Langue française

  • " Si je suis venu pour quelque chose au monde, c'est pour écrire Une trop bruyante solitude. " Bohumil Hrabal.
    Hanta, ouvrier depuis trente-cinq ans dans une usine de papiers destinés au recyclage, boit de la bière, déambule dans les rues de Prague, lit et ressasse la mission dont il s'est lui-même investi : sauver la culture en arrachant à la mort des trésors injustement condamnés. Instruit presque malgré lui par la lecture des ouvrages interdits destinés au pilon, il va faire renaître ces chefs-d'oeuvre sous la forme d'une autre oeuvre : les pages broyées sont transformées en balles de papier décoratives et décorées. Bientôt, il se retrouve seul, entouré de ses créations.Divers incidents et personnages tragi-comiques viennent émailler cette fable sensible et émouvante qui est aussi un cri de révolte lancé à l'assaut des sociétés totalitaires.Publié en 1976 à Prague, Une trop bruyante solitude est le chef-d'oeuvre d'un des plus grands écrivains tchèques. Il a été adapté au cinéma par Vera Caïs en 2011 avec Philippe Noiret dans le rôle principal.

  • Un amour

    Dino Buzzati

    " Dans un style haletant, Dino Buzzati évoque avec une rare maestria les derniers feux d'une folle passion. " Delphine Peras, L'Express.
    En 1963, plus de vingt ans après la parution de son chef-d'oeuvre Le Désert des Tartares, paraît ce qui restera comme le dernier roman, probablement autobiographique, de Dino Buzzati : Un amour, ou le récit de l'intrusion de la passion, c'est-à-dire du désordre, dans la vie d'un honorable architecte milanais d'une cinquantaine d'années. Le jour où Laïde, jeune prostituée, danseuse et fieffée menteuse, entre dans la vie d'Antonio Dorigo, commence pour lui une descente en enfer. Comme il s'offre aux coups de son bourreau, il nous est livré à nu : pitoyable et tragique, criant, pleurant, s'agitant, possédé d'une folie dans laquelle il se vautre avec désespoir et délices.

  • Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu une copie blanche lors d'une épreuve de rédaction. Ce n'est pas qu'il n'ait rien à dire sur le sujet " Les joies du devoir ", au contraire... Bientôt lui reviennent à la mémoire les événements qui ont fait basculer sa vie. Son père, officier de police, est contraint en 1943 de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures antisémites à l'encontre de l'un de ses amis d'enfance, le peintre Max Nansen (derrière lequel on peut reconnaître le grand Emil Nolde). À l'insu de son père, Siggi devient le confident de l'artiste et va l'aider à mettre en sécurité ses toiles clandestines. Sa passion pour l'oeuvre le conduit ainsi au refus de l'autorité paternelle et à une transgression (un vol dans une galerie) qui lui vaudra d'être condamné. Mais aux yeux de Siggi, le châtiment porte l'empreinte du zèle coupable de son géniteur. Avec ce roman d'une grande puissance éthique et affective à la fois, qui fit le bruit que l'on imagine lors de sa publication, Siegfried Lenz a rejoint d'emblée les figures majeures du Groupe 47, ces écrivains allemands parmi lesquels on comptait Günter Grass, Heinrich Bll et Ingeborg Bachmann qui ont assuré le " redressement " intellectuel de leur pays.

  • Miss Bartlett ne s'en remet pas : pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d'une chambre avec vue. Comment la tenancière de leur pension a-t-elle pu si cruellement les décevoir ? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l'impertinence de proposer leurs propres chambres, qui, elles, ont vue sur l'Arno. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n'est pas grand... Avec finesse et humour, E. M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué de la bienséance, côté cour, s'oppose l'évasion promise par cette fameuse vue. Le récit du combat intérieur que mène Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.
    " La lecture de ce roman pétri d'humour et d'élégance est une leçon de discrétion piquante et de psychologie pertinente. "
    Télérama

  • " À lire de toute urgence, la nouvelle "Bistrot, le monde', un sommet de la palabre hrabalienne. " L'Express.
    Chez un auteur de l'importance de Bohumil Hrabal, parmi les plus grands écrivains tchèques de la seconde moitié du XXe siècle, l'intérêt des premiers textes est immense. Anarchisme spontané, obsession des choses et des gens de la rue, triomphe de l'imagination flirtant avec le fantastique, et surtout révolte contre la banalité du quotidien et les normes établies... Toute son oeuvre future se profile dans les nouvelles présentées dans ce recueil, écrites entre 1947 et 1964, où on fait la connaissance d'un formidable raconteur d'histoires qui n'avait pas encore appris à ménager le pouvoir. Le Hrabal des années d'après-guerre, d'avant le régime communiste et sa censure - avec laquelle il a dû, par la suite, de son propre aveu, ruser pour continuer à écrire.

  • " L'oeuvre de Buzzati est un perpétuel sortilège, un merveilleux exercice de prestidigitation littéraire. " André Clavel
    Un dragon qui terrorise un village de montagnards, un grand chef d'orchestre aux prises avec un groupe terroriste, une mystérieuse peste qui décime des automobiles... Dans ces vingt-quatre nouvelles, Dino Buzzati mêle l'étrange au quotidien, l'humour à l'angoisse et, avec la subtile causticité dont il a le secret, nous offre une peinture délicieusement acerbe de la nature humaine. On trouvera dans ce volume toute la panoplie des rêveries, spéculations, obsessions et autres chimères qui ont hanté l'existence du génial auteur du Désert des Tartares et d'Un amour et qui donnent à son oeuvre son caractère si particulier.

  • " De mémoire, nous pouvons tous citer une palanquée de grands romanciers ; pour ce qui est des nouvellistes, en revanche, c'est plus compliqué, ils se comptent (au mieux) sur les doigts d'une main. William Somerset Maugham est de cette famille précieuse, et il en est même un peu le patron. " Le Point
    Écrivain-voyageur s'il en fut, Somerset Maugham nous a fait la grâce de donner vie dans ses nouvelles à une galerie de personnages tous plus pittoresques les uns que les autres, que son humeur vagabonde lui a permis de rencontrer et d'observer en Europe aussi bien qu'en Amérique ou en Asie. C'est ainsi tout un monde, dont le souvenir aujourd'hui s'estompe mais dont plus d'un voyageur contemporain peut être nostalgique, qui s'offre à notre regard de lecteurs et de curieux dans ce recueil. Avec en prime l'humour teinté parfois d'une pointe de cruauté qui est la marque de fabrique de ce grand raconteur d'histoires. Peut-être le plus grand.

  • Solitaire, complexé par un bec-de-lièvre, James Raven est chargé d'éliminer à Londres un ministre et sa secrétaire. Après avoir rempli sa mission, il récupère une valise pleine de billets de banque mais s'aperçoit bientôt que leurs numéros ont été signalés. Il est tombé dans un piège tendu par ses employeurs. Pendant sa cavale, le hasard va lui faire rencontrer une jeune actrice de théâtre, intrépide et courageuse, qui décide de lui venir en aide. Si Tueur à gages est l'un des plus grands chefs-d'oeuvre du roman noir (rarement suspense aura été conduit avec une telle maestria), Graham Greene, lui, est un héros de la littérature anglaise du XXe siècle. Ses oeuvres ont un cachet d'éternité car, quel qu'en soit le genre, elles sont chargées d'humanité.

  • " Excitantes par la variété des thèmes traités et de leur style, ces nouvelles constituent une sorte de fidèle échantillonnage de l'oeuvre entière de Graham Greene. " Isabelle D. Philippe
    Si Graham Greene a été acclamé pour ses romans - La Puissance et la Gloire, Notre agent à La Havane et tant d'autres qui, au fil de plus d'un demi-siècle d'écriture, sont venus l'installer au sommet de la littérature britannique -, il fut aussi un nouvelliste virtuose. Ces nouvelles, composées entre 1929 et 1990, il les décrivait comme des échappées, voire des escapades, comparables aux instantanés photographiques qu'on réunissait autrefois dans des albums de vacances. C'est dire que l'on y trouvera non seulement un Graham Greene inattendu et souvent plein d'humour, mais aussi, selon l'auteur lui-même, quelques-unes de ses meilleures pages. " Pavillons Poche " publie l'intégralité de ces textes par ordre chronologique, en deux volumes, dont L'Homme qui vola la tour Eiffel est le second après Mr Lever court sa chance.

  • Pinkie Brown, jeune bandit de dix-sept ans à la cruauté sadique et au charme envoûtant, est prêt à tout pour venger le meurtre de Kite, le chef de son gang... y compris à épouser Rose, serveuse naïve et sans grâce. Son but est d'empêcher la jeune fille de témoigner contre lui dans l'affaire de la disparition d'un journaliste soupçonné d'avoir assassiné Kite. Lorsque Ida Arnold, séduite par le journaliste juste avant sa disparition, décide de stopper les agissements meurtriers de Pinkie, une course contre la montre s'engage. Entre les personnages hauts en couleur qui dominent l'histoire se joue un drame de vengeance, de férocité et de mort. Graham Greene a toujours avoué son penchant pour ce roman paru en 1938, mi-thriller, mi-fable morale, qu'il considérait comme l'un de ses meilleurs. " L'énergie et la puissance de Pinkie Brown, adolescent rebelle, ne faiblissent pas avec les années. " The Guardian

  • Le château du village de Bellingford, au coeur de la campagne anglaise, vient d'être vendu. Ses mystérieux acquéreurs sont deux messieurs de la ville, sans lien de parenté... De quoi exciter la curiosité des habitants de cette bourgade sans histoires. Soudain un vent de folie souffle sur le village jusqu'alors tranquille, et les malentendus, quiproquos et situations absurdes se succèdent à une allure vertigineuse. C'est avec un humour joyeux que William Corlett choisit de raconter la confrontation entre deux univers que tout oppose. Mais les différences s'estompent peu à peu et parfois même, les masques tombent... " Avec une fausse Doris Day, la rescapée d'une secte, des ruptures en pagaille et des situations divinement absurdes, le Britannique William Corlett réussit un grand vaudeville, mais également un beau roman sur la différence et la tolérance. " Télérama.

  • " Une provision de bonne humeur, avec cette chronique au jour le jour d'une pension de famille. Elle serait évidemment pittoresque en elle-même, étant donné la diversité et l'originalité des pensionnaires. S'y ajoutent l'humour, l'excentricité de Margaret, son amour pour les non-conformistes. " Le Figaro
    En 1947, Margaret Durrell doit faire face à un divorce, avec deux enfants à élever, et à la menace d'un désastre financier. Sur les conseils de sa tante Patience, une redoutable vieille fille, et malgré les sarcasmes de ses frères Lawrence et Gerald, elle ouvre alors une pension de famille prétendument BCBG à Bornemouth, ville respectable du bord de mer britannique. Un peintre et son modèle, une schizophrène, des infirmières, deux musiciens de jazz... Sous le regard narquois des voisins, la pension de Margo tourne à la ménagerie humaine. S'ajoutent à ce joyeux désordre les visites de Gerald, qui ramène une troupe de singes et un énorme python. Margo ne se laisse pas démonter pour si peu et s'embarque même dans une histoire d'amour clandestine avec un joueur de trombone. À travers ces excentriques personnages de l'Angleterre d'après-guerre se découvre le talent de Margaret Durrell, qui complète ainsi le trio familial d'écrivains.

  • " J'écris avec un crayon. Un vieux bout de crayon, trouvé dans une vieille boîte, par hasard. Je l'ai taillé et sur le peu de papier blanc qui me reste ce soir, j'écris. " Dino Buzzati
    Avec un vieux bout de crayon ou autre chose, sur des feuilles de papier blanc ou non, pendant plus de vingt ans, Dino Buzzati tint une manière de journal. Singulier journal, composé aussi bien de choses vues que de saynètes ou de récits courts, proches de la nouvelle, où constamment au-delà de l'événement, l'instantané apparaît transfiguré. Jamais Buzzati n'exprima dans une forme aussi concise et dure le combat quotidien qu'il mena contre ses chimères, la fuite du temps, l'absurdité de la condition humaine, la vanité et, peut-être par-dessus tout, la hantise de vieillir et de la solitude. Une sorte de bréviaire de vie.

  • Tomás Eloy Martínez fait ici le roman de la vie mouvementée d'Evita Perón (1919-1952), l'épouse et l'égérie du général Perón qui régna sur l'Argentine de 1946 à 1955 avant de revenir au pouvoir en 1973-1974. À travers une course-poursuite épique autant que tragi-comique en quête du cadavre embaumé de son héroïne, l'auteur, mêlant ragots, histoire et légende, trace un portrait sulfureux de celle qui fut une première dame populiste mais adorée par les " sans-chemises " de son pays, dont elle se fit l'ardent défenseur tout au long de sa brève existence.Santa Evita, le roman argentin le plus traduit dans le monde, est un chef-d'oeuvre. " Il faut interdire ce roman, ou le lire toutes affaires cessantes. " Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature

  • Nous sommes en mars 1938 : Hitler vient d'envahir l'Autriche. Albert von ***, dit Trebla, social-démocrate et révolutionnaire convaincu, quoique issu d'une illustre famille, doit quitter sa patrie. Il fuit à skis pour se réfugier en Suisse, où il espère trouver la paix et le repos. Mais deux nazis sont à ses trousses, il s'attire les foudres d'un mari jaloux, puis celles d'un aubergiste criminel et enfin celles d'un jeune paysan assoiffé de vengeance... Ce roman à l'allure picaresque et aux résonances autobiographiques est aussi un drame historique : celui de l'Autriche en même temps que celui de l'homme exilé, de l'homme-marmotte, traqué comme sont traqués les animaux des montagnes par les contrebandiers des Grisons. Baroque, foisonnant, ce grand monologue épique joue de l'humour tendre et de l'humour noir avec une virtuosité rare. Il est urgent de le redécouvrir.

  • Dans la banlieue de San Francisco, une femme et un homme se livrent une guerre sans merci pour une petite maison. L'Américaine Kathy Lazaro a été expulsée de chez elle à la suite d'une erreur administrative kafkaïenne. Quant au colonel Behrani, c'est un Iranien ruiné par la révolution islamique. Ces deux exclus de la société souffrent et s'accrochent aux murs de la maisonnette comme à une bouée de sauvetage. La tragédie n'est pas loin... Encensé par la critique et le public, adapté au cinéma en 2002 avec Jennifer Connelly et Ben Kingsley dans les rôles principaux, ce livre au suspense psychologique hors pair dresse le portrait dur et violent d'un pays en proie à la névrose.

  • L'île paradisiaque d'Haïti est devenue un enfer sous la coupe de Papa Doc et des tontons macoutes. Quatre personnages y débarquent : les Smith, un couple d'Américains venu prôner le régime végétarien comme remède à la violence ; Brown, propriétaire d'un hôtel qui veut sauver son bien et retrouver son amie Martha Pineda ; et le major Jones, escroc ou agent secret... Certains sont engagés dans la lutte, d'autres ne servent que de faire-valoir mais tous jouent un rôle, avec plus ou moins de conviction. Aventure mouvementée et drame humain, ce roman de Graham Greene met l'accent sur le désenchantement d'une république où les droits des citoyens sont mis à mal et où tous ceux qui se refusent à n'être que des comédiens sont confrontés à une dure réalité. Une de ces comédies tragiques et passionnantes à l'humour très british dont le grand romancier anglais a le secret...

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