Séguier

  • Journal intime

    Richard Burton

    Monstre sacré du 7e art, Richard Burton forma avec Elizabeth Taylor l'un de ses couples les plus emblématiques. Leur relation orageuse, leur train de vie luxueux, leur beauté, leurs excès et leurs succès leur valurent d'être constamment sous les feux des projecteurs - aussi souvent ceux des plateaux de tournage que ceux de la presse à scandale. Ce tourbillon, les carnets intimes que tint l'acteur tout au long de sa vie nous y plongent « caméra à l'épaule », comme si nous y étions. Mais ils révèlent aussi un homme insoupçonné, infiniment plus complexe que l'image de la star superficielle : tourmenté, passionné de théâtre et de littérature, doté d'un sens de l'humour irrésistible, portant un regard lucide et ironique sur l'usine à rêves hollywoodienne, Burton surprend à chaque page.

    Richard Burton, Jenkins de son vrai nom, est né en 1925 au pays de Galles, au sein d'une famille de mineurs de 13 enfants. Il fait ses débuts sur scène en 1943, et s'impose bientôt comme un interprète shakespearien de premier plan. Mais c'est à partir du tournage du Cléopâtre de Mankiewicz, en 1962, durant lequel il entame une liaison avec Elizabeth Taylor, qu'il devient une star d'envergure internationale et l'un des acteurs les mieux payés de sa génération. Il meurt en 1984, à l'âge de 58 ans.

  • « Écrit le jour où l'on a brûlé mes livres en Allemagne. » Ainsi commence Le Livre de l'hirondelle d'Ernst Toller. Pour tenter de comprendre comment un tel événement a pu se produire, il entreprend alors de raconter, telles qu'il les a vécues, les années qui menèrent jusqu'à ce tragique autodafé de 1933 : son enfance dans une famille juive de Prusse orientale, puis la Grande Guerre, l'échec fracassant du spartakisme ainsi que la fin d'une révolution qu'il voulait pacifiste. Ensuite vinrent les années de prison où, telles ces hirondelles qui s'obstinaient à lui rendre visite dans sa cellule, Toller continua de rêver à une Europe réconciliée en écrivant des poèmes imprégnés d'espoir. Mais à quelques kilomètres de là, dans une autre prison, Adolf Hitler dictait un autre genre de livre.

    Comme Stefan Zweig, Walter Benjamin et Klaus Mann, Ernst Toller (1893-1939) appartient à la génération des écrivains juifs de langue allemande contraints de s'exiler à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Militant révolutionnaire et pacifiste, il est l'auteur d'oeuvres théâtrales traduites en 27 langues. Désespéré par le triomphe du nazisme et du franquisme, accablé par les difficultés financières, artistiques et amoureuses, il se donne la mort à New York à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.

  • De l'extrême-droite à l'extrême-gauche, une idole affole le monde politique : le Peuple. Or quel est ce fétiche dont les porte-paroles veillent à ne jamais définir les contours ? Loin d'être une réalité identifiable, le mot de Peuple n'est qu'un vent de bouche que des blablateurs propulsent à plein poumons du haut de leur podium pour ratisser large en période électorale. N'importe quelle foule se prend désormais pour le Peuple et exprime ses frustrations et bouffées paranoïaques sur les nouvelles agoras digitales. En ligne de mire : des « élites »... qui ne sont pas davantage définies et auxquelles on promet pourtant un mauvais sort. Dans un essai bref et incisif, Frédéric Schiffter signe un acte de résistance face à la servitude intellectuelle.

    Frédéric Schiffter vit à Biarritz depuis son enfance et se définit lui-même comme « philosophe balnéaire ». Il est l'auteur d'une quinzaine d'essais salués par la critique, et le lauréat du Prix Décembre 2010 pour Philosophie sentimentale (Flammarion/J'ai lu) ainsi que du Prix Rive Gauche à Paris 2016 pour son récit autobiographique On ne meurt pas de chagrin (Flammarion). En 2020 est paru son premier roman : Jamais la même vague (Flammarion).

