P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales

  • L'invasion allemande d'août 1914 suscite en Belgique un véritable sentiment patriotique qui se manifeste par la résistance imprévue de l'armée belge. À Noël 1914, les troupes impériales sont enlisées dans les plaines de la rive droite de l'Yser.

    Le viol de la neutralité belge comme les violences de la soldatesque déchaînent un sentiment antiallemand qui anéantit du jour au lendemain l'admiration vouée jadis par les Belges à l'Allemagne. Ce rejet concerne dès lors tout ce qui touche à la culture germanique. Or, l'adoption du suffrage universel pour les hommes au sortir du conflit met progressivement fin à la « Belgique française ».

    Ce deuxième tome de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone aborde l'impact de ces événements sur les grands auteurs de la génération léopoldienne. Ensuite, il s'attache, à travers la nouvelle génération d'écrivains, à l'affirmation du fantastique réel chez un Hellens ou un Thiry, ainsi qu'aux novations langagières et formelles des Michaux, Nougé, Plisnier ou Crommelynck. Il dialectise ces esthétiques souvent remarquables avec l'hypostase de plus en plus exacerbée de la langue française et de la France, portée à son acmé par le Manifeste du lundi. Il rend également compte de la mise en place d'une historiographie littéraire bien plus complexe que les simplifications du Manifeste.

    Portée par les fourgons de la défaite de mai 1940, la reviviscence du mythique chez Maeterlinck, Ghelderode, Hergé ou Nothomb surgit comme une réponse très belge à la faillite du réel. Les contrepoints de Victor Serge à l'égard des deux conflits mondiaux le confirment à leur manière.

    Les deux premiers volumes de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone ont été récompensés en 2017 du prix Lucien Malpertuis. Le présent ouvrage, deuxième volet, s'est quant à lui vu décerner en 2018 le prix annuel de l'Académie des littératures 1900-1950.

  • De l'étude de quelques auteurs classiques à l'analyse du rôle des illustrations, en passant par la bande dessinée et le théâtre pour les enfants, ce volume analyse le vaste champ de l'écriture pour la jeunesse. Différentes contributions se penchent sur la traduction de la littérature de jeunesse, et plus particulièrement sur sa nature intersémiotique. Elles abordent de la sorte la problématique de la voix du traducteur et les principes théoriques guidant ce-dernier, ou se concentrent spécifiquement sur diverses littératures nationales. Un dernier axe de réflexion, enfin, offre un aperçu sur la traduction audiovisuelle, ses principes théoriques, ses réalisations concrètes et ses effets du point de vue de la réception. Les contributions réunies dans ce volume sont en français, anglais et italien. The first section of this volume features a variety of essays on writing for children, ranging from studies of classic authors to an analysis of the role of pictures in children's books, to an examination of comics and theatre for the young. Subjects addressed in the second section include the intersemiotic nature of translating for children, the question of the translator's voice, the theoretical principles that best aid translators in the field of children's literature, as well as chapters exploring the idea of national literatures for the young. The third and final section offers insights into audiovisual translation for children. These contributions focus on theories and models for this kind of translational activity, as well as addressing a number of real-life cases and their reception. The volume features contributions in three languages: French, English and Italian.

  • Le 30 juin 1960, le Congo n'est plus une colonie belge mais un État indépendant. Rapidement, la riche province du Katanga fait sécession sous la conduite de Moïse Tshombe, ennemi politique du Premier ministre Patrice Lumumba, profitant de l'inertie d'une Belgique plus préoccupée par ses problèmes propres que soucieuse de ses intérêts en Afrique. Nombreux furent les Belges qui, de bonne foi, ont cru au succès de « la sécession du Katanga ». Un ensemble d'éléments permit d'y croire pendant quelques semaines : les attitudes du roi Baudouin et du gouvernement Eyskens allaient dans ce sens. C'était sans compter avec la prise de position négative des Nations Unies et des États-Unis qui souhaitaient bouter les Belges hors du Congo et surtout de ne pas exporter la Guerre froide en Afrique. Mais s'appuyant initialement sur le gouvernement de Patrice Lumumba, les Nations Unies allaient rapidement déchanter. Au départ, le Secrétaire général Dag Hammarskjld fut persuadé que tous les ennuis qu'il rencontrait étaient dus à l'omniprésence des Belges. Une fois ceux-ci partis, pensait-il, tout rentrerait dans l'ordre. Il n'en fut rien : l'ONUC dut reconquérir le Katanga par la force des armes pour le compte du gouvernement congolais. Il fallut deux ans et demi, pour réduire les gendarmes katangais, chasser les mercenaires, au prix de nombreuses vies, et mettre fin à la sécession du Katanga. Les Européens restés sur place, souvent avec courage, seront quant à eux baptisés « Katangaleux ». L'auteur de cet ouvrage fut l'un d'eux. Ce livre leur est dédié et vise à les sauver de l'oubli.

