2024 streaming

  • Le petit monde de l'ours Tulipe continue de s'agiter à la surface de
    la terre. Comment faire pour affronter l'existence et ses affres ?
    Crocus le serpent s'avance dans le désert pour devenir prophète ;
    Trèfle la tortue tente de retrouver sa mère. C'est dans les pouvoirs
    de la poésie que Violette, l'oiselle, place ses espoirs. Rimes
    riches, rimes pauvres, verbe prophétique ou divagations ensoleillées
    : c'est bien par la parole que chacun cherche à apprivoiser la
    répétition des jours - et le tenace sentiment d'absurdité qui
    l'accompagne... Dans le troisième volume de cette trilogie, Tulipe,
    l'ours philosophe, Narcisse le tatou timide, Cosmos le corbeau
    cynique et leurs amis questionnent le monde encore une fois. Ils sont
    les acteurs perspicaces d'un petit théâtre à la portée universelle,
    construit jour après jour par Sophie Guerrive avec une infinie
    tendresse. Comment supporter le temps qui passe ? en trois mille ans
    de civilisation, aucune réponse n'est apparue très clairement...
    Pendant ce temps, Sophie Guerrive propose un livre réconfortant,
    bijou d'intelligence, d'humour et de douceur - que l'on referme en se
    sentant plus léger. Cet ours est sûrement, à sa manière, un peu
    sorcier.

  • En cuisine avec Kafka

    Tom Gauld

    Tous les dimanches, Tom Gauld illumine de son talent le cahier
    littéraire du prestigieux journal britannique The Guardian. Trois ans
    après Vous êtes tous jaloux de mon Jetpack, voici enfin une nouvelle
    sélection de ces strips dominicaux ! L'occasion de croiser un James
    Bond féministe, de recevoir un texto de Dracula et surtout,
    d'apprendre le sens de la vie de la bouche même de Franz Kafka - en
    même temps que la recette du cake au citron... Nos bibliothèques
    débordent de livres qu'on a lu, qu'on aimerait lire, qu'on prétend
    avoir lus, qu'on ne lira jamais, et personne n'en parle mieux que
    Tom, avec finesse, facétie et tendresse. Plusieurs fois récompensés
    aux Eisner Awards et régulièrement présent dans la sélection du
    Festival d'Angoulême, Tom Gauld est en même temps sérieux et absurde,
    érudit et loufoque. Il marie avec grâce critique littéraire et
    culture pop, pour nous entrainer dans cet univers incisif, brillant
    et décalé ! Tous en cuisine !

  • Tulipe est toujours sur le départ. Il ne rêve que d'une chose, c'est
    de prendre son sac à dos et d'arpenter le vaste monde. Mais il y a
    toujours quelque chose qui le retient : de nouvelles rencontres, ou
    les vaines tentatives d'escapades de Violette et Crocus, et l'arbre,
    bien sûr. D'ailleurs, pourquoi partir quand l'aventure s'invite
    elle-même à son pied ? Sous la forme d'un oeuf, le plus grand des
    mystères vient troubler la paisible inquiétude de nos petits
    camarades. Quand ce n'est pas un oeuf qui refuse d'éclore, c'est une
    chauve-souris qui refuse de sortir de son trou, ou une oiselle en
    pleine crise de lissophobie ! Avec ce deuxième opus, les choses se
    confirment : l'arbre ne bougera pas, Tulipe pas tellement plus. Comme
    le dit le proverbe : Un voyage de mille lieues a commencé par un pas.
    Certes, mais lequel ?

