Éditions des Équateurs

  • Un été avec Rimbaud Nouv.

    « Esclaves, ne maudissons pas la vie. » Lire Arthur Rimbaud vous condamne à partir un jour sur les chemins. Chez le poète des Illuminations et d'Une saison en enfer, la vie s'organise dans le mouvement. Il s'échappe hors de l'Ardenne, cavale dans la nuit parisienne, court après l'amour en Belgique, se promène à Londres puis s'aventure à mort sur les pistes d'Afrique. La poésie est le mouvement des choses. Rimbaud se déplace sans répit, changeant de point de vue. Son projet : transformer le monde par les mots. Ses poèmes sont des projectiles, des bouquets de feu : cent cinquante ans plus tard, ils nous atteignent encore. Qu'avons-nous fait de nos douleurs ? Au temps où le monde était paralysé par un virus chinois, Sylvain Tesson a cheminé une saison avec Arthur Rimbaud. La marche - état suprême de la poésie - est, avec la littérature, l'antidote à l'ennui.

  • Après Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à passer un été avec Pascal. Un siècle de différence entre les deux hommes qui sont tous les deux fondateurs de notre modernité, c'est-à-dire de la liberté d'esprit. Pascal (XVIIe siècle) comme Montaigne (XVIe siècle) traite de l'homme, de la société, de l'univers, du pouvoir, de la foi, de l'angoisse, de la mort, du jeu : le tout et le rien. Nous connaissons tous les sentences célèbres de Pascal : « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie. », « Qui veut faire l'ange fait la bête », « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. ».

    Antoine Compagnon évoque à la fois la vie du génie Pascal (auteur du traité des Coniques), tout en allant chercher la signification de ses pensées elliptiques. Avec cette tournure d'esprit combinatoire, Pascal explore tous les possibles de la réflexion. En quarante et un chapitres (dont six inédits) il s'intéresse aussi bien à la question de la violence et de la vérité, de la tyrannie, à l'esprit de finesse, au divertissement et au juste milieu. Antoine Compagnon nous fait découvrir l'écrivain du miracle et de la grâce dont la pensée permet de mieux nous connaitre.

  • Après un coup de tonnerre du destin, Édouard Cortès choisit de se réfugier au sommet d'un chêne, de prendre de la hauteur sur sa vie et notre époque effrénée. À presque quarante ans, il embrasse femme et enfants, supprime ses comptes sur les réseaux sociaux et s'enfonce dans une forêt du Périgord pour un voyage immobile. Là, dans une cabane construite de ses mains, il accomplit son rêve d'enfant : s'enforester, rompre avec ses chaînes, se transformer avec le chêne, boire à la sève des rameaux. Ce printemps en altitude et dans le silence des bois offre une lecture de la nature qui ne se trouve dans aucun guide ou encyclopédie. Le chêne si calme abrite un cabinet de curiosités et accorde pen­dant trois mois à l'homme perché une rêverie sous les houppiers et les étoiles. Il faut savoir parfois contempler une colonie de fourmis savourant le miellat, écouter un geai ou un couple de mésanges bleues, observer à la loupe des champignons et des lichens pour comprendre le tragique et la poésie de notre humanité. Afin de renouer avec l'enchantement et la clarté, l'homme-arbre doit couper certaines branches, s'alléger et se laisser traverser par la vie sauvage avec le stoïcisme du chêne. 

  • Françoise Hardy est l'une des chanteuses les plus littéraires et iconiques. A la fois auteure et compositrice, elle a réuni dans ce livre attendu toutes les chansons qu'elle a écrites en plus de 55 ans de carrière.

    De 1962, année de Tous les garçons et les filles à 2018, année de l'album Personne d'autre, Françoise Hardy pose un miroir le long de son chemin musical. Des textes qu'elle accompagne d'un commentaire, d'une anecdote, d'un souvenir.

    Elle raconte les sources de son inspiration, le cadre de son écriture, évoque les personnages qui comme de bonnes fées se sont penchées sur ses textes. L'amour, l'attente, le manque en sont le thème central.

    « Depuis longtemps maintenant, je pense qu'il importe davantage d'aimer que d'être aimé., et tant mieux s'il existe une vraie réciprocité « l'amour n'est souvent qu'un immense égoïsme » a écrit le grand écrivain Sandor Marai. »

    Dans ce livre où l'on croise des personnalités hors-norme comme Jean-Marie Périer, Etienne Daho, Véronique Sanson, Michel Berger, Serge Gainsbourg et bien-sûr le grand Jacques Dutronc, on rit, on pleure, on se souvient, on s'aime et on danse. Car le ton piquant, sensible alerte, souvent drôle de Françoise Hardy fait de ce recueil totalisant d'une vie un éloge de la vie.