  • Dans la nuit du 1er novembre 1970, en Isère, 146 jeunes gens meurent brûlés vifs dans l'incendie du 5-7, le club où ils s'étaient rassemblés pour assister à un concert de rock. Tous, ou presque, ont moins de 25 ans. Michel Mancielli, un jeune musicien qui devait se trouver parmi eux ce soir-là, échappe de justesse à la catastrophe. Mais comment continuer à vivre entre la culpabilité du rescapé et les ombres des disparus ? Et puis il y a ce désir de justice et de vengeance qui vous prend aux tripes... À partir d'un fait divers parmi les plus dramatiques de notre histoire récente, Jean-Pierre Montal imagine un roman tour à tour nerveux et mélancolique pour raconter cette France de l'après-1968 qui aura vu se consumer, dans un même brasier, sa jeunesse et ses rêves de changement.

    Né en 1971, Jean-Pierre Montal est le co-fondateur des éditions Rue Fromentin, ainsi que l'auteur de plusieurs romans et essais. Il a publié en 2013 Maurice Ronet. Les vies du feu follet, en 2015 Les Années Foch et en 2017 Les Leçons du vertige (éditions Guillaume de Roux). En 2018, il a fait paraître, avec Jean Christophe Napias, 100 courts chefs-d'oeuvre aux Éditions de la Table ronde.

  • Dans les années 1960, Eugène Saccomano, alors journaliste au Provençal, a mené l'enquête sur l'âge d'or de la pègre marseillaise. Il en est résulté Bandits à Marseille, un livre inclassable qui rencontra un véritable succès en librairie et au cinéma (le film Borsalino en est partiellement adapté) mais qui valut aussi à son auteur des menaces jugées assez sérieuses pour qu'il déménage en urgence à Paris... Des Carbone & Spirito au clan Guérini, la saga des parrains de la cité phocéenne ressemble à une « histoire marseillaise », tant elle paraît mêler la réalité à la fiction, le fait divers au roman. Dans ces pages ruisselantes de sang, on croise des voyous hauts en couleur, des responsables politiques, des hommes d'affaires et des policiers... bien loin des clichés romantiques sur le milieu.

    Eugène Saccomano (1936-2019) fut d'abord la voix la plus célèbre de la radio et du football français (RTL, Europe 1). Mais le résumer à ses envolées lyriques de commentateur sportif serait injuste pour cet homme épris de culture, de théâtre, amoureux fou de Céline et de Giono - auxquels il a consacré plusieurs ouvrages (Giono, le vrai du faux, Le Castor astral, 2014 ; Céline coupé en deux, Le Castor astral, 2012 ; Goncourt 32, Flammarion, 1999).

  • « Chaque jour, Jacques de Bascher déjeune aux Deux Magots ou chez Lipp, toujours à la même table. Il retrouve dans ce minuscule triangle germanopratin l'ensemble de la faune qu'il recroisera le soir venu. Ses journées suivent un rituel immuable. Lorsqu'il rentre chez lui après le déjeuner, il fait une sieste puis se rend chez Carita, où Monsieur Guy, coiffeur de feu Gérard Philipe, se charge de sa nuque. Quand il ne prend pas soin de son apparence, il va au cinéma, fait du shopping, prend le thé chez une comtesse ou reçoit un amant. Vers dix-sept heures, il repart vers l'Odéon et s'installe au Dauphin, rue de Buci. Il y joue au flipper et y achète les substances nécessaires à la prochaine nuit. Puis il se rend chez Karl Lagerfeld avant de rentrer se préparer pour sa soirée et de filer vers le Flore, l'antichambre de la nuit, à quatre minutes de chez lui. »
    L'allure d'aristocrate, le goût très sûr et la beauté viscontienne de Jacques de Bascher feront de lui la muse de Karl Lagerfeld et l'amant terrible d'Yves Saint Laurent. Ce livre, fruit d'une enquête auprès de ceux qui l'ont côtoyé, admiré ou mal aimé,est une plongée dans les années 1970 et 1980, ces années folles qui consumèrent Paris et ses troupes, et dont il fut l'une des figures les plus singulières.

    Marie Ottavi est journaliste à Libération.

    Marie Ottavi est journaliste à Libération. Elle y écrit sur la mode et la pop culture, les contre-cultures et tout ce qui se rattache à nos nouveaux modes de vie. Auteure de nombreux portraits, elle s'intéresse aux personnalités hors normes, inclassables, excentriques.

