Littérature argumentative

  • En 1768, Bougainville est le premier explorateur français à faire le tour du monde. Sa découverte de Tahiti, cette île du bout du monde aux vahinés impudiques, paradis perdu où le péché n'existe pas encore, enchante Diderot. Le mythe du bon sauvage est devenu réalité. Comme Rousseau, il croit à l'innocence première de l'être humain et rêve d'une société idéale.
    Le récit du navigateur lui inspire le dialogue philosophique le plus savoureux, le plus réfléchi et le plus audacieux, peut-être, de toute son oeuvre. " Enfants de la grande famille humaine, aidons-nous les uns les autres. Mettons notre bonheur à faire le bonheur de tous. " Au sujet de la nature, de la propriété, de la sexualité, jamais on n'aura parlé avec plus de sagesse, de liberté et d'humour.

  • Frédéric Dard se livre ici sans fard, sur sa vie d'écrivain comme sa vie personnelle.
    Frédéric Dard a inventé San-Antonio, le plus grand succès de librairie de l'après-guerre. Un phénomène auxquels les linguistes et sociologues européens consacrent des thèses et des séminaires. Lu par les plus humbles comme par les plus grands, toutes les couches de la société le connaissent. Le Monde l'a appelé " le ventriloque de la littérature ". Mais qui est-il, ce ventriloque ? Quel est le son de sa véritable voix ? Ici, le ventriloque se met à parler, à se raconter. Sans chronologie fixe, au gré des bouffées de souvenirs qui jaillissent, sa confession publique est une espèce de grande lessive intime. Il ne nous cache rien de ses misères, de ses amours, de ses tourments, de ses colères. Tour à tour lucide et halluciné, il se laisse emporter par ce " style parlé ", nouveau pour lui. Cela ressemble aux confidences qu'un homme seul ferait une nuit, dans un bar, à un inconnu, en attendant la fermeture. Strip-tease de somnambule ! Grâce à la journaliste Sophie Lannes, qui l'a " accouché de lui-même ", cet auteur célèbre - mais qui se moque de sa célébrité - se déshabille, se met à nu, tout nu, à s'en arracher la peau de l'âme.

  • Ce facétieux " petit traité souvent drôle et toujours intelligent sur l'art et la manière d'entrer en littérature afin d'y tracer un chemin " est le fruit d'une double expérience : l'écriture d'une vingtaine de livres et la transmission de cette pratique dans le cadre des enseignements artistiques de Sciences-Po ou des Ateliers de la NRF au sein des éditions Gallimard. Bertrand Leclair y partage librement la formidable dynamique que peut impulser une initiation collective au geste d'écrire. Qu'il s'agisse de plonger dans la langue, de faire preuve d'adresse, d'ouvrir l'espace et le temps du jeu, il déplie et déploie tous les sens du terme " débuter ". Car débuter, c'est débusquer, jouer mai aussi laisser venir, laisser pousser, tel le jardinier espérant avoir la main verte. Le lecteur désireux d'entrer en littérature afin d'écrire un roman ou un récit y trouvera donc un bréviaire lui permettant de toujours faire confiance aux mots qui surgissent, pour les interroger jusqu'à comprendre ce qui les amène et ce qui leur permet de créer l'élan et le ressort du texte.
    Inédit



  • Le livre de référence sur la vie et l'oeuvre de Guy Debord.


    Astre noir de la littérature, cultivant le paradoxe et la provocation, Guy Debord demeure aujourd'hui plus célèbre et fascinant encore que de son vivant. Son oeuvre, dont le titre le plus connu est La Société du spectacle, ouvrage prophétique, a trouvé des millions de lecteurs un peu partout dans le monde.
    Christophe Bourseiller, dans ce livre qui a fait date à sa sortie en 1999, en enquêteur obstiné et implacable, réussit le pari de reconstituer le parcours de Guy Debord, pourtant rempli de zones d'ombres, depuis l'enfance et les amitiés avec les surréalistes, jusqu'à son suicide en 1994. Il met en lumière le rôle intellectuel et historique de ce penseur iconoclaste, fondateur et chef de file du mouvement situationniste, à la fois brillant analyste et farouche ennemi de la société contemporaine. La magie de ce livre est de rassembler les pièces éparses du " puzzle Debord " pour donner sens à un apparent chaos.
    Préface inédite de l'auteur

