Éditions Prise de parole

  • La violence conjugale provoque des traumatismes graves chez les femmes qui la subissent et peut mener jusqu'au développement d'un état de stress post-traumatique (ÉSPT). Comme la recherche sur ce trouble est incomplète - elle s'intéresse généralement aux anciens combattants -, le présent ouvrage examine, à partir de témoignages recueillis auprès de victimes et d'intervenantes du Centre Victoria pour femmes et du Centre de counselling de Sudbury, les liens entre la violence conjugale et l'ÉSPT, et plaide l'urgence d'intégrer ce diagnostic aux programmes de traitement offerts aux femmes.

    L'ouvrage se penche également sur le contexte sociopolitique et culturel de la violence faite aux femmes. À cet égard, il évalue que si les centres d'aide de Sudbury réussissent à offrir un soutien de première ligne, ils ne parviennent pas à prendre adéquatement en charge l'ÉSPT avec lequel une part de leur clientèle doit composer - et ce, particulièrement dans les milieux francophones minoritaires. C'est pourquoi il milite pour l'adoption d'une thérapie cognitivo-féministe et l'élaboration d'une offre de soins impliquant la collaboration de plusieurs intervenants : travailleuses communautaires, psychologues, forces de l'ordre, etc. Cette approche intégrée permettrait de donner aux victimes le soutien dont elles ont besoin pour vivre pleinement à nouveau.

  • David Lonergan a beaucoup écrit sur le milieu culturel acadien au cours de sa carrière de journaliste et de chroniqueur. Dans «Regard sur la littérature acadienne (1972-2012)», il propose un regard éclairé sur les principales oeuvres publiées dans les quarante ans qui ont suivi la fondation des Éditions d'Acadie. Au récit centré sur les oeuvres s'ajoutent quelques indications biographiques et des mises en contexte pertinentes.

    Cet ouvrage, écrit dans le style direct et facile d'accès qui caractérise la plume de l'auteur, saura intéresser les passionnés de littérature acadienne tout comme ceux qui désirent s'y initier. Formant un diptyque avec Paroles d'Acadie?: Anthologie de la littérature acadienne (1958-2009), il témoigne de la grande vitalité de la production acadienne contemporaine.

  • Cet ouvrage collectif, rédigé par des de chercheurs et d'artistes sous la direction de deux spécialistes de la littérature franco-ontarienne, vient restituer le parcours personnel de Robert Dickson et rendre compte de son oeuvre littéraire.

    Anglophone d'origine, Dickson adopte la culture francophone dès les années 1960. Grand mentor du milieu littéraire, il dépiste et accompagne de nombreux auteurs et joue un rôle crucial dans l'essor des Éditions Prise de parole jusqu'à son décès en 2007. Le poète Dickson laisse une oeuvre marquante, originale, qui intéressera trop peu une critique plus portée à parler de l'homme et de sa contribution au milieu qu'à recenser et analyser ses écrits. Le présent ouvrage vient pallier cette lacune. L'ouvrage se penche également sur son oeuvre de traducteur : on lui doit des traductions vers le français, dont «Champion et Ooneemeetoo», de Tomson Highway, mais aussi vers l'anglais ; il est le premier, notamment, à traduire Jean Marc Dalpé dans cette langue. Sa contribution méconnue au cinéma, que ce soit à titre de comédien, de scénariste, de personnage, de narrateur, de sous-titreur, est ici enfin recensée.

    Avec des textes de Louis Bélanger, Jean Marc Dalpé, Emir Delic, Lucie Hotte, Jean Marc Larivière, Catherine Leclerc, Élise Lepage, Johanne Melançon et Claudine Moïse.

  • Premier ouvrage en français à intégrer la question des minorités linguistiques au débat sur le fédéralisme asymétrique au Canada, «Le fédéralisme asymétrique et les minorités linguistiques et nationales» étudie les fondements mêmes du fédéralisme asymétrique dans le pays.

    Le fédéralisme asymétrique est une forme d'aménagement des politiques plus respectueuses des besoins de chaque communauté au sein de l'ensemble fédéral. « [S]a fonction principale [...] n´est pas de mettre fin au conflit entre les groupes, mais bien de leur permettre de poursuivre leur autodétermination tout en participant à des valeurs communes. » (Introduction, Linda Cardinal) Il favorise ainsi la diversité en accordant aux minorités plus de pouvoirs ou en leur reconnaissant une distinction de traitement ou de statut.

