Albin Michel

  • Père de la « négritude », concept qu'il a créé dans les années 1930 avec Senghor, Aimé Césaire est l'une des figures majeures des lettres francophones. Recueils de poésie, pièces de théâtre, essais innombrables, son oeuvre demeure toujours d'une grande actualité.
    Dans ces entretiens, Césaire évoque sa jeunesse, son arrivée à Paris, son entrée à l'École normale supérieure, sa rencontre avec Senghor, son engagement politique. À partir de 1945, date de son élection à la mairie de Fort-de-France puis à la députation, il mène une double carrière : homme politique et écrivain. Les questions du colonialisme, de la place des Antillais dans leur propre pays, de la culture africaine sont abordées avec humour et détachement ; c'est la voix d'un homme immense qu'il nous est donné d'entendre, dans sa force et sa modestie.

  • C'est dans la conjoncture de l'après Deuxième Guerre mondiale et de la conférence de Bandung (1955) qu'émerge le paradigme postcolonial, courant d'idées qui accompagne l'entrée sur la scène internationale des pays décolonisés dits du « Tiers Monde ». Dans leurs critiques de la domination occidentale, le ou les postcolonialisme(s) ont mis en avant la traite esclavagiste transatlantique et la colonisation. Progressivement, une théorie plus radicale s'est imposée : la « pensée décoloniale », qui fait remonter à la découverte des Amériques, en 1492, la mise en oeuvre d'une nouvelle formule de domina¬tion sociale et d'exploitation économique, désormais indexée sur la notion de race.
    À partir de leurs itinéraires respectifs, le philosophe Souleymane Bachir Diagne et l'anthropologue Jean-Loup Amselle dialoguent sur des questions cruciales qui engagent les rapports entre l'Afrique et l'Occident : l'universalisme, les spécificités culturelles et linguistiques africaines, le soufisme ouest-africain, le panafricanisme.
    Ces échanges reposent sur la conviction partagée que toutes les entreprises qui visent à établir une communication entre les différentes cultures humaines de notre planète sont salutaires, car elles permettront d'abattre les barrières réelles ou imaginaires qui fragmentent notre monde.

  • Dans ce recueil d’entretiens audacieux, Mohammed Arkoun évoque les débuts de son parcours intellectuel et personnel avant d’aborder avec intelligence et justesse des questions d’ordre scientifique, historiographique, épistémologique et politique. Influencé par une forte identité kabyle et un héritage philosophique en filiation directe avec des penseurs tels que Foucault ou Bourdieu, il se révèle un penseur engagé. Parfois iconoclaste, n’hésitant pas à remettre en question le discours actuel sur l’islam, il porte un regard éclairant sur les interrogations qui entourent une nécessaire déconstruction de l’islam aujourd’hui. Guidé par une parole que seule contraint l’exigence de vérité, le texte confronte personnages historiques et figures symboliques, parole de Dieu et parole de l’islam, et pose la question d’une ankylose des savoirs islamiques. Ces entretiens permettent ainsi de mieux rendre compte, sous la forme d’un texte accessible et vivant, des multiples facettes de la pensée de cet intellectuel qui se place en marge du discours modéré de nombreux musulmans.

  • À la question « Comment peut-on être aujourd'hui latiniste ? Avoir choisi en mai 68 de travailler sur les Grecs et les Romains ? », la réponse est d'oser un usage nouveau de l'Antiquité en termes d'« écarts ». L'anthropologie permet de déconstruire les illusions généalogiques et les prétendues ressemblances entre Anciens et Modernes. Grâce à ce regard éloigné, nous pouvons dialoguer avec une Antiquité incontournable mais différente, offrant d'autres traditions de pensée, d'autres modèles de vie. De l'Antiquité surgissent alors des « sauvages intérieurs » qu'aucune modernité ne pourra jamais exterminer. Convaincue que les Humanités classiques ne sont pas une discipline inutile, que l'on peut faire du grec et du latin un enseignement émancipateur, Florence Dupont ne cesse d'arracher l'Antiquité au grand récit des origines, aux mythes qui la fossilisent. Ainsi redécouverte par cette mise à distance, elle devient un véritable laboratoire d'idées.

