Seuil

  • La logique de l'honneur Chaque pays a ses traditions, sa manière de définir les droits et devoirs de chacun, sa façon de commander, d'obéir, de coopérer et de s'affronter. Notre culte sourcilleux de l'honneur, nos distinguos infinis entre le noble et le vil nous font vivre dans un univers bien différent de celui où s'affrontent, outre-Atlantique, l'avidité du gain et la passion de l'honnête, ou encore des prudentes démarches qui conduisent les Néerlandais à accorder leurs volontés. À discerner les ressorts de chaque culture, on découvre ce qu'y ont de spécifique les moteurs de l'efficacité. Un classique de la sociologie et du management. Philippe d'Iribarne Né en 1937. Polytechnicien, ingénieur des Mines et directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur l'enracinement du fonctionnement des entreprises et des économies dans la diversité des institutions et des cultures.

  • Le pouvoir et la règleLe pouvoir et la règle sont inséparables. La règle sans pouvoir devient très vite une forme vide. Le pouvoir sans règle n'existe pas, car l'exercice du pouvoir est générateur de règles. Pouvoir et règle constituent ainsi les deux faces du phénomène « organisation » qui est omniprésent dans l'action collective, qu'elle prenne la forme d'un mouvement diffus et spontané ou celle d'une multinationale formalisée et rationalisée à l'extrême. En stabilisant l'univers toujours complexe, fluctuant et potentiellement conflictuel de l'interaction sociale, il donne durée et épaisseur aux entreprises collectives des hommes.Erhard FriedbergProfesseur émérite de sociologie à Sciences Po, il a notamment publié au Seuil L'Acteur et le Système (avec Michel Crozier, 1977).

  • Depuis les grands classiques qui ont fondé la sociologie des organisations, de Weber à Crozier-Friedberg en passant par les Américains, Merton, Selznick, March et Simon, entre autres, des approfondissements significatifs ont eu lieu que cet ouvrage présente de manières accessible.L'école dite des conventions (Boltanski et Thévenot) aborde l'organisation à travers la recherche du principe unificateur, de «ce qui fait tenir». Il s'agit des «conventions», accords implicites qui fondent les «mondes» présents dans les organisations.L'école de la traduction (Callon, Latour), s'intéressant aux conditions de production de la science, montre la place des réseaux où les acteurs/actants produisent de la coopération à travers des opérations de traduction.La sociologie des logiques d'action insiste sur les dimensions historiques et culturelles de l'acteur et refuse de s'attacher à des écoles particulières pour se servir de manière pragmatique de leurs différents concepts (pouvoir, rationalité, régulation, identité, mondes, réseaux socio-techniques). Utilisés de telle sorte, ils permettent d'acquérir une méthodologie pratique pour comprendre les organisations.Ces quatre ensembles constituaient le corps des deux premières éditions. Il est repris dans cette troisième édition et augmenté d'un nouveau chapitre entièrement inédit présentant les dernières approches de la sociologie des organisations: réseaux, fin des frontières, nouvel esprit du capitalisme, socio-économie, intervention et métissage, et enfin la nouvelle manière de traiter le thème de la coopération.Troisième édition augmentée d'un chapitre inédit.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le Laboratoire de Sociologie Industrielle de l'École Pratique des Hautes Études (VIe section) a été créé en 1958. Son but est d'étudier directement les conditions de travail et les attitudes des travailleurs industriels, ainsi que les mouvements sociaux auxquels ils participent. Chacun des mémoires qu'il publiera présentera des recherches concrètes. Mais son ambition est que chaque observation, loin d'être monographique, contribue à l'élaboration de principes généraux d'analyse, refusant ainsi d'accepter la dangereuse séparation de la recherche « empirique » et de la spéculation « théorique ». Aux mémoires, qui présentent les recherches effectuées par le laboratoire, s'ajouteront des publications plus générales, présentant l'état actuel des divers domaines de la sociologie du travail. A mi-chemin des articles et des ouvrages d'ensemble, ces mémoires chercheront à faire connaître les intentions, le mouvement et les méthodes de la recherche. Dans les prochaines publications, B. Mottez suivra l'évolution des systèmes de rémunération ; R. Bassoul, P. Bernard et A. Touraine proposeront une analyse des attitudes au travail dans une usine de la région parisienne ; L. Karpik considérera de nouveaux aspects de l'arrivée dans l'industrie des ouvriers d'origine rurale ; R. Bassoul présentera les méthodes modernes de construction de plans d'analyse ; J. Lenfant étudiera les conseils ouvriers yougoslaves.