    /> L´ouvrage, auquel collabore une vingtaine de spécialistes, se démarque par sa nature multidisciplinaire et comparée, ainsi que ses interrogations qui puisent dans les dimensions constitutionnelles, historiques, économiques, politiques et morales du Canada.

    Cet ouvrage s´interroge non seulement sur l´asymétrie depuis les débuts de l´État canadien, mais aussi sur le fédéralisme asymétrique issu des rapports entre le Québec et les minorités francophones au Canada.

    Des textes examinent de quelle façon le concept d´asymétrie peut être un moyen au service de la nation québécoise et des minorités linguistiques; ils cherchent à concilier égalité et diversité par ce moyen. Des personnalités politiques bien en vue collaborent à cet ouvrage, notamment le sénateur Hugh Segal et le ministre Benoît Pelletier.

  • Paru initialement en 2003, sous le titre «La littérature franco-ontarienne: état des lieux», l'ouvrage a été revu et augmenté. En plus de proposer une vision panoramique de la littérature franco-ontarienne, il comprend des textes qui abordent les différents genres littéraires - dont la poésie, la nouvelle, le roman au féminin, le théâtre -, ainsi que des réflexions sur l'écriture de l'exil, la réception critique et l'institution littéraire.

    Les interventions des quatorze chercheurs mettent en relief les aspects saillants de cette littérature. Ainsi, «Perspectives sur la littérature franco-ontarienne» dresse « l'état des lieux » d'une littérature en émergence, examine les contours, les limites et les possibilités de cette « littérature de l'exiguïté » en perpétuel devenir et témoigne de la vigueur et de la richesse du corpus.

    Les directeurs de l'étude affirment : «[...] nous sommes persuadés que ces perspectives sur notre littérature au tournant du nouveau millénaire constitueront un jalon historique dans le développement et l'évolution d'une écriture ayant acquis ses lettres de noblesse à travers la province et la nation. Les essais de ce livre montrent sans ambages que la littérature franco-ontarienne est prête à transcender les frontières nationales et internationales pour faire entendre l'originalité et la pertinence de ses voix dans le concert de l'universel sans perdre pour autant son cachet.»

  • En 2005, dans « Pour un enseignement réussi du français langue maternelle », l´auteur traçait un bilan dynamique de l´évolution de l´enseignement du français et de l´enseignement en français en situation minoritaire au Canada. Dans « Langue et culture », Benoît Cazabon poursuit sa réflexion sur la didactique du français, mais dans une perspective plus large, qui englobe une vue sur la langue, la culture et l´identité des francophones en contexte minoritaire. Il soulève une question centrale: « Comment se fait-il que parler français soit si peu une habitude pour autant de Canadiens français vivant en milieu minoritaire? » L´ouvrage se divise en deux parties. La première, Réflexions, comprend cinq articles de fond portant sur la sociolinguistique. À partir du journal de bord d´étudiants universitaires, l´auteur propose des grilles d´analyse de la représentation de ce qu´est être minoritaire. Il développe un portrait des maintiens ou régressions des usages linguistiques et culturels, fait ressortir les ambiguïtés et les contradictions présentes dans le discours identitaire et propose des pistes de recherche. La seconde partie, Engagements, réunit quatorze textes et autant d´exemples des luttes qu'a menées l´auteur pour faire reconnaître les droits de sa communauté d´appartenance. Les interventions touchent différents secteurs dont ceux de l´éducation, de la santé, ainsi que la gouvernance en matière de dualité linguistique.

    Monique Lebrun, UQAM, qui signe la préface affirme:
    « L´ouvrage de Benoît Cazabon nous démontre à quel point l´identité culturelle est un processus dynamique et multidimenssionnel aboutissant à une construction sociale. [Il] propose aux minoritaires francophones un modèle de l´identité culturelle qui est d´abord prise de conscience de soi, puis action communautaire. Il donne l´exemple le premier par sa vigilance de tous les instants face aux dénis politiques dont les francophones font régulièrement l´objet. On peut donc véritablement parler de son ouvrage comme d´un témoignage d´engagement éclairé. »

  • David Lonergan a accompli ce que personne d´autre n´avait réussi avant lui : assurer une critique littéraire et artistique des productions acadiennes sur une longue durée. Il agit en passeur entre l´auteur et le lecteur, un passeur informé et attentif, respectueux des oeuvres qu´il critique et des lecteurs auxquels il s´adresse.

