2024 streaming

  • L'Ours Tulipe, contre son arbre adossé, regarde s'agiter vainement ses compagnons : Crocus le Serpent combat son anxiété par une activité de tous les instants, l'oiseau Violette cherche un moyen d'entrer en contact avec le Soleil, son amoureux, et le Caillou désespère de n'être qu'un caillou. La vie ? Un sacré sac de petits tracas et de grandes contrariétés. Mais comme le dit si bien Crocus, avec des pauses crêpes, ça passe.Dans cette fable pleine de tendresse, les grandes questions existentielles prennent corps, poils, plumes ou écailles. Crocus l'hyperactif, Dahlia la taupe timide, Tulipe l'ours stoïcien vivent des amours impossibles, aspirent à une existence enfin comblée. Dans la lignée des Peanuts ou de Mafalda, Sophie Guerrive invente des personnages attachants, symbolisant chacun une fragilité humaine.Tulipe est le reflet de nos névroses, de nos ridicules et de nos grandeurs, dépeints par des paroles sublimes et absurdes à la Nasr Eddine Hodja, où les figures du Savant, du Poète et de l'Idiot se confondent.Sophie est déjà l'auteur de plusieurs livres, notamment Capitaine Mulet, Crépin et Janvier (coll. Shampooing, Delcourt) ou encore Marines et Médiévales, aux éditions Ion.

  • Paul, Sofia, Karl et Ott, deux agents humains accompagnés de deux androïdes, s'aventurent sur une planète lointaine à la recherche d'une équipe scientifique disparue. Sur les arbres, les plantes, les roches, des excroissances géométriques défigurent le paysage, symptômes d'une expérience de grande ampleur ayant mal tourné. Bientôt piégés par une nature hostile, soumis à de violentes tempêtes gravitationnelles et de mystérieuses distorsions temporelles, nos quatre héros n'auront d'autre choix que d'avancer jusqu'à l'origine du phénomène. Ils plongent alors dans une odyssée qui les fera braver la Matière, l'Espace et le Temps Crépuscule met en scène des êtres humains seuls et démesurément insignifiants lorsque la nature sauvage décide de reprendre ses droits. Pure variation de la dialectique : Man vs Wild, l'homme, en figure d'apprenti-sorcier, joue avec sa technologie et provoque infailliblement une chaîne de réactions incontrôlables... Jérémy Perrodeau - Kaspard David Friedrich reborn ! - transfigure un récit romantique de SF en épopée western seventies. Survivalistes, âmes en mal de romantisme ou encore amoureux de science-fiction, ce livre est fait pour vous !

  • Un soir lointain, le soleil fige sa course et se pose sur l'horizon. Plongé dans un crépuscule sans fin, le Royaume décline et désespère.Un jour, un voyageur se présente à la Cour ; il persuade le Roi d'aller jusqu'au Soleil pour le prier de reprendre son cycle. Alors, le Roi se met en route, à la tête d'une longue procession. Page après page, ils se heurtent à des obstacles qui réduisent le nombre des pénitents, et seuls sept d'entre eux atteindront finalement le sommet où repose Helios...Le Quattrocento a offert au monde Jérôme Bosch. Les années 90 et le logiciel Photoshop ont enfanté Étienne Chaize, déjà coloriste et chef-décorateur du détonnant Quasar contre Pulsar, paru en 2014 aux éditions 2024.En puisant ses références dans des domaines très variés (jeu vidéo, Issey Miyake, Hokusai, Nicolas Ledoux...), notre alchimiste vient tisser avec délicatesse un monde fantastique. Dans la cohorte des personnages qui affrontent mille dangers d'un monde à l'autre retentit l'écho de mythes tels que l'Odyssée ou la Conférence des Oiseaux.Helios est un monde fourmillant de vie qui enchante et étonne à chaque page !