  • L'Ours Tulipe, contre son arbre adossé, regarde s'agiter vainement ses compagnons : Crocus le Serpent combat son anxiété par une activité de tous les instants, l'oiseau Violette cherche un moyen d'entrer en contact avec le Soleil, son amoureux, et le Caillou désespère de n'être qu'un caillou. La vie ? Un sacré sac de petits tracas et de grandes contrariétés. Mais comme le dit si bien Crocus, avec des pauses crêpes, ça passe.Dans cette fable pleine de tendresse, les grandes questions existentielles prennent corps, poils, plumes ou écailles. Crocus l'hyperactif, Dahlia la taupe timide, Tulipe l'ours stoïcien vivent des amours impossibles, aspirent à une existence enfin comblée. Dans la lignée des Peanuts ou de Mafalda, Sophie Guerrive invente des personnages attachants, symbolisant chacun une fragilité humaine.Tulipe est le reflet de nos névroses, de nos ridicules et de nos grandeurs, dépeints par des paroles sublimes et absurdes à la Nasr Eddine Hodja, où les figures du Savant, du Poète et de l'Idiot se confondent.Sophie est déjà l'auteur de plusieurs livres, notamment Capitaine Mulet, Crépin et Janvier (coll. Shampooing, Delcourt) ou encore Marines et Médiévales, aux éditions Ion.

  • La traversée

    Clément Paurd

    " La Guerre fait de la pâtée des héros et des justiciers." Le soldat
    Firmin et son Capitaine arpentent une ligne d'horizon sans fin.
    Tandis que le Capitaine, sentencieux et sûr de lui, soliloque sur
    l'Ennemi à pourfendre, Firmin ironise sur leur situation de soldats
    en errance : séparés de leur régiment, ils cherchent à retrouver le
    front. Mais le chemin n'est pas tracé, et la bataille semble se jouer
    toujours un peu plus loin... Faute de fracas et de combats, nos soldats
    traversent une nature silencieuse ; pourtant, si la Guerre semble se
    dérober, ses stigmates sont tout aussi assourdissants... Un vieillard
    qui sombre dans la folie, une mère près d'un bûcher, une auberge
    pillée : les notes se font dissonantes et viennent ébranler la foi et
    la raison de nos deux compères. Firmin, tantôt candide, tantôt
    piquant, et le Capitaine, que son amour de la Patrie aveugle souvent,
    déambulent d'une rencontre à l'autre, comme menés par un invisible
    joueur de flûte et leur voyage devient initiation. Nourri par Beckett
    et Buzatti, Clément Paurd nous parle ici de patriotisme,
    d'aveuglement et d'absurdité. Sans jamais quitter ses deux
    personnages ni changer de cadrage - à la façon d'une pièce de
    théâtre - il s'appuie sur un vocabulaire formel limpide et concentré,
    qui donne toute sa force à son récit. Il traite ces thématiques
    intemporelles avec délicatesse et intelligence, nous offrant ainsi un
    livre d'une grande finesse et d'une lucidité implacable.

  • Un matin de 1921, Walt, célibataire endurci et mécano amateur, ouvre
    sa porte et découvre, abandonné sur son perron, un nouveau-né :
    Skeezix. Chef d'oeuvre de Frank King, le strip Walt & Skeezix,
    démarre en réalité dès 1918, comme la chronique, titrée Gasoline
    Alley, d'une middle-class américaine passionnée d'automobile. Mais
    l'apparition du bébé Skeezix bouleverse tout cet univers, y compris
    l'approche de Frank King qui décide, à partir de là, de faire
    vieillir les personnages au rythme de la parution des strips. Dès
    lors, les jours qui passent dictent la cadence d'un double
    apprentissage, de la paternité pour ce vieux garçon un poil empoté,
    de la vie pour Skeezix - ses premiers pas, son entrée à l'école puis,
    des années plus tard, son départ pour la guerre... Profondément
    touchante, cette série dresse ainsi, avec humour et tendresse, les
    contours de ce qui fait la vie ordinaire et le quotidien, offrant au
    lecteur un double, un reflet dans lequel reconnaître et apprécier son
    existence. Le présent livre propose une sélection des plus belles
    pages du dimanche de Frank King : superbes respirations au strip
    quotidien - de grand format et en couleurs - elles rendent grâce à
    ses talents de dessinateur. Promenades, baignades ou parties de
    campagne : ces pages mettent en avant les joies de l'enfance, les
    jours heureux des vacances, pendant lesquels la relation filiale se
    construit avec finesse. Publiées entre 1921 et 1934, ces quatre-
    vingts planches offrent un aperçu passionnant de cette oeuvre
    vertigineuse et composent une porte d'entrée idéale vers un univers
    riche et délicat, dont se réclament Chris Ware et les plus grand
    auteurs anglo-saxons actuels. Immense classique du strip américain,
    Walt & Skeezix traverse enfin l'Atlantique ; il était plus que temps.
    Préfaces de Chris Ware et Stéphane Beaujean