  • Il y a deux Paul Valéry. L'auteur classique, poète d'État, un brin énigmatique, que tout le monde connaît sans l'avoir lu et il y a le sacripant drolatique, l'anar espiègle, le gamin salace aux mauvaises pensées, « l'esprit le plus méphistophélique de notre littérature ». Sans parler du coureur et du farceur. Deux faces d'une même médaille, le prévisible et l'imprévu, le bienséant et le frondeur, le sentencieux et le narquois.
    L'été sied à Paul Valéry, ce solaire impertinent, ce méditerranéen qui nous enjoint de courir à Londres pour en revenir vivant. Non seulement parce qu'il est né à Sète en 1871 mais aussi parce que toute son oeuvre est bercée par le sud, la Corse, l'Italie et la Méditerranée. N'oublions pas qu'il est l'auteur de l'universel Cimetière marin.
    Il y a un Paul Valéry en maillot de bain, un homme du trait, du brillant, de l'éclat, du paradoxe et du charnel.

  • Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, mais escalade aussi les monuments à mains nues.
    Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, recourt aux cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement.
    Dans nos sociétés de communication, Sylvain Tesson en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
    Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

  • En plein désert, un géologue rencontre la princesse Greta. D'un ton farouche, elle lui ordonne : « Dessine-moi une chauve-souris ! »

    La princesse Greta vit sur une minuscule planète, intégralement bio. Mais des insectes menacent ses plants de quinoa et seule une chauve-souris peut les chasser avec une délicatesse écoresponsable.

    Avant de débarquer sur Terre, Greta a fait escale sur différents astéroïdes : l'astéroïde Charlie (Chaplin), l'astéroïde Ernesto (Guevara), l'astéroïde Frank (Sinatra), l'astéroïde, Karl (Lagerfeld), l'astéroïde Nelson (Mandela), l'astéroïde Janis (Joplin), l'astéroïde Albert (Einstein).

    À chaque fois, s'établit un échange drôle et piquant sur l'esprit d'enfance, le capitalisme, la révolution, la violence, le rock, la méchan­ceté des hommes, la nature. Jusqu'au jour où la princesse rencontre un pangolin, animal d'une sagesse antique, menacé par la race humaine, qui lui enseigne le langage du coeur et de l'amour...

  • Tout le monde connaît ses succès : Dans un vieux rock'n roll, Le Carnet à spirales, J'me gênerais pas pour te dire que je t'aime encore, Oh ! je cours tout seul, Fier et fou de vous, Les Filles de l'aurore, Un homme heureux. Des disques d'or, de platine : ça, c'est l'écume !
    Car, avant tout, William Sheller est un musicien classique, un homme de l'orchestration. Et William est une symphonie écrite par Sheller. Une enfance marquée par un secret, l'identité de son père, et un double enracinement : le Paris des années 50, des 4 CV et l'Amérique des Cadillac. En effet, sa mère, Paulette, tombe amoureuse d'un Américain qui travaille dans des boîtes de jazz : long séjour dans l'Ohio à deux heures de route du Michigan où vit le père naturel de William, sans qu'il le sache alors. Une prédisposition évidente pour la musique, le piano. Une éducation musicale prodiguée par Yves Margat, un maître de l'harmonie, élève de Gabriel Fauré. Et puis l'influence de la musique pop anglaise.  
    Les premières auditions, le succès planétaire de My Year is a Day dont il compose la musique, la rencontre avec Barbara pour qui il travaille et chez qui il vit, et puis une femme, deux enfants. Une vie de père de famille et de vedette du showbiz qui sait choisir ses amis : folles expéditions avec Nicoletta et Patrick Juvet à Trouville, relations intenses avec Catherine Lara et Joe Dassin, plus légère avec Carlos. Une géographie zigzaguant entre Paris, la province, l'étranger. Les nuits de folie, la cocaïne, l'ambiguïté sexuelle. C'est une vie qui va vite, constellée d'étoiles et d'astres déchus. Et une oeuvre admirée par toutes les générations, de Véronique Sanson à Jeanne Cherhal.