  • Cet ouvrage vient enrichir la réflexion sur les puissances émergentes (en dépassant le seul cadre des BRICS pour intégrer des puissances telles que l'Iran) en soulevant des questions peu fréquentes, voire inédites, quant à leur rôle dans la recomposition des relations internationales contemporaines. À travers des communications pluridisciplinaires relevant du droit international, des relations internationales ou de la géopolitique, il s'agit de s'interroger sur la notion de puissance aujourd'hui. Dans cette perspective, les auteurs analysent les attributs des puissances émergentes en matière de sécurité internationale. Mettent-elles en place des réformes dans leurs ressources militaires en vue de devenir des acteurs à part entière de la sécurité internationale, ou optent-elles plutôt pour des stratégies de coopération visant à forger des alliances entre puissances émergentes ainsi que traditionnelles (telles que la France ou le Royaume-Uni) ? Ont-elles vocation à prendre en charge la sécurité régionale dans leur sphère d'influence ? Manifestent-elles des velléités d'expansion comparables à celles des puissances traditionnelles ? Ces questionnements visent à offrir un cadrage général autour de la notion de puissances émergentes, et s'appuient sur de nombreuses études de cas.

  • « Le Suisse trait sa vache et vit paisiblement », disait Victor Hugo. Au tournant du XXe siècle, de jeunes écrivains romands mettent en question leur adhésion aux mythes officiels et aux clichés romantiques sur le pays des Alpes. Face au tourisme et au folklore, dans la confrontation aux mutations politiques et sociales de la modernité, un contemporain de Ch. F. Ramuz, Gonzague de Reynold (1880-1970), exprime sa propre vision de la Suisse. Dans une série de textes publiés de 1909 à 1920, Cités et pays suisses, la diversité helvétique s'exprime par la multiplication des genres, des registres et des points de vue : le livre est tour à tour essai, page d'histoire ou d'archive, poème en prose et récit de voyage.
    En promenant son lecteur de villages en châteaux, des collines du Plateau au Jura bâlois, de l'Albula à Genève, le poète-promeneur cherche à promouvoir de nouvelles valeurs helvétiques. « Passéistes », aristocratiques, anti-modernes ? Tant que l'on voudra. Sans pour autant que ce livre, considéré parfois comme « bréviaire de la conscience nationale », sacrifie de manière univoque aux mythes helvétiques de l'Alpe, de l'âge d'or et de l'insularité.
    Dans le prolongement, la confirmation et parfois la correction des travaux classiques sur l'identité suisse et les intellectuels en Suisse, la présente étude examine le traitement du mythe helvétique dans Cités et pays suisses ; elle souligne à son tour la mise à distance de l'helvétisme traditionnel opérée par Reynold. Au travers d'une lecture serrée des textes, elle s'interroge en particulier sur la portée inextricablement poétique et politique d'une quête d'identité qui devient pour son auteur une édification de soi et une vocation littéraire.

  • Ce volume réunit douze études de cas : des vies d'architectes européens, écrites par des historiens de l'art et de l'architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s'agit d'architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d'une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l'étranger, au sein d'une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l'art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l'Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L'existence de cette « Europe architecturale » est l'hypothèse générale proposée ici. L'européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d'accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d'adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs oeuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l'architecture européenne ?