  • Vagabondages

    Lajos Kassak

    Qui n'a jamais rêvé de tout plaquer pour prendre la route ? À 22 ans, Lajos Kassák a plus d'une raison de passer à l'acte. D'atelier en atelier, dans le Budapest industriel de 1900, le jeune Hongrois s'épuise au travail. Les perspectives d'avenir sembleraient bien ternes s'il n'y avait cette effervescence révolutionnaire et artistique qui s'est emparée de l'Europe. Quand on n'a pas grand-chose à perdre et qu'on s'est reconnu une vocation de poète, il ne reste qu'un espoir de salut en ce début de XXe siècle : se rendre à Paris. C'est le point de départ d'une odyssée picaresque et libertaire qui entraînera Kassák dans une traversée du continent. Un road-trip où les clochards n'ont rien de céleste, à mi-chemin entre les films de Chaplin et le Jack London des Vagabonds du rail.

    Peintre, poète, romancier et théoricien hongrois, Lajos Kassák (1887-1967) fut aussi le fondateur de plusieurs revues d'avant-garde (A Tett, MA, Dokumentum, Munkal). En 1909, cet autodidacte qui se revendiquera toute sa vie comme un artiste prolétaire décide de quitter Budapest pour gagner Paris à pied. Le récit de ce périple, Vagabondages, fut initialement publié en 1927, et paraît aujourd'hui en France pour la première fois.

  • David Carr, journaliste au New York Times, cocaïnomane pendant plus de vingt ans, prend conscience que ses souvenirs de cette période ont été altérés par la drogue : certains sont flous - d'autres erronés. Pour se réapproprier ce passé qui lui échappe, il décide de faire de sa propre vie son prochain sujet d'investigation. Commence alors une enquête de trois ans au service de laquelle il met toute son expertise de grand reporter, accumulant plus de 60 témoignages de proches, policiers, médecins et avocats, réalisant des heures d'entretiens filmés. Son livre est le récit de cette histoire vraie : à la fois un témoignage captivant sur les paradis artificiels, une enquête de fond sur le trafic de stupéfiants, et une recherche du temps perdu, aux confins de la mémoire et de la folie.

  • - 58%

    13 juillet 1963, Aix-en-Provence. Charles Trenet déjeune, comme à son habitude, en compagnie de beaux garçons dans la vingtaine. Vers midi, le silence et la gloire se déchirent. Trenet est inculpé pour « attentats aux moeurs sur mineurs du même sexe » : on l'accuse d'avoir employé un rabatteur dans le but d'organiser des « ballets bleus », soit des parties fines avec des hommes trop jeunes.
    Pourquoi cette arrestation ? À l'époque, le statut des homosexuels échappe au droit commun et leur majorité sexuelle est fixée à 21 ans (contre 15 pour les hétérosexuels).
    Dans ce roman écrit à la première personne du singulier, résultat d'une longue enquête, Olivier Charneux utilise le séjour en prison de l'artiste comme le lieu et le moment d'une incontournable introspection.

    Olivier Charneux a publié son premier roman, La Grande Vie, chez Stock en 1995, à 32 ans. Suivront sept livres en majorité autobiographiques publiés aux éditions Stock et au Seuil. Tant que je serai en vie paraît en 2014 chez Grasset et son dernier livre, Les guérir, est publié en 2016 aux Éditions Robert Laffont.

  • « Abigail s'avançait le long du boulevard quand elle devina devant elle, comme découpées dans le noir, les formes à la fois franches et imaginaires d'un château. »
    Los Angeles, été 1958. Abigail Fairchild, ancienne directrice du Chateau Marmont, décide soudainement d'y reparaître après des années de retrait et de solitude. Un lieu hors du temps que cet hôtel baroque et licencieux, élégant et libertaire, construit à une époque où les abords de Sunset Boulevard étaient encore colonisés par les coyotes. Pourquoi Abigail, qui fut aussi une star du cinéma muet, revient-elle au Chateau ? Serait-elle poussée par un élan nostalgique ? Un désir de revanche ? Il est vrai que sa rencontre accidentelle avec le jeune Wayne Cornwall vient de lui redonner le goût d'une vie oubliée. Ce beau vagabond surgi des collines de Hollywood prend peu à peu une place essentielle dans son existence, de même qu'il se révèle plus complexe que son air réservé ne le laissait penser. Avertie de la cruauté de Hollywood, Abigail compte bien l'éduquer et le préparer aux nombreux dangers qui menacent. L'usine à rêves n'a rien d'une Arcadie et il arrive que les candidats au succès finissent au fond d'un bar ou d'un canyon...
    Un récit imprégné de cinéma, de musique et de Californie, où la fiction se mêle à des épisodes réels. Les prestigieux pensionnaires du Chateau défilent, de James Dean à Robert De Niro, de Duke Ellington à Jim Morrison, cherchant là une inspiration, une planque, une récréation... parfois au mépris de la loi.
    Olivier Minne vit entre Los Angeles et Paris ; il est animateur de télévision, journaliste et producteur. En 2017, il a publié une biographie consacrée à Louis Jourdan aux Éditions Séguier qui fut très appréciée de la critique comme du public. Un château pour Hollywood est son premier roman.

