Jean-Claude Kaufmann nous ouvre les portes de cette petite fabrique de s'inventer. Où l'on trouve beaucoup de passion créative, mais aussi beaucoup de désarroi, d'implosions individuelles et d'explosions collectives.Délivré des cadres traditionnels, l'individu moderne tombe en panne sitôt qu'il ne croit plus à sa propre histoire : l'analyse, parfaitement documentée, ouvre sur la question de l'identité. Une notion devenue omniprésente sans être jamais clairement définie. Après un bilan critique de l'histoire du concept, Jean-Claude Kaufmann nous propose une théorie, ancrée dans l'actualité la plus vive, qui rend subitement plus intelligible notre horizon brouillé.Une révolution est en passe de changer la face du monde. Comprendre où elle nous entraîne est une urgence vitale : pour le meilleur et pour le pire, nous sommes désormais entrés dans l'âge des identités.Jean-Claude Kaufmann, sociologue, directeur de recherche au CNRS (CERLIS, université Paris 5-Sorbonne) est l'auteur notamment d'Ego pour une sociologie de l'individu, ainsi que de plusieurs livres d'enquêtes, sur le couple ou la vie quotidienne, qui ont connu un large succès, et sont réutilisés ici même comme illustration.
    L'identité et son histoire. D'où vient le concept d'identité ? Le retournement historique : une théorie de l'identité. L'identité et ses contraires. La nature de l'identité. Identité individuelle et identité collective. Identité biographique et identité immédiate. L'identité comme condition de l'action. Le social reformulé par l'identité Voice. Les explosions identitaires. Exit. Le retrait. Loyalty. Les identités froides. Conclusion Post-Scriptum : La fable du Système.

  • L'accès croissant des jeunes adultes aux études supérieures a conduit à un recul des engagements matrimoniaux et familiaux et au développement d'un nouvel âge de la vie, la jeunesse où les individus vivent des histoires intimes successives, plus ou moins longues, certaines très centrées sur la sexualité, d'autres plutôt sur les sentiments.
    Le livre montre que les jeunes adultes  adoptent  des comportements réalistes : l'amour « réaliste » définit alors un processus d'entrée en couple graduel, conditionnel, réversible, sans promesse de long terme, mais sans terme défini. Se dessine une relation amoureuse où l'individu est moins transformé par la relation conjugale, que lors d'une première relation amoureuse importante, et où les liens amicaux sont revalorisés et constituent un support de la construction de soi plus important. 
    Le livre s'appuie sur une longue enquête auprès de jeunes femmes en études ou venant de les terminer, qui  permet de saisir l'histoire intime à son commencement puis de la suivre à différentes étapes de son évolution.

  • Toute société trace une frontière entre le possible et l'impossible. Cette frontière, tout en s'appuyant sur des évidences sensibles invoquant la réalité comme limite indépassable des conduites, n'est jamais pourtant une donnée inscrite dans le réel lui-même, mais le résultat d'un travail d'institution collective.
    En partant d'une théorie de l'action, et en faisant du Quichotte une boussole sociologique, ce livre met à l'épreuve les grands régimes de réalité des sociétés occidentales, grâce à une articulation entre l'analyse sociologique et l'interprétation historique. Après un rappel de la mise en oeuvre des frontières entre possible et impossible par la religion et la politique, l'essentiel de la réflexion se centre plus particulièrement sur le régime de réalité actuellement hégémonique - l'économie - et sur celui qui est désormais en train de le défier, et peut-être de le supplanter, l'écologie.
    Chemin faisant, cet ouvrage explore de nouveaux territoires de la critique et de la crise du monde contemporain ; il formule et défend une hypothèse historique - le début de la fin de l'hégémonie économique en tant que limite imaginaire de nos sociétés ; et surtout, il éclaire avec un regard neuf l'horizon de nos possibles.

  • S'engager fait toujours sens, peut-têtre même plus encore qu'avant, dans notre « société d'individus ». 
    Cet essai solidement étayé le montre, apportant un utile démenti aux discours convenus de dénonciation de la « montée des égoïsmes » et aux exhortations rhétoriques au « sursaut de citoyenneté ». 
    Les individus sont en effet plus nombreux, notamment parmi les jeunes et surtout les femmes, à s'associer, à se mobiliser, à intervenir dans l'espace public. Mais ils le font selon de nouvelles modalités, qui s'écartent notablement des schémas du militantisme d'antan. Plus autonomes par rapport à leurs milieux d'appartenance, plus soucieux de faire entendre leur parole propre, plus réflexifs, délivrés de toute révérence obligée envers les puissants et les experts, ces nouveaux militants déroutent parfois... 
    Le fonctionnement de la vie associative, les pratiques protestataires et la citoyenneté s'en trouvent modifiés. Appuyé sur des travaux d'enquête et une analyse très fine des engagements politiques et associatifs, cet ouvrage saisit un rapport au politique complexe et diffus, moins focalisé sur les élections et le mythe du grand soir. 
    Jacques Ion, sociologue, directeur de recherches au CNRS, a écrit de nombreux ouvrages sur le militantisme contemporain.