  • Le Laboratoire de Sociologie Industrielle de l'École Pratique des Hautes Études (VIe section) a été créé en 1958. Son but est d'étudier directement les conditions de travail et les attitudes des travailleurs industriels, ainsi que les mouvements sociaux auxquels ils participent. Chacun des mémoires qu'il publiera présentera des recherches concrètes. Mais son ambition est que chaque observation, loin d'être monographique, contribue à l'élaboration de principes généraux d'analyse, refusant ainsi d'accepter la dangereuse séparation de la recherche « empirique » et de la spéculation « théorique ». Aux mémoires, qui présentent les recherches effectuées par le laboratoire, s'ajouteront des publications plus générales, présentant l'état actuel des divers domaines de la sociologie du travail. A mi-chemin des articles et des ouvrages d'ensemble, ces mémoires chercheront à faire connaître les intentions, le mouvement et les méthodes de la recherche. Dans les prochaines publications, B. Mottez suivra l'évolution des systèmes de rémunération ; R. Bassoul, P. Bernard et A. Touraine proposeront une analyse des attitudes au travail dans une usine de la région parisienne ; L. Karpik considérera de nouveaux aspects de l'arrivée dans l'industrie des ouvriers d'origine rurale ; R. Bassoul présentera les méthodes modernes de construction de plans d'analyse ; J. Lenfant étudiera les conseils ouvriers yougoslaves.

  • « La justice est impartiale », disent les uns. « Justice de classe », répondent les autres. Qu'en est-il exactement ? La loi laisse en fait aux magistrats une certaine latitude pour la détermination de la peine. Mais comment cette liberté est-elle utilisée ? Peut-on évaluer la part du subjectif et de l'objectif dans la détermination des sentences ? Y a-t-il vraiment deux poids et deux mesures ? De l'observation attentive de plus de 400 procès correctionnels et de l'analyse des Comptes généraux de la justice ressort la partialité de la justice pénale : les jeunes, les étrangers et les prolétaires sont les plus lourdement et les plus fréquemment sanctionnés. Pourquoi ? Cette surpénalisation tient-elle à l'humeur des juges ou à la logique de la structure sociale elle-même ? Et pourtant une répression équitable est un idéal, non une utopie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Une société n'est pas seulement un organisme qui maintient ses règles et son organisation. Elle est aussi capable de modifier ses normes et ses objectifs pour s'adapter à des changements internes et externes. Plus encore, elle crée ses orientations ; elle donne un sens à ses activités et transforme ce sens en conduites. L'expérience des sociétés contemporaines rend de plus en plus visible cette production de la société par elle-même, par la connaissance, l'investissement et l'image qu'elle se forme de la créativité. Ainsi se définit l'historicité, distance de la société par rapport à elle-même, qui est aussi son déchirement en classes antagonistes et l'enjeu des mouvements sociaux.
    Ce livre veut introduire à la sociologie en liant clairement les uns aux autres ses concepts fondamentaux : relations, systèmes et action ; classes, institutions, organisations et changement. Il redéfinit ce qu'on peut nommer une démarche actionnaliste, instrument privilégié des sociétés qui ont découvert par la croissance accélérée, le pouvoir totalitaire, le risque de guerre totale et les révolutions sociales que leur être dépend plus de leur action sur elles-mêmes et de leur mode de transformation que de lois naturelles. Il veut aider à briser la prétendue positivité de l'ordre social et des idéologies, pour retrouver les orientations et les combats à travers lesquels les hommes produisent leur société.

  • Avons-nous perdu la société ? Les discours anciens ne la saisissent plus : les révoltes se placent hors d'elle ou dans sa marge.
    Rarement société a détourné son regard aussi opiniâtrement de son propre corps et de ses mouvements.
    Et pourtant, crises, conflits et choix politiques nous rappellent au présent.
    Il faut réapprendre à regarder une société qui commence à prendre forme après une époque de transformations aveuglantes. Mais ce regard ne peut être impersonnel, et le sociologue s'interroge sur la manière dont il produit son analyse.
    Journal intellectuel, écrit de l'automne 1974 au printemps 1976, la Société invisible construit par morceaux une image de la société, en interrogeant les événements politiques, les débats intellectuels et le sociologue lui-même.
    Alain Touraine

  • Les entreprises françaises sont amenées à relever des défis et à s'engager sur la voie de la modernisation. Mais, à y regarder de plus près, le consensus réel dans l'entreprise n'est pas assuré, ce qui favorise les démarches prudentes, une politique de l'autruche qui n'est pas forcément la plus efficace.