  • Annette Wieviorka a vécu cette expérience rare pour un chercheur de voir son objet d'étude la mémoire du génocide des Juifs passionner le grand public, les médias, les pouvoirs publics. Depuis la publication de sa thèse, Déportation et génocide, en 1992, elle a été partie prenante de tous les débats et a participé à la mission Mattéoli sur la spoliation des Juifs de France et au soixantième anniversaire de l'ouverture des camps d'Auschwitz.Pourquoi la « mémoire de la Shoah », le « devoir de mémoire » et le « témoin » tiennent-ils la place qu'ils occupent aujourd'hui dans nos sociétés ? Quel sens cela a-t-il et quels malentendus se sont installés ? Que faut-il transmettre aux générations futures ? Ce sont quelques-unes des questions posées au fil de ce dialogue, qui retrace un itinéraire intellectuel singulier, placé sous le signe de la liberté de pensée, et dont les grandes préoccupations puisent du côté des interrogations les plus douloureuses et les plus controversées du tragique XXe siècle.

  • Ce livre est né dune rencontre entre un historien et un journaliste qui, depuis longtemps, sintéressaient aux mêmes sujets : la naissance du fascisme, les écrivains nationalistes, la crise des Lumières, Israël. Auteur francophone observant une France contemporaine quil aime et où il a vécu, notamment durant ses années de formation, Zeev Sternhell a fait de ce pays, depuis des décennies, son objet détudes principal, sans concession ni préjugés. Le regard quil a porté sur lHexagone au tournant des xixe et xxe siècles la amené à des conclusions aussi dérangeantes que controversées : loin davoir été épargnée par le fascisme ou dy être « allergique », la France de Maurice Barrès, de Bertrand de Jouvenel ou du colonel de La Rocque en aurait été le « laboratoire ».Convaincu de la force des idées dans lhistoire et attaché à la discipline qui les étudie, Zeev Sternhell a étendu le spectre de ses analyses aux racines philosophiques et historiques de la contestation antidémocratique ; sans oublier son propre pays, Israël, où il lutte, au nom dun sionisme de gauche assumé, contre la colonisation des territoires occupés depuis 1967. Zeev Sternhell a subi la cruauté de lhistoire, celle de la Shoah ou des guerres de lÉtat juif auxquelles il a participé comme officier. Cest cette double expérience qui donne à ces entretiens biographiques leur dimension exceptionnelle.À lheure où lextrême-droite sapprête à redevenir en Europe, comme dans les années 1930, une force politique de poids, les travaux de Zeev Sternhell, dont lautorité est internationalement reconnue, sont plus actuels que jamais.

  • Quelle problématique plus susceptible de nous faire pénétrer dans tous les domaines de la vie sociale, économique, politique, culturelle, psychologique, religieuse que celle du pain ? La France n'est pas simplement « panivore », explique l'historien américain Steven Kaplan, elle est littéralement habitée par l'histoire de son pain. Dans ces entretiens, il revient sur cette passion fixe des Français qu'il a mise au centre de son oeuvre. Parce qu'on ne peut l'appréhender qu'au carrefour du matériel et du symbolique, qu'il fut à la fois raison de survie, promesse de salut, agent de sociabilité et marqueur de vulnérabilité pendant des siècles, scellant par là même le contrat social et dotant le pouvoir de sa légitimité, le pain appelait une immense enquête, à laquelle Steven Kaplan s'est attelé depuis quarante ans.Soucieux de faire de l'histoire « totale », l'historien s'est même mis à fréquenter les fournils et à pétrir la pâte. Partant, il est devenu un expert incontesté et sans aucun doute le plus grand historien du pain français dans le monde. C'est ce parcours complexe de « gaijin », d'universitaire américain travaillant sur un sujet bien français, qu'il retrace ici, avec la rigueur intellectuelle et l'humour qui le caractérisent.