  • Paul, Sofia, Karl et Ott, deux agents humains accompagnés de deux androïdes, s'aventurent sur une planète lointaine à la recherche d'une équipe scientifique disparue. Sur les arbres, les plantes, les roches, des excroissances géométriques défigurent le paysage, symptômes d'une expérience de grande ampleur ayant mal tourné. Bientôt piégés par une nature hostile, soumis à de violentes tempêtes gravitationnelles et de mystérieuses distorsions temporelles, nos quatre héros n'auront d'autre choix que d'avancer jusqu'à l'origine du phénomène. Ils plongent alors dans une odyssée qui les fera braver la Matière, l'Espace et le Temps Crépuscule met en scène des êtres humains seuls et démesurément insignifiants lorsque la nature sauvage décide de reprendre ses droits. Pure variation de la dialectique : Man vs Wild, l'homme, en figure d'apprenti-sorcier, joue avec sa technologie et provoque infailliblement une chaîne de réactions incontrôlables... Jérémy Perrodeau - Kaspard David Friedrich reborn ! - transfigure un récit romantique de SF en épopée western seventies. Survivalistes, âmes en mal de romantisme ou encore amoureux de science-fiction, ce livre est fait pour vous !

  • Xibalba

    Simon Roussin

    « Xibalba, lieu de disparition, de l'évanouissement, des morts » - in
    Légendes du Guatemala, M.A. Asturias 1932, l'Aéropostale s'éteint
    doucement. Au Vénézuela comme ailleurs, les lignes ferment les unes
    après les autres, malgré l'audace des derniers pilotes... Eddie,
    l'Américain, et André, le visage balafré, écument les bars, se
    racontent leurs pays et leurs compagnons disparus : deux têtes
    brûlées, deux amis. Voler ? La seule chose qu'ils savent faire et,
    sans doute, leur dernière raison de vivre. Que faire, alors,
    lorsqu'une ethnologue distinguée, puis deux jumeaux taciturnes,
    recherchent les services d'un aviateur ? Décoller encore une fois,
    toiser les frondaisons, survoler les fleuves verts ; et entendre le
    nom d'une terre magique, perdue au plus profond de la jungle, que les
    indiens nomment Xibalba. Porté par une ligne claire moderne et
    incarnée, modulé par une bichromie éclatante, ce grand récit parle
    d'amitié et du souvenir des êtres chers. Nourri par Chaland autant
    qu'Howard Hawks, Simon Roussin confirme livre après livre son immense
    talent de conteur ; il s'enfonce ici dans la psyché de ses
    personnages pour en faire flamboyer le drame intime et nous emporte
    avec brio dans une étrange et étourdissante aventure.

  • Un soir lointain, le soleil fige sa course et se pose sur l'horizon. Plongé dans un crépuscule sans fin, le Royaume décline et désespère.Un jour, un voyageur se présente à la Cour ; il persuade le Roi d'aller jusqu'au Soleil pour le prier de reprendre son cycle. Alors, le Roi se met en route, à la tête d'une longue procession. Page après page, ils se heurtent à des obstacles qui réduisent le nombre des pénitents, et seuls sept d'entre eux atteindront finalement le sommet où repose Helios...Le Quattrocento a offert au monde Jérôme Bosch. Les années 90 et le logiciel Photoshop ont enfanté Étienne Chaize, déjà coloriste et chef-décorateur du détonnant Quasar contre Pulsar, paru en 2014 aux éditions 2024.En puisant ses références dans des domaines très variés (jeu vidéo, Issey Miyake, Hokusai, Nicolas Ledoux...), notre alchimiste vient tisser avec délicatesse un monde fantastique. Dans la cohorte des personnages qui affrontent mille dangers d'un monde à l'autre retentit l'écho de mythes tels que l'Odyssée ou la Conférence des Oiseaux.Helios est un monde fourmillant de vie qui enchante et étonne à chaque page !

