Horay (réédition numérique FeniXX)

  • C'est le récit de ces 24 mois passés sous l'uniforme qu'elle conte ici avec une verve étourdissante. Uniforme très peu seyant et dont sa jeune beauté (voir photo) s'accommodait fort mal. D'autant plus mal qu'elle (ou plutôt Myriam, son héroïne) tomba sottement amoureuse du colonel de paras dont elle fut un temps la secrétaire. Pourtant, et bien qu'affligée d'un caractère rouspéteur (elle râlera, dit un de ses amis, jusqu'à sa mort), classée par l'adjudant Spoutnik dans les « Fortes-Têtes-à-Briser », elle est sauvée par un sens de l'humour fortement accusé et un goût inné de la fantaisie. D'où quantité d'aventures, toujours extrêmement cocasses. Qu'elle laisse tomber dans le sable son fusil fraîchement astiqué, qu'elle s'égare lors d'un exercice nocturne et tombe, haletante de frousse, sur... la Commandante, qu'elle soit de corvée de patates, ou passe - horreur - en conseil de discipline, elle se tire avec esprit, et grâce à un indéracinable optimisme, des situations les plus déplaisantes. Elle sait allier aussi gentillesse et simplicité, et si elle est aimée de ses co-soldates (fait remarquable), elle est adorée des paras dont, à la mort de Momo-le-Clebs, elle devient la mascotte. Lecteurs qui voulez rire, suivez Yaël, vous ne vous ennuierez pas. Mais prenez votre souffle et préparez-vous à filer bon train. En avant, marche !

  • La banalité quotidienne tue l'amour, mais l'amour se tue aussi lui-même. Une femme aime deux hommes. Le premier est nerveux, possessif, jaloux. C'est le mari. Le second, calme, lent, d'humeur tranquille, c'est l'amant. Elle aime le premier pour sa faiblesse, le second pour ce qu'elle appelle sa force. L'inconfort de ce partage est accepté avec lucidité et innocence, même lorsqu'il apparaît qu'une amitié assez trouble lie les deux hommes. L'union de ces trois êtres se fait-elle autour de la femme ou de cette amitié ? Sur ce thème moderne, Claudine Jardin a écrit un livre fluide, sinueux, classique.

  • Certaines histoires peuvent se raconter en quelques lignes. Nous ne croyons pas qu'il puisse en être ainsi d'un drame intérieur, quand ceux qu'il déchire - Frédéric et Maureen - ne se sentent pas d'humeur à faire grand bruit de la débâcle de leur amour. Sans se l'avouer l'un à l'autre, Frédéric et Maureen vivent leur angoisse, leur drame (celui de la fidélité conjugale) dans cette chambre secrète située au coeur de chaque homme et que nulle lumière extérieure ne peut éclairer. Les seize ans de Jeannette, la jeune soeur de Maureen, auront-ils raison de Frédéric ? Maureen ne doit-elle pas s'avouer son inclination pour le Docteur Dallonzes ? Existe-t-il un point de tension où la fidélité n'est plus supportable ? Au lecteur d'entendre la réponse que nous donne ce quatuor pathétique, de pénétrer dans cette chambre secrète où se passe, parfois en un instant, notre vie ou notre mort.

  • Âpre, violent, passionnel, ce roman qui marque d'une pierre blanche la rentrée littéraire de Clarisse Francillon traite de l'amour qu'éprouvent deux femmes l'une pour l'autre. Nous conviendrons qu'un tel sujet s'avère périlleux, qu'il risque de nous entraîner de la simple et suspecte étude de moeurs à la littérature la plus outrancière. L'auteur, avec maîtrise, évite ces écueils. Et nous sommes bouleversés, tant dans notre chair que dans notre esprit, par le drame de ces deux femmes vouées à la double solitude d'un amour absolu. Drame qui se joue dans le décor d'une Espagne brûlante, et se déroule devant nos yeux, avec la rigueur d'une tragédie antique.