    Vedette du petit écran, Olivier Minne a animé de nombreuses émissions à succès. Ce que l'on connaît moins, c'est sa vie artistique cachée : passionné de théâtre et de cinéma, il part à Los Angeles en 2002 pour suivre les cours de l'Actor Studio et continue d'y vivre la moitié du temps. En 2017, il a fait paraître chez Séguier Louis Jourdan, le dernier French Lover d'Hollywood, une biographie née de sa rencontre personnelle avec l'acteur, saluée par le public ET la critique.

  • Était-ce sa beauté, son allure, son mystère ? Eugene McCown entrait dans une pièce et les bouches s'ouvraient toujours rondes. Arrivé à Paris en 1921, le jeune Américain fut successivement pianiste au légendaire cabaret du Boeuf sur le Toit, peintre à succès, journaliste et romancier. Redouté et admiré pour son esprit mordant, aimé et jalousé pour son charme magnétique, proche de Jean Cocteau, de Nancy Cunard, d'André Gide et du groupe de Bloomsbury, il s'offrit corps et âme au tourbillon de jazz, d'alcool et de drogues de cette décennie frénétique. Au risque de se laisser enfermer dans une image de phénomène mondain et de perdre de vue ses ambitions artistiques. Comme si tous, dans son entourage, avaient trop eu besoin de sa formidable énergie et l'avaient laissé la dilapider jusqu'à l'épuisement. Ainsi l'écrivain surréaliste René Crevel, son ancien amant, écrivait-il à son propos : « [Eugene] a une âme, malgré lui, malgré l'Amérique et, avouons-le, malgré nous qui aimions trop sa voix, ses mains, etc., pour ne pas l'avoir limité à cet amour trop terrestre. »

    Né en 1975, Jérôme Kagan signe avec Eugene McCown, démon des Années folles, fruit d'une enquête de plus de dix ans menée en France et aux États-Unis, son premier ouvrage.

    Né en 1975, Jérôme Kagan vit et travaille à Paris. Après plus de dix ans d'une enquête minutieuse, il publie ici son premier ouvrage.

  • Réac, Nicolas Ungemuth ? Plutôt mélancolique, et lucide à propos des quatre dernières décennies françaises. Dans Nous vivons une époque formidable, le journaliste brosse le portrait d'une société vingt-et-uniémiste à côté de la plaque. Sous sa plume, les critiques défilent : de l'humble touriste en vacances à Anne Hidalgo et sa gestion « lumineuse » de la tour Eiffel, en passant par les projets de design contemporain les plus farfelus, tous en prennent pour leur grade.Savant patchwork journalistique et pied-de-nez magistral, Nous vivons une époque formidable est bien plus qu'un pamphlet du « rock critic le plus vénère de France » : Ungemuth y raconte le deuxième millénaire, qu'il voit à travers le prisme du bon sens et quelque part, d'un temps de grâce révolu.

    Journaliste, critique littéraire et musical, expert en rock et mordu des sixties, Nicolas Ungemuth est une figure du magazine Rock & Folk. Auteur de biographies de David Bowie et d'Iggy Pop parues chez Librio, d'un ouvrage de référence sur les Sex Pistols (Albin Michel), il exerce également en tant que chroniqueur pour Le Figaro Magazine. On trouve parmi ses influences des auteurs comme Céline, Léon Daudet et Philippe Muray.

