Robert Laffont


  • Jaurès ? Quel est cet homme, assassiné le 31 juillet 1914, alors que le mot même de socialisme auquel il était identifié semble vidé de sa part de rêve ?

    Pour répondre, Max Gallo, avec érudition et passion, a reconstitué jour après jour l'existence de Jaurès. Et l'on découvre un homme extraordinaire que les souvenirs officiels ont enseveli. Voici l'enfant dans la campagne du Tarn, l'étudiant exceptionnel dans le Paris des années 1880, le mari conformiste, le jeune député et le tribun, le visionnaire qui, avec une sensibilité de poète, voit la guerre et l'avenir rels qu'ils seront. Voici l'homme politique qui conciliait raison et passion. L'homme intime qui s'interrogeait sans cesse sur le sens de la vie et la signification de l'univers. Voici l'homme calomnié et admiré. Et l'homme de tous les jours, mangeant comme un paysan, crachant dans son mouchoir et, distrait comme un artiste pris par son rêve, négligeant son apparence, s'épongeant le front avec une chaussette !
    En utilisant tous les témoignages, Max Gallo rend présents un homme et son temps. Car Jaurès, c'est aussi ce monde autour de lui : Paris en état de siège le Ier Mai, les mineurs de Courrières ensevelis par centaines à la suite d'un coup de grisou, les vignerons en révolte, les régiments qui se rebellent, les anarchistes qui tuent à l'aveuglette et que l'on guillotine, l'affaire Dreyfus qui divise toute la nation. Et puis la tour Eiffel, la bicyclette, la Belle Epoque, l'automobile et l'avion. S'il fut un temps qui ressemble au nôtre, c'est bien celui de Jaurès, cette époque de bouleversements profonds, où la guerre point dans les Balkans, où chacun avec angoisse se demande ce que sera le siècle qui vient, ce XXe siècle, comme nous, nous attendons le XXIe.
    Que faire, que penser ? Jaurès, parce qu'il a été assassiné, n'a pu faire entendre sa voix. Et ses mots, son élan, après des décennies de glaciation, retrouvent vie aujourd'hui. A l'orée d'un nouveau siècle, Jaurès reste jeune.
    Celui qui écrivait : "Le premier des droits de l'homme, c'est la liberté individuelle" ou encore : "Il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme... Ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit", celui-là est non pas un grand ancêtre, mais bien le Grand Jaurès, notre contemporain.


  • Il fut l'un des premiers aventuriers à traquer les vestiges de la Grèce antique. Un conquérant qui eut la folie - ou le génie - de s'emparer des chefs-d'oeuvre de l'humanité sur les rivages de la Méditerranée.

    "On ne pourrait inventer un personnage mieux taillé pour la tâche, dira de lui en 1628 l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople. Un esthète qui accueille tous les accidents avec un flegme inébranlable, qui mange avec les Grecs quand ils n'ont rien à manger, qui dort sur le pont avec les marins dans ses nuits les meilleures, et Dieu sait où le reste du temps. Un homme qui se met au service de tous les hommes et qui joue tous les rôles, patriarche avec les orthodoxes, marchand avec les Vénitiens, j'en passe, le tout pour arriver à ses fins... Un limier subtil qui navigue entre la sagesse et l'excès, un chasseur raffiné qui croise entre l'érudition et le crime."
    Sur les traces de cet oublié de l'Histoire qui a rempli de trésors les plus grands musées du monde, Alexandra Lapierre nous entraîne dans un mystérieux voyage. Des châteaux embrumés de la Tamise aux temples lumineux de la Grèce, des galeries des palais vénitiens au fin fond des geôles turques, et jusque sous le baldaquin de Saint-Pierre et les coupoles de Sainte-Sophie...

  • Il y avait les Hohenzollern en Allemagne, les Habsbourg en Autriche-Hongrie, les Romanov en Russie. Trois dynasties prestigieuses qui tenaient une partie du monde sous leur sceptre d'or. C'était avant l'été 1914, avant l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, avant cette guerre qui allait anéantir un ordre et en créer un nouveau. Frédéric Mitterrand analyse et commente les événements qui ont provoqué ce cataclysme sans précédent, ainsi que les figures légendaires qui étaient au coeur - voire le coeur même - de ces familles hors du commun : l'énigmatique Sissi, Guillaume II, le Kaiser allemand, grisé par le pouvoir et terriblement complexé par son bras atrophié, et les Romanov qui n'étaient pas les êtres insensibles et cruels que l'on a dit... Un ouvrage remarquable où se mêlent subtilement les qualités d'historien et le talent de conteur de Frédéric Mitterrand.