  • Alberte, que tout le monde prend pour une femme énergique, indépendante, destinée à être chef d'entreprise - et qui, dans une certaine mesure, est tout cela - s'éprend d'un homme qui la regarde à peine, sait tout juste qu'elle existe. Ainsi cette fille de notre époque sera habitée par un sentiment tel qu'en éprouvaient, ou du moins nous le leur attribuons, les dames du temps jadis. En apparence, l'histoire que nous conte Clarisse Francillon est donc simple, mais Alberte n'est pas seule, ou plutôt les autres l'environnent, ne cessent jamais de rappeler leur présence. Ce sont les drames de famille, les difficultés d'argent et de logement, les mariages, les liaisons qui se font et se défont. Ce sont les luttes politiques. Ce sont les guerres. L'art de Clarisse Francillon est de plonger le lecteur, immédiatement, dans l'épaisseur de la vie dans son désordre, dans son mouvement lent ou rapide. Le lecteur est avec les personnages dans la maison, dans la rue, sans préambule, jeté au milieu d'eux, avec eux. Le rare mérite de l'auteur, en effet, est de faire vivre et parler ses personnages comme si personne ne les regardait et ne les écoutait, comme s'il n'existait pas de lecteur. Clarisse Francillon n'a pas recours pour cela, au monologue intérieur « classique » ; c'est le roman lui-même qui monologue. Mais la vie ne s'arrête pas : l'amour d'Alberte durera des années, une sorte d'épreuve dont elle ne voit pas la fin, une quête du Graal sans gloire. Mais aujourd'hui existe-t-il encore un Graal ? L'histoire d'Alberte paraît éternelle ; telle qu'elle nous est narrée, elle n'appartient qu'à notre époque.

  • Bien que Mme Delézenne, concierge d'un immeuble lézardé passage Prévost, s'active avec une éloquence et un entrain qui nous enchantent à semer la zizanie parmi les locataires dont elle surveille la colonie bigarrée, c'est le passage Prévost lui-même, ruelle démantibulée et populeuse du XIIIe arrondissement, que choisit Clarisse Francillon pour véritable héros de son nouveau roman. On aimera retrouver parmi ces pages si colorées et si prestes la science du détail juste, la fluidité de dialogues, propres à une romancière dont l'humour aiguise le sens qu'elle a de la fraternité des êtres.

  • Après avoir accompli en 2 CV la liaison Canada-Terre de Feu (raconté dans « Deux hommes, deux CV, deux continents »), Jacques Cornet a maintenant bouclé son tour du monde en parcourant l'Asie. Paris-Tokyo, aller et retour en 2 CV : 45 000 kilomètres, 2 800 litres d'essence, 15 pneus, neuf mois de voyage. Exploit sportif mais aussi expérience humaine. Jacques Cornet et Georges Khim ont vu changer au fil des kilomètres les visages, les moeurs, les régimes, les décors de l'Asie bouleversée. Chaque pays leur a réservé son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, et d'incidents cocasses ou dramatiques. Ils ont lutté sur des pistes ou aucune voiture ne s'était jamais aventurée et sur des routes transformées en fleuves par les pluies. Ils ont bénéficié partout de la légendaire hospitalité asiatique, partageant la vie des nomades dans le désert et celle des milliardaires dans les capitales. Pendant le voyage de retour, véritable course contre la montre, qui les a ramenés à Paris en moins d'un mois, la mécanique les a plusieurs fois abandonnés en plein désert. Mais ils ont chaque fois réussi, à force d'énergie et d'ingéniosité, à remettre leur voiture sur la piste.

