Sciences humaines & sociales

  • Après Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à passer un été avec Pascal. Un siècle de différence entre les deux hommes qui sont tous les deux fondateurs de notre modernité, c'est-à-dire de la liberté d'esprit. Pascal (XVIIe siècle) comme Montaigne (XVIe siècle) traite de l'homme, de la société, de l'univers, du pouvoir, de la foi, de l'angoisse, de la mort, du jeu : le tout et le rien. Nous connaissons tous les sentences célèbres de Pascal : « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie. », « Qui veut faire l'ange fait la bête », « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. ».

    Antoine Compagnon évoque à la fois la vie du génie Pascal (auteur du traité des Coniques), tout en allant chercher la signification de ses pensées elliptiques. Avec cette tournure d'esprit combinatoire, Pascal explore tous les possibles de la réflexion. En quarante et un chapitres (dont six inédits) il s'intéresse aussi bien à la question de la violence et de la vérité, de la tyrannie, à l'esprit de finesse, au divertissement et au juste milieu. Antoine Compagnon nous fait découvrir l'écrivain du miracle et de la grâce dont la pensée permet de mieux nous connaitre.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale.
    Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ?
    S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires.
    Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique.
    L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • Dix jours avant sa mort, par le biais du prêtre corse qui lui tenait compagnie à Sainte-Hélène, Napoléon fait passer un pli scellé à la comtesse de Kilmannstegge, son admiratrice, son agent plus ou moins secret en Saxe et en Prusse. À la même personne, il avait déjà remis deux ans plus tôt une autre enveloppe scellée, tout aussi mystérieuse. Ces plis étaient destinés au roi de Bavière et au tsar. Que pouvaient-ils bien contenir ? Et s'il s'agissait du secret de Napoléon, du but ultime de sa politique et des actions gigantesques qui, pendant vingt ans, l'ont conduit aux quatre coins de l'Europe ? Aucun historien ne s'est jamais penché sur cette question. Robert Colonna d'Istria a décidé de partir en quête de cette énigme. Avec l'intuition que le secret de Napoléon résidait dans sa vie même et ses actions. Sans se départir jamais d'un regard critique, il s'est engagé, en Italie, en Égypte, en Autriche, en Allemagne, en Russie, en Belgique dans une traque qui confine à la quête métaphysique. Un récit de voyage mené tambour battant, au rythme de l'épopée impériale.

  • Nous avons tous en nous un peu de Napoléon sans pour autant être mégalomanes. Mais ce n'est pas l'aspect glorieux, militaire, conquérant le plus fascinant chez lui ; ce sont ses échecs. De Napoléon, Chateaubriand a écrit qu'il était « le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l'argile humaine ».
    Ses fêlures, ses échecs sont des leçons de résilience, de renaissance. Il y a en lui un écorché vif, un marginal, un rebelle, un mélancolique, parfois suicidaire, mais d'une volonté sans faille et d'une force de travail sans limite.
    Dans ce livre, sans doute l'un des plus originaux et percutants de cette année de commémoration napoléonienne, Philippe Perfetinni raconte comment Napoléon lui a sauvé la vie. Né à Ajaccio, à deux pas de la maison des Bonaparte, Philippe Perfettini a eu une adolescence d'écorché vif et multiplié les échecs scolaires. Dans sa jeunesse de punk, il ne s'est nullement intéressé à Napoléon jusqu'à un jour de 1997 où, presque par hasard, il lit une biographie de l'Empereur. Plus qu'une révélation, c'est une révolution. En quelques années, Philippe Perfetinni va devenir le responsable des collections napoléoniennes du musée du Palais Fesch à Ajaccio, commissaire de plusieurs expositions et, surtout, l'un des meilleurs connaisseurs de l'Empereur salué par les spécialistes académiques.  
    L'âme de Napoléon est une source infinie d'inspiration bien supérieure à tous les manuels de développement personnel.