  • « Une nouvelle vie s'offre à vous. Installez-vous en ville ! » : Le prospectus en main, les deux héros de Vers la ville décident de tout abandonner. Quelle direction prendre ? Peu importe : les routes sont faites pour relier les villes, il doit donc y avoir une ville à chaque bout...De cette errance semée de pluie et de petits tracas, Tom Gauld tire le plus tendre des récits initiatiques. Pour pimenter leur quête, aucun bandit ni tornade : aux effets ronflants, Tom préfère un non-sens typiquement anglais mâtiné de romantisme allemand... Le ciel, la brouette, la tente ou la route prennent tour à tour une dimension cosmique ou absurde - en apportant au récit autant de merveilleux que de mélancolie.Démiurge écossais, Maître Zen ou Grand Ordonnateur de l'Archi-Minimal, Tom Gauld est d'abord un prodigieux conteur, et on retrouve avec bonheur l'humour absurde, tout en finesse et en nuances, qui faisait le sel de Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, son précédent livre aux éditions 2024. Pré-publié dans un premier temps sous forme de chronique hebdomadaire dans Time Out London, ce récit a fait l'objet d'une première édition chez B.ü.L.b Comix (Suisse) en 2004, sous le titre Move to the city. Indisponible depuis plusieurs années, il était plus qu'urgent de rééditer ce chef-d'oeuvre méconnu.

  • L'heure est grave, et le Mage Pueblo le sait : la Boule de Feu qui
    alimente leur barrière magique s'étiole et perd chaque jour de sa
    puissance. Les terribles Maruflans rôdent, et le village sera bientôt
    à leur merci ! Seul le Sage Patrix peut encore les sauver, mais
    celui-ci a été exilé, il y a fort longtemps, dans le monde lointain
    des humains... Bravant les dangers du portail inter-mondes, c'est le
    fidèle Fernando qui ira chercher le Sage. Didier, sa moustache, et
    son petit chien Rocky pourront-ils l'aider dans sa quête ?
    Prisonniers de la cruelle Reine des Chevoules, perdus dans les
    brouillards des Marais de Morve, Fernando et le Mage Pueblo
    parviendront-ils à sauver leur village ? Rocky et Didier reverront-
    ils leur coquet appartement ? Vous le saurez en lisant Boule de feu,
    le nouveau livre d'Anouk Ricard et Étienne Chaize ! La bande
    dessinée a souvent accueilli les expérimentations graphiques
    détonantes et Boule de Feu porte haut cette tradition. Corben et
    Druillet n'ont qu'à bien se tenir : rarement alliance aussi
    inattendue n'avait dynamité à ce point les codes graphiques du 9ème
    Art - et nos rétines ! Anouk Ricard fournit personnages absurdes et
    dialogues ubuesques avec une facilité déconcertante, mariant à
    merveille héroïsme et humour, avec deux grands H. Étienne Chaize,
    jonglant avec les techniques - collages, encres, peinture numérique -
    fait des miracles et crée les décors de ce monde surprenant, nourri
    par Le Seigneur des Anneaux, les cartes Magic et autres classiques du
    genre... Inclassable, drôle et déjantée : Boule de feu est assurément
    la quête d'héroïc-fantasy la plus brillante de ces derniers années !

  • «Les Travaux d'Hercule ont été composés, dessinés et A1:AA2 par un
    artiste de quinze ans qui s'est appris le dessin sans maître et sans
    étude classiques. [] Nous avons voulu l'inscrire ici pour bien
    établir le point de départ de M. Doré, que nous croyons appelé à un
    rang distingué dans les Arts.» C'est ainsi que l'éditeur Aubert, en
    1847, présentait ce premier album de Gustave Doré; premier album, et
    /> premier chef d'oeuvre de ce génie précoce. En effet, Doré pose là les
    bases de la bande dessinée moderne et ce récit est tout autant une
    parodie de l'Antiquité qu'un morceau d'histoire s'écrivant sous nos
    yeux. Si Tpffer l'inventeur du 9e art est une sorte de
    Christophe Colomb, Gustave Doré serait alors Magellan : celui qui
    fera, le premier, le tour du monde, le tour complet d'un art tout
    juste éclos pour en révéler tout le potentiel. Alors que le texte de
    cet Hercule, faussement épique et sérieux, entre volontiers en
    contradiction avec les tribulations grotesques d'un fils de Zeus
    cartoonesque et ventripotent, le trait s'anime, l'image devient
    mouvement, le figuratif devient abstrait. Doré, artiste aux
    intuitions fulgurantes, donne ici le cap. Resté dans l'ombre jusqu'à
    aujourd'hui, cet album iconoclaste, d'une folle liberté, est enfin
    réédité : à n'en pas douter, le premier album de Gustave Doré, est
    aussi son premier chef d'oeuvre.