  • Dans ce livre qu'il a longtemps hésité à publier, l'auteur, Michel Rabaumont, met en scène sous les traits d'une jeune secrétaire une histoire vraie : un drame humain né de la guerre, les déboires, les peines et les indignations d'une jeune femme faite pour une vie simple et qui se trouve soudain précipitée dans le monde complexe et souvent corrompu des années d'occupation. Ce livre est un document, il se lit comme un roman. Les hommes n'y sont pas beaux ; la petite secrétaire les regarde sans méchanceté, certes, mais ce regard qui les met à nu est impitoyable. L'auteur s'effraie un peu de la polémique que risque de soulever ce livre ; il ne l'aura pas voulu. « Les événements récents ne sont là, explique-t-il que comme un simple cadre. J'ai surtout voulu que mon récit s'inscrive dans l'histoire des consciences. » Si ce livre, parce qu'il est vrai et courageux, doit trouver place parmi les témoignages de la dernière guerre, ce n'est pas parmi les plus retentissants mais parmi les plus émouvants, parmi ceux qui concernent notre responsabilité d'homme, de vainqueurs devant les vaincus.

  • On pourrait dire : ils sont beaux, ils sont intelligents et ils se sont aimés dès le premier regard : voilà qui commencerait comme le plus idyllique des romans romanesques. Mais, entre Myriam et Simon, il y a un vieil homme recru d'épreuves et devenu amnésique au sortir d'un camp de concentration : Simon, qui est psychiatre, l'a soigné et guéri ; Myriam, qui se découvre la fille de Jacob, repousse de toutes ses forces l'idée de lui donner une place dans sa vie. L'un a trouvé dans son patient l'image du père qui lui manquait, et l'autre, qui veut bâtir son bonheur en effaçant toutes les traces du passé, refuse un père dont elle n'a plus besoin : entre ces deux-là, l'amour aura du mal à triompher, puisqu'ils sont d'entrée de jeu sommés d'accepter chacun son identité et d'assumer les ambiguïtés de la mémoire. Avec une apparente désinvolture, qui n'exclut à aucun moment une extrême précision dans l'analyse, Nadine passe de l'humour au pathétique, de la rêverie à la gravité du réel, de la cruauté à la tendresse. Et, le livre refermé, on rêvera longtemps encore à cette histoire étrange qui, de monologues intérieurs en dialogues acérés, de trouvailles impertinentes en images d'une profonde simplicité, nous met en face des malentendus, des incertitudes et des dangers de la sincérité.

  • Dans les premiers jours de février 1945, au-dessus d'un champ de l'Alsace reconquise, l'avion du Commandant Marin la Meslée était abattu par un obus de la D.C.A. ennemie. L'un des héros les plus prestigieux de la guerre, l'as aux vingt victoires, disparaissait, à trente-deux ans, quelques jours avant la libération complète du sol. C'est la vie brève et exemplaire de Marin la Meslée, que Michel Mohrt raconte dans ce livre. N'ayant pas connu son modèle, il a dû se livrer à une enquête auprès des parents et des anciens compagnons d'armes du héros. Nous voyons Marin la Meslée dans sa famille à Lille ; jeune apprenti pilote chez Morane ; élève à l'école militaire d'Istres, puis à celle d'Avord, où il conquiert ses galons d'officier de réserve. Passé dans l'active, Marin franchit tous les échelons de la hiérarchie et établit sa réputation de pilote de chasse. Autour de la figure centrale de Marin la Meslée, c'est l'aviation de chasse dans la campagne de 1939-40, que l'auteur fait revivre. Chemin faisant, il trace des portraits des officiers qui l'ont commandé ou des pilotes qu'il a eu sous ses ordres : le Général Murtin ; le Colonel Accart ; le Colonel de Fouquières... Il analyse les conditions du combat ; raconte quelques-unes des plus belles victoires du héros. Après la défaite, Marin la Meslée est replié en Afrique du Nord. Le débarquement américain va permettre à la chasse française de reprendre le combat. A la tête du célèbre groupe 1/5, avec lequel il a fait toute la guerre, Marin est chargé de la surveillance des côtes oranaises et de la protection des convois. Puis c'est le retour en France, tant attendu : la campagne d'Alsace, le sacrifice. La figure légendaire de Marin la Meslée revit dans ces pages. A dessein, l'auteur s'est employé à ne pas hausser le ton, à éviter toute emphase ; le visage du héros n'en paraît que plus humain et plus fraternel. C'est le visage d'un homme qui avait fait le sacrifice de sa vie à un idéal, et qui demeure l'exemple des plus hautes vertus militaires : un visage devant lequel on se sent fier d'être un homme.