  • « Une nouvelle vie s'offre à vous. Installez-vous en ville ! » : Le prospectus en main, les deux héros de Vers la ville décident de tout abandonner. Quelle direction prendre ? Peu importe : les routes sont faites pour relier les villes, il doit donc y avoir une ville à chaque bout...De cette errance semée de pluie et de petits tracas, Tom Gauld tire le plus tendre des récits initiatiques. Pour pimenter leur quête, aucun bandit ni tornade : aux effets ronflants, Tom préfère un non-sens typiquement anglais mâtiné de romantisme allemand... Le ciel, la brouette, la tente ou la route prennent tour à tour une dimension cosmique ou absurde - en apportant au récit autant de merveilleux que de mélancolie.Démiurge écossais, Maître Zen ou Grand Ordonnateur de l'Archi-Minimal, Tom Gauld est d'abord un prodigieux conteur, et on retrouve avec bonheur l'humour absurde, tout en finesse et en nuances, qui faisait le sel de Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, son précédent livre aux éditions 2024. Pré-publié dans un premier temps sous forme de chronique hebdomadaire dans Time Out London, ce récit a fait l'objet d'une première édition chez B.ü.L.b Comix (Suisse) en 2004, sous le titre Move to the city. Indisponible depuis plusieurs années, il était plus qu'urgent de rééditer ce chef-d'oeuvre méconnu.

  • Le Capitaine Mulet a été hautement honoré. Le Roy de France lui a offert un navire, un équipage, et une mission qui doit le mener aux confins du Monde. Exploration ? Rien n'est moins sûr : tout ça pourrait bien n'être qu'un exil déguisé...Bravant la tempête et les océans, Mulet découvre alors une terre inconnue. Faut-il la revendiquer au nom du Roy, ou s'y installer pour créer son propre royaume ? Débute alors pour notre naïf et enthousiaste héros un long périple à travers un Moyen-Âge loufoque, qui le mènera des prisons du Roy au palais du Pacha d'Orient...Tel Don Quichotte, Mulet ne vit cette épopée qu'à travers ses fantasmes : le désert du Sahara devient une mer de roches, les paysans gascons des Atlantes. Cette aventure menée bon train se drape autant d'humour que de poésie, et l'on dérive avec plaisir, de personnages attachants en digressions farfelues, au gré de la folie douce de ce bon Mulet. Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, Sophie Guerrive construit un univers décalé au ton doux et absurde, quelque part entre les Peanuts et l'enluminure médiévale.Elle est déjà l'auteur de plusieurs livres, notamment Crépin et Janvier (coll. Shampooing, Delcourt) ou encore Marines et Médiévales, aux éditions Ion.

  • Le célèbre aviateur Ferdinand Pépin survole sans relâche les glaces sans fin du Grand Nord. Bravant les éléments, il cherche la trace du dirigeable disparu de Charles Robinson : Helen le lui a demandé. Helen, l'épouse de ce Robinson ; Helen, le grand amour de sa vie. Seul dans ces terres froides et hostiles, Ferdinand, lancé au secours d'un homme qu'il déteste, devra d'abord vaincre ses propres démons... Dans la lignée de ses précédents titres (Lemon Jefferson, Le Bandit au colt d'Or), Simon Roussin signe une nouvelle aventure revisitant avec brio l'imaginaire hollywoodien des années 50 - on pense notamment à Howard Hawks.Les Ailes brisées - Prisonnier des Glaces est un authentique album d'aventure, que l'on pourra autant lire avec le coeur innocent d'un enfant qu'avec l'oeil nostalgique d'un lecteur de vieux illustrés.Imprimé en trois tons directs, ce livre pourrait bien être - osons le penser ! - celui de la maturité graphique : poursuivant son travail de réinvention de la ligne claire, Simon Roussin déploie tout son talent dans ces très grandes images de paysages polaires, et entraîne le lecteur dans un récit implacable aux confins des solitudes glacées.

  • «Histoire dramatique, pittoresque et caricaturale de la sainte Russie d'après les chroniqueurs et historiens Nestor, Nikan, Sylvestre, Karamsin, Segur etc... etc... etc...» Son titre complet résume à lui seul une bonne part de ce récit fleuve et débridé (près de 500 gravures), dessiné pendant la guerre de Crimée qui opposa la Russie à l'empire ottoman et ses alliés, dont la France de Napoléon III. C'est donc animé d'un élan patriote que le jeune Doré, alors âgé de 22 ans, se lance dans cette histoire iconoclaste, volontiers outrancière et farouchement parodique. Mais de trouvailles narratives en audaces graphiques, il transcende pleinement sa charge pamphlétaire et pose là un jalon essentiel dans l'histoire de la bande-dessinée. 40 ans avant "La Famille Fenouillard" de Christophe, 70 ans avant "Krazy Kat" d'Herriman, Doré donne ici toute la mesure de sa géniale exubérance. Dépassant largement la simple curiosité patrimoniale, cette oeuvre témoigne surtout d'une inventivité et d'une liberté qui n'a rien à envier aux travaux les plus expérimentaux de la bande-dessinée contemporaine. Depuis sa publication voilà 160 ans, aucune réédition n'a pu s'appuyer sur une édition originale complète ; il s'agit donc ici de la première réédition intégrale et fidèle de ce chef d'oeuvre inconnu.