    Plus de 120 oeuvres d´une soixantaine d´auteurs y sont commentées. Comme l´affirme le professeur et spécialiste de la littérature acadienne Raoul Boudreau dans sa préface : « Les textes réunis ici contiennent l´essentiel et donnent une idée tout à fait représentative et globale de la littérature acadienne de ces années. » Le poète et artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson, lui-même sujet de plusieurs de ces chroniques, considère que « l´idée de recueillir ces chroniques pour en faire un livre est un projet admirable, qui rassemble dans un même ouvrage un discours foisonnant et une pensée plurielle, composant un puzzle dont tous les morceaux recomposent un tableau complet et surprenant. » Écrit dans un style simple, limpide et vivant, sans autre prétention que de faire découvrir et apprécier la littérature acadienne, «Tintamarre» s´adresse à tous ceux et celles qui aiment la littérature qu´ils soient lecteurs, étudiants, enseignants ou professeurs.

  • Ouvrage de référence incontournable, le « Dictionnaire des oeuvres littéraires de l'Acadie des Maritimes du XXe siècle » (DOLAM), est le premier en son genre. Il présente un vaste répertoire d'oeuvres littéraires acadiennes - tant romanesques que théâtrales et poétiques - publiées entre 1900 et 1999.

    Le patrimoine littéraire qui y est recensé témoigne de la richesse et du dynamisme de la communauté acadienne, forte d'un groupe important de créateurs - dont les Ronald Després, Antonine Maillet, Herménégilde Chiasson, Gérald LeBlanc, France Daigle, Jacques Savoie et Serge Patrice Thibodeau - et d'un appareil institutionnel bien en place. Si toutes les oeuvres analysées ont été publiées dans le courant du Xxe siècle, plus de 90 % d'entre elles l'ont été après 1958, ce qui fait de l'ensemble un document résolument moderne, proposant des articles sur des oeuvres souvent peu commentées.

    La littérature acadienne du XXe siècle est vigoureuse et diversifiée. En voici un vibrant témoignage ! Le DOLAM est l'outil par excellence pour découvrir ou mieux connaître le patrimoine littéraire acadien du Xxe siècle et son contexte sociohistorique.

  • Études en marge de «La distance habitée» de François Paré En 1993, François Paré remportait le prix du Gouverneur général pour «Les littératures de l'exiguïté» (1992), un essai sur les cultures et littératures francophones minoritaires au Canada et dans la francophonie mondiale. Dans «Théories de la fragilité» (1994) et «La distance habitée» (2003), il a prolongé et enrichi son thème de prédilection. De nombreux chercheurs se sont inspirés de ses travaux.

    Les articles regroupés ici s'inspirent des grands thèmes de l´essayiste pour éclairer des oeuvres de genres aussi divers que la chanson, le roman et l'essai et d´artistes aussi divers que France Daigle, Michel Ouellette, Daniel Poliquin, Gabrielle Roy, Michel Tremblay et Gisèle Villeneuve. Des réflexions sur la langue, la mémoire, la migration et les frontières tant culturelles, linguistiques que textuelles sont menées par huit chercheurs de l'Ontario, du Québec, de l'Est et de l'Ouest canadiens, dont Catherine Leclerc, Johanne Melançon et Jean Morency. En postface, François Paré prolonge cette réflexion qu´il développe depuis une vingtaine d'années.

  • Issus d'un colloque tenu à l'Université Laurentienne de Sudbury en 2008, les articles ici réunis abordent l'uvre de neuf écrivaines : Antonine Maillet, France Daigle, Hélène Brodeur, Anne Claire, Tina Charlebois, Andrée Christensen, Marguerite Andersen, Gabrielle Roy et Simone Chaput. Les textes sont organisés selon un parcours géographique - d'Acadie en Ouest, en passant par l'Ontario - et auraient pu être regroupés selon les thèmes suivants : une parole féminine qui participe au changement social ; l'affirmation d'un «je» féminin contemporain ; le rapport de soi à l'autre ; et la transformation du mythe en rapport avec les figures féminines. Plusieurs études examinent également l'aspect intimiste des uvres, en lien avec l'autobiographique et le mémoriel.