  • L'île de la fée Bijou

    G.Ri

    Dans ces années naissantes de la presse pour enfants, G.Ri pose des
    jalons essentiels, dont le souvenir s'est malheureusement effacé au
    fil du temps. Après un premier volume consacré à la science-fiction,
    les éditions 2024 et la Bibliothèque nationale de France consacrent
    ce nouveau tome à la fantasy. Dans les trois récits qui composent ce
    recueil, tous parus dans la revue Les Belles Images avant que la
    Première Guerre mondiale ne vienne mettre un coup d'arrêt dans la
    carrière du dessinateur, G.Ri fait la part belle à son imaginaire et
    malmène avec malice les contes de fées et les récits de son enfance.
    Ogres, géants et fées nous entraînent dans des aventures
    rocambolesques et dans chacune de ces histoires en images, on sent
    l'influence de Rabelais, de Gustave Doré, de Perrault et des frères
    Grimm. L'île de la fée Bijou (1910) nous plonge dans un univers
    loufoque fait de jeunes filles mariées contre leur gré par de mauvais
    parents, tandis qu'Au pays de l'ogre Bouftout et de la fée Cocasse
    (1911) nous ravit par son ogre vorace et ventru. Enfin, reconnaissons
    à G.Ri ses talents d'inspirateur génial, avec Au Royaume des jouets
    (1907), sans doute une des plus belles anticipations de tous les
    Toy's stories à venir.

  • Transformations, visions, incarnations, ascensions, locomotions,
    explorations, pérégrinations, excursions, stations, cosmogonies,
    fantasmagories... lithomorphoses, métempsycoses, apothéoses et autres
    choses... ...ou comment le sous-titre d'Un autre Monde, plus célèbre
    ouvrage de J.J.Grandville, pourrait aisément être apposé sur l'oeuvre
    de Clément Vuillier. L'Année de la comète conte la destruction d'un
    monde, et la genèse d'un autre. Le passage fulgurant d'un météore aux
    /> abords d'une planète déclenche une série de cataclysmes et de
    transformations à sa surface. Bientôt, la glace et la pierre
    recouvrant l'astre cèdent la place à une activité volcanique et
    bouillonnante : des formes végétales émergent du sol, grandissent, se
    colorent, palpitent ; les eaux deviennent mouvantes, s'agitent, et
    les vagues déferlent sous les nuages tourbillonnants... Auteur
    virtuose de ce récit muet et magnétique, Clément Vuillier dirige ici
    une symphonie graphique fourmillant de détails, d'une force et d'une
    beauté étourdissantes.

  • Le Capitaine Mulet a été hautement honoré. Le Roy de France lui a offert un navire, un équipage, et une mission qui doit le mener aux confins du Monde. Exploration ? Rien n'est moins sûr : tout ça pourrait bien n'être qu'un exil déguisé...Bravant la tempête et les océans, Mulet découvre alors une terre inconnue. Faut-il la revendiquer au nom du Roy, ou s'y installer pour créer son propre royaume ? Débute alors pour notre naïf et enthousiaste héros un long périple à travers un Moyen-Âge loufoque, qui le mènera des prisons du Roy au palais du Pacha d'Orient...Tel Don Quichotte, Mulet ne vit cette épopée qu'à travers ses fantasmes : le désert du Sahara devient une mer de roches, les paysans gascons des Atlantes. Cette aventure menée bon train se drape autant d'humour que de poésie, et l'on dérive avec plaisir, de personnages attachants en digressions farfelues, au gré de la folie douce de ce bon Mulet. Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, Sophie Guerrive construit un univers décalé au ton doux et absurde, quelque part entre les Peanuts et l'enluminure médiévale.Elle est déjà l'auteur de plusieurs livres, notamment Crépin et Janvier (coll. Shampooing, Delcourt) ou encore Marines et Médiévales, aux éditions Ion.