  • Pour la quasi-totalité des « compétiteurs » politiques, le vote est un jugement porté par les électeurs sur les options présentées par les camps en présence. Toute voix obtenue est considérée comme une approbation des principes fondamentaux de son bénéficiaire. La théorie démocratique postule des citoyens attentifs aux événements politiques, au fait des problèmes et instruits des idéologies en lice, exprimant en définitive par leur vote un choix réfléchi et motivé. C'est une tout autre réalité que dévoile l'analyse sociologique...

  • " Le progrès de la connaissance scientifique et de son rôle dans le développement social a remplacé les crises de socialisation par des conflits sociaux de portée générale, à travers lesquels commencent à se dessiner les rapports et les conflits de classes propres aux sociétés technocratiques. L'université, parce qu'elle est un centre de production et de diffusion de la connaissance scientifique, devient de plus en plus un lieu central des conflits sociaux de notre temps. " L'université a eu successivement une fonction d'adaptation au changement économique et à l'intégration nationale, de consolidation d'une élite dirigeante, enfin, de production scientifique et technique. Cette dernière place l'université au coeur des forces et des rapports de production et lui donne un rôle politique. C'est contre sa participation au pouvoir de classe que s'est soulevé le mouvement étudiant de 1964 à 1970. Il a mis en cause les liens de l'université et des dirigeants, s'est mêlé au soulèvement des Noirs, a animé la lutte contre la guerre au Viet-Nâm, a exprimé le refus de "l'abondance". Une contribution capitale au problème de la place du système d'éducation dans la société.

  • Vivons-nous la fin de l'âge politique ? C'est ce qu'affirme implicitement la science politique dominante, à la suite des principaux théoriciens américains tels que Parsons, Deutsch, Easton, Dahl, Blau, etc. Sous l'influence grandissante de la science et des techniques, les sociétés occidentales seraient parvenues à rejeter les chimères idéologiques génératrices des déséquilibres et des conflits permanents. Il serait désormais possible à des élites professionnelles politiquement neutres d'organiser scientifiquement la société, dans le sens de l'intérêt général, à l'écart des phénomènes anciens de pouvoir et de domination. L'administration scientifique des choses par des élites spécialisées remplacerait le gouvernement des hommes, cependant que la masse des citoyens se contenterait de son intégration dans des groupes primaires affectifs. Pierre Birnbaum montre que ces tendances actuelles sont un nouvel avatar des courants organicistes et positivistes du dix-neuvième siècle (Saint-Simon, Spencer, Auguste Comte, etc.) qui s'opposent aux théories classiques de la démocratie fondées sur la participation des citoyens. Le bilan critique de ce modèle dominant devrait permettre de réagir contre ce qu'il faut bien appeler une régression et une tentative pour détourner les hommes de la maîtrise de leur destin collectif.

  • "Tout près de moi : Mai 68, le Chili populaire, les impasses de l'opposition en France, la fin de beaucoup d'illusions.
    A l'horizon : les nouveaux mouvements sociaux, la crise de l'Université, la société post-industrielle, l'indispensable et si difficile transformation de la gauche.
    Toujours : le travail obstiné de la sociologie et le refus de l'Un. De plus en plus : la distance qui m'éloigne de toi, mon temps qui court, l'effort pour suivre le passé et l'avenir, peut-être le regret de ne pas goûter l'instant.
    Ces lettres écrites à une étudiante en sociologie pendant l'été 74 sont l'envers des livres qui ont rempli mes récentes années de travail. Les idées s'y mêlent aux réactions, les raisonnements aux préférences, les sentiments à l'analyse. Non pour retrouver la vie derrière les livres mais pour suivre le travail de la sociologie, pour participer, seul mais solidaire, à la transformation de la société et pour partager la parole et le silence."
    Alain Touraine

  • Le concept de marché tel qu'il se forme au XVIIIe siècle ne définit pas seulement un mode de régulation de l'économie. Il a surtout une dimension sociologique et politique. La société de marché renvoie à la perspective d'une société civile autorégulée, la confrontation des intérêts étant censée mener à une "harmonie" que ni la politique ni la morale ne savaient réaliser. Elle s'oppose de la sorte aux théories du contrat social qui impliquent une organisation volontariste du lien social. D'où la notion de capitalisme utopique. Depuis deux siècles, ce dernier n'a cessé de constituer à la fois une tentation et une illusion : substituer au face à face des individus et au débat des citoyens le règne de procédures anonymes et impersonnelles.
    Dans cet ouvrage (dont une deuxième édition avait été donnée sous le titre Le libéralisme économique), Pierre Rosanvallon ne retrace pas seulement l'histoire intellectuelle de cette idée de marché. Il éclaire de façon neuve tous les débats contemporains sur le libéralisme et sa critique.

empty