  • Un tueur fou suit le fil de ses angoisses métaphysiques en semant des cadavres sur son passage. Archibald Rapoport est un révolutionnaire, un gangster, un Juif hanté par la Shoah, un (dés)agrégé de philosophie, un érotomane, un excentrique... Mais au fond, qu'est-ce qui a fait de lui un assassin ? Peut-être, tout simplement, le désir d'écrire... Un texte iconoclaste, un chef-d'oeuvre d'humour noir qui évoque le comique de l'absurde de Ionesco, ou encore le Thomas de Quincey de L'assassinat considéré comme un des beaux-arts. Paru pour la première fois en 1977, ce roman sulfureux était devenu introuvable. Quarante ans plus tard, il est temps de le relire pour ce qu'il est avant tout : un grand texte littéraire.

    Intellectuel engagé, héros et martyr pour certains, ennemi public et criminel pour d'autres, Pierre Goldman (1944-1979) reste, quarante ans après son assassinat, l'une des icônes les plus polémiques de la gauche française des années 1970. Il est l'auteur de deux ouvrages, Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France (Le Seuil, 1975) et L'Ordinaire Mésaventure d'Archibald Rapoport.

  • Emblématique portraitiste de mode, « Prince des photographes », Cecil Beaton (1904-1980) fut l'une des figures principales de cette vie mondaine et cosmopolite si joliment appelée Café Society. Une société qu'il sut conquérir avec une incomparable aisance, passant, d'un pas, de l'Europe aux États-Unis, allant des salons de l'aristocratie conservatrice aux fêtes des personnalités les plus extravagantes. Et si nous savions de Cecil Beaton qu'il était un chroniqueur talentueux, nous découvrons dans cet ouvrage qu'il fut aussi un superbe écrivain. De quoi est-il ici question ? De futilités. Que ceux qui s'en formaliseraient passent leur chemin, c'est le conseil que leur adresse Christian Dior : « Je conçois que cet intérêt passionné pour des choses frivoles puisse agacer les gens sérieux. Tant pis pour eux. Cecil Beaton a raison d'écrire avec foi. [...] Nous savons que, des civilisations, c'est le périssable qui demeure. » Au fil des pages, se succèdent les portraits de célébrités tels Balenciaga, Dior, Chanel, mais aussi d'élégantes, de modèles, de photographes et de tant d'autres. Ainsi Beaton encense-t-il une époque, se souvient des gens d'influence, rallume le chic, l'esprit et la déraison.

  • Helmut Berger fut considéré comme « le plus bel homme du monde ». Luchino Visconti lui fit interpréter des rôles inoubliables aux côtés de Romy Schneider, Elizabeth Taylor, Charlotte Rampling ou Burt Lancaster, des prestations inscrites dans la légende du cinéma. Entre l'acteur et le cinéaste, se noua une relation ô combien passionnelle. A la mort du metteur en scène italien en 1976, la carrière d'Helmut Berger décéléra brutalement ; personnalité cinématographique incontournable des années fastes, interprète de personnages sulfureux, fêtard invétéré, Berger finit par être victime de son image et de ses excès. Revenu de ses tourments, l'acteur autrichien se regarde dans un miroir autant que dans les souvenirs. Le résultat en est cette autobiographie épicée, sauvage, où Helmut Berger transgresse tous les tabous.

  • L'épopée tragique et visionnaire de l'anti-Schwarzenegger... et du rêve américain.

    « Il se demandait à quoi devait ressembler un roman du bodybuilding ? À quoi ressemblerait une prose sous stéroïdes ? Gonflée, boursouflée, hypertrophiée ?
    À la fois ronde et tendue, symétrique et structurée ? Ou bien répétitive et crescendo ? Toute en puissance lourde ou à l'inverse, en mouvements rapides et légers, contrôlés ? Nue ?
    Après avoir fait un texte de son corps, écrit avec ses muscles et sa chair un poème de la force virile, il lui fallait trouver le langage qui écrirait le roman du corps. »

    Entre 1975 et 1985, dans le monde entier, Mike Mentzer incarna l'homme idéal - un corps spectaculaire, en ce qu'il joignait la perfection des formes classiques et la promesse d'une surhumanité nouvelle.
    Il fut l'un des monstres sacrés d'une jeune discipline, le bodybuilding. Avec cette faculté inédite d'être aussi écrivain, théoricien et philosophe. Aujourd'hui encore, ils sont des milliers à tenter de percer son énigme, à vouloir comprendre pourquoi Arnold Schwarzenegger jura sa perte - et même, s'il en fut la cause.
    Monsieur Amérique nous fait entrer dans la peau de ce personnage hors du commun pour conter son épopée et celle d'un pays en crise. C'est un roman du masculin, construit et déconstruit, de la chair et de la fonte, un roman du rêve américain et du crépuscule qu'il portait, peut-être, déjà, en germe.
    Nicolas Chemla a publié Luxifer, pourquoi le luxe nous possède (Séguier, 2014) et Anthropologie du boubour (Lemieux éditeur, 2016).

