Robert Laffont

  • Mon installation dans l'imaginaire était préparée depuis longtemps par la maladie de mon père ajoutée à la défiguration de mon grandpère, dont le visage profondément meurtri depuis 1915 m'interdisait toute confiance dans ma propre espèce.
    Avec L'Échange des princesses, Marc Dugain adapte le roman historique de Chantal Thomas sur le mariage de Louis XV et de trois autres enfants destinés à régner, au mépris de leur âge. Qu'est-ce qui, dans cet épisode, a résonné avec sa propre enfance et plus largement sa vision des hommes, au point qu'il ait souhaité en faire un film ? Marc Dugain s'interroge sur ses obsessions, qui ont trait à son propre passé autant qu'à la " Grande Histoire ", son sujet de prédilection. Intérieur jour est ainsi l'exploration inédite de préoccupations intimes. La fiction laisse place aux confidences, aux mots qui ne peuvent être mis en images, sauf sur l'écran qui se dresse en chacun de nous.

  • Le mystère Richelieu Nouv.

    C'est une vieille histoire, une fascination originelle, ancrée - indestructible.
    Philippe Le Guillou est encore enfant lorsqu'il découvre le célèbre portrait du cardinal de Richelieu peint par Philippe de Champaigne. C'est un éblouissement.Qui ne serait impressionné par ce prélat de campagne, évêque de Luçon devenu député aux États Généraux, cardinal au service de l'État, aumônier et surintendant de la maison de Marie de Médicis, principal ministre de Louis XIII pour qui il oeuvra aussi comme chef des opérations militaires ?D'un tableau à l'autre, de livres d'histoire en promenades en Touraine, l'auteur cerne cet homme intransigeant. D'une plume qui se fait pinceau, il rappelle son intelligence redoutable, son ambition insatiable, son obsession de l'unité de l'État. Un homme d'ombre et de lumière, de complots et de coups d'éclat, que son corps malade ne laissa jamais en paix.Irrésistiblement, une fascination nous gagne. La même que celle qui foudroya l'auteur enfant devant la cappa magna du tableau de Champaigne, la main décharnée, osseuse, et la barrette, rouge comme une fleur de sang.

  • Paris, an II. La France vibre sous le souffle de la Terreur. Jane, une jeune Anglaise cachée dans l'appartement d'aristocrates émigrés, Théodose, un moine qui a renié sa foi par peur de la guillotine, Marthe, la lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, David, le fameux peintre et député de la Convention, ou encore une Normande du nom de Charlotte Corday, tout juste arrivée à Paris... Ils sont nombreux, ceux qui tournent autour du logis de la rue des Cordeliers où Marat, cloîtré, immergé dans des bains de soufre, traque les suspects hostiles aux idées de la République. Il ignore que certains d'entre eux souhaitent sa mort et qu'il ne lui reste plus que trois jours à vivre. Par cette fiction qui nous propulse dans le coeur battant de l'Histoire, Gwenaële Robert détruit l'image sublime et mensongère que David nous a laissée de son ami Marat. Du bout de sa plume, grâce à un dispositif romanesque et à un sens de la reconstitution impressionnants, elle gratte le vernis de la peinture pour révéler la réalité du monstre.

  • Versailles, mercredi 1er janvier 1710, tôt le matin.Philippe d'Orléans, le neveu de Louis XIV, attend la visite de son ami Saint-Simon.Connu pour ses moeurs débauchées, le duc d'Orléans vit depuis dix ans un amour passionné avec sa maîtresse Mme d'Argenton, la seule femme qu'il ait jamais aimée.Il ignore qu'une terrible menace, qui pourrait lui valoir un exil immédiat, enfle dans son dos. Mme de Maintenon, en particulier, le hait pour une plaisanterie de mauvais goût qu'il a proférée à son encontre.Saint-Simon se doit de l'avertir. Plus encore, de lui éviter le châtiment qui le guette.À ses yeux, une seule chose peut sauver son ami : quitter Mme d'Argenton pour retrouver les bonnes grâces du roi.Mais Philippe d'Orléans concèdera-t-il un sacrifi ce si déchirant ?Inspiré des Mémoires de Saint-Simon, un tête-à-tête tendu et palpitant qui nous introduit dans les arcanes de la cour du Roi-Soleil où prospéraient rumeurs et calomnies... Phénomène qui résonne de nos jours avec une force saisissante.