  • Cet album se présente comme le carnet de bord de M Plumet, un artisan passementier qui découvre la Suisse lors d'un voyage avec sa femme. Le propos est comique et satirique : satire du tourisme montagnard, de la bourgeoisie commerçante, du désir d'écrire et de peindre, de l'aventure romanesque... C'est surtout dans la composition des planches et la distanciation qu'il prend par rapport à son oeuvre que Gustave Doré étonne : avec un mélange de naïveté et de roublardise inattendu chez un auteur aussi jeune, il crée la surprise à chaque planche de l'album et fait exploser les codes du récit et de l'histoire en images. Une postface en bande-dessinée, par Léon Maret (l'auteur de Canne de fer et Lucifer et de Course de Bagnole aux Requins Marteaux) vient compléter la lecture du récit, mettant en lumière sa contemporanéité. En effet, bien loin d'être une bande-dessinée poussiéreuse destinée à un public exclusivement bibliophile, le lecture des Des-agréments (1851) reste aujourd'hui fluide, inventive, novatrice, et se situe aux antipodes du carcan imposé par certains codes utilisés largement dans la bande-dessinée d'aujourd'hui. Gustave Doré a 19 ans lorsqu'il dessine cet ouvrage, il s'amuse avec ce nouveau médium, à jouer avec ses codes, et le lecteur s'amuse avec lui !

  • Ce jour-là, Heartbreak Valley est le théâtre de l'éclipse de soleil la plus longue de l'histoire de l'humanité. Eliot Parsley est détective ; depuis trop longtemps, il poursuit la mystérieuse Jenny Moore, et son enquête l'a mené jusqu'ici... Il se mêle à la foule des curieux venus assister à ce spectacle extraordinaire, mais lorsque l'heure vient de reprendre la route, il se heurte à une obscurité sans fin : seule Heartbreak Valley est revenue à la lumière ! Les ténèbres règnent partout ailleurs, plongeant les hommes dans la folie. Le détective entreprend alors une traversée de ce monde devenu apocalypse. À ses côtés, un évadé ivre de vengeance sème la mort, croyant reconnaitre en chaque inconnu l'assassin de sa femme et de ses enfants... Tout au long du récit, passé et présent s'entremêlent et nous aveuglent pour mieux nous plonger dans la psychologie d'un narrateur égaré. Les obsessions respectives de chacun des personnages finiront par se rejoindre, dans un scénario rappelant les films noirs de l'âge d'or d'Hollywood.Après Lemon Jefferson et la Grande Aventure, Simon Roussin délaisse un temps ses feutres et assume un récit âpre où les couches de récits se superposent, tissant une réalité étrange où les territoires de la bande-dessinée la plus classique sont voilés par la nostalgie, la violence et une troublante poésie.

  • Dans un monde absurde dirigé par des hommes violents et fous, Lemon Jefferson est un héros en devenir. Naïf et simple lieutenant, sa vie bascule un jour où la patrouille amène au château une jeune femme et un vieillard : deux rebelles faits prisonniers et condamnés à morts... Son destin le mènera alors à travers de terribles épreuves, et il découvrira l'amour, l'amitié, mais aussi la trahison et la cruauté... Sur ce chemin semé d'embûches, sa bravoure, sa loyauté et son sens de l'honneur seront mis à rude épreuve ! Avec ce récit haletant où se succèdent les péripéties les plus extravagantes, Simon Roussin cherche à retrouver le souffle de ses lectures d'enfance, tout en travaillant sur les récurrences et les caractéristiques du récit classique. Toutefois, et sans jamais tomber dans la parodie, il nous livre d'abord une vraie Grande Aventure, où se mêlent l'humour, la dérision, la nostalgie et l'hommage ému. Son récit est servi par un travail graphique surprenant, où il s'approprie la ligne claire et la réinvente grâce à une virtuose mise en couleur aux feutres. En assumant l'héritage de ses aînés et en jouant avec les références, Simon Roussin renouvelle la bande dessinée d'aventure avec une étonnante maturité. Lemon Jefferson et la Grande aventure faisait partie de la Sélection officielle du Festival International de bande dessinée d'Angoulême 2012.