  • « Manque de considération des hommes envers les femmes, des boomers envers les millenials, des plus favorisés envers les plus précaires, des urbains envers les ruraux, des centres-villes envers les quartiers. Abandon des plus âgés. « Nous avons perdu le sens de l'humanité, du rapport à l'autre, de la discussion. « Sommes-nous résignés ou simplement habitués à entendre et voir s'exprimer en permanence un mépris pour tous ceux qui sont un tant soit peu différents ou extérieurs aux tout petits milieux dans lesquels nous vivons confinés ? « Respecter les autres dans leur diversité et dans leur singularité est un combat social, environnemental, politique. Pour nos grands-mères et nos grands-pères, pour nos soeurs et nos frères, pour nos filles et nos fils, pour nos concitoyens, d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur histoire, quels que soient leurs espoirs. « Que chacun puisse se dire "je suis important" et se sentir reconnu dans le regard des autres. C'est le fondement d'une société. »      R.E.S.P.E.C.T scandait Aretha Franklin. Agathe Cagé reprend ces sept lettres, ce cri, pour réconcilier notre société morcelée par nos intérêts privés, la colère et le mépris. 

  • Quel est le point commun entre Joker, Friends, Le Seigneur des anneaux ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

    Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que la Casa de Papel. Ne peut-on aimer l'un et l'autre ? Opposer les deux, n'est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

    L'anneau de Gollum nous rappelle celui du berger Gygès inventé par Platon pour s'interroger sur la nature humaine : Un acte vertueux est-il réellement possible ? Orange is the new black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d'Aristote. L'histoire d'amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

    In pop we trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu'un manifeste du Gai savoir.

  • Il était l'homme qui aimait serrer les mains, embrasser les foules, parcourir le monde. Et pourtant, Jacques Chirac a passé les quatre dernières années de sa vie confiné dans un bel hôtel particulier gardé comme une forteresse. L'ultime combat de l'ancien président de la République s'est tenu à huis clos, face au plus redoutable des adversaires : le néant. Autour de lui, comme toujours, les membres de son clan.

    Que s'est-il passé derrière ces hautes portes closes, où Claude Chirac n'a bientôt plus admis qu'une petite poignée de visiteurs ? Laurence, la fille aînée du vieux chef, a disparu. Sa femme Bernadette est devenue à son tour une recluse.

    Ce récit est une enquête captivante sur les derniers secrets d'un roi populaire, invisible, solitaire. Nourri d'une profonde connaissance des personnages, il raconte les paradis perdus des Chirac, les tempêtes traversées, la France d'avant. Au-delà, il propose une méditation sur nos présidents monarques face à la mort.

  • Anaïs est née dans une famille pas comme les autres : entre une mère s'occupant de la mécanique et un père préférant repasser le linge. De son enfance, elle a conservé l'odeur du troène au printemps, le divorce des parents, le potager de son « pépé », le « chemin du blé en herbe », la plage des Dunes du Port. À 18 ans, elle part en Inde, seule, puise en elle un courage qu'elle ne soupçonnait pas et découvre le caractère sacré de la nature. Elle. De ce premier voyage initiatique et décisif, elle tire une force pour toujours et voit naître son rêve : « cultiver son jardin ». Comme si l'errance avait provoquée chez elle le besoin de s'enraciner pour continuer à avancer. Anaïs se met en quête d'un lopin de terre. En Bretagne évidemment ! La route est semée d'embûches, mais ni l'administration, ni la misogynie du milieu agricole, ni les caprices du ciel ne lui font peur. En accord avec ses convictions profondes, elle réalise son rêve : elle sème, cultive et invente des tisanes, telle une sorcière des temps modernes ! Anaïs apprend le travail de la terre, la solitude, les noms enchanteurs des herbes ; l'aubépine, l'hysope, la guimauve, la marjolaine, la sauge, le souci, l'agastache, le serpolet et la reine-des-prés, elle lit Thoreau et s'interroge sur la valeur du travail, de l'argent, de la liberté, sur le lien de l'homme à la nature, sur la beauté des gouttes de rosée sur les feuilles le matin...