  • Mettre en relation l'oeuvre et la vie d'André Green, appréhender le processus théorique chez lui comme le processus psychanalytique - en grande partie indépendant des intentions conscientes de son auteur : tel était l'objectif de ces entretiens. Au long de ce livre foisonnant, l'oeuvre se dessine ainsi en devenir, dans son évolution historique, éclairant au passage d'une lumière nouvelle de nombreuses notions telles que la vérité de l'affect ; la relation maître-élève ; la question des origines et du refoulement et celle de l'identité ; la psychiatrie et les neurosciences ; la psychanalyse appliquée ; la clinique des limites et les limites de l'analyse ; l'amour ; les philosophies libertaires ; le besoin d'illusion ; l'influence de Lacan...

  • Yosef Hayim Yerushalmi fut l’un des plus grands historiens du judaïsme.
    Cette série d’entretiens, menés peu avant sa mort, en 2009, par Sylvie Anne Goldberg rassemblent un matériau exceptionnel sur son itinéraire personnel et intellectuel. Véritable réflexion sur la rupture et la transmission, trame de l’histoire et de l’être juif dans le monde d’aujourd’hui, ce témoignage atteste également l’étonnante percée des problématiques de l’histoire juive dans l’histoire « générale », opérée par son intermédiaire. L’accueil réservé en France, en Italie et en Allemagne à l’auteur de Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, les débats engagés à la suite de son Moïse de Freud, les évocations émues des plus grandes figures de l’histoire juive, d’Isadore Twerski, Salo W. Baron et Gershom Scholem, dont il fut l’étudiant, le collègue et l’ami, sont autant d’évocations éclairantes de la vie de Yosef Hayim Yerushalmi.
    Accompagné d’un texte inédit en français, Clio et les Juifs, ce livre est également un document pour l’histoire de demain.

  • Sociologue du politique et spécialiste de l'histoire de l'État et des élites, Pierre Birnbaum est taraudé depuis toujours par la question du pouvoir. De l'État protecteur de l'espace public au pouvoir qui en vient à user de la force extrême pour persécuter, traquer, attenter à l'existence même des citoyens.L'État fort à la française, plus encore que la démocratie, est-il le meilleur rempart aux mobilisations nationalistes, aux idéologies radicales, aux mythes meurtriers, aux préjugés xénophobes venus de la société et des voisins ? Représente-t-il, au contraire, la source des pires contraintes contemporaines, depuis l'assimilation extrême, destructrice des cultures singulières et multiples, jusqu'aux répressions les plus radicales ?À partir de sa propre expérience d'enfant juif caché dans les Hautes-Pyrénées durant la Seconde Guerre mondiale, devenu plus tard, grâce à l'école républicaine méritocratique, un universitaire « fou de l'État », Pierre Birnbaum, avec la complicité de Jean Baumgarten et Yves Déloye, aborde les grandes questions de la théorie politique. Les fondements de la citoyenneté commune menacée par les divers communautarismes, les contradictions entre passions démocratiques et contrainte étatique, les ressorts du totalitarisme ou du nationalisme meurtrier, les raisons des mobilisations antisémites qui menacent de nos jours, et particulièrement en France, l'alliance verticale avec un État affaibli : autant de thèmes qui sont l'occasion de suivre le déploiement d'une pensée originale.

  • « Cécile Ladjali : Quelle pourrait être, de nos jours, la fonction du professeur ?
    George Steiner : Un certain martyre. Sans aucun doute, il y a des difficultés, des souffrances, des collapses. En Angleterre, il y a une grande vague de suicides chez les enseignants : ce n'est pas une blague. Mais c'était déjà le cas du chahut à mon époque et dans le grand roman de Louis Guilloux, Le Sang noir, le chahut qui tue. J'ai toujours dit à mes élèves : On ne négocie pas ses passions. Les choses que je vais essayer de vous présenter, je les aime plus que tout au monde. Je ne peux pas les justifier. [...] Si l'étudiant sent qu'on est un peu fou, qu'on est possédé par ce qu'on enseigne, c'est déjà le premier pas. Il ne va pas être d'accord, peut-être va-t-il se moquer, mais il écoutera. C'est ce moment miraculeux où le dialogue commence à s'établir avec une passion. Il ne faut jamais essayer de se justifier. »
    Ce dialogue entre Cécile Ladjali et George Steiner est l'occasion d'un échange réconfortant sur l'indispensable recours aux classiques, la pratique d'une pédagogie de l'exigence, le bonheur d'enseigner et de recevoir.