  • La notion de Francographie est essentiellement contestataire, polémique. Elle affirme une autonomie idéologique et une certaine distance critique vis-à-vis de ce que l'on nomme alors « littérature (s) francophone (s) » d'Afrique ou d'ailleurs. Elle ne se réclame ni du centre ni de la périphérie, mais laisse en avant-garde l'idée d'une diversité dépouillée de toute connotation politiste et hégémoniste. L'on peut y voir une littérature « d'un monde » parmi « des mondes», qui ne se mesure ni ne s'épanouit qu'au gré des tensions autour et sur le sens. Les francographies africaines actuelles sont donc des lieux où se mettent en place les schèmes révélateurs d'une reconfiguration non seulement des systèmes de relation au monde et au sein de l'espace francophone, mais surtout des reconstructions identitaires. Au-delà des problèmes d'ordre épistémologique, ces francographies soulèvent de grandes préoccupations au plan de l'esthétique ; signe de la prégnance de motifs d'une multi-culturalité bientôt rebelle et dissidente au détriment d'une perspective interculturelle.

  • Plaidoyer en faveur de l'Union européenne, ce livre critique néanmoins certains choix culturels qu'elle a faits lors de sa fondation et qui entravent aujourd'hui son intégration. Elle doit rebâtir ses fondements symboliques et redéfinir sa relation avec les nations (à ne pas confondre avec les États). Les orientations culturelles qu'elle a privilégiées à sa naissance lui ont permis de connaître un essor rapide, mais faute de les réviser à temps, elles sont devenues dysfonctionnelles. Or, les tentatives qu'elle a faites ultérieurement pour se donner de nouveaux mythes et une identité continentale ont échoué. Par ailleurs, les leaders de l'Union se sont toujours méfiés des nations et des nationalismes, accusés d'avoir provoqué les horreurs des deux guerres mondiales. Ils ont donc voulu les contourner en instituant une gouvernance par le haut d'où a résulté un déficit démocratique.
    L'Union devra désormais s'employer à se réconcilier avec les nations, en les réhabilitant, et à tirer profit de leurs ressources symboliques pour se doter de mythes ayant une résonance à la fois nationale et européenne.

  • Albert Schweitzer fut un homme de premier plan dans bien des domaines. Comme théologien, philosophe, musicien et surtout comme médecin, il est universellement connu et entouré d'un véritable mythe. Contrairement à ce qui est communément admis, c'est à Schweitzer lui-même que la construction de ce mythe est pour la plus grande partie redevable. L'essentiel de ce que l'on sait sur la vie et la carrière de l'illustre médecin de la forêt équatoriale a comme source ses écrits autobiographiques. L'originalité de la présente étude est de confronter pour la première fois à la réalité historique les informations livrées par Schweitzer relativement à sa carrière, ses recherches et sa philosophie. De cette confrontation il ressort que, dans bien des cas, Schweitzer se dépeint sous un jour qui est peu conforme à la réalité.

  • Peut-on penser le pouvoir sans l'associer à des réseaux ? Comment analyser autrement le développement de l'économie de marché, de l'entreprise à la mondialisation, et expliquer différemment le rôle de la finance dans l'émergence du capitalisme moderne? Comment interpréter la nature du pouvoir dans l'éducation et la culture sans parler des réseaux qui les irriguent au même titre que ceux qui façonnent la politique, de l'échelon local à celui de la société internationale ? C'est à ces questions qu'une équipe d'historiens, d'économistes et de politistes tente d'apporter une réponse dans une approche disciplinaire traversant les époques, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, et associant les réalités françaises aux problématiques européennes, impériales et transnationales. Partant d'une définition commune de la notion de réseaux à la fois comme articulation entre des structures et comme lien entre des personnes, la vingtaine d'études ici rassemblées explore le rôle de ces mécanismes au coeur de multiples zones de pouvoir : la banque, l'entreprise, le commerce international, la culture, l'Etat ou la domination coloniale. Chaque contributeur l'a fait de manière distincte, soit au travers d'études de cas soit par le biais de synthèses plus larges. Mais, derrière cette diversité d'analyse, il existe une exigence méthodologique collective qui donne toute sa pertinence et toute sa cohérence à cet ouvrage : partir des faits concrets pour aboutir à une réflexion thématique globale. Au bout du compte, il en ressort la confirmation du postulat initial de ce livre : l'interpénétration du pouvoir et des réseaux. Une intégration dont les formes ont évolué dans la durée et qui a réussi à se pérenniser, portée qu'elle est par les modes de représentation spécifiques aux sociétés occidentales.