  • Emma vient d'avoir seize ans. L'heure du mariage a sonné ! Chaperonnée par son cher oncle le Baron - un tantinet porté sur la bouteille - notre curieux couple part au bal travesti. Fonçant à toute berzingue dans une complète obscurité, notre duo percute le carrosse de Lord Pudding escorté du fakir Satiagit et de son tigre... Le regard attendri (coquin ?) que porte aussitôt notre jeune Cendrillon pour la bête n'est que le signe avant-coureur d'une folle soirée. Mais la fête ne serait pas réussie sans un soldat nommé Tête de bois, un savant (fatalement fou), une paire de flics et toute une tripotée d'aristocrates encostumés... Quelque part entre Tim Burton et Edward Gorey, le premier Bal d'Emma introduit ses acteurs à la façon d'un Carnaval des Animaux gothique. Fauves, gueules cassées, bourgloutes et nobles décatis sont à la parade, jusqu'à ce que tout ce joli monde se percute en un bouquet final aussi macabre que réjouissant ! Initialement conçu en feuilleton pour la revue Lapin de l'Association, puis largement remanié, ce livre est le fruit d'un travail à quatre mains : le « riff » endiablé de Donatien Mary et les solos ensorcelants de Sophie Dutertre nous emportent avec énergie et liberté dans cette fuite en avant brillante et survitaminée.

  • Fesse - Culligrammes et filles de fer est un livre de calligrammes. De cul ! Rappelons-en d'office aux élèves distraits la définition (en remerciant Wikipedia) : Un calligramme est un poème ou un mot dont la disposition graphique sur la page forme un dessin, généralement en rapport avec le sujet du texte. Qu'en est il donc de Fesse ? Il est donc ici bien question de fesses, de vagin et de popotins. Mais - rassurons la bourgeoisie effarouchée - sous la forme la plus chic et raffinée qui soit : Guillaume Chauchat dépasse aisément la représentation gênante de turgescences obscènes d'un trait de plume virtuose et facétieux. En contrepoint des calligrammes, le livre propose également des photos de sculptures de Chauchat, qui façonne de curieuses Venus callipyges en fil de fer. Ludo-pornographique, Fesse est une invitation au jeu : l'émoi se cache. Mais où ? Ah oui, là : je le vois se dresser !La récompense est à la hauteur de l'enjeu. Comme le dit si bien Lao Tseu : "Quand le sage montre la Lune, le sot regarde le doigt."

  • Coco Jumbo

    Léon Maret

    "« Il faut moderniser la nature. La rendre plus cool. Plus lounge. Plus zap. » Alain Boulanger, patron de la grande entreprise semi-publique VIEA, part à l'assaut de la nature. En route pour la mine d'uranium de Domartin (Dom Tom), un mystérieux accident de voiture vient éparpiller cette grande figure du patronat français sur le bitume d'une départementale traversant la jungle. Un énigmatique petit singe s'empare alors de l'ordinateur (rempli de secrets d'état) de Boulanger, point de départ de ce récit théâtral.En premier rôle : Marion, jeune journaliste idéaliste coincée dans ses peines de coeur et dépêchée sur les lieux du crime ; en seconds rôles : Vadime Boulanger (neveu du premier), guidé par son zob, Papa Mars, rédacteur en chef maoïste exalté, déterminé à faire la lumière sur VIEA, et, bien entendu, notre affectueux primate doué de parole : Coco Jumbo, mammifère mythomane, au centre de notre fablabla (fable + blabla = fablabla)...La collision de ces différentes sensibilités, à rebours de l'intrigue politico- financière, mènera les protagonistes à affirmer leur moi profond (si débile soit-il) dans cette jungle hostile.Comme le dit CocoJumbo : «Yes le style!»"