    Nicolas Chemla, diplômé d'HEC et d'un master d'anthropologie sociale du développement, est consultant et spécialiste du luxe. Il est l'auteur de deux essais : Luxifer. Pourquoi le luxe nous possède (Séguier, 2014), et Anthropologie du boubour (Lemieux, 2016). Passionné de romantisme noir et de cinéma transgressif, il aime créer des ponts entre les cultures, les sujets et les points de vue et déplacer les frontières des genres.

  • In my fashion

    Bettina Ballard

    Bettina Ballard ? Une figure, une intelligence, une plume de la mode ! Correspondante de Vogue à Paris avant-guerre puis à la Libération, rédactrice « mode » à New York dans les années 50, sa carrière et plus largement sa vie sont un long défilé d'artistes, de femmes du monde, de couturiers, de photographes et de mannequins. Vous lirez ici l'arrière-décor des défilés, les portraits ô combien personnels de Schiaparelli, Chanel, Balenciaga, Dior ; vous découvrirez la frivolité et le luxe d'un monde que seule l'Histoire mit entre parenthèses.
    Ces mémoires n'avaient jamais été traduits en français tandis qu'ils sont depuis longtemps introuvables aux États-Unis. Ils confirment la prédiction qu'une amie perfide fit un jour à Bettina Ballard : « Si vous aviez fait de bonnes études, ce qui n'est évidemment pas le cas, vous auriez été un véritable écrivain. » In My Fashion est un bijou, une photographie sensible, un grand parfum d'époque.

  • Je suis L'Autre raconte une histoire vraie et pourtant in-croyable: celle de José Sáez « El Otro », un matador au physique si similaire à celui du plus célèbre torero du XXe siècle, Manuel Benítez « El Cordobés », qu'il se fit passer pour lui pendant de nombreuses années. Et s'il est plutôt aisé de doubler un acteur ou de jouer le sosie d'un chanteur, il est un peu plus risqué de descendre dans l'arène dans la peau d'un faussaire. Mais en Doppelgänger scrupuleux, José mit tout en oeuvre pour devenir L'Autre, au prix de sa propre identité et de sa propre existence. Entre gloire et misère, ambition et désillusion, le récit de cette imposture longtemps restée secrète nous livre une réflexion sur l'identité mais aussi sur le succès, sa construction médiatique et son impact sur l'existence.

  • Lettre d'une inconnue, Gigi, Le Procès Paradine, Le Comte de Monte-Cristo, Octopussy : à travers une série de rôles légendaires, Louis Jourdan (1921-2015) a marqué de son empreinte l'histoire du cinéma. Cette icône du 7e art peut se prévaloir d'être l'acteur français à la plus longue carrière hollywoodienne : Cary Grant, Greta Garbo, James Stewart, Marilyn Monroe, James Dean, Frank Sinatra, Grace Kelly, Howard Hawks, Alfred Hitchcock, Frank Capra, Lauren Bacall, Elizabeth Taylor, il les a tous côtoyés et connus. Ils peuplent ce livre, fruit de cinq années d'entretiens avec Louis Jourdan et d'autres figures du cinéma, qui fait revivre toute une époque, des derniers soubresauts de l'âge d'or d'Hollywood aux mutations d'une industrie sous l'emprise croissante de l'argent et du succès.

  • Le Luxe semble avoir pris possession de la planète : d'une santé éclatante malgré la crise, de New York à Shanghai, il dicte nos rêves, sculpte nos corps, lisse nos peaux, redessine nos villes. Pour des millions d'individus, il définit le rêve ultime. Il a ses temples, ses messes, ses gurus, ses prêtres(ses), ses croisés - tout travaille à convertir nos âmes à sa nouvelle religion.
    Et si l'on retrouvait derrière ce phénomène l'avènement d'un esprit luciférien ? Non pas le Diable rouge, épouvantail d'une idéologie bigote, mais, en revenant aux sources mêmes de ce qu'il incarne, Lucifer comme principe de liberté, de rupture et de création.
    C'est la surprenante et troublante hypothèse de cet essai au style fluide et précis, qui se lit comme une enquête littéraire et sociétale, brassant les références à la fois pop et académique, de Lady Gaga à Annie Le Brun, de Marlowe à Morrison. Un point de vue à la fois expert et personnel, implacable, qui ambitionne de rafraichir le regard tout autant sur le luxe que sur Lucifer.