    Treize chercheurs, tous spécialistes de la littérature du Canada français, signent ces articles.

  • Infatigable travailleuse, organisatrice et négociatrice chevronnée, pédagogue d'une grande modernité, Marie-Esther Robichaud a oeuvré à la professionnalisation de l'enseignement et a favorisé, par ses méthodes et son mentorat, le développement de nombreuses carrières dans le domaine. Dans cet ouvrage, Nicolas Landry retrace le parcours de Marie-Esther Robichaud et met au jour sa contribution inestimable à l'avancement de l'éducation en français en Acadie.

    L'examen minutieux de la correspondance que Marie-Esther Robichaud a entretenue avec plusieurs enseignant-e-s et administrateurs, de même que l'étude de ses rapports d'inspection des écoles révèlent ses vues sur le recrutement et la formation des maîtres, la langue d'enseignement, l'absentéisme des élèves, la discipline ou encore les conditions matérielles d'enseignement. Surtout, ces documents d'archives donnent à connaître une femme d'avant-garde dans un milieu et à une époque où le pouvoir décisionnel est encore détenu par les hommes.

    La biographie professionnelle de cette pionnière ouvre une fenêtre sur les défis vécus par les enseignant-e-s francophones du comté de Gloucester, dans la Péninsule acadienne, et plus largement sur les enjeux de l'éducation en Acadie entre 1929 et 1965.

  • Caraquet, l´une des trois plus anciennes paroisses acadiennes du Nouveau-Brunswick, fait partie de cette nouvelle Acadie qui surgit au lendemain de la Déportation lorsque les rescapés de 1755 s´établissent un peu partout dans les provinces maritimes, au Québec et en Louisiane. Cet ouvrage, qui puise dans les travaux de nombreux historiens acadiens, ne prétend pas être une synthèse historique de Caraquet de 1760 à 1860, mais plutôt une série d´études thématiques de sa population francophone à l'ère où elle se dotait d'institutions religieuses, éducationnelles, politiques et économiques. Les paramètres, l´approche et les sources de ces études sont applicables à d´autres régions côtières de l´est du Canada à la même époque.

    Les six chapitres de cet ouvrage dressent un portrait de la communauté en abordant des constituantes incontournables de son histoire. Ils s'intéressent à l'occupation du territoire et aux tendances dans le comportement démographique; à la structure économique de la région et plus particulièrement à celle de la pêche alors que les pêcheurs étaient subordonnés au système de crédit jersiais avant la Confédération de 1867; à l´Église missionnaire et à l´éducation. Grâce à la collaboration du Musée acadien de Caraquet, des photos permettent d'effectuer une convergence entre l´histoire fondamentale et l´histoire appliquée, surtout matérielle.

  • À l'instar des travaux de Louise Péronnet, grande pionnière des études linguistiques acadiennes, les quinze contributions regroupées dans La francophonie en Acadie envisagent la question de la langue française en Acadie sous différentes facettes.

    Dix-huit chercheures et chercheurs représentant des disciplines et des approches variées signent des textes consacrés tantôt aux pratiques linguistiques, tantôt aux mouvements et tensions qui marquent l'Acadie, tantôt aux discours produits à l'endroit de cette communauté. La richesse des dynamiques linguistiques et sociales mises au jour constitue un fondement empirique original qui devrait permettre une meilleure compréhension des enjeux à l'oeuvre dans toute situation impliquant de parler une langue, ou une forme de langue, plutôt qu'une autre.

    À l'heure où le débat sur la langue fait rage en Acadie (comme souvent dans la francophonie canadienne et québécoise), cet ouvrage a le mérite de penser la francophonie acadienne dans toute sa richesse et sa diversité.