  • En 1901 mourait Victoria, symbole d'un siècle d'austérité. Loin de la légende "victorienne", on découvre ici une souveraine et une femmeardente.
    Il y a cent ans, la reine Victoria mourait et entrait dans la légende comme une petite dame obèse et impérieuse. Son nom symbolise un siècle d'hypocrisie, d'austérité sourcilleuse, de chasteté puritaine. Le moment est venu de corriger le mythe d'une Victoria "victorienne". La reine du plus grand empire depuis la Rome antique, la grand-mère de l'Europe, la souveraine de la révolution industrielle était une femme sensuelle qui aimait les hommes beaux, les soldats en uniforme, les Écossais en kilt, les Indiens en turban. Meilleure danseuse du royaume, elle raffolait des bals qui se terminaient à l'aube, elle ajoutait du whisky à son thé, apprenait l'Italien en chantant du bel canto. Séduite par les couleurs de la Méditerranée, elle lança la Côte d'Azur.Aux lords, elle préférait ses serviteurs simples et bons. Son peuple l'appelait "la reine républicaine". Mais à quarante-deux ans, devenue veuve, elle respecta aveuglément les principes luthériens d'Albert, son prince allemand, qu'elle avait aimé jusqu'à la folie.C'est une Victoria ardente et violente que fait revivre cette biographie sans révérence.

  • En exil, leur volonté de survivre s'est affirmée envers et contre tout. 1918... L'Europe des Romanov, des Habsbourg et des Hohenzollern a été balayée. Meurtris, ruinés et abandonnés dans un monde qui leur est devenu étranger, les rescapés des familles royales qui ont réussi à traverser le cataclysme de la chute des empires se sont dispersés en exil. Entre Biarritz, Windsor, New York et Hollywood, les Romanov furent des acteurs exemplaires de l'immense peuple de l'émigration russe. La princesse Paley, le grand duc Dimitri, le prince Youssoupov, assassin de Raspoutine... Par leur charme singulier, leur détermination, tous assurèrent la survie des valeurs anciennes de la société impériale. L'héritier des Habsbourg, l'archiduc Otto, s'opposa à Hitler avant tant de force que le Führer tenta à plusieurs reprises de l'éliminer. Quant aux Hohenzollern, toujours sous la férule agitée et brouillonne de l'ancien Kaiser, certains se déconsidérèrent à jamais en flirtant dangereusement avec la nazisme, tandis que d'autres rejoignaient au péril de leur vie les rangs de la résistance à la dictature.À travers le destin de ces rescapés, c'est une autre histoire de l'Europe que raconte Frédéric Mitterrand, une aventure à la fois politique, humaine et romanesque.


  • Sa vie est un roman. L'itinéraire sentimental d'une beauté américaine éprise de politique, Susan Mary Alsop.
    Elle était belle, subtile et nostalgique. De 1945 à 2004, cette héroïne qui aurait pu sortir d'un roman d'Henry James ou d'Edith Wharton entrelace sa vie à l'Histoire avec un grand ou un petit h.
    Née dans une vieille famille américaine, elle épouse un diplomate et, après la guerre, quand son mari et elle s'installent à Paris, elle ne tarde pas à régner sur le milieu politique et mondain qui compose l'avant-poste américain en Europe. Son amour de la France se double d'un plus grand amour encore, celui qu'elle éprouve pour le célèbre Duff Cooper, à l'époque ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Les grands sentiments se mêlant à la grande politique, sa culture, son intelligence et son jugement s'en trouvent renforcés.
    Deuxième acte : son époux et son amant meurent tous les deux. Désespérée, Susan Mary rentre à Washington avec ses deux enfants. La campagne présidentielle bat son plein. Joe Alsop, un vieil ami, un proche de J. F. Kennedy et l'un des plus fameux éditorialistes américains la demande en mariage. Elle accepte. Les Alsop deviennent des intimes du couple présidentiel et des familiers de la Maison Blanche. Susan Mary se transforme en grand témoin de l'ère kennedienne, elle devient l'hôtesse n° 1 de la capitale. Après son divorce d'avec Joe, elle entame une carrière littéraire et publie quatre livres qui sont autant de grands succès.
    Sa vie romanesque est l'incarnation de la féminité et de la subtilité ; sa perspicacité et sa souplesse font merveille dans les allées du grand monde. Description de Paris après-guerre, portraits d'hommes politiques, plongées dans les milieux du pouvoir américain : c'est un fil qui court le long des relations internationales de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Frédéric Mitterrand feuillette pour nous les souvenirs du siècle et rapporte les jours des hommes et des femmes qui en firent l'actualité. Marilyn fuyant sous un nom d'emprunt la meute des journalistes... Lindbergh que l'on détruit en assassinant son petit garçon... Le dernier coup d'oeil de Pierre Brossolette à Paris qu'il aime avant de se jeter par la fenêtre pour échapper à la torture... Le Che au corps criblé de balles de mitraillette dans la jungle de Bolivie... Le baiser de Mata-Hari au soldat qui la fusille... Les visages et les voix se confondent, les silhouettes s'évanouissent dans le tourbillon des jours, mais notre mémoire vit de leurs traces préservées par l'émotion. Naissances, passions amoureuses, prises de pouvoir, exploits, disparitions tragiques : en nous faisant revivre les quelques heures qui firent basculer le destin de ceux dont les noms accompagnèrent notre vie, ou celle de nos parents, c'est notre histoire que Frédéric Mitterrand nous raconte.

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