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    Rentrée littéraire 2020.La mèche n'en finissait plus de raccourcir et les badauds d'acclamer Bonaparte. Deux, un... Il aurait fallu prononcer une prière, mais des prières, Joseph n'en connaissait plus, mea culpa, mea maxima culpa , c'est tout ce qu'il lui venait quand il aurait fallu implorer le Ciel, demander un orage, réclamer un miracle...
    C'est le soir de Noël, il flotte dans Paris une atmosphère joyeuse. Personne ne se doute que dans la rue Saint-Nicaise, une charrette et un cheval tenu par une petite fille vont exploser, atteignant tous les passants alentour. Sauf Napoléon, le seul visé. Le futur empereur veut punir ses opposants et Fouché en déporte plus de cent. Mais les véritables coupables demeurent introuvables. Parmi eux, Joseph de Limoëlan subit les pires remords. Fouché n'aura de cesse de le traquer. Avec un brio remarquable, Gwenaële Robert saisit ce moment exceptionnel où un nouveau régime s'installe alors que le sang de la Révolution n'est pas encore sec. Au coeur de ces remous, elle se plaît à imaginer le quotidien d'anonymes qui ne mesurent pas toujours l'ampleur des événements politiques dont ils risquent d'être victimes. De la chambre de Joséphine aux fossés de Vincennes, de la Bretagne aux Seychelles, des souterrains de Paris aux rivages de l'Amérique, Never Mind est un roman au souffle puissant qui fouille l'Histoire et le coeur surprenant des hommes.

  • Parmi les écrivains les plus illustres du XVIIe siècle, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, Bossuet, Boileau, Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, figure La Bruyère. Avec Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle, il a tendu au public de son époque un miroir qui nous reflète toujours. Bien des comportements de la société de Louis XIV ressemblent aux nôtres. Les temps changent, pas le fond des hommes. Jean-Michel Delacomptée explore ce miroir et ce que ses reflets disent de nous. De La Bruyère lui-même, on sait fort peu de choses. Quels milieux fréquentait-il ? Était-il misanthrope, misogyne ? A-t-il aimé ? Était-ce un orgueil blessé ? Quelle était la morale de cet auteur si grave et pourtant si drôle ? Jean-Michel Delacomptée brosse le portrait captivant de ce classique de notre littérature. Il ouvre ainsi une porte dérobée dans les Caractères, dont il rappelle avec force l'intemporelle grandeur.

  • L'adaptation littéraire du plus grand film de Federico Fellini.
    Cinéaste à succès, Massimo Barbiani se lance dans la réalisation d'un nouveau long métrage.Le contrat est signé, les premiers interprètes engagés, on construit les décors... Mais l'idée de ce film, qui lui paraissait si claire au début, s'évanouit. Massimo ne sait plus ce qu'il voulait faire.Il angoisse tant qu'on lui prescrit une cure thermale.La trêve est de courte durée puisque la production vient le rejoindre dans le Grand Hôtel de la Source où il séjourne. Et voilà qu'arrivent tour à tour sa plantureuse maîtresse, sa femme si touchante, puis la divine Claudia Cardinale qui lui retourne le coeur...Entre questionnements sentimentaux et dilemmes créatifs, Massimo est sollicité de toutes parts. Les comédiens veulent connaître leur rôle, les décorateurs attendent des consignes, le producteur des réponses... Il n'en dort plus la nuit. Parviendra-t-il à éviter un échec magistral ?En transformant en roman Huit et demi, le chef-d'oeuvre autobiographique de Fellini, Marco Caramelli se glisse comme jamais dans la peau de cet illustre réalisateur. Et c'est toute l'atmosphère truculente, sensuelle et féerique de l'âge d'or du cinéma italien qui ressurgit.

  • Je me sentais indestructible. J'étais fort, rapide et coureur de fond. C'était comme si toute la matière qui me constituait entrait en résonance avec la musique. Et ce soir, j'étais prêt à pardonner à tous ceux qui m'avaient fait du mal. Par leur absence, leur façon de m'oublier. Je crois bien que j'étais prêt à me pardonner moi-même. Jonas traverse sa jeunesse et son adolescence comme un long tunnel jalonné de déceptions, de pertes et de frustrations. Jusqu'à ce qu'une lueur éclaire son chemin. Celle, éblouissante, du rock. Désormais, tout va changer. Son look, les filles, les nuits, l'avenir...Mes nuits apaches est le premier roman rock de la collection " Les Passe-Murailles ", où la voix brûlante du jeune héros, impatient de vivre, jaillit dans l'air de soirées saturées de décibels, pour venir résonner à l'intérieur de votre poitrine.