  • Quelques destins hors série : Rachel, l'illustre tragédienne, fille d'un colporteur juif ; Jules Hardouin-Mansard, architecte du roi, un des maîtres-ouvriers du Grand Siècle ; Son Impertinence M. de Talleyrand, flanqué de sa belle épouse « qui était d'Inde » ; enfin, personnage trop souvent méconnu, un des plus curieux de l'époque napoléonienne, Pozzo di Borgo, gentilhomme corse devenu ambassadeur du Tzar, l'ennemi acharné et patient de Napoléon. La promenade s'achève à l'hôtel de Bourbon-Condé, charmante création de l'ancien régime finissant, qui forme un cadre exquis au mélancolique et discret roman d'amour de Louise de Bourbon-Condé. Cette touchante figure de femme, « traitée dans les couleurs adoucies du pastel » clôt cette galerie de portraits d'une étonnante diversité, où l'auteur, avec beaucoup de sensibilité et de chaleur, a su faire revivre pour nous une foule d'acteurs - premiers rôles fameux ou figurants cocasses - de la Comédie Parisienne.

  • Moerta est l'une de ces jeunes étrangères attirées par Paris et qui se placent au pair pour garder des enfants. Elle possède cette grâce mélancolique et enfantine qui l'apparente aux jeunes filles d'Ibsen. Aucun des hommes qu'elle rencontre, auxquels il lui semble naturel de se donner, ne va plus loin que son propre désir et n'arrive à comprendre son effrayante solitude. « La chambre des chiens » retrace la quête, la recherche passionnée que fait Moerta de sa propre histoire : quelle est cette mystérieuse « chose » qui chasse Moerta de son enfance, de son adolescence, de sa vie même ? Mais les hommes l'admirent, l'entraînent et ne font que passer dans sa vie et le satyre du Bois de Boulogne est bien trop las et veule pour avoir l'intuition du drame qui se prépare...

  • Un couple d'ouvriers habite une pièce misérable, mais paisible, au premier étage d'un immeuble, lorsqu'un jour le rez-de-chaussée se trouve occupé par une laverie automatique. Bruits, trépidations, émanations délétères : de quoi devenir fou, de quoi vouloir assassiner tout le quartier qui lave son linge sale en commun. Gilbert, le malheureux locataire du premier, intente procès sur procès, déclenche une autre machinerie tout aussi redoutable : l'appareil socialo-judiciaire. Parviendra-t-il à faire arrêter les machines ou sombrera-t-il dans la démence ? Cette histoire prend ici des proportions épiques. Écrite dans un style qui s'apparente à celui de Céline, elle nous tient en haleine de la première à la dernière page. Et ce n'est pas une mince réussite de l'auteur de nous donner aussi à rire en même temps qu'il nous dénonce vigoureusement cette plaie du siècle : le bruit.