  • « Il n'est pas nécessaire de construire un labyrinthe quand l'Univers
    déjà en est un. » Fidèle à cette citation de Borges, Jeremy Perrodeau
    promène le lecteur dans un récit à l'architecture tortueuse... Trois
    personnages accostent sur une plage déserte, dans une île inconnue.
    Aussitôt, ils se séparent et chacun d'eux s'en va, de son côté,
    accomplir sa part d'une quête secrète. Ils pénètrent alors dans un
    monde intense et violent ; traversant les paysages à la beauté
    vénéneuse, il leur faudra combattre dans relâche pour s'emparer de
    mystérieux artefacts, alors qu'au coeur de la jungle se dresse un
    intrigant monolithe... Ce récit choral révèle par bribes ses
    véritables enjeux, revus successivement sous différents points de
    vue. Mais, point de force centrifuge de cette intrigue, le monolithe
    ne tardera pas à happer nos héros dans une réalité parallèle. Avec
    Isles - premier livre de Jeremy Perrodeau - l'auteur de Crépuscule
    signait déjà là une aventure trépidante. Ballottant le lecteur au gré
    des coups de poings et des coups de revolver, le récit charrie avec
    lui des pans entiers de mémoire visuelle, sonore, littéraire et
    cinématographique - quelque part entre Lost, Yûichi Yokoyama, Indiana
    Jones, et Robinson Crusoé.

  • Pas de répît pour Gérard Menvussat ; le célèbre détective a beau
    venir chercher le repos dans un hôtel de luxe loin de chez lui, les
    affaires le rattrapent. Des cris le tirent de son mauvais sommeil ;
    ciel, un assassinat ! La victime est loin d'être une inconnue : c'est
    Marie Laverdure, la fille du propriétaire de l'hôtel... Marie
    Laverdure, artiste dont l'oeuvre pléthorique, protéiforme et
    discutable, occupe chaque recoin de cet étrange établissement. Le
    palace n'accueille que trois clients, voilà une enquête qui devrait
    être rondement menée ! Et pourtant, comme dans un mauvais roman de
    Marie Laverdure, rien ne va se passer comme prévu... Dans son format à
    l'italienne, J'ai rarement vu ça rappelle les grandes heures de la
    ligne claire : Ted Benoit, Joost Swarte, transparaissent dans ces
    pages. Mathieu Lefèvre concocte des dialogues et un scénario plein de
    rebondissements, tandis que Jérémy Piningre n'a pas son pareil pour
    donner à l'ensemble une atmosphère étrange et chargée de références
    visuelles.

  • Le célèbre aviateur Ferdinand Pépin survole sans relâche les glaces sans fin du Grand Nord. Bravant les éléments, il cherche la trace du dirigeable disparu de Charles Robinson : Helen le lui a demandé. Helen, l'épouse de ce Robinson ; Helen, le grand amour de sa vie. Seul dans ces terres froides et hostiles, Ferdinand, lancé au secours d'un homme qu'il déteste, devra d'abord vaincre ses propres démons... Dans la lignée de ses précédents titres (Lemon Jefferson, Le Bandit au colt d'Or), Simon Roussin signe une nouvelle aventure revisitant avec brio l'imaginaire hollywoodien des années 50 - on pense notamment à Howard Hawks.Les Ailes brisées - Prisonnier des Glaces est un authentique album d'aventure, que l'on pourra autant lire avec le coeur innocent d'un enfant qu'avec l'oeil nostalgique d'un lecteur de vieux illustrés.Imprimé en trois tons directs, ce livre pourrait bien être - osons le penser ! - celui de la maturité graphique : poursuivant son travail de réinvention de la ligne claire, Simon Roussin déploie tout son talent dans ces très grandes images de paysages polaires, et entraîne le lecteur dans un récit implacable aux confins des solitudes glacées.