    Ce livre est un hymne à rêver et à aller jusqu'au bout de ses rêves, un petit guide de survie alternatif et stimulant dans un monde qui va trop vite, une réflexion sur l'écoféminisme et une célébration de la nature.

  • Jamais l'Histoire n'a connu de telles accélérations qu'aujourd'hui. Il nous faut des instruments précis pour comprendre et décrypter le monde des vingt prochaines années. C'est l'objectif de ce Rapport du Conseil National du Renseignement qui fournit analyses et perspectives à la CIA. Pour mener ce travail impartial et sans tabou, 2500 personnes de tous horizons (stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignement et de la prospective) ont été interrogées.
    Intitulé le "Paradoxe du progrès", ce Rapport vient d'être remis au président Trump. Malgré leurs formidables opportunités économiques et technologiques, jamais nos sociétés n'ont été menacées par autant de périls. Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré et interdépendant. Comment les États-Unis dirigés par Donald Trump exerceront-ils leur leadership ? La Russie demeurera-t-elle agressive si son économie faiblit ? Comment l'Europe va-t-elle affronter sa crise d'identité et la montée des populismes ? Les classes moyennes des pays développés vont-elles continuer de s'appauvrir ? Dans les vingt prochaines années, la population chinoise continuera à vieillir et l'Afrique connaîtra la croissance démographique la plus élevée au monde. Les entreprises privées enverront des hommes dans l'espace menacé par la militarisation des Etats. Comment affronter le réchauffement climatique, les cyber-attaques et les actes terroristes ? Autant de pistes, de scénarios ici analysés, et de réponses apportées.
    Ce Rapport captivant est un concentré de réflexions uniques sur le monde actuel et de demain.

  • Ils sont philosophe, écrivain, neuropsychiatre, économiste, musicien, tous aventuriers dans leur domaine. À l'aune de leur spécialité, ils s'interrogent sur le bonheur sans jamais tomber dans les chaudrons des marchands d'illusions. Depuis les sagesses anciennes, le bonheur est la finalité ultime de la vie humaine. Cette quête est-elle une utopie ? Faut-il passer par l'action pour accéder à l'accomplissement suprême ? Pourquoi la bonne santé économique d'un pays n'est-elle pas corrélée au bonheur de sa population ? A-t-on besoin de héros pour vivre mieux à travers eux ? Nous aident-ils à transcender le quotidien et sa morosité ? Existe-t-il un bonheur esthétique ? La nature, la poésie, la littérature, la musique et l'art peuvent-ils nous aider à trouver un sens à notre vie ? Obsédée par le bonheur, notre société l'associe à un idéal de perfection. Mais n'est-ce pas plutôt dans nos imperfections que réside le secret de la joie ? Autant de questions et de voies sur le bonheur auxquelles les auteurs de ce petit manuel alerte et passionnant tentent de répondre.