  • Lézards géants, singes à face humaine, nomades chasseurs de têtes... ces êtres de légende ne sont pas sortis de l'imagination des romanciers ; ils ne sont pas enfouis à jamais dans les siècles lointains de la préhistoire. Ils existent encore aujourd'hui. Un jeune explorateur français, Guy Piazzini, accompagné de trois camarades, a su retrouver leurs traces, a voulu connaître leur vie. Ce ne fut pas toujours facile. Isolés dans des îles perdues de l'Archipel de la Sonde, traqués au coeur de la jungle impénétrable de Bornéo, ces derniers survivants des âges révolus s'éteignent lentement, inexorablement, au sein d'un monde qui n'est plus fait pour eux. Mais Piazzini et ses compagnons, à force d'ingéniosité et d'audace, ont su vaincre toutes les difficultés. Les animaux, ces monstres fabuleux qui évoquent les grands reptiles de l'ère secondaire, ils les ont suivis, photographiés, filmés pendant des semaines sur l'île déserte de Komodo, seul endroit au monde où ils se trouvent encore. Les hommes, ce sont les Dayak de Bornéo, ces légendaires coupeurs de têtes dont les vieilles coutumes s'effacent peu à peu devant la pénétration occidentale. Mais ce sont aussi les Punan, irréductibles nomades, aux moeurs si primitives que les Dayak eux-mêmes les considèrent comme des « sauvages ». On avait déjà signalé leur existence mais nul, jusqu'ici, ne les avait vus vivre. Premiers blancs à pénétrer leurs secrets, Piazzini et ses compagnons n'ont pas seulement réussi à les suivre jusqu'à un de leurs campements éphémères : ils ont vécu avec eux pendant des semaines, participant à leurs travaux, à leurs joies, à leurs drames. Et ils sont parvenus à les connaître parce qu'ils avaient su s'en faire aimer. Ainsi « Chez les rescapés du déluge », n'est-il pas seulement un livre d'aventures ou un rapport d'ethnographe : c'est aussi et surtout un document humain. Parallèlement au livre, on pourra voir le remarquable film documentaire en couleurs, réalisé au cours de l'expédition.

  • Lucas est cul-de-jatte. Mais c'est aussi un monstre d'intelligence et, lorsqu'il daigne échanger des idées avec ses camarades de Faculté, ceux-ci sont subjugués par son esprit. Hélène, dont la beauté alliée à une rare noblesse de coeur et d'esprit, suscite tant de ferveurs amoureuses parmi les étudiants, s'éprend de l'infirme ; elle ira jusqu'à se marier avec lui. Non pas par pitié, se défend-elle, mais par amour. Est-ce vraiment si sûr ? Au lecteur d'en juger. Dans une authentique histoire d'amour, la haine tient toujours quelque place. Lucas, au contraire, est un roman de haine où l'amour se cache partout. Cette pensée de l'auteur peut servir de clef à cette oeuvre extraordinaire. De son premier livre, « Les Chats morts », Robert Kemp disait : « Ce roman atroce sans en avoir trop l'air, ouaté, capitonné, a je ne sais quel charme étrange. Ici, il s'agit d'une vaste fresque psychologique où le "charme étrange" atteint au pathétique et ne cesse plus de nous hanter. »

  • On parle, un peu partout, du nudisme qui, selon les uns, passe pour une douce manie, selon les autres pour une perversion. A la lumière du passé, il apparaît que le nudisme n'est ni ceci ni cela. L'une des leçons que nous donne l'histoire de la pudeur et de la nudité, c'est que franche, totale et sans façons, la nudité est chaste ; alors que la semi-nudité, ou la nudité des petits cénacles, est souvent équivoque. Des dizaines d'anecdotes illustrent ce propos, et il est passionnant de lire les pages consacrées à la nudité biblique, à la nudité grecque et romaine, à celle de l'époque des cours d'amour et de la Renaissance, sans oublier les « peuples nus » d'Asie, d'Amérique ou d'Afrique. Quant au nudisme contemporain, il a pris dans le monde entier un irrésistible essor. En ce qui concerne la France, l'île du Levant, par exemple, voit débarquer chaque année près de cinquante mille « fidèles » ; mais cent-soixante associations nudistes occupent un « espace vital » de mille cinq cents hectares : on trouvera ici une description exacte et pittoresque des principaux centres. Quant aux problèmes d'ordre social, physique ou moral que pose le nudisme, ils sont examinés objectivement, à la lumière de l'expérience et d'opinions autorisées (écrivains, médecins, hommes d'Église et de loi). Cet ouvrage - le premier qui soit vraiment complet - est donc une tentative intelligente d'ouverture sur un domaine jusqu'ici réputé tabou.