    Nicolas Chemla, consultant et spécialiste du luxe, propose un essai original et percutant, qui brasse les références pop et académiques, une enquete litteraire et sociétale au coeur d'un phénomène universel et contemporain. Un point de vue expert et personnel, implacable, qui rafraichit autant le luxe que la figure de Lucifer !

  • Les mémoires tant attendus de Grace Jones, muse, mannequin, actrice, et légende de la musique, qui évoque sans tabou ses vies professionnelle et personnelle, mêmement mouvementées. On retrouve dans cette autobiographie, l'énergie d'une femme rare, ses rencontres variées, son témoignage exceptionnel sur une période effervescente. De ses noctambulismes parisiens ou new-yorkais, à sa proximité avec Andy Warhol à sa collaboration avec l'artiste Jean-Paul Goude, en passant par ses performances de toute sortes : où comment une fille d'évêque jamaïquain devint une icône de la mode et le symbole des années 80. Selon le magazine ELLE français, « à 67 ans, Grace Jones sort une autobiographie férocement drôle qui remet les pendules à l'heure, prouvant que la mode et la musique lui doivent beaucoup ».

  • Guitariste californien, Bobby Beausoleil avait tout pour devenir une star du rock : le talent, le charisme, la beauté. Mais lorsque le protégé du cinéaste Kenneth Anger croisa un chanteur prometteur du nom de Charles Manson, il était écrit que sa partition ne serait pas exactement celle qui le conduirait aux sommets des charts. Bobby poignarda à mort un homme. Police. Menottes. Prison. Ce livre écrit sur la route, entre Los Angeles et San Francisco, est le récit d'une fascination pour le fil du rasoir. Où l'on croise les fantômes de Gene Clark et de Gram Parsons, une chanteuse perdue, quelques musiciens passés de l'ombre à la lumière. Et une chanson obsédante.

    Fabrice Gaignault est écrivain et journaliste. Auteur de deux ouvrages cultes sur le rock (Égéries Sixties, Vies et mort de Vince Taylor), on lui doit également les romans L'Eau noire et Aspen Terminus, ainsi que le Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs, traduit en plusieurs langues.

  • Paris, début des années 1970. Nous faisons la connaissance d'une famille de la haute bourgeoisie où Mathilde, la cadette, cherche à tromper son ennui. Ainsi promène-t-elle son spleen dans les fameux « rallyes », fait l'école buissonnière, couche avec son cousin Franz, en attendant l'événement qui devrait tout changer : le bal de ses dix-huit ans. Quelle déception : au lendemain de la fête, la vie reprend son cours entre les immeubles haussmanniens, routinière et absurde. Mathilde voudrait ne plus avoir à vivre, elle tombe dans l'anorexie... Mais dans un « certain milieu », on ne met pas fin à ses jours : on est d'abord soigné dans une clinique ruineuse, puis on se marie. Mathilde n'a guère de prétendant ? En guise d'époux, sa mère va lui trouver un veuf, russe, de vingt ans son aîné, seul rescapé d'une famille juive déportée sous l'Occupation. L'homme, désargenté, violent, a des fréquentations louches, mais aussi une énergie tonitruante qui fascine Mathilde. Au son des airs slaves qu'il joue si bien, la vie pourra-t-elle recommencer ?
    L'auteur réalise une galerie de portraits et de personnages qui, savoureux ou détestables, sont à la fois littéraires et vrais. Un roman - une autofiction ? - entre deux tons, deux religions, deux mondes, qui parvient à construire des ponts inattendus.

    Gouverneur de l'Université hébraïque de Jérusalem, Anne-Marie Mitterrand est l'auteur d'une dizaine de romans, dont Un nom dur à porter (éditions du Rocher, 2003). Dans ce nouvel ouvrage, elle nous offre une tranche de vie singulière, captivante et souvent drôle, inspirée de sa propre histoire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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