  • A l'image du mur de Trump ou du renforcement des frontières européennes, de plus en plus d'États militarisent leurs frontières au moyen de murs à l'efficacité discutable. Pour expliquer cette obsession globale, il est utile de revenir sur les controverses qui banalisent ces outils militaires à partir de deux matrices de la sécurité frontalière contemporaine, à savoir la « barrière de sécurité » israélienne en Cisjordanie et la « barrière frontalière » états-unienne à la frontière mexicaine. Les murs s'inscrivent dans un spectacle politique, destiné aux citoyens emmurés, et joué par des acteurs conservateurs, sécuritaires et xénophobes. Ces acteurs problématisent les mobilités, développent une expertise sécuritaire, et attaquent l'État pour mieux le forcer à agir. Fondé sur deux enquêtes en immersion auprès d'eux, ce livre entend dépasser la thèse des murs comme signe du déclin de la souveraineté étatique dans le monde globalisé pour mieux souligner comment la répétition de ces spectacles renforce le militarisme des sociétés au détriment d'autres approches humanitaires, juridiques ou économiques des mobilités.

  • Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l'égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s'installe rapidement. Dans une perspective d'histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s'ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d'une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d'acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l'histoire chaotique de l'Europe post-1945 qu'il convient de relier à l'histoire des épurations.

  • Ce livre réexamine la représentation de la famille dans des romans, albums ou pièces de théâtre pour la jeunesse relevant de différentes aires géographiques, culturelles et linguistiques. Bienveillants ou aliénants, les liens tissés entre générations ou au sein de la fratrie conditionnent la construction des jeunes protagonistes. La littérature de jeunesse reflète la diversité de la famille et sa capacité à évoluer, voire à se réinventer (familles monoparentales ou homoparentales, recomposées, adoptives...). En proposant des modèles parfois éloignés des réalités connues des lecteurs, elle les invite à réévaluer leur propre expérience mais témoigne aussi d'une certaine constance des attentes et des interrogations que l'institution suscite.
    This book re-examines the representation of the family in novels, picture books or theatre plays for young people, belonging to various geographical, cultural and linguistic areas.The bonds between generations or among siblings, whether benevolent or destructive, play a decisive part in the young protagonists' development. Children's literature is shown to reflect the diversity of the family as an institution and its ability to change or even to reinvent itself (single-parent, same-sex-parent, blended or adoptive families...). Its fictional representations of the family may differ from the realities experienced by the readers, and invites them to reconsider their own experiences, yet show expectations and questions related to family life to remain fairly constant.

  • Réflexion collective sur les usages et stratégies polémiques, cet ouvrage souhaite contribuer au développement d'une réflexion historique sur les discours de combat. Envisageant la polémique comme un dispositif discursif socialisé, inscrit dans le temps et mobilisé dans l'action, les études de ce recueil abordent des sources polémiques variées et intègrent les enseignements de l'analyse du discours comme de l'histoire sociale et culturelle. Leurs auteurs, historiens et littéraires, s'intéressent à l'affirmation de la polémique, à une période où, entre Moyen Âge et Renaissance, le développement de l'imprimé et la diversification des régimes de publicisation ouvrent de nouvelles perspectives polémiques. La guerre de mots se révèle alors comme consubstantielle des remous suscités par la progression des innovations humanistes dans les milieux lettrés. De la guerre entre Armagnacs et Bourguignons à la Fronde, l'affirmation des princes suscite autant de prises de plume que de prise d'armes, tandis que les bouleversements religieux multiplient les occasions d'affrontements par les mots. Inscrit dans une démarche historique et conçu comme un dialogue entre médiévistes et modernistes, cet ouvrage cherche à peser le poids respectif des héritages et des transformations des conditions de l'action polémique et analyse, sur le temps long, les formes, les types d'acteurs et les modalités de l'affrontement verbal, aussi bien que les réflexions tactiques sur l'efficacité de la parole polémique.