  • Poissons, oiseaux, soleil, lianes et vers de terre peuplent une île idyllique. Au coeur de cet Eden, deux êtres s'éveillent à la conscience et s'émerveillent ensemble de la vie qui s'offre à eux. Tout en gambadant, ils apprennent à se construire avec quelqu'un en inventant les prémices du progrès et de la civilisation. Ici, c'est le paradis originel : Bob et Sally sont les deux premiers amis du Monde.Point d'ambiguïté : il s'agit d'un couple de copains. Adam et son pote Adam au pays de l'adorable et de l'insouciance. Mais le soleil a beau sourire et faire des oeillades, un malaise diffus fait doucement son nid : le quotidien pointe le bout de son nez, traînant avec lui l'angoisse du temps qui passe. Quel insoutenable sentiment de vacuité lorsque naît la conscience de l'éphémère !Rongée par ce drame intime et universel, l'amitié originelle vacille... Les failles et les tourments se révèlent au détour d'un reflet dans l'eau ou d'un souffle dans les buissons : l'oeuvre devient romantique en diable. Chaque pierre, chaque mousse se charge d'émotion ; Matthias Aregui réussit à décrire avec précision les sentiments complexes qui habitent ses personnages. La sincérité du récit fait mouche, cet Eden incongru devient le théâtre d'une tragi-comédie douce-amère.

  • L'histoire de Canne de de fer et Lucifer se passe dans une France secouée par la Révolution... une France où la valeur d'un homme se mesure à son habileté dans une discipline bien particulière : la canne de combat. Gaston Martin, lui, est un orphelin un peu naïf, perdu sur les routes avec son chien Ledraoulec ; candide, certes, mais exceptionnellement - et inexplicablement - doué une canne à la main ! En ces temps troublés, un prodige de l'escrime comme lui pourrait tout autant finir sur l'échafaud de la Terreur que devenir un héros des institutions naissantes...Tour à tour disciple zélé, vagabond sans le sou, canniste redouté ou enfant sauvage, balloté par les remous de l'Histoire et manipulé par des arrivistes de tout poil, Gaston Martin découvrira la peur, l'amour, la fourberie et les brioches. Si le ton de l'histoire peut rappeler certains mangas comme Dragon Ball, Canne de fer et Lucifer est aussi et avant tout un truculent roman picaresque. Léon Maret nous livre ici un récit épique dont la liberté et la spontanéité revendiquées font directement écho à l'oeuvre des pionniers de la bande-dessinée, comme Töppfer. En tant qu'éditeurs, il nous semble salutaire de publier de tels livres : celui-ci est surprenant, drôle et revigorant.

  • Courtes saynètes, poésies visuelles, personnages qui se croisent et se recroisent forment la toile de fond de Il se passe des choses, tryptique que clôt aujourd'hui Guillaume Chauchat. Le premier opus mettait en scène un enfant à la veille de ses sept ans. Initié par son père au rituel qui faisait la fortune de sa famille : une formule magique ardue, un louis d'or qui se multiplie... Nous avions assisté au désastre : écrasé par la pression, il n'avait rien pu faire d'autre que de transformer, par quelque étrange et hasardeuse déformation, la fameuse pièce d'or en caoutchouc. Dans le deuxième livre, devenu adulte et ayant appris à maîtriser son caoutchouteux pouvoir, l'enfant devint magicien. Et cette fois, c'est aux affres du mensonge et du couple qu'il était confronté, dans une relecture brillante, concise et élégante, du mythe de Samson et Dalila. Dans ce troisième tome, cette fable sur le poids de l'héritage se clôt par un retour aux origines de la saga : la véritable histoire de l'ancêtre ayant « trouvé » la pièce et la formule magique nous est révélée. Héritier moderne de Saul Steinberg pour le dessin et d'Alexandre Calder pour la sculpture, Guillaume Chauchat explore depuis quelques années les possibilités de la ligne, tant avec l'encre et la plume qu'avec sa pratique de la sculpture en fil de fer. Son univers est peuplé de signes et de symboles, matérialisant la pensée et les sentiments. Toujours poétique et délicat, il est un fier représentant du dessin d'idée qui avait peu à peu disparu du paysage.