  • Cet ouvrage, sous la direction d'Hélène Beauchamp et de Joël Beddows, fait le point sur l'histoire et la situation des théâtres professionnels du Canada francophone. Dans des contextes linguistiques minoritaires, les enjeux de ces théâtres sont de taille. Comment ces compagnies réussissent-elles à marier tradition et modernité, mission communautaire et mandat artistique ? Des observateurs et des acteurs de la scène théâtrale offrent une abondante matière à réflexion.

  • « Contes du Détroit » présente une collection unique de contes traditionnels recueillis par Joseph-Médard Carrière, en 1938, dans la région de Windsor, Ontario. Traces d'une tradition orale éteinte aujourd'hui, ces contes sont parvenus aux chercheurs, Marcel Bénéteau et Donald Deschênes, sous la forme d'un manuscrit dactylographié en orthographe phonétique, qui reproduit la prononciation du français régional. Les chercheurs ont régularisé l'orthographe, tout en gardant le vocabulaire et la syntaxe de l'original.

    Le recueil comprend vingt-cinq contes, dont des contes merveilleux bien connus ainsi que d'autres contes originaux.

    Joseph-Médard Carrière (1902-1970) est l'un des grands chroniqueurs de la culture française en Amérique du Nord.

    Chercheur engagé, ce Franco-Ontarien d'origine a passé sa vie professionnelle aux États-Unis et a consacré une grande partie de ses travaux à documenter les vestiges de la langue et de la culture de petites communautés françaises en Amérique, plus particulièrement du Centre-Ouest (dont le Missouri, l'Illinois et l'Indiana).

  • L´oeuvre de Daniel Poliquin s´impose actuellement comme l´une des plus remarquées au Québec et au Canada. Signe du haut profil de l´auteur, la liste impressionnante des prix littéraires remportés, la traduction systématique de ses romans vers l´anglais et, en 2006, la consécration de son oeuvre dans le cadre d´un colloque universitaire.

    «Lire Poliquin» réunit les articles des treize chercheurs réputés qui ont participé à ce colloque, dont François Paré, Robert Yergeau, Lucie Hotte, Jean Morency et François Ouellet, le directeur de cet ouvrage. Entre autres, ils ont scruté le fonctionnement narratif des textes, abordé la construction identitaire des personnages et examiné l´attention accordée à l´oeuvre au Québec. L´ouvrage contient également l´allocution prononcée par Daniel Poliquin lui-même lors de la rencontre et un état des recherches sur l'oeuvre de Poliquin.

  • Depuis 1969, la notion de développement occupe une place centrale dans le débat sur les langues officielles au Canada. Elle est même une des pierres angulaires de la Partie VII de la Loi sur les langues officielles de 1988. Mais, qu'est-ce que le développement? À entendre les débats, on serait porté à croire qu'il s'agit d'une notion fixe, dont les représentations ont toujours été et demeurent les mêmes. Or il n'en est rien. L'analyse des discours de cinq des principaux acteurs engagés dans ce débat (dont le gouvernement fédéral, la FCFA et le Commissariat aux langues officielles) démontre que les représentations du développement ont varié au gré des transformations des contextes historiques et politiques. L'ouvrage contribue à cerner les enjeux entourant la notion centrale du développement tels qu'ils s'énoncent et évoluent depuis 1969.

  • En 1912, l'Ontario devenait la troisième province de la confédération canadienne à interdire l'enseignement en français dans ses écoles. Dès sa promulgation, «l'infâme Règlement 17», comme on est venu à l'appeler, sera vivement contesté par la collectivité franco-ontarienne, alors réunie autour de l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario. Plusieurs groupes et individus -?dont le fondateur du Devoir, Henri Bourassa, l'historien Lionel Groulx et la Société Saint-Jean-Baptiste?- viendront lui prêter main-forte.

    Après 15 ans de lutte, le Règlement sera finalement abrogé.

    Il existe aujourd'hui plusieurs études sur cette crise, considérée par certains comme le mythe fondateur de l'Ontario français. Peu d'auteurs, cependant, se sont intéressés à son impact sur l'avenir même du Canada français. Au coeur, donc, des nouveaux enjeux que creuse ce collectif se trouve un examen des conséquences de la crise scolaire sur le projet national canadien-français.