  • Cet ouvrage traite de « marges » à partir du point de vue de Laurent Mattiusi qui considère que « se situer en marge d'un lieu ne consiste pas à rompre avec lui sans retour, mais à prendre du recul pour voir sous l'angle de l'autre ». Les auteurs abordent ici la relation entre les pays de langue portugaise, relation définie par Édouard Glissant comme une éthique de l'altérité, comme la projection d'un renouveau. Sont examinées l'évolution de la langue, l'imaginaire littéraire ou artistique, l'histoire croisée de ces pays ou le métissage des cultures. Toutes ces façons d'aborder la question dévoilent une vitalité et une richesse incontestables. L'ouvrage permet de réfléchir à la multiplicité des échanges entre plusieurs continents, dessinant peut-être les traces d'une nouvelle mondialité enrichie par une éthique de la relation.

    Esta obra fala de « margens » a partir do ponto de vista de Laurent Mattiusi que considera que « situar-se na margem dum lugar não consiste em afastar-se dele sem regresso, mas recuar para ver na perspectiva do outro ». Os autores abordam aqui a relação entre os países de língua portuguesa, relação definida por Édouard Glissant como uma ética da alteridade, como a projecção dum renascimento. São examinadas a evolução da língua, o imaginário literário ou artístico, a história cruzada desses países ou a mestiçagem das culturas. Todas estas formas de abordar a questão revelam uma vitalidade e uma riqueza incontestáveis. A obra permite de refletir na multiplicidade das permutas entre vários continentes, desenhando talvez as marcas duma nova mundialidade enriquecida por uma ética da relação.

  • Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l'édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d'études explorant un versant foisonnant de l'histoire de la musique, l'édition musicale, depuis les premiers imprimés et l'insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu'à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l'objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l'activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l'édition musicologique contemporaine. Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l'enseignement à la Sorbonne, puis à l'Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s'appuie donc, comme l'enseignement du maître, sur un document dont l'analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d'anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l'histoire de l'édition musicale française au cours des quarante dernières années.

  • Aujourd'hui, la lutte contre la diffusion des armes nucléaires dans le monde est une priorité du gouvernement français. Mais pendant longtemps les acteurs diplomatiques français ont refusé de suivre les règles multilatérales dans ce domaine central de la politique internationale. Comment expliquer que la France soit devenue l'un des principaux promoteurs de la norme de non-prolifération nucléaire après s'en être tenue à distance ? Pour répondre à cette question, ce livre refuse d'opposer deux approches traditionnelles de l'étude des relations internationales en mobilisant les outils et les méthodes de la sociologie politique. Il traque ainsi les contraintes du système international dans les effets qu'elles exercent sur les luttes et les alliances entre les différentes bureaucraties intervenant dans la définition de la politique française de non-prolifération et sur les représentations et les actions des diplomates, hauts fonctionnaires et responsables politiques impliqués. À partir d'une enquête de terrain approfondie sur les exportations menées dans les années 1970, la participation au désarmement de l'Irak au début des années 1990 et les initiatives prises autour de la question du nucléaire iranien depuis 2003, les transformations de la politique étrangère de la France sont rapportées aux évolutions de la division du travail diplomatique. Ce faisant, ce livre pose des jalons qui permettent de mieux rendre compte des pratiques diplomatiques et de penser autrement ce qu'est l'international.

  • Pour penser au-delà des frontières épistémiques et territoriales établies par la colonisation des XVe et XVIe siècles, il est nécessaire d'identifier les formes d'acteurs et d'institutions dévalorisées par ces frontières. Il est alors possible de mieux se détacher de ce dispositif conceptuel en optant pour un revirement épistémique qui consiste à privilégier, sur les traces de Fanon notamment, la socio-genèse d'un « être qui existe là où il pense » dans un environnement « pluri-versel ». Un tel écart procède d'un acte d'émancipation qui ose transgresser la référence à l'universalisme abstrait hérité des Modernes pour dominer le monde. C'est un acte de « désobéissance épistémique ».