  • Comète ? ère glaciaire ? éruptions volcaniques ? FA-DAISES ! Découvrez enfin LA vérité sur nos ancêtres les dinosaures. Grâce à la découverte d'un extraordinaire manuscrit, oublié dans les rayons poussiéreux de la lointaine bibliothèque de Bichkek, le lecteur apprendra tout sur nos glorieux aïeux : comment ils vivaient, leurs moeurs, leurs jeux et surtout, bien sûr, l'unique et véritable raison de leur extinction... Le colossal travail de gravure sur bois de Donatien Mary illustre avec brio ce texte de Didier de Calan, savant mélange d'humour et de poésie, dont la densité d'analyse n'a d'égale que la probité scientifique !Un livre pour toute la famille.

  • Un vagabond chantant du blues, un couple d'amoureux sur un banc, un suicidaire au bord d'une falaise... Courtes saynètes, poésies visuelles, personnages qui se croisent et se recroisent pour former la toile de fond du livre : l'introduction s'achève, le récit peut commencer.Un enfant est dans son lit, à la veille de ses sept ans. Demain, son père l'initiera au rituel qui fait la fortune de sa famille depuis deux cent ans : une formule magique ardue, un louis d'or qui se multiplie... La pression est grande sur les épaules du petit bonhomme. Souhaitons-lui d'éviter le désastre ! Qu'adviendrait-il de lui s'il n'y arrivait pas ? Ou pire, si, par quelque étrange hasard, il n'arrivait à rien d'autre que de transformer l'or en caoutchouc ? Il se passe des choses est le premier mouvement d'un triptyque élégant et délicat sur le poids du destin familial. On y découvre le travail de Guillaume Chauchat, dessinateur virtuose dont l'économie de moyens souligne avec force la justesse et la sensibilité de ses lignes épurées, dans la lignée d'un Steinberg ou d'un Sempé. Personnages attachants, drôlerie des situations et poésie fugace construisent son univers fin et cocasse.

  • Dans le précédent tome, nous avions lu comment le père de Samson le magnifique l'avait initié au rituel qui faisait la fortune de sa famille depuis deux cent ans : une formule magique ardue, un louis d'or qui se multiplie... Et nous avions assisté au désastre : écrasé par la pression, il n'avait rien pu faire d'autre que de transformer la fameuse pièce d'or en une balle de caoutchouc. Ce deuxième tome reprend l'histoire plusieurs années plus tard. Samson a appris à maîtriser son caoutchouteux pouvoir, il est devenu magicien. Cette fois, c'est aux affres du mensonge et du couple qu'il va être confronté ; et c'est en suivant les pas d'un vagabond alcoolique et d'un chanteur taciturne que nous découvrirons cette relecture du mythe de Samson et Dalila. Même s'il peut éventuellement se lire de façon indépendante, ce livre est le deuxième mouvement du triptyque Il se passe des choses (Sélection de Noël Télérama 2013). On y retrouve avec bonheur le travail de Guillaume Chauchat, dessinateur virtuose dont l'économie de moyens souligne avec force la justesse et la sensibilité de ses lignes épurées, dans la lignée d'un Steinberg ou d'un Sempé. Personnages attachants, drôlerie des situations et poésie fugace construisent son univers fin et cocasse.

  • Vu, Lu ! est une célébration de la lettre dessinée. Du Moyen-Âge à aujourd'hui, des typographes, des illustrateurs, ont produit d'étonnants alphabets, chics, étranges ou parfois monstrueux. Entre calligrammes, pangrammes et autres réjouissances typographiques, Vu, Lu ! est une invitation à la redécouverte de la lettre en tant qu'image. Mais l'histoire de ce catalogue typographique est surprenante et mérite d'être narrée : Novembre 1944, Strasbourg est enfin libérée par les alliés. La reconstruction est en marche. Au titre des dommages de guerre, elle recevra des bons d'achat qui lui permettront d'acquérir, dans les années 70, le fonds Soennecken - une collection particulière de calligraphie qui avait appartenu à l'industriel allemand Friedrich Soennecken (fabricant de plumes et outils de bureau). Ce magnifiques fonds a dormi de longues années sur quelques étagères oubliées de la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg avant d'être remis en lumière par plusieurs projets initiés par la ville, dont celui d'éditer, avec la complicité des éditions 2024, un abécédaire. Sous la direction de Guillaume Dégé, celui-ci mêle des lettres récentes conçues et dessinées par dix illustrateurs talentueux : Guillaume Chauchat, Simon Thompson, Juliette Binet, Clara Markman, Christophe Jacquet, Joëlle Merizen, Clément Paurd et Marie Saarbach.