    Rédigé dans un langage clair et accessible, «Le siècle du Règlement 17» s'adresse à toute personne -??amateur ou spécialiste?- s'intéressant aux luttes des minorités linguistiques, à la francophonie canadienne et, plus largement, à l'histoire du Canada. Il propose dix-sept articles répartis en cinq thèmes?: o L'école franco-ontarienne et l'opinion anglo-canadienne o Les multiples voies de la résistance o Échos politiques et constitutionnels o Les représentations du Règlement 17 dans la sphère littéraire et artistique o La crise scolaire et la reconfiguration du champ intellectuel canadien-français.

  • Plus d'un million de touristes francophones du Québec et du Canada, dont cent cinquante mille « snowbirds », selon l'expression consacrée, se rendent chaque hiver en Floride pour profiter de son climat idéal.
    Si cet engouement ne se dément pas, l'histoire des migrations canadiennes-françaises en Floride, qui dépasse largement le cadre du tourisme saisonnier, est quant à elle mal connue. «Plus peur de l'hiver que du Diable» retrace donc, sur plus de cent ans, cette épopée passionnante : de la colonisation agricole du 19e siècle aux vagues d'émigration économique des années 1930, de la naissance du tourisme de masse de l'après-guerre aux enfants d'immigrants, l'étude traite des enjeux entourant toutes ces formes de migration et analyse ses caractéristiques.
    Appuyée par des données tirées de fonds d'archives et des enquêtes de terrain, de même que par une solide historiographie, «Plus peur de l'hiver que du Diable» effectue une première véritable synthèse historique du rôle joué par les Canadiens français dans l'état balnéaire.

  • Jusqu'à la parution, en 1996, de «La littérature franco-ontarienne : enjeux esthétiques», les oeuvres créées durant les années 1970 et 1980 en Ontario français avaient été essentiellement analysées sous l'angle identitaire, rarement en vue d'en dégager les caractéristiques et les enjeux d'écriture propres. À la suite de la parution de cette étude, la littérature franco-ontarienne faisait son entrée dans le champ de la recherche savante. Qu'en est-il de cette littérature vingt ans plus tard ? Quels sont les auteurs qui ont émergé au cours de cette période ? Et quelles sont leurs préoccupations esthétiques ?
    Sous la direction de Lucie Hotte et de François Ouellet, l'ouvrage réunit une douzaine de chercheurs. Sont analysées des oeuvres fortes des deux dernières décennies, comme celles d'Andrée Lacelle, de Margaret Michèle Cook, de Gilles Lacombe et de Claude Guilmain, oeuvres qui, souvent, ont été occultées par le succès des écrivains franco-ontariens consacrés.
    «La littérature franco-ontarienne depuis 1996. Nouveaux enjeux esthétiques montre» que les deux dernières décennies ont été marquées par l'apparition d'une littérature fortement décloisonnée, s'inscrivant en rupture avec la production qui a précédé ; l'étude met au jour ce que signifie écrire en Ontario français au 21e siècle.

  • Cet ouvrage collectif comporte des communications issues d'un symposium sur le thème de l'accès des francophones aux études postsecondaires en Ontario, qui avait comme objectif de créer un espace de dialogue pour les chercheurs, les preneurs de décisions et les établissements de la province. Il met en évidence le décalage qui existe entre l'offre du système et la demande émanant du public francophone, et propose des pistes pour aider à le repenser.

    La douzaine de textes découle de quatre grandes thématiques :
    o Les choix des jeunes - données d'inscription aux études postsecondaires en Ontario depuis 1998
    o La recherche, la vision et les préoccupations des établissements postsecondaires du 1er cycle
    o La recherche sur l'accès aux études postsecondaires
    /> o Les ressources, besoins et visions d'avenir liés à l'accès des francophones de l'Ontario aux études postsecondaires.

    La transition aux études postsecondaires et l'expérience étudiante des francophones en milieu minoritaire en Ontario est un terrain peu exploité par les chercheurs. Cette étude arrive donc à point nommé.