  • Elle a enduré pendant trois ans des centaines d'heures d'interrogatoires, la torture, la faim, la violence des policiers, le bourrage de crâne, la stérilisation forcée, le froid, les rats, les nuits sous le néon aveuglant d'une cellule, les mécanismes de destruction kafkaïens. Elle s'appelle Gulbahar Haitiwaji et elle est la première femme ouïghoure rescapée des camps de rééducation chinois qui ose parler.

    Ces camps sont à la Chine ce que le Goulag était à l'URSS. Depuis 2017, plus d'un million de Ouïghours y ont été déportés. Les Xinjiang Papers, révélées par le New York Times en novembre 2019, décryptent une répression s'appuyant sur une détention de masse, la plus grande depuis l'ère Mao. Aujourd'hui, on parle de « génocide ». Le Parti communiste chinois, qui nie leur caractère concentrationnaire, en légitime l'existence par la « lutte totale contre le terrorisme islamique, l'infiltration et le séparatisme ».

    Les Ouïghours sont une ethnie musulmane turcophone qui peuplent le Xinjiang. Une région très convoitée par le Parti communiste chinois car elle se situe sur les « nouvelles routes de la soie », le projet politique phare du président Xi Jinping.

    Le témoignage de Gulbahar est terrifiant : elle raconte ce qu'elle a vécu dans les entrailles du système concentrationnaire chinois et comment elle a été sauvée grâce aux tractations acharnées de sa fille et du Quai d'Orsay.

  •  Depuis 2006, Sylvain Tesson tient un bloc-notes dans le magazine Grands Reportages. Une chronique mensuelle qui est celle d'un écrivain voyageur et de son temps. Une mosaïque, un costume d'Arlequin, une matrice de son oeuvre en devenir où il trace les points cardinaux de sa géographie intime.
    Ce bloc-notes est un miroir le long du chemin et des voyages de Sylvain Tesson.
    Il parle bien évidemment de la Russie, de la Sibérie, de l'Afghanistan où il séjourne à plusieurs reprises, mais aussi de Haïti, de l'Islande qu'il parcourt à vélo ou de New York. Nomade, il privilégie le dégagement, l'humeur, l'intemporel, la nature. Mais il aime aussi se confronter à son temps, à ses ridicules. Il sait aussi plonger dans le volcan de l'actualité pour en faire jaillir les lignes de force, les tendances, le non-dit.
    Il s'engage pour la défense des femmes, contre l'excision et les violences qu'elles subissent. toujours sensible, il met de la couleur à la tristesse du monde grâce à son énergie et à son humour. Il dénonce sans se prendre au sérieux les ravages que commettent les hommes au nom du bien, de la religion, et de la société de consommation, contre la nature et la vie.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale.
    Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ?
    S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires.
    Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique.
    L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • Au coeur deu parquet de Bobigny Nouv.

    « Quand on arrive en Seine-Saint-Denis pour exercer une fonction telle que la mienne, l'envie de prendre les choses en main vous saisit immédiatement. De même qu'une sorte de vertige en mesurant l'investissement nécessaire. » Procureure de la république de Seine-Saint-Denis, avec une équipe de cinquante-sept magistrats, Fabienne Klein-Donati livre un combat quotidien contre les faits de délinquance qui rongent le département. Les affaires dont son parquet a la charge nous font plonger avec effroi dans la criminalité rencontrée par d'autres villes, mais rarement de manière aussi concentrée et avec la même intensité : multiplication des agressions gratuites, violences faites aux femmes et aux enfants, rixes, trafic de stupéfiants et son cortège de nuisances, exploitation de la misère par les marchands de sommeil, délinquance des mineurs. Face à ces phénomènes, la procureure montre de façon inédite l'autorité judiciaire en action. Du plateau de permanence, où les dossiers en cours sont traités en temps réel, aux salles d'audience correctionnelle ou d'assises, des scènes de crimes aux réunions avec les partenaires publics et associatifs, elle décrit l'engagement des magistrats du parquet dans la répression, mais aussi dans la prévention des infractions. Deux enjeux fondamentaux. Poursuivre est un récit immersif, addictif, au coeur du plus important parquet de France, après celui de Paris. Un tableau vertigineux de la criminalité française.

  • Stéréo Nouv.