  • Le terrible exode des Rohingya - « un génocide » selon l'ONU -  vient de remettre la Birmanie qui s'ouvre chaque année un peu plus aux Occidentaux, sous les feux d'une actualité cruelle. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées de force de l'état du Myanmar vers le Bangladesh. Des massacres ont été perpétrés par l'armée birmane et des bouddhistes contre des femmes et des enfants. Effarée, l'opinion internationale et la communauté diplomatique paralysée par le soutien de la Chine et de l'Inde au gouvernement birman, assistent une fois de plus impuissantes à un crime contre l'humanité. La situation est d'autant plus incompréhensible que désormais Aung San Su Kyi est à la tête de la Birmanie avec le titre de conseillère d'Etat c'est-à-dire de chef de l'Etat. Aujourd'hui, les chancelleries, les gouvernements, les intellectuels, les ONG réclament que la Dame de Rangoun soit destituée de son prix Nobel de la Paix.  L'Occident en avait fait une icône, elle est devenue un monstre. La fée s'est transformée en sorcière. Comment la Birmanie est-elle parvenue à engendrer cet apocalypse ?
    Pour comprendre l'exode des Rohingya, Bruno Philip qui a rencontré Aung San Su Kyi s'est intéressée à la psychologie de cette femme longtemps persécutée par la junte militaire, assignée à résidence, éloignée de son mari britannique, le tibétologue Michael Aris, à l'enterrement duquel elle ne put même pas assister et de ses enfants. Cette Antigone bouddhiste est tout d'abord la fille de son père, son grand amour méconnu. Elle avait 2 ans quand le général Aung San, architecte de l'indépendance, fut assassiné par un rival. Or rien ne prédisposait cette jeune fille éduquée à Oxford et New York à se lancer dans la politique. Choisie par le peuple pour incarner la figure charismatique de l'opposante, elle connaitra de longues périodes de prison ou de résidence forcée tout en faisant preuve d'un courage, d'une détermination mais aussi d'un humour qui suscitent l'admiration. Mais elle veut venger son père c'est-à-dire parvenir aux plus hautes fonctions et à remplir la mission d'Etat que sa mort prématurée l'avait empêché d'atteindre et de réaliser. Le nationalisme birman coule dans les veine d'Aung San Su Kyi. Il apparaît aussi qu'elle a tout fait pour écarter les opposants à l'intérieur de son propre parti. Le caractère inflexible et autocratique de la « Lady » est l'une des clés pour comprendre le drame des Rohingya.
    Ce récit est une enquête psychologique captivante. Il s'ouvre sur un chapitre écrit cette fois par Rémy Ourdan, grand reporter de guerre, qui a couvert l'exode des Rohingya du côté du Bangladesh, dans la région de Cox's Bazar. Choses vues sur le terrain, qualité de l'observation et du récit font de ce livre une contribution à l'Histoire immédiate de la Birmanie.
    Bruno Philip est le correspondant du Monde en Asie du sud est depuis six ans. Après avoir vécu en Inde et en Chine.

  • À quoi ressemblera le monde en 2030 ? Jamais les incertitudes n'auront été si nombreuses.
    C'est la raison pour laquelle le National Intelligence Council qui est le centre d'analyses stratégiques de la CIA a synthétisé toutes les informations en sa possession pour dessiner le monde en 2030.
    Plusieurs grandes tendances apparaissent : la population mondiale atteindra 8,4 milliards d'habitants, l'urbanisation sera croissante, surtout en Afrique, les classes moyennes se développeront. L'éducation et la santé entraîneront une émancipation des individus. Mais ils auront aussi accès à des technologies plus meurtrières et dévastatrices qui ne seront plus l'apanage des États. La dispersion de la puissance entre les nations sera plus marquée. Le pouvoir sur lequel les États-Unis n'exerceront plus leur hégémonie glissera grâce aux technologies de la communication vers les réseaux. La demande en nourriture, eau, énergie augmentera entre 35 et 50 % et de nombreux pays seront confrontés à des pénuries. Enfin, nous vivrons une époque cisaillée par les crises économiques et les conflits.
    Le Monde en 2030 est un document passionnant, scientifique, clair et précis. Il sert de " bible " à tous les pouvoirs, gouvernements et décideurs. D'où la nécessité de le lire pour ne pas se faire manipuler par les puissants.
    " Un rapport à l'influence significative et qui envoie un message clair à Obama " (Reuters).
    Ce rapport est préfacé par Flore Vasseur. Spécialiste des tendances, elle a longtemps vécu aux États-Unis où elle a créé son cabinet d'études et de prospective. Elle est également romancière, auteur notamment de Comment j'ai liquidé le siècle, roman consacré à l'emprise de la Finance et à la vulnérabilité de notre société de la technologie.

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