  • «Mémoire d'un religieux québécois, 1928-1944», constitue le troisième et dernier tome du «Recueil de Dorais». Après avoir rencontré le Fernand Dorais penseur et essayiste, puis le romancier, voici que nous sommes conviés à Saint-Jean-sur-Richelieu pour y être témoin de son enfance et de son adolescence. Fils d'hôtelier, Dorais grandit dans une ambiance bourgeoise, bien entouré de sa famille, à une époque mouvementée marquée par la Grande Dépression de 1929 et la Deuxième Guerre mondiale. Il vit tout cela sur fond de cinéma américain en pleine ébullition, un art qu'il fréquentera beaucoup et qui le marquera profondément. Dès l'adolescence, il découvrira son homosexualité, cette « tendre atmosphère d'affectivité », comme il la nomme, qui pour lui ne représente alors « rien de mal ni de péché ». Or, le jeune Dorais est croyant ; s'amorce donc ici une quête qui durera toute sa vie, pour tenter de réconcilier sa nature profonde - « la matrice de mon être, qui me donnait vie et sens » -, et sa foi. «Le recueil de Dorais» rend hommage à une figure emblématique de la mouvance franco-ontarienne. Fernand Dorais arrive à Sudbury en 1969 pour enseigner la littérature à l'Université Laurentienne. Aux côtés des jeunes qui l'entourent, le jésuite se laisse porter par le mouvement de la contreculture qui balaie alors l'Amérique. Animateur social tout autant que professeur engagé, Dorais guidera ses étudiants dans cette époque de bouillonnement sans précédent. Le résultat : la mise en oeuvre de nombreux projets et institutions qui perdurent aujourd'hui, parmi lesquels les Éditions Prise de parole.

  • «De l'impuissance à l'autonomie» creuse en amont la dislocation du Canada français qui s'est réalisée dans les années 1960. L'ouvrage remet en question l'idée, très répandue, selon laquelle l'essor de l'identité québécoise aurait entraîné à lui seul l'éclatement du Canada français et impulsé le changement d'identité des minorités francophones du pays. Il démontre, au contraire, que la rupture s'est consommée au terme de discontinuités, et ce, au cours des décennies qui précèdent.

    Durant la première moitié du XXe siècle, plusieurs événements viennent perturber les relations entre groupes minoritaires et ceux qu'ils perçoivent comme les autres, les Anglo-Canadiens et les Canadiens français du Québec: les crises scolaires en Ontario (1912), au Manitoba (1916) et en Saskatchewan (1931), ainsi que les crises de la conscription (1917 et 1944).

    Dans cette étude, l'auteur analyse les discours journalistiques (Le Droit, Le Patriote de l'Ouest, La Liberté, La Survivance) publiés durant ces crises, ainsi que les discours relatifs à l'enfance - dont ceux véhiculés dans la littérature pour la jeunesse canadienne-française. Son objectif: saisir l'impact de ces discours sur les communautés et les mutations qu'ils provoquent dans la représentation collective des minorités.

    «De l'impuissance à l'autonomie» permet de rendre compte des glissements identitaires à mesure qu'ils s'opèrent; il met en évidence l'autonomisation graduelle des minorités canadiennes-françaises.

  • La relation souvent houleuse entre les travailleurs et les grands propriétaires a profondément marqué l'histoire du Grand Sudbury, ville fondée sur le rail, le bois et le minerai. Si la plupart des études réalisées jusqu'à maintenant sur la région examinent le rôle des propriétaires, elles négligent l'apport des prolétaires dans son développement. Le présent ouvrage vient corriger cette lacune : il a pour double objectif de décrire les classes sociales et d'analyser leurs relations, qui ont été déterminantes pour l'essor de la ville.

    «Une histoire sociale du Grand Sudbury» couvre tout près d'un siècle, de 1880 à 1972. L'ouvrage est divisé en quatre périodes : l'ouverture du territoire par le grand capital et ses armées d'ouvriers; l'industrialisation et l'émergence des conflits de classe; l'organisation syndicale face au monopole minier; et finalement l'intervention de l'État dans la régulation des rapports entre propriétaires et travailleurs. On y traite également du rôle névralgique de la petite bourgeoisie et de l'évolution des groupes ethnoculturels - nombreux dans la région -, en relation avec les quartiers où ils habitent. Chemin faisant se construit une histoire sociale, riche et passionnante, qui fait la part belle à la vie quotidienne des paysans, ouvriers, immigrants et petits bourgeois.

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