    « Ce branleur qui aurait pu chanter mieux et avait l'air de s'en foutre s'appelait Stephen Malkmus. Bientôt, Nina connaîtrait mieux ce nom que celui de certains membres de sa famille. Bientôt, Stiveun Molkmuce s'épanouirait sur les posters de sa chambre et produirait la bande-son de sa vie. » En décembre 1992, Arthur aborde Nina gare de Rennes au lendemain des Trans Musicales. Petite dernière d'une famille bourgeoise de la Rochelle, initiée à la musique par son père, elle rêve d'entrer aux Inrocks. Comme Martin Eden qu'il trimbale dans son sac à dos, Arthur cultive ses goûts en autodidacte avant de postuler sans conviction à l'Arsenal de Brest. Ils n'ont rien en commun, excepté leur passion du rock et de Pavement, figure de proue de la scène indépendante des années 1990. Les riffs et la poésie tourmentée de ce groupe culte dessinent le motif d'une histoire singulière qui nous entraîne, des baladeurs K7 et des derniers appelés du service militaire à l'avènement d'Internet. Du Paris des radios libres aux reliefs rugueux d'Ouessant, l'île des naufragés. « C'est aussi un livre sur la manière dont les gens qui aiment trop la musique pour la vivre comme un simple à-côté réussissent, ou non, à lui donner la part belle de leur vie, rêvent que ce soit les concerts qui redessinent les cartes du monde et ordonnent le calendrier. » (Alice Zeniter.)

  • Dix jours avant sa mort, par le biais du prêtre corse qui lui tenait compagnie à Sainte-Hélène, Napoléon fait passer un pli scellé à la comtesse de Kilmannstegge, son admiratrice, son agent plus ou moins secret en Saxe et en Prusse. À la même personne, il avait déjà remis deux ans plus tôt une autre enveloppe scellée, tout aussi mystérieuse. Ces plis étaient destinés au roi de Bavière et au tsar. Que pouvaient-ils bien contenir ? Et s'il s'agissait du secret de Napoléon, du but ultime de sa politique et des actions gigantesques qui, pendant vingt ans, l'ont conduit aux quatre coins de l'Europe ? Aucun historien ne s'est jamais penché sur cette question. Robert Colonna d'Istria a décidé de partir en quête de cette énigme. Avec l'intuition que le secret de Napoléon résidait dans sa vie même et ses actions. Sans se départir jamais d'un regard critique, il s'est engagé, en Italie, en Égypte, en Autriche, en Allemagne, en Russie, en Belgique dans une traque qui confine à la quête métaphysique. Un récit de voyage mené tambour battant, au rythme de l'épopée impériale.

  • C'est l'histoire d'une femme en fuite. Née dans un pays qui, après l'effondrement du communisme, croque les fruits empoisonnés du capitalisme, l'héroïne de ce roman grandit parmi des humains au regard rivé sur leur écran de télévision. Elle fait partie de ce corps malade et court les fuseaux horaires. Pour échapper à soi-même, à la terre des origines, à l'histoire des parents, aux blessures passées, aux amours ratées. Et chercher à être enfin soi dans une géographie intime qui résiste au chaos. Cette femme est une fille de la mondialisation.

    Entre Bucarest, Paris, Mexico, Tokyo et Kinshasa, la narratrice poursuit une quête de la sexualité, de la féminité, de la sororité et des territoires marqués au fer rouge de l'Histoire.

    Ce Lost in Translation contemporain révèle une voix poétique et politique de romancière.

    Un roman au long cours qui nous emporte, nous rend plus forts, terriblement vivants.

  • Nous avons tous en nous un peu de Napoléon sans pour autant être mégalomanes. Mais ce n'est pas l'aspect glorieux, militaire, conquérant le plus fascinant chez lui ; ce sont ses échecs. De Napoléon, Chateaubriand a écrit qu'il était « le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l'argile humaine ».
    Ses fêlures, ses échecs sont des leçons de résilience, de renaissance. Il y a en lui un écorché vif, un marginal, un rebelle, un mélancolique, parfois suicidaire, mais d'une volonté sans faille et d'une force de travail sans limite.
    Dans ce livre, sans doute l'un des plus originaux et percutants de cette année de commémoration napoléonienne, Philippe Perfetinni raconte comment Napoléon lui a sauvé la vie. Né à Ajaccio, à deux pas de la maison des Bonaparte, Philippe Perfettini a eu une adolescence d'écorché vif et multiplié les échecs scolaires. Dans sa jeunesse de punk, il ne s'est nullement intéressé à Napoléon jusqu'à un jour de 1997 où, presque par hasard, il lit une biographie de l'Empereur. Plus qu'une révélation, c'est une révolution. En quelques années, Philippe Perfetinni va devenir le responsable des collections napoléoniennes du musée du Palais Fesch à Ajaccio, commissaire de plusieurs expositions et, surtout, l'un des meilleurs connaisseurs de l'Empereur salué par les spécialistes académiques.  
    L'âme de Napoléon est une source infinie d'inspiration bien supérieure à tous les manuels de développement personnel.