  • Le premier ouvrage proposant une histoire et une anthologie de l'élégie.
    Qu'entendre par élégie, si ce n'est un poème plutôt plaintif, qui évoque la fuite du temps et déplore la disparition d'êtres chers. Cette définition ne rend pas compte de la variété, la souplesse, la profondeur réflexive de ce genre dont les pages les plus nobles méditent sur le sort commun, évaluent nos raisons d'être, et mesurent le prix réel des biens et des attachements terrestres. Cet ouvrage montre que l'élégie peut être d'une richesse morale et philosophique tout opposée aux stéréotypes moqueurs qui n'y voient qu'un discours larmoyant recueillant les larmes de coeurs blessés dans des mouchoirs mouillés.
    Pour cela, l'ouvrage propose successivement une étude thématique et formelle, une histoire et une anthologie, depuis les origines antiques de l'élégie jusqu'à nos jours.

  • L'édition française s'est métamorphosée depuis les années 1970. D'encore artisanale et familiale, l'édition est passée à l'âge industriel. Alors que l'influence des médias de masse s'accroît et que de puissants groupes industriels et financiers investissent dans le livre, la profession a dû se tourner plus largement vers le grand public. S'ouvre alors l'âge des fast books et des productions " de consommation ". Que s'est-il passé ? Quelles ont été les tactiques et stratégies des maisons historiques pour s'adapter et s'imposer ? Dans cette chronique détaillée de la vie du livre de 1975 à nos jours, Olivier Bessard-Banquy raconte aussi plus de trente ans d'histoire littéraire et dévoile les secrets de l'édition à l'heure de son nouveau défi : le numérique.

  • Comment mesurer l'actualité de la pensée de Sartre ? Comment apprécier sa réception chez nos contemporains, son impact dans le monde, aujourd'hui ? Sartre stimule les philosophies les plus créatrices, d'Alain Badiou à Bernard-Henri Lévy ou Jean-Claude Milner, de Judith Butler à Édouard Glissant ou Jacques Rancière. La force de son écriture mobilise des générations d'intellectuels ; rencontre Aron, Camus ou Merleau-Ponty ; croise tout un pan de la culture française ; affronte les penseurs comme Lévi-Strauss, Althusser, Barthes, Derrida, Foucault, Lyotard ou Deleuze. Par la diversité de son engagement (tour à tour romancier, essayiste, critique, philosophe, dramaturge, scénariste ou journaliste), Sartre affirme la liberté et nous plonge au coeur des mutations de la pensée, dans le soubassement des concepts, dans le battement de la vie.
    INÉDIT

  • La condition humaine semble la plupart du temps passer à côté de la jouissance, qui, par excellence, nous déborde, nous retourne, nous perturbe. Et, puisqu'une volupté est toujours amplifiée d'être dite, il vaut le coup de trouver à chacune son langage bien particulier, tantôt strident comme un saxo, tantôt sirupeux comme une caresse à se tordre, ou violent comme la vengeance qui nous occupe mieux que tout autre divertissement. Du sexe libertin à l'orgasme mystique, de l'hypersuperficialité du tissu à la profonde volupté fidèle, de ces chansons de lit qui font remuer les reins malgré nous à la mort frôlée par la vitesse sportive, ce livre va aussi chercher les jouissances qu'on n'a guère dites tant elles gênent, comme le rire bête, consternant mais vertigineux, la brutalité fictive lorsqu'elle devient trop énorme, ou le plaisir d'avoir raison et d'y prétendre...
    INÉDIT

  • L'écriture est toujours, consciemment ou non, donneuse de leçons, de règles de vie. La fin du Moyen Âge, les XIVe et XVe siècles, a été, en la matière, particulièrement originale. Fille d'une tradition remontant à l'Antiquité et d'une morale chrétienne omniprésente, elle s'en dégage pour offrir un visage infiniment plus contrasté. Aux proverbes et " sagesses " elle ajoute des sentences longues, qui épousent les contours de " mini-moralités ". Le style est volontiers plus vif, nourri de dérision et d'autodérision. Le regard sur soi et sur l'histoire, souvent peu indulgent, se fait leçon pour autrui. Et lorsque les guides ont nom François Villon, Christine de Pizan, Charles d'Orléans, Philippe de Commynes..., suivons-les en confiance : tristes ou joyeuses, graves ou moqueuses, leurs morales ont une saveur, une valeur universelles.
    Écoutons nos grands anciens, ils nous parlent des temps présents.