  • «Histoire dramatique, pittoresque et caricaturale de la sainte Russie d'après les chroniqueurs et historiens Nestor, Nikan, Sylvestre, Karamsin, Segur etc... etc... etc...» Son titre complet résume à lui seul une bonne part de ce récit fleuve et débridé (près de 500 gravures), dessiné pendant la guerre de Crimée qui opposa la Russie à l'empire ottoman et ses alliés, dont la France de Napoléon III. C'est donc animé d'un élan patriote que le jeune Doré, alors âgé de 22 ans, se lance dans cette histoire iconoclaste, volontiers outrancière et farouchement parodique. Mais de trouvailles narratives en audaces graphiques, il transcende pleinement sa charge pamphlétaire et pose là un jalon essentiel dans l'histoire de la bande-dessinée. 40 ans avant "La Famille Fenouillard" de Christophe, 70 ans avant "Krazy Kat" d'Herriman, Doré donne ici toute la mesure de sa géniale exubérance. Dépassant largement la simple curiosité patrimoniale, cette oeuvre témoigne surtout d'une inventivité et d'une liberté qui n'a rien à envier aux travaux les plus expérimentaux de la bande-dessinée contemporaine. Depuis sa publication voilà 160 ans, aucune réédition n'a pu s'appuyer sur une édition originale complète ; il s'agit donc ici de la première réédition intégrale et fidèle de ce chef d'oeuvre inconnu.

  • Le Mirliton merveilleux, album lithographié et mis en couleur à la
    main, paraît en 1868. Avec ce livre, le Merveilleux, genre en soi -
    contes de fée, récits surnaturels et mondes magiques - connaît alors
    l'une de ses toutes premières incursions dans la bande dessinée. La
    vile fée Grain-de-Tabac, alliée du Soleil en personne, jette un sort
    au roi Berlingo et à sa bien-aimée Tapioka : leur nourrisson est
    /> changé en ours ! Muni du mirliton éponyme, une sorte de flûte aux
    propriétés magiques, les multiples héros du récit combattront le
    maléfice, pour que l'ourson - redevenu un fringant jeune homme -
    puisse épouser la belle Bulbul, fille du Schah... Ce récit se déguste
    telle uane pièce montée, garnie d'éléphants et de chameaux en sucre,
    dont chaque étage réserverait de nouvelles surprises, miniatures de
    décors exotiques et farandoles de marionnettes enchantées. Destinée à
    la jeunesse lors de sa parution, cette bande dessinée s'offre au
    lecteur comme une généreuse malle de jouets. On y compte de nombreux
    personnages et péripéties, que les auteurs animent dans une histoire
    qui évoquera tout autant, au lecteur réjoui, les aventures du Baron
    de Münchhausen qu'Iznogoud et ses jeux de mots faciles.

  • Cet album se présente comme le carnet de bord de M Plumet, un artisan passementier qui découvre la Suisse lors d'un voyage avec sa femme. Le propos est comique et satirique : satire du tourisme montagnard, de la bourgeoisie commerçante, du désir d'écrire et de peindre, de l'aventure romanesque... C'est surtout dans la composition des planches et la distanciation qu'il prend par rapport à son oeuvre que Gustave Doré étonne : avec un mélange de naïveté et de roublardise inattendu chez un auteur aussi jeune, il crée la surprise à chaque planche de l'album et fait exploser les codes du récit et de l'histoire en images. Une postface en bande-dessinée, par Léon Maret (l'auteur de Canne de fer et Lucifer et de Course de Bagnole aux Requins Marteaux) vient compléter la lecture du récit, mettant en lumière sa contemporanéité. En effet, bien loin d'être une bande-dessinée poussiéreuse destinée à un public exclusivement bibliophile, le lecture des Des-agréments (1851) reste aujourd'hui fluide, inventive, novatrice, et se situe aux antipodes du carcan imposé par certains codes utilisés largement dans la bande-dessinée d'aujourd'hui. Gustave Doré a 19 ans lorsqu'il dessine cet ouvrage, il s'amuse avec ce nouveau médium, à jouer avec ses codes, et le lecteur s'amuse avec lui !