  • « Manque de considération des hommes envers les femmes, des boomers envers les millenials, des plus favorisés envers les plus précaires, des urbains envers les ruraux, des centres-villes envers les quartiers. Abandon des plus âgés. « Nous avons perdu le sens de l'humanité, du rapport à l'autre, de la discussion. « Sommes-nous résignés ou simplement habitués à entendre et voir s'exprimer en permanence un mépris pour tous ceux qui sont un tant soit peu différents ou extérieurs aux tout petits milieux dans lesquels nous vivons confinés ? « Respecter les autres dans leur diversité et dans leur singularité est un combat social, environnemental, politique. Pour nos grands-mères et nos grands-pères, pour nos soeurs et nos frères, pour nos filles et nos fils, pour nos concitoyens, d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur histoire, quels que soient leurs espoirs. « Que chacun puisse se dire "je suis important" et se sentir reconnu dans le regard des autres. C'est le fondement d'une société. »      R.E.S.P.E.C.T scandait Aretha Franklin. Agathe Cagé reprend ces sept lettres, ce cri, pour réconcilier notre société morcelée par nos intérêts privés, la colère et le mépris. 

  • Quel est le point commun entre Joker, Friends, Le Seigneur des anneaux ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

    Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que la Casa de Papel. Ne peut-on aimer l'un et l'autre ? Opposer les deux, n'est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

    L'anneau de Gollum nous rappelle celui du berger Gygès inventé par Platon pour s'interroger sur la nature humaine : Un acte vertueux est-il réellement possible ? Orange is the new black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d'Aristote. L'histoire d'amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

    In pop we trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu'un manifeste du Gai savoir.

  • À l'esprit, dans l'ordre : l'effroi, les analyses, les souvenirs. L'effroi, c'est l'impensable mêlé au sublime. Les images du brasier sont belles. Beauté horrifique, gravure en fusion de Gustave Doré. Tout homme a un rendez-vous quotidien avec le paysage qu'il habite. Je vis sur les quais de la Seine, entre l'église Saint-Julien- le-Pauvre où fut enterrée ma mère et l'église Saint-Séverin où fut baptisé Huysmans. Notre-Dame est là, tout près, reine mère de sa couvée d'églises. Je séjourne «sous le commandement des tours de Notre-Dame » (Péguy dans Les Sept contre Paris). S. T.

     

  • Tu ne me connais pas pour la simple et bonne raison que je n'existe pas. Je suis un faux philosophe. Un philosophe inventé de toutes pièces par un auteur prétentieux qui se permet de dire ce que je pense ou ce que je fais.

    Je me nomme Héractète. Un nom qui te permettra de me citer avec beaucoup de crédibilité : « Comme dirait Héractète... » et c'est toute la sagesse antique qui vole à ton secours dans une conversation où tu te trouves, il est vrai, à court d'arguments. Qui ose contredire un philosophe antique ? Dans ta tête, je porte une toge et des sandales, mais je préfère largement le survêt coton et le tee- shirt un peu sale. En revanche, je me passe de barbe, ça fait trop hipster.

    Ce livre est un carnet de pensées couchées sur papier au gré de mes inspirations : des réflexions, des aphorismes comme les philosophes aiment à les appeler, même si, dans le monde actuel, on parle plutôt de vannes ou de punchlines.

    Tu peux le commencer par le milieu ou la fin, peu m'importe. Après tout je n'existe pas alors de là à avoir une influence sur tes choix...

    Si tout cela ne te plaît pas, ferme ce livre et donne-le. Moi, Héractète, je suis le philosophe qui n'existe que dans la tête de ceux qui veulent bien m'y laisser entrer.

  • Le juge et son fantôme Nouv.

    J'ai rêvé, cette nuit, que le juge Roban existait et qu'il ne voulait pas me rencontrer. Il était grand et fort, avec une barbe grise. Subitement il me demandait : « Qui êtes-vous pour parler de moi ? ». Avant que j'aie pu répondre il m'avait tourné le dos. Pendant près de quinze ans, Philippe Duclos a incarné aux yeux du grand public le juge d'instruction François Roban au point de susciter des vocations de magistrat. De cette longue fréquentation, il tire un récit subtil, entremêlant le journal fictif de son personnage et son carnet d'acteur. Quels sont les secrets de ce juge rigide, introverti, d'une honnêteté confinant parfois à la naïveté ? Comment l'acteur invente-t-il ses gestes, ses émotions au point qu'ils surgissent presque par surprise, instinctivement ? Le juge et son fantôme est un intriguant jeu de miroir, un chassé-croisé vertigineux entre l'interprète et son personnage. Mais qui double qui ?