  • En ce siècle dominé par la publicité, un homme qui n'a jamais voulu être qu'un discret serviteur de son art et dont toute la carrière musicale a été consacrée à "accompagner" les plus grands maîtres : c'est Tasso Janopoulo, que le monde musical appelle familièrement Tasso. Le sourire aux lèvres, l'anecdote à fleur de plume, cet homme heureux qui ne compte que des amis, nous fait revivre avec lui le beau voyage de son existence : d'Alexandrie, sa ville natale, à Paris, sa ville d'adoption, de Bruxelles à Madrid, de Londres à Tokio, des Pyramides au Carnegie Hall. Si les lieux sont divers, les personnages qui passent dans ses souvenirs ne le sont pas moins : Isaye, Kreisler, Menuhin, Milstein, Francescatti, Szeryng, Jacques Thibaud surtout, que "Tasso" a accompagné pendant plus de trente ans, y côtoient Chaliapine, Ninon Vallin et Charlie Chaplin. Tasso Janopoulo est aussi l'oncle de Georges Guétary qui lui doit sa carrière. Ce célibataire est un homme de foyer qui adore, en ceux de son neveu, les enfants qu'il n'a pas eu. Notes et Anecdotes est le récit d'une vie heureuse, vouée au service de l'art et qui s'insère dans la grande histoire de la musique.

  • Le tour du monde en 80 visas, les deux complices l'ont fait au cours de nombreux reportages pour le Figaro. Tantôt en Russie, tantôt au Japon ou en Indonésie. Ils faillirent aller en Chine : mais arrivés à Hong-Kong, ils s'aperçurent qu'on ne les avait pas invités. Alors ils sont rentrés par le pôle Nord. Ils racontent ici leurs aventures personnelles : celles qui attendent deux voyageurs dont le sens du confort est extrêmement vigoureux. C'est une série cocasse de petits tableaux autour du monde, vue par des humoristes qui se donnent la réplique. Ils n'avaient pas tout dit Le tour du monde en 80 visas, mené dans un effroyable tourbillon, vient de combler cette lacune.

  • Henri Monier nous conte ses souvenirs. S'il ne s'attarde guère à ses « premiers pas » dans l'existence - encore que ce qu'il nous en dit est plein de saveur et de drôlerie - c'est que visiblement il a hâte de parler de ses amis (et aussi... des autres), de ses trente ans passés dans les coulisses du journalisme parisien. Et, bien entendu, c'est d'abord « le Canard Enchaîné » auquel Henri Monier collabore depuis 1919 (il venait alors d'avoir dix-huit ans), que celui-ci fait revivre pour notre joie : les débuts modestes dans l'appartement de son directeur Maurice Maréchal, l'installation rue Louis-le-Grand et sa succursale : le café du Cadran. - ce qui nous conduit tout naturellement à « l'OEuvre », de Gustave Téry, « l'enfant terrible des journaux de cette époque ». Henri Monier fait défiler devant nous, avec malice, mais sans méchanceté, les vedettes de la presse de l'entre-deux-guerres (sans oublier pourtant ses cadets) ; il nous fait participer à la vie des salles de rédaction, à leur travail et aussi à leurs farces ; il nous promène dans Paris, avec une tendresse marquée pour les « originaux » qu'on y peut rencontrer, et aussi hors Paris, avec quelques gais compagnons, là où il fait bon boire et bien manger. Tour à tour témoin et acteur, Henri Monier a écrit un livre sans prétention, un livre de bonne humeur et de bonne santé, où les anecdotes, les portraits et les mots abondent. Le plaisir que visiblement Henri Monier a pris à évoquer ses souvenirs, anciens et récents, le lecteur ne peut manquer de le partager : il trouvera dans ces pages, la verve, l'humour, l'indépendance, la vigueur du trait et le mouvement qui ont fait la renommée d'Henri Monier dessinateur. En outre, A BATON ROMPU est copieusement illustré par les amis d'Henri Monier : Becan, Bib, Cabrol, Ferjac, Gassier, Grove, Guilac, Laforge, Oberle, Sennep, Seoul, Serge, et par lui-même.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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