  • Ce jour-là, Heartbreak Valley est le théâtre de l'éclipse de soleil la plus longue de l'histoire de l'humanité. Eliot Parsley est détective ; depuis trop longtemps, il poursuit la mystérieuse Jenny Moore, et son enquête l'a mené jusqu'ici... Il se mêle à la foule des curieux venus assister à ce spectacle extraordinaire, mais lorsque l'heure vient de reprendre la route, il se heurte à une obscurité sans fin : seule Heartbreak Valley est revenue à la lumière ! Les ténèbres règnent partout ailleurs, plongeant les hommes dans la folie. Le détective entreprend alors une traversée de ce monde devenu apocalypse. À ses côtés, un évadé ivre de vengeance sème la mort, croyant reconnaitre en chaque inconnu l'assassin de sa femme et de ses enfants... Tout au long du récit, passé et présent s'entremêlent et nous aveuglent pour mieux nous plonger dans la psychologie d'un narrateur égaré. Les obsessions respectives de chacun des personnages finiront par se rejoindre, dans un scénario rappelant les films noirs de l'âge d'or d'Hollywood.Après Lemon Jefferson et la Grande Aventure, Simon Roussin délaisse un temps ses feutres et assume un récit âpre où les couches de récits se superposent, tissant une réalité étrange où les territoires de la bande-dessinée la plus classique sont voilés par la nostalgie, la violence et une troublante poésie.

  • Dans un monde absurde dirigé par des hommes violents et fous, Lemon Jefferson est un héros en devenir. Naïf et simple lieutenant, sa vie bascule un jour où la patrouille amène au château une jeune femme et un vieillard : deux rebelles faits prisonniers et condamnés à morts... Son destin le mènera alors à travers de terribles épreuves, et il découvrira l'amour, l'amitié, mais aussi la trahison et la cruauté... Sur ce chemin semé d'embûches, sa bravoure, sa loyauté et son sens de l'honneur seront mis à rude épreuve ! Avec ce récit haletant où se succèdent les péripéties les plus extravagantes, Simon Roussin cherche à retrouver le souffle de ses lectures d'enfance, tout en travaillant sur les récurrences et les caractéristiques du récit classique. Toutefois, et sans jamais tomber dans la parodie, il nous livre d'abord une vraie Grande Aventure, où se mêlent l'humour, la dérision, la nostalgie et l'hommage ému. Son récit est servi par un travail graphique surprenant, où il s'approprie la ligne claire et la réinvente grâce à une virtuose mise en couleur aux feutres. En assumant l'héritage de ses aînés et en jouant avec les références, Simon Roussin renouvelle la bande dessinée d'aventure avec une étonnante maturité. Lemon Jefferson et la Grande aventure faisait partie de la Sélection officielle du Festival International de bande dessinée d'Angoulême 2012.

  • Emma vient d'avoir seize ans. L'heure du mariage a sonné ! Chaperonnée par son cher oncle le Baron - un tantinet porté sur la bouteille - notre curieux couple part au bal travesti. Fonçant à toute berzingue dans une complète obscurité, notre duo percute le carrosse de Lord Pudding escorté du fakir Satiagit et de son tigre... Le regard attendri (coquin ?) que porte aussitôt notre jeune Cendrillon pour la bête n'est que le signe avant-coureur d'une folle soirée. Mais la fête ne serait pas réussie sans un soldat nommé Tête de bois, un savant (fatalement fou), une paire de flics et toute une tripotée d'aristocrates encostumés... Quelque part entre Tim Burton et Edward Gorey, le premier Bal d'Emma introduit ses acteurs à la façon d'un Carnaval des Animaux gothique. Fauves, gueules cassées, bourgloutes et nobles décatis sont à la parade, jusqu'à ce que tout ce joli monde se percute en un bouquet final aussi macabre que réjouissant ! Initialement conçu en feuilleton pour la revue Lapin de l'Association, puis largement remanié, ce livre est le fruit d'un travail à quatre mains : le « riff » endiablé de Donatien Mary et les solos ensorcelants de Sophie Dutertre nous emportent avec énergie et liberté dans cette fuite en avant brillante et survitaminée.

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