  • « Sans le vélo, mon horizon n'aurait jamais dépassé la haie d'un champ, dans le Limousin. »
    Raymond Poulidor savait d'où il venait. Et il y revenait, toujours. Son port d'attache, Saint-Léonard-de-Noblat, se situe en plein coeur de la France. C'est un petit village niché sur le chemin de Compostelle où il a appris à traire les vaches de la ferme familiale mais où il a aussi acquis le bon sens du pays limousin, la sagesse, la patience, le travail bien fait.
    La casquette souvent de traviole mais les idées bien en place, l'éternel deuxième a couru quatorze Tours de France. Il paraît que les Français, en ce temps-là, n'aimaient pas tellement les gagnants, à la différence de ceux de maintenant. On était alors Anquetilistes ou Poulidoristes, une sorte de lutte des classes, même si l'un comme l'autre des deux antagonistes s'étaient présentés aussi démunis au départ de la vie. Ils auraient donc coupé la France en deux, mais c'est vite dit parce que dans toute sa ruralité d'alors, elle penchait quand même sacrément du côté de Poulidor. Il avait « percé » au temps des chanteurs yé-yé. Deux ans après Johnny, le voilà qui partait à son tour. Lui qui avait couru sous De Gaulle, Pompidou et Giscard s'en allait deux mois à peine après Chirac.
    Ceux qui ont grandi dans les années 1960 et 1970 n'avaient jamais connu un monde sans Poulidor. Mais ce n'est pas le souvenir des Tours d'enfance qui remuait en nous les nostalgies. Son exploit fut de ne jamais être vintage, mais intemporel. Tout changeait autour de nous et rien ne changeait tant qu'il était là. Lui restait le même. Au milieu de tout le chambard, quelque part, il était notre rassurance. « Poupou » s'était transmis de grand-père en petit-fils. Chacun pouvait se reconnaître en lui qui ne ressemblait à personne.

  • «Vous demandez de quel Maigret il s'agit ? Je parle du vrai, bien entendu. Ou plutôt du faux, puisqu'il ne s'appelle pas Maigret, mais Guillaume. Ou plutôt non, j'avais raison, il s'agit bien du vrai, puisque c'est lui Maigret. » Georges Simenon, 1937.

    Dernier grand représentant des flics de la « vieille école », Marcel Guillaume inspira à Georges Simenon le personnage du commissaire Maigret.

    Dans ce document exceptionnel, publié en feuilleton dans le grand quotidien Paris-Soir en 1937, il raconte sa traque de la bande à Bonnot, les crimes passionnels et crapuleux de son temps, sonde l'âme mystérieuse de Landru, confesse Violette Nozières et dévoile les secrets de l'affaire Stavisky.

    Le commissaire Guillaume n'hésite pas à faire part de ses états d'âme, doutes et convictions. Il invite le lecteur à participer à ses enquêtes et apporte un soin particulier à décrire l'ambiance des interrogatoires dans son bureau du 36, quai des Orfèvres. Une atmosphère digne des meilleurs Maigret !

  • Il était l'homme qui aimait serrer les mains, embrasser les foules, parcourir le monde. Et pourtant, Jacques Chirac a passé les quatre dernières années de sa vie confiné dans un bel hôtel particulier gardé comme une forteresse. L'ultime combat de l'ancien président de la République s'est tenu à huis clos, face au plus redoutable des adversaires : le néant. Autour de lui, comme toujours, les membres de son clan.

    Que s'est-il passé derrière ces hautes portes closes, où Claude Chirac n'a bientôt plus admis qu'une petite poignée de visiteurs ? Laurence, la fille aînée du vieux chef, a disparu. Sa femme Bernadette est devenue à son tour une recluse.

    Ce récit est une enquête captivante sur les derniers secrets d'un roi populaire, invisible, solitaire. Nourri d'une profonde connaissance des personnages, il raconte les paradis perdus des Chirac, les tempêtes traversées, la France d'avant. Au-delà, il propose une méditation sur nos présidents monarques face à la mort.

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