  • La Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d'un pays moderne. Il ne correspond pas à l'équation Langue/État/Nation.De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d'elle-même et porteuse de chefs-d'oeuvre dans lesquels s'inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d'une grande richesse.Dans ce premier tome d'une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l'armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l'Histoire et l'historiographie littéraire, au-delà de l'approche canonique traditionnelle.
    Les deux premiers volumes de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone ont été récompensés en 2017 du prix Lucien Malpertuis.

  • Tour d'horizon pluriel des questionnements identitaires à l'oeuvre ou sous-jacents dans les littératures africaines francophones ou lusophones - et, à un moindre égard, anglophones -, les contributions de ce volume explorent des problématiques transversales à ces champs littéraires. Elles analysent notamment la complexité des images que les littératures européennes (tout particulièrement celles des anciennes puissances coloniales) se font ou entretiennent de l'Autre africain ; et vice versa, celles que les littératures africaines projettent ou véhiculent de l'Europe et des Européens - spécialement des anciennes puissances coloniales. Quelque cinquante ans après la vague de décolonisation de l'Union française, des territoires africains de la Couronne britannique, des colonie et protectorats belges, et du début des insurrections dans les colonies portugaises, cet ouvrage laisse voir comment des littératures africaines et européennes inscrivent des identités africaines dans une plongée complexe et nuancée. Un processus postcolonial loin d'être arrivé à son terme. Un livre charnière.

  • A l'image du mur de Trump ou du renforcement des frontières européennes, de plus en plus d'États militarisent leurs frontières au moyen de murs à l'efficacité discutable. Pour expliquer cette obsession globale, il est utile de revenir sur les controverses qui banalisent ces outils militaires à partir de deux matrices de la sécurité frontalière contemporaine, à savoir la « barrière de sécurité » israélienne en Cisjordanie et la « barrière frontalière » états-unienne à la frontière mexicaine. Les murs s'inscrivent dans un spectacle politique, destiné aux citoyens emmurés, et joué par des acteurs conservateurs, sécuritaires et xénophobes. Ces acteurs problématisent les mobilités, développent une expertise sécuritaire, et attaquent l'État pour mieux le forcer à agir. Fondé sur deux enquêtes en immersion auprès d'eux, ce livre entend dépasser la thèse des murs comme signe du déclin de la souveraineté étatique dans le monde globalisé pour mieux souligner comment la répétition de ces spectacles renforce le militarisme des sociétés au détriment d'autres approches humanitaires, juridiques ou économiques des mobilités.

  • Cet ouvrage part du postulat que le degré d'effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d'un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l'égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale... Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.
    Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l'attitude de l'État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d'une cohésion au sein d'une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s'accompagner d'un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C'est à ces questions, d'ordre d'abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

  • Cette cartographie de la production littéraire brésilienne actuelle révèle des dynamiques spatiales originales, en rapport avec l'émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux, et donne une vision panoramique des tendances de cette production tout en scrutant chacun des éléments qui participent à la définition de ses contours. Les différentes études visent à préciser les mutations thématiques et formelles qui inaugurent de nouveaux enjeux esthétiques et repositionnent le discours littéraire dans ses façons de voir, d'évoquer et d'interpréter des espaces, des acteurs et des mouvements sociaux. De quel(s) Brésil(s) cette production parle-t-elle ? Quelles images du Brésil saisit-elle et engendre-t-elle ? Quels paysages réels et imaginaires privilégie-t-elle du Brésil ? À quelles modalités thématiques et formelles a-t-elle recours pour dire et (re)signifier le présent ? De quelles stratégies particulières la littérature brésilienne dispose-t-elle pour intervenir dans le discours social de son temps (inscription, dialogue, transgression de la convention sociale) ? Centrée sur les rapports entre faits sociaux et pratiques discursives d'une part et l'imaginaire de l'espace brésilien d'autre part, cette cartographie littéraire du Brésil offre ainsi au public de langue française un témoignage de la diversité et du bouillonnement qui caractérisent aussi bien le domaine de la création que celui de la critique littéraire brésilienne.

  • « Écrire le voyage, c'est transformer l'expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu'il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales. Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d'abord la quête d'un « signalement de l'univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur. Dans cet ouvrage, l'expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s'agit d'observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l'autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune - Italie, Espagne, monde lusophone - ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

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