  • Jean et Cosmiel ont été touchés par la grâce des Instances supérieures ! Ils ont été libérés des contingences de leur corps physique : matières éthérées flottant dans l'univers, nos deux compères entament une déambulation curieuse à travers différents mondes : la Lune, le Soleil, Pluton... Silencieux et contemplatif, leur voyage est aussi rythmé, de loin en loin, par les leçons de métaphysique triviale que le sage Cosmiel prodigue à Jean le novice.Au commencement, il y a le Voyage extatique céleste, d'Athanasius Kircher, jésuite allemand du XVIème. Cet ouvrage métaphysico-scientifique, superbement illustré, relate un trip étrange dans un univers aux lois révolues. Kircher, lui, se situe quelque part entre génie précurseur et cancre illuminé. Auteur de moult traités dans moult domaines, on lui doit bien quelques belles intuitions ; mais au final, ses errances (hélas, nombreuses) l'ont plongé dans un relatif oubli, même si, convenons-en, elles le rendent éminemment sympathique. Amoureux du personnage, autant que de son oeuvre, Clément se place en lointain héritier de ce bon savant.Mais démiurge lui-même, il triture cette matière à loisir et fait de ce "Voyage" une immersion superbe dans son propre univers. Par le jeu de ses perspectives étranges, de ses décors fastueux, de ses lumières hallucinées, Clément surprend et sidère ; ou, mieux encore : émerveille.

  • Publier un livre de poésie, c'est comme jeter une pétale de rose au fond du Grand Canyon et attendre l'écho, professe le sage...Qu'attendre alors de ces Faux Poèmes Chinois, potaches et lourds comme un 38 tonnes ? Si les haïkus étaient chinois, ces poèmes-là seraient probablement les plus mauvais haïkus jamais produits. Le vulgaire y côtoie allégrement l'absurde et le stupide, faisant naitre parfois - par mégarde sans doute - d'authentiques éclats poétiques.Publié une première fois en 1995 par Tom de Pékin et Guillaume Dégé, trublions de l'ombre, ce livre n'a rien perdu de sa force : de tels ouvrages n'ont pas d'âge et éclairent nos ténèbres de leur impertinente lumière (car on dit encore beaucoup d'âneries sur la Chine). Nous exhumons donc avec fierté aujourd'hui cette encyclopédie antipodiste, opuscule dans la lignée des bricolages dada, de Topor, et des Pataphysiciens. Une belle mécanique bien huilée, un paquet de soupapes ronflant sous un capot enflammé, et ce qu'il faut de fureur : Les Faux poèmes chinois est le Fast and Furious de la poésie.Et comme le disent si bien Maîtres Da Wensan et Dai Rui : Dès que j'entends le mot culture, je sors mon bambou.

  • Tandis que Pulsar détruit des mondes, Quasar peine à gérer ses histoires de coeur. Jeune génie de la Guildes des Plieurs d'Univers, Quasar est pourtant le seul, grâce à sa maîtrise hors du commun du Temps et de l'Espace, à pouvoir s'opposer à cette folie destructrice... Les bouleversements galactiques vont bien vite rattraper Quasar : bientôt, luttant pour sa survie et celle de l'univers tout entier, il lui faudra affronter Pulsar en personne ! Récréation graphique surprenante, futuriste et baroque, Quasar contre Pulsar est le fruit d'un audacieux travail à trois : Mathieu Lefèvre développe ses talents d'écriture, part d'un genre et le détraque pour glisser vers un autre ; Alexis Beauclair signe de son trait sobre et élégant le dessin des planches, qu'Étienne Chaize investit en dernier lieu de son univers débridé fait de couleurs dégradées, halos, néons et autres effets lumineux... Au-delà du choc visuel, cette alchimie fait naître une atmosphère unique et porteuse, finalement, d'une singulière poésie. Quasar contre Pulsar est un vaudeville délirant et survitaminé, que l'on referme sourire aux lèvres, essoufflé, ébahi et comblé.

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