Poésie

  • " Dans ce livre atroce, j'ai mis tout mon coeur, toute ma tendresse, toute ma religion, toute ma haine. " Étranger dans un monde qui le refuse, maudit et damné, Baudelaire n'a pas d'autre choix que d'explorer l'enfer et le mal. Puisque la vie n'est qu'extase et horreur, partage inégal entre Dieu et Satan, le poète la transfigure dans une contrée imaginaire où le désespoir et la beauté se confondent. Il s'évade dans les paradis artificiels du haschisch, de l'opium et du vin, ceux de la luxure et du vice. L'ennui, la mort et la pourriture le hantent, jusqu'à la folie.
    D'autres évasions s'offrent à lui, des navires, des ports, des océans, vers des pays lointains où tout est luxe et beauté. Les Fleurs du mal sont le journal intime, le cri de terreur et de jouissance du poète. Fleurs maladives qui annoncent toute la littérature moderne et dont le parfum et les poisons ne cessent de troubler les générations.

  • Le charme de Marivaux réside dans une alliance unique de cruauté et de grâce, de tristesse et de gaieté profondes. Mais le marivaudage, qui évoque le badinage, le duel amoureux pour rire, le ballet sentimental, n'existe dans aucune de ses pièces. Rien de plus précis, inflexible, réaliste, que son regard sur les mouvements et les intermittences du coeur humain et de l'amour, dont il connaît tous les sentiers, toutes les méprises, toutes les ruses.
    À vrai dire, le hasard tient peu de place dans cette comédie où Silvia, pour éprouver la sincérité de son fiancé Dorante, se fait passer pour sa servante Lisette, tandis que Dorante fait de même avec son valet Arlequin. Et voilà l'amour à l'épreuve de la méfiance, du préjugé social, de la timidité, de l'hésitation, du sourire et des larmes. Rien n'a changé.

  • Élevé général des armées vénitiennes, Othello a épousé Desdémone : beauté noble, blanche, et dévouée. Un triomphe pour ce Maure affranchi, au beau verbe, admirable, mais loin d'être admiré de tous... Lago, officier perfide, le hait. Distillant le mensonge à la façon d'un venin, celui-ci tissera un stratagème machiavélique pour faire chuter son maître. Le destin sera vicié, les coeurs purs périront. Quant à Othello, manipulé, aveuglé par la jalousie - ce " monstre aux yeux verts " -, il commettra l'irréparable.
    Histoire de peau, conte violent de l'amour trahi et tragédie du soupçon : immense classique, ce drame aussi noir que poignant exalte tout le génie de Shakespeare, dont le théâtre scrute avec une fascinante acuité le vertige des passions.

  • Pour Guillaume Apollinaire, la poésie se trouve en toute chose, dans les légendes comme dans les souvenirs mythologiques, dans les bruits de la rue et sur les murs de la ville, dans la vie sous toutes ses formes, dans le temps qui s'enfuit et la Seine qui coule sous le pont Mirabeau.
    Puis dans l'amour bien sûr, et ses amères désillusions, que l'auteur de " La Chanson du Mal-Aimé " transforme en mélodies nostalgiques.
    Chef de file de l'avant-garde, Guillaume Apollinaire meurt en 1918 des suites de la Grande Guerre, mais reste comme celui qui, par son goût du nouveau et de la surprise, a ouvert la voie au renouveau poétique du XXe siècle.
    @ Disponible chez 12-21

    L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

  • À son existence maudite de voyant, de voyou, de météore, Une saison en enfer semblait lancer un dernier adieu. La fête était finie. Avec les Illuminations, Rimbaud, à vingt ans, écrit le dernier acte de son " opéra fabuleux ", le plus énigmatique. En fixant ses délires et ses vertiges, il ouvre les portes de l'inconscient et de l'inconnaissable, il transfigure ses visions, invente le surréalisme, les villes du futur, prophétise l'ère atomique.
    Les dernières lueurs du " voleur de feu " créent un spectacle total mélangeant l'épopée, la chanson, le cirque, tous les genres et tous les styles. Les Illuminations annoncent un nouveau monde, qui est finalement le nôtre.Préface inédite de Jean-Michel Espitallier

  • La poésie est le lieu privilégié de l'unité de l'homme avec le monde.
    Pourquoi la poésie ? Parce qu'elle est le lien qui ouvre à soi et aux autres et que sans elle, il n'est pas possible de vivre vraiment. Elle est le pont, la porte et le monde. Aussi, la considérer, comme nous le faisons habituellement, pour de l'accessoire, du joli, voire du mièvre ou simplement un effort abstrait voire abscons, est une catastrophe. La poésie dit la vérité. Elle nous libère ainsi des calculs de la rentabilité, de la crispation des concepts, de la bêtise des émotions et des divers visages de l'idéologie qui trop souvent nous tiennent lieu de viatique. Elle est le courage même. Un travail de pointe. Orphée, auquel ce livre s'attache, n'est pas pour rien la source occidentale de la poésie. Mû par un amour intense, il traverse les enfers et donne au monde son harmonie. Même les bêtes féroces viennent l'écouter.
    Quels sont les enfers que traverse aujourd'hui le poète ?
    Dans cet essai engagé, parfois brûlant, Fabrice Midal bouleverse les idées reçues et montre, de manière étonnamment simple, comment entendre et lire un poème.

  • Saint-John Perse, Henri Michaux, Francis Ponge, René Char comptent parmi les plus grandes figures de la poésie du XXe siècle. Explorant chacun un chemin différent, ils témoignent de la diversité de démarches et de formes caractéristique des entreprises poétiques contemporaines. Le simple mot " poème " ne vaut-il pas aussi bien pour les aphorismes de René Char, les coups de gong martelés sur la page par Michaux, l'ampleur solennelle des versets de Saint-John Perse et les " Proêmes " de Francis Ponge ? Chacun d'eux fait valoir une modalité moderne et personnelle de l'expérience poétique : la célébration, l'exploration du " dedans ", l'arrêt sur l'objet et sur le mot, la résistance et la révolte.... Chacune de ces oeuvres ouvre ses horizons propres dans le paysage de la poésie française.

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