  • Il est des livres dont on sort changé. C'est le cas de tous les ouvrages de Pierre Hadot, qu'il traitent de Marc Aurèle ou de Plotin,du stoïcisme ou de la mystique ; avec une érudition toujours limpide, ils montrent que, pour les Anciens, la philosophie n'est pas construction de système, mais choix de vie, expérience vécue visant à produire un "effet de formation", bref un exercice sur le chemin de la sagesse.
    Dans ces entretiens, nous découvrons un savant admirable, dont l'oeuvre a nourri de très nombreux penseurs, mais aussi un homme secret, pudique, sobre dans ses jugements, parfois ironique, jamais sentencieux. En suivant Pierre Hadot, nous comprenons comment lire et interpréter la sagesse antique, en quoi les philosophies des Anciens, et la pensée de Marc Aurèle en particulier, peuvent nous aider à mieux vivre. Et si "philosopher, c'est apprendre à mourir", il faut aussi apprendre à " vivre dans le moment présent, vivre comme si l'on voyait le monde pour la dernière fois, mais aussi pour la première fois.

  • La graisse, ce n'est ni de l'âme, ni du corps, ni de la chair, ni de l'esprit, c'est ce que fabrique le corps fatigué ! Ainsi parle Lichtenberg. On pourrait en dire autant de la pensée : la pensée grasse, c'est ce que fabrique l'esprit fatigué, il continue de produire, mais il produit du gras !
    Une oeuvre peut s'élaborer par accumulation ou par épurement. II y a ceux qui construisent des systèmes par ajouts successifs, et ceux qui épurent jusqu'au fragmentaire... Ce sont encore deux formes d'écriture : celle qui agglomère et élabore des ensembles par complexité croissante et celle qui au contraire disperse, attentive aux détails. Le travail de Jean Baudrillard porte aujourd'hui sur le détail, le fragmentaire, dans l'écriture avec l'aphorisme ou dans la photographie.
    Le détail qui n'est pas le déchet : dans le détail, chaque chose est parfaite... Ainsi la photo : pris dans son ensemble le monde est bien décevant, mais chaque détail du monde pris dans sa singularité est parfait ; il n'y a pas à chercher à le parfaire, puisqu'il l'est déjà ! S'attacher au détail, c'est aussi contester l'idée que toute chose s'accomplirait dans son évolution : la fleur est parfaite, le fruit aussi, mais il ne l'est pas plus que la fleur, sous le prétexte qu'il en réaliserait les potentialités...

  • Que l'on évoque le temps des Croisades, les grandes heures de l'Empire ottoman et son démembrement au XXe siècle, l'éveil du nationalisme arabe ou l'émergence du projet sioniste, on est chaque fois confronté, avec les « questions d'Orient », à une histoire complexe où le religieux imprègne le politique.
    Dans ce livre à trois voix, les auteurs, ardents partisans de la paix au Moyen-Orient, s'interrogent sur le désarroi actuel du monde arabe en retraçant les grandes étapes du siècle écoulé : la création des États du Levant, la politique des mandats, les luttes d'indépendance, la création de l'État d'Israël, la succession des conflits israélo-arabes, la guerre au Liban, les guerres du Golfe, les Intifadas, le choc du 11 septembre et l'exacerbation du terro-risme. Compte tenu de sa double identité d'acteur et témoin de ces multiples crises, Ghassan Tuéni enrichit ce débat de sa propre expérience et d'éléments historiques.
    Le grand espoir de « Renaissance arabe » n'a connu qu'un élan éphémère. L'incapacité des nouvelles nations à relever les défis de l'indépendance et à surmonter leurs archaïsmes, le jeu hégémonique des grandes puissances, jalouses de leurs routes impériales et de leurs ressources pétrolières, ainsi que la radicalisation constante de la politique expansionniste israélienne vont con-duire l'arabisme et la cause palestinienne d'impasses en échecs et favoriser tous les intégrismes.