  • Qu'est-ce qui nous attire dans une vitrine de magasin ? Qu'est-ce qui nous pousse à en franchir la porte, à profiter d'une offre commerciale, à entrer dans la communauté happy few des abonnements premium, à compulser les pages d'un journal à la une alléchante ? Sans aucun doute la curiosité, ce ressort essentiel de l'action ordinaire qui nous invite à rompre avec nos habitudes et à nous transporter au-delà de nous-mêmes. La curiosité est prisée des professionnels et des technologies du marché dans le but de séduire les consommateurs. Car capter un public - attirer l'attention d'un lecteur, séduire un client, répondre aux attentes d'un usager, convaincre un électeur... - passe souvent par la construction de dispositifs techniques capables de jouer sur les motivations intérieures des personnes. Modèle du genre, pure machine de curiosité, le conte de Barbe bleue nous accompagne tout au long de cette promenade sociologique dans le cabinet de curiosités que propose ici Franck Cochoy. Entre histoire immémoriale et anthropologie contemporaine, l'auteur analyse méticuleusement les dispositifs fourbis par le marché pour entretenir la curiosité : campagnes de marketing, vitrine d'un magasin, teasing, packaging, abribus, Internet mobile.... Des affaires Bettencourt à Strauss-Kahn en passant par Wikileaks, l'ouvrage décrypte la presse d'investigation et ses « unes » excitantes pour nous révéler les secrets des révélateurs de secrets. Cet ouvrage original et truculent devrait satisfaire la curiosité du lecteur et l'entraîner dans un parcours inhabituel. Au terme de celui-ci, avisé et plus prudent, il saura repérer les pièges dont il est l'objet. À moins que la curiosité ne le reprenne ! Franck Cochoy, spécialiste des marchés, est professeur de sociologie à l'université de Toulouse II-Le Mirail.

  • Notre rapport au temps s'est métamorphosé. Un temps de formation étiré, une espérance de vie allongée, de plus nombreuses périodes d'inactivités ont considérablement accru le temps « libre ». Et pourtant, la civilisation des loisirs, annoncée dans les années 60, n'est pas advenue. Le temps soustrait au travail, au lieu d'être reposant, paraît contaminé par les contraintes et les pressions. Accaparé par ses multiples activités, étourdi par sa propre frénésie, l'individu moderne semble aspiré par un nouveau temps, distendu, éclaté, fractionné. 
    La multiactivité caractérise ce nouveau style de vie. Patrick Cingolani nous montre à quel point ce fait social transforme aujourd'hui l'individu. Il passe au crible trois figures contemporaines, virtuoses du temps - l'étudiant, le parent et le retraité - qui jonglent à leurs manières avec des temporalités enchevêtrées et plurielles. À côté de la dégradation des conditions de travail et de la précarité, il perçoit un usage des intermittences, des loisirs, de la culture qui s'affirme et qui montre que nous pouvons nous réapproprier le temps pour en faire un moyen d'affranchissement et de réalisation. 
    Plus largement, cet essai plaide pour que le temps redevienne une question politique et sociale et pour que les sociétés puissent se concevoir et s'émanciper au-delà de l'emploi. 
    Patrick Cingolani enseigne la sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre.

  • Les trois quarts des séparations et des divorces sont demandés par les femmes.
    Pour la première fois, un sociologue s'empare de ce fait de société, en analysant le récit des femmes qui ont rompu. Il découvre que la séparation n'est pas seulement une expérience de désenchantement et d'épreuves à franchir. Aussi douloureuse soit-elle, elle apparaît aussi comme une étape par laquelle la femme moderne s'affranchit. 
    Cette émancipation revêt plusieurs formes. Certaines femmes se détachent pour survivre (mieux vaut divorcer que périr dans le couple), d'autres veulent passer à autre chose dans une logique de progression individuelle. Et puis il y a celles qui ne veulent plus porter le couple, jugeant que leur conjoint ne l'a pas assez investi.
    À chacune sa formule de séparation pourrait-on penser. Mais par un habile jeu de miroir, François de Singly nous présente l'expérience de la rupture comme le reflet de la vie conjugale : on se sépare comme on a vécu ensemble. Et on se sépare, aussi, pour vivre différemment, pour se trouver et s'accomplir.
    François de Singly est sociologue, professeur à l'université Paris Descartes. Il a écrit de nombreux livres sur le couple et la famille.

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