    Amis lecteurs, au pire et à défaut de sagesse, vous y prendrez du plaisir.

    INÉDIT

  • Quatre ans après sa mort, retour sur le parcours de ce grand méconnu.
    De ses études philosophiques auprès de Gaston Bachelard, jusqu'à sa rencontre avec Gilles Deleuze, Régis Debray, Jacques Derrida ou Pierre Bourdieu, Édouard Glissant a construit une philosophie de la Relation. Essayiste, romancier, dramaturge, Glissant est avant tout le poète des imaginaires et des archipels du Tout-Monde. Son engagement, depuis la création du Front antillo-guyanais en 1961, l'amène à penser une politique de la mondialité, contre les effets désastreux de la domination. Sa relation aux artistes ouvre son oeuvre à une nouvelle esthétique : la trace, l'éclat, le tremblement, l'errance, le divers. Mêlant souffle poétique et philosophique, Glissant est le Montaigne de notre temps.INEDIT

  • Frédéric Dard nous avait-il tout dit de lui ? San-Antonio s'était bien sûr épanché tout au long d'une saga phénoménale... mais son créateur avait encore des révélations à faire.
    Ces entretiens enregistrés en marge du documentaire qu'ont réalisé en 1995 Francis Gillery et François Rivière nous font, une dernière fois, " entendre " la voix reconnaissable entre toutes du père de San-A. et Béru.
    L'écrivain nous raconte son enfance provinciale auprès d'une grand-mère boulimique de lecture, ses débuts à Lyon, ses rencontres avec Simenon, Édith Piaf, le dessinateur Dubout et bien d'autres, sans oublier son amitié avec Robert Hossein.
    Des propos pleins de truculence et d'émotion, décapants souvent et sincères toujours... Un éclairage unique sur la vie et l'oeuvre d'un être lucide et généreux.

  • " Que ceux qui se trouvent bien de ce qui se passe dans les arts, en littérature et en politique en France referment aussitôt ce livre. "
    Parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas, parce que la crise des arts, de la littérature et du politique persiste depuis plus d'un quart de siècle, parce qu'elle est entretenue par ceux qui en rendent compte, parce que Domecq et Naulleau ne s'y résignent toujours pas, ces entretiens sans complaisance analysent ce qu'est aujourd'hui pour eux la situation des esprits en France. Loin d'en rester à un état des lieux peu encourageant, ils proposent des alternatives qui jamais ne s'érigent en dogme. Et stimulent ainsi la réflexion de ceux pour qui la vie ne se vit pas à n'importe quel prix.

  • Portrait de Tel Quel en groupe de jazz ? De Philippe Sollers en leader de quatuor ou en clarinette solo ? Le rythme, le swing et la vitesse sont au coeur de l'oeuvre de celui qui compose Paradis ou Improvisations comme une partition musicale. De Purcell à Miles Davis et Paul McCartney, l'écrivain explore l'allégresse de l'écriture (musicale, romanesque, philosophique) comme mouvement, comme puissance d'arrachement.
    Nietzsche à Venise, Mozart à Prague, Casanova à Paris, autant de figures qui inspirent Sollers dans sa recherche du " sublime ", dans son rapport à l'infini. L'existence, comme l'art, peut-elle devenir un champ d'expérimentation et de renouvellement ?
    Réponse de Sollers en trois entretiens inédits, portant sur Barthes, l'aîné, l'interlocuteur, l'ami, et leur voyage en Chine en 1974 ; sur Picasso, le héros, le révolutionnaire, celui qui, si souvent, est au coeur ou dans les marges des textes de Philippe Sollers ; sur Haydn enfin, l'antidote, celui " qui fait signe au moment du plus grand silence ". Trois conversations, trois occasions de partager les plaisirs, les admirations, les digressions de Philippe Sollers.

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