  • Entre nazisme et stalinisme, la vie de Pierre Daix se confond avec les ténèbres du XXe siècle, mais aussi avec ses lumières l'art moderne et contemporain.
    Marqué, dès l'enfance, par l'espoir suscité par le Front populaire, Pierre Daix fait ensuite l'expérience de la Résistance et de la déportation à Mauthausen, avant de participer à la reconstruction du pays dans les rangs du parti communiste. Dans un après-guerre décevant, la contestation radicale et les rencontres avec Éluard, Aragon, Picasso, plus tard Soulages, forgent un itinéraire d'engagement et de création.
    Romancier, rédacteur en chef de l'hebdomadaire culturel communiste Les Lettres françaises, Pierre Daix se sera peu à peu séparé du PCF et de l'arène politique en devenant historien de l'art moderne. Touché de près par le Printemps de Prague et son écrasement, Daix consomme la rupture en prenant la défense de Soljenitsyne dans une France peu disposée à entendre sa voix.
    Grand témoin des bouleversements politiques et culturels de son époque, Pierre Daix retrace ici avec émotion les tours et les détours de sa traversée du siècle.

  • Réfléchir sur les métamorphoses d'un objet : telle a été l'incessante ambition d'Henri-Jean Martin, dont les travaux ont profondément renouvelé l'histoire du livre et de l'édition, en même temps qu'il menait une carrière de directeur de grande bibliothèque à Lyon.
    À la croisée des trois mondes de la recherche, de l'enseignement et de l'action publique, son activité a fait de lui un observateur engagé de la place qu'occupe le livre dans la société des hommes, de la manière dont celle-ci peut modeler et apprivoiser cet objet, des effets culturels, symboliques et politiques que celui-ci peut produire en retour. Plus que sur les étapes d'une carrière, ces entretiens sont l'occasion de revenir sur les déplacements successifs d'une pensée, les modes et les raisons de ses renouvellements : en un mot, sur le développement d'une réflexion d'historien qui, en s'interrogeant sur ce qui fait d'un livre un livre et sur la part d'étrangeté ou d'obscurité que dissimule son apparente familiarité, éclaire aussi les enjeux du présent et les défis du futur proche, où les technologies numériques et l'Internet remodèlent déjà en profondeur le pouvoir des livres comme les pratiques de l'écriture et de la lecture.

  • En explorant inlassablement le chemin et ses détours qui, depuis la Grèce ancienne, mènent au monde dans lequel nous vivons, Pierre Vidal-Naquet a construit une oeuvre singulière aux facettes multiples. Personnalité complexe, se définissant lui-même comme « double » - historien et philosophe, historien et philologue, historien et citoyen -, il n'a cessé d'intervenir dans les affaires de la cité. Ses combats - la torture, la « raison d'État », le négationnisme -, il a toujours voulu les mener en historien qui cherche les documents, établit les faits, démonte les mythes, anciens comme contemporains, confond les falsificateurs et les imposteurs. Une enquête qui, selon ses mots, lui a donné le sentiment d'engager sa propre existence.
    Dans ces entretiens, interrompus par la mort, Pierre Vidal-Naquet exprime, avec la force de la simplicité, l'ardeur et la constance de ses convictions, sa passion pour la vérité, sa foi en l'amitié.

  • « Le titre m'a été suggéré par Leibniz et sa Confessio philosophi (La Profession de foi du philosophe) ' de là la conclusion de ce livre : « Ce que je crois ». Il s'agit de mes « convictions vécues » essentielles, non de mes opinions, lesquelles peuvent varier en fonction de mon humeur, des données et des événements. André Comte-Sponville a voulu, en effet, aller à ce qui lui semblait essentiel, et ses questions ont été judicieusement choisies pour m'amener à parler à coeur ouvert. Bien que ne les ayant jamais anticipées, je les ai parfois pressenties ' les intérêts d'André et sa philosophie m'étant suffisamment connus. Malgré tout, elles ont toujours comporté un élément de surprise : de là le charme de cet entretien, où j'eus un peu l'impression d'aller à l'aventure. J'ai été sincère, trop peut-être, mais je préfère une image vraie à une image retouchée et embellie. »
    Marcel Conche

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