  • Que reste-t-il du premier grand amour de Gustave Courbet, Virginie Binet, une douce Dieppoise qui l'accompagna vers la gloire pendant plus de dix ans, et du fils qu'elle lui donna ? Rien, presque aucune trace. Toute la correspondance amoureuse de Courbet a été détruite. Il faut aller chercher sous les couches de peinture, comme dans L'Homme blessé où Gustave effaça l'aimée, scruter les détails des tableaux pour distinguer, parfois, une silhouette perdue... Virginie, modèle abandonné, et le petit Émile ressuscitent entre ces pages. Des appartements parisiens où ils vivent avec Courbet, taraudé par sa quête du succès, on entend le vacarme du XIXe siècle, celui des barricades, coups d'État, émeutes, répressions, débats où résonnent les voix de l'ami Baudelaire, de Flaubert, Proudhon, Champfleury, Gautier ou Victor Hugo, vibrant aux funérailles de Balzac. On n'aura jamais été aussi proche du peintre que dans ce roman où il est saisi dans les yeux d'une femme. Comme par enchantement, ses toiles les plus célèbres s'éclairent soudain d'un jour nouveau, passionnant.

  • " Ma mère, comme dans un conte cruel pour enfants, s'était transformée en livres. " Ainsi s'exprime le narrateur, né sous X, bibliothécaire de profession, qui voit sa vie bouleversée par la lettre d'un notaire. Il y apprend que sa mère biologique, dont il ignore absolument tout, vient de mourir et lui laisse un héritage singulier : 1 144 livres. Que penser de ce geste ? Faut-il accepter l'héritage de quelqu'un qui vous a abandonné ? Qui était la femme cachée derrière ces ouvrages ? Seront-ils le chemin vers une mère retrouvée ? Cet événement confronte soudainement le narrateur à ses origines et à son amour des livres.1144 livres est un véritable éloge de la lecture et de la littérature, et de la place qu'elles occupent dans nos vies.Prix Claude Fauriel 2018Prix Coup de foudre des Vendanges littéraires de Rivesaltes

  • Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C'est une femme directe. Mais lorsqu'elle rencontre, lors d'un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l'apparence ordinaire, éprise de littérature, d'écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes - un mari notaire, un enfant qu'elle n'arrive pas à avoir -, s'en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s'intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu'à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l'écrivain pour une nuit... Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ? Dans ce Cyrano de Bergerac moderne, Gwenaële Robert raconte le destin émouvant d'une femme dont un échange épistolaire vient bousculer le quotidien et les espoirs. Une magnifique réflexion sur le pouvoir enchanteur des mots.

  • Qui n'a jamais rêvé de se retrouver en tête à tête avec un grand artiste disparu ? Onze auteurs imaginent une rencontre avec un musicien, un écrivain, un cinéaste ou un peintre dans un lieu où ils ont séjourné. Parfois, ils se glissent dans leur peau. La fantaisie se libère, fait surgir des fantômes : Baudelaire, Aragon, Joseph Roth ou Isabel Rawsthorne et Giacometti à Paris, Albert Marquet au Pyla, Cocteau et Radiguet au Cap- Ferret, Romain Gary, Éric Rohmer, Carlos Gardel... jusqu'à Marlowe, le héros de Raymond Chandler, à Omaha Beach ou Yasujirô Ozu dans le lointain Japon.Les Uns, les autres nous emmènent sur les pas de figures tutélaires, en ville, en bord de mer ou à la campagne, pour partager avec elles l'intimité de moments insolites.

  • Au coeur de l'Amérique des années 1930-1960, les personnages de douze tableaux d'Edward Hopper se croisent de manière inattendue. Un faisceau de solitaires, d'ambitieux redoutables, d'amants, de mères cruelles, de fantômes, de femmes mélancoliques et de rêveurs impénitents, tisse une comédie humaine grinçante et sensible. Marc Mauguin explore les âmes et saisit des instants de vie suspendus avant qu'une décision ou un accident ne vienne en modifier le cours. Sous sa plume, aussi originale que puissante, les toiles s